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Peter Jörg Becker

Bibliotheksreisen in Deutschland im 18. Jahrhundert

Frankfurt am Main : Buchhändler-Vereinigung, 1980. -Colonnes 1361-1534; 30 cm. Extrait de : Archiv für Geschichte des Buchwesens ; Bd 21, 1980. - ISBN 3-7657-1056-3.

par Albert Labarre

Genre littéraire déjà ancien, les récits de voyage se sont particulièrement développés au XVIIIe siècle. Si les thèmes peuvent en être très variés, certains récits constituent une source essentielle pour l'histoire des bibliothèques et du livre, lorsque les voyages ont une coloration ou un motif intellectuel. Que l'on se souvienne du Voyage littéraire de deux bénédictins de Dom Martène et Dom Durand, publié en 1724.

Cela permet à P.J. Becker de consacrer une intéressante étude aux bibliothèques allemandes du XVIIIe siècle. Il présente d'abord la littérature contemporaine sur les bibliothèques, et s'arrête sur un ouvrage paru en 1762, basé sur des notes prises aux cours de Johann David Köhler, professeur à Göttingen ; le titre, qui peut se traduire ainsi : « Instructions pour les savants en voyage : bibliothèques, cabinets de monnaies et médailles, collections d'antiquités, galeries de tableaux, cabinets d'histoire naturelle et de curiosités » montre l'esprit de l'époque où bibliothèques et cabinets de curiosités en tous genres étaient, sinon confondus, du moins étroitement liés.

L'essentiel de l'étude consiste en l'analyse de douze récits de voyages, depuis celui que J. Blainville, protestant picard réfugié en Angleterre, fit de 1705 à 1707, jusqu'à celui qu'un chanoine de Freising, Klement Aloys Baader, effectua en 1795-1797. L'étendue de chaque analyse correspond à l'intérêt plus ou moins grand du récit pour le sujet envisagé. Chacune présente d'abord l'auteur et son œuvre, puis ce qu'il apprend sur les bibliothèques, leurs bibliothécaires et leurs fonds, relève enfin les remarques qu'il a faites sur les manuscrits, les incunables et autres pièces qui ont retenu son attention, et parfois sur les sociétés de lecture. Un tableau statistique énumère les bibliothèques, publiques et privées, visitées par chaque voyageur et indique les mentions plus ou moins abondantes de manuscrits et d'incunables faites par chacun. On voit ainsi que c'est Philipp Wilhelm Gercken qui, entre 1779 et 1787, a visité le plus grand nombre de bibliothèques ; il est vrai qu'il y séjournait peu de temps, cherchant surtout des documents précis pour ses recherches historiques. D'autres voyageurs, comme Zacharias Konrad von Uffenbach, Martin Gerbert ou Georg Wilhelm Zapf poursuivaient aussi des buts déterminés, d'ordre bibliographique, historique ou philologique, et portaient un intérêt approfondi à l'ensemble des collections. Certains, au contraire, comme Johann Georg Keyssler ou Jacob Jonas Björnstahl, se comportaient plutôt en dilettantes et utilisaient un peu les bibliothèques comme des salons littéraires où l'on pouvait entretenir des conversations fructueuses avec les personnalités locales. Cette étude apporte donc une contribution originale à l'histoire des bibliothèques.