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Le Réseau des bibliothèques publiques de Boston

Raymond Bérard

Au cours de l'été 1980, M. Raymond Bérard, alors conservateur à la Bibliothèque municipale classée du Havre, a effectué une mission d'étude aux États-Unis grâce à la Commission franco-américaine d'échanges universitaires et culturels. Il nous présente ci-après le réseau des bibliothèques publiques de la ville de Boston.

Boston, capitale de l'État du Massachusetts, située à l'embouchure de la Charles River sur l'Atlantique, est un des hauts-lieux historiques des États-Unis : fondée en 1630, elle a joué un rôle de premier plan dans l'histoire des colonies anglaises d'Amérique du Nord puisque c'est de là que partit, en 1773, l'insurrection contre le colonisateur anglais, lors de la fameuse Tea Party - insurrection qui aboutit à la guerre contre la Grande-Bretagne et à l'indépendance. Plus tard, au 19° siècle, Boston a connu un afflux considérable d'immigrants, surtout irlandais et nordiques (Lithuaniens).

Boston compte aujourd'hui 700 000 habitants (1 million d'habitants dans le Grand Boston). Si son activité portuaire a fortement décliné, par contre ses activités commerciales et surtout bancaires restent très importantes. Mais c'est surtout, de longue date, la capitale intellectuelle de la côte est, avec une concentration d'universités impressionnante, même si les plus prestigieuses (Harvard, Massachusetts Institute of Technology) ne sont pas situées à Boston même, mais sur l'autre rive de la Charles River, à Cambridge.

Depuis les années 50, la population du centre de Boston a tendance à décliner et celle des villes-satellites à augmenter (Brookline, Cambridge, Somerville, Newton, Quincey). S'il existe des organismes coordinateurs pour le district métropolitain de Boston, la bibliothèque de Boston n'est sensée desservir que la ville elle-même, les réseaux de banlieue étant autonomes. Mais de par sa richesse et son prestige, elle attire en fait la population du Grand Boston et de l'État du Massachusetts.

1. Présentation

La Bibliothèque publique de Boston, la plus ancienne des États-Unis, a été fondée en 1854. Après avoir occupé les locaux d'une ancienne école, dans Mason Street, elle est transférée dans un nouveau bâtiment, sur Boylston Street, qui se révélera très vite malcommode. C'est le 11 mars 1895 qu'est ouverte la nouvelle Bibliothèque de Copley Square, conçue par les architectes McKim, Mead et White, bâtiment solennel et imposant, aujourd'hui classé monument historique et où le lecteur peut admirer, entre autres, d'impressionnantes fresques de Puvis de Chavannes.

C'est l'État du Massachusetts qui a fait don du terrain à la Ville de Boston, à condition que la bibliothèque soit ouverte gratuitement aux habitants de l'État, ce qui n'est pas sans imposer de nos jours de lourdes charges à la municipalité, sans réelles contreparties financières.

L'augmentation de la fréquentation de la bibliothèque et le développement de la production imprimée obligent de nouveau les responsables à prévoir un agrandissement des locaux, mais ce n'est qu'en 1972 qu'est inauguré le nouveau bâtiment, directement accolé à l'ancien. L'architecte, Philip Johnson, célèbre aux États-Unis, a réussi à harmoniser le nouveau bâtiment avec l'ancien en utilisant la même pierre et en créant des volumes rappelant ceux de l'ancienne bibliothèque.

1.1. La Bibliothèque de recherche

Elle occupe les anciens bâtiments, sur trois niveaux. Bibliothèque de consultation, elle compte trois millions et demi de volumes, et une centaine d'employés, dont 45 % sont des professionnels. Elle comprend quinze départements dont : sciences humaines, sciences pures et appliquées, sciences sociales, beaux-arts, documents officiels, musique, journaux, estampes, livres anciens et manuscrits, archives sonores.

Le département des livres anciens et manuscrits renferme d'extraordinaires collections, parmi les plus riches du pays : 525 incunables, la collection Defoe du Professeur William Peterfield Trent, la plus importante en dehors du Royaume-Uni, une collection sur l'anti-esclavagisme (30 000 lettres et documents divers), les archives personnelles de Rufus Griswold, éditeur d'Edgar Poe et bien sûr tous les documents d'importance relatifs à l'histoire américaine. Des expositions sont régulièrement organisées par ce département : en septembre, une exposition Montaigne où figurait la première édition des Essais en anglais, publiée en 1603 à Londres chez Val. Sims, avec un ex-libris de James I.

Un autre département particulièrement riche est celui des estampes où sont représentés la plupart des artistes américains, mais aussi de nombreux européens : Goya, Daumier (avec plus de 3 000 lithographies), Toulouse-Lautrec, Fantin-Latour, Forain, Gavarni, etc. Ce département possède encore 6 000 photographies de la ville de Boston et les archives photographiques complètes du Boston Herald, quotidien aujourd'hui disparu.

La principale salle de lecture de la Bibliothèque de recherche, Bates Hall, du nom d'un philanthrope bostonien, compte 310 places assises ; elle est complétée par plusieurs salles de lecture spécialisées de dimensions plus réduites. A l'exception des usuels, les livres sont stockés dans les magasins et communiqués aux lecteurs grâce à un système sophistiqué de tubes pneumatiques, de bandes transporteuses et d'ascenseurs automatiques. De l'avis général, l'ancien système, sorte de petit chemin de fer, qui dut être abandonné faute de pièces de rechange, était beaucoup plus efficace.

Les livres portent une cote « Bibliothèque du Congrès » à l'exception d'un fonds qui garde encore l'ancienne cote topographique de la Bibliothèque de Boston. La plupart des cotes ont été transformées lors de la crise économique de 1929, grâce à un programme de lutte contre le chômage qui permit d'employer 1 500 chômeurs... Les résultats ne sont pas toujours très rigoureux.

Parmi les nombreuses collections de la Bibliothèque de recherche, mentionnons encore les fonds Jeanne d'Arc, avec 4 500 volumes et objets divers (statues, cendriers, etc.), Charlotte Cushman, du nom d'une ancienne actrice (collection théâtrale), Sacco et Vanzetti (l'Affaire s'étant déroulée dans le Massachusetts) ; la collection Dwiggins, à laquelle est consacrée une salle entière, rassemble des livres, dessins, marionnettes, meubles, peintures exécutés par William Addison Dwiggins (1880-1956) qui était à la fois typographe, illustrateur, écrivain, menuisier, etc.

1.2. La Bibliothèque de lecture publique (General Library)

La Bibliothèque de lecture publique, ouverte 69 heures par semaine, compte 600 000 volumes. Très fonctionnelle, elle est bâtie autour d'un vaste hall sur lequel ouvrent les différentes sections, réparties sur trois niveaux et un sous-sol. Le recours à de fortes poutres de béton, auxquelles sont accrochés les étages, a permis de se dispenser des piliers habituels et de dégager d'immenses surfaces, d'une utilisation extrêmement souple.

Le rez-de-chaussée ouvre sur un hall abritant à gauche le comptoir d'inscription et de retour des livres. Après avoir dépassé les postes de sortie des livres on débouche sur le grand hall, encadré par quatre volées d'escaliers complétées par une batterie d'ascenseurs et qui sert parfois à abriter des expositions (lors de mon passage, était présentée une vaste maquette de la ville de Strasbourg, jumelée avec Boston). A droite du hall, se trouvent les romans (fiction), à gauche, la littérature non romanesque (poésie, théâtre, etc.), complétés par un important rayon de livres de poche (qui, sauf exception, ne sont pas catalogués et portent une cote sommaire), et par les livres en gros caractères, pour mal-voyants, dont le choix est incomparablement plus varié qu'en France. A l'opposé de l'entrée se trouve le service d'information sur les catalogues, bien nécessaire, vu leur nombre et leur relative complexité ; sont rassemblés là dix lecteurs de microfilms, recensant les acquisitions de toutes les bibliothèques publiques de Boston (centrale + annexes) depuis 1974, huit jeux de catalogues imprimés représentant le fonds de livres entrés à la Centrale uniquement avant cette date et plusieurs catalogues annexes.

A proximité des romans, a été aménagée la bibliothèque des enfants, dont la décoration tranche sur celle des autres salles : les bibliothécaires ont choisi une couleur très vive (vert pomme) alors que partout ailleurs, c'est le gris qui domine : moquette, murs, les montants des rayonnages étant noirs ; pourtant aucune impression de tristesse, grâce au contraste des différentes teintes et aux vastes surfaces vitrées.

Le visiteur peut être frappé par la taille relativement réduite de la section des enfants, comparée au reste de la bibliothèque ; elle contient pourtant 30 000 volumes, y compris des livres en langues étrangères. Contrairement aux autres sections, le catalogue y est encore sur fiches. Une certaine sélection est opérée lors des acquisitions, mais les responsables, devant les demandes sans cesse répétées, ont bien dû se résigner à acheter des titres commerciaux ; ils sont d'ailleurs opposés à toute forme de censure, même sous prétexte d'écarter une production de mauvaise qualité. Cette politique d'acquisition se retrouve dans toutes les sections de la Bibliothèque : bien que tous les efforts soient faits - au moyen d'expositions, de sélections thématiques, etc. - pour élever le niveau de lecture, les responsables ont toujours refusé l'élitisme et pensé que la finalité d'une bibliothèque est d'abord de faire lire le public. Winsor, directeur de 1868 à 1877 disait que « si on limite son choix à Scott ou Miss Edgeworth, on dégoûte la majorité du public de la lecture. On doit exclure des rayons les livres vraiment « vicieux » ; mais on ne peut aller plus loin sans contrarier les souhaits de masses de lecteurs, qui doivent être respectés car ils sont liés à leur condition et à leurs besoins. »

Un escalier donne accès au centre de documentation du livre pour enfants, structure comparable à celle existant à New York ; sont présentés, en consultation sur place, une série de livres qui se veulent un panorama de l'édition américaine contemporaine, ainsi qu'un fonds local, réunissant tous les ouvrages sur la Nouvelle-Angleterre. Ce centre est très utilisé par les enseignants, les bibliothécaires, les parents, les éditeurs... et par les enfants eux-mêmes.

La mezzanine est occupée principalement par les collections en langues étrangères. C'est une caractéristique des bibliothèques américaines de proposer des livres dans leur langue aux différents groupes linguistiques composant la communauté, même s'ils sont intégrés depuis longtemps et parlent parfaitement l'anglais. Quarante langues sont représentées à la Bibliothèque de Boston, les collections les plus importantes étant en espagnol, chinois, allemand, lithuanien et français en raison du nombre élevé de Canadiens français établis en Nouvelle-Angleterre ; parmi le choix proposé, les classiques, les derniers prix littéraires et une grande proportion d'ouvrages édités au Canada : une sélection éclectique et d'une bonne tenue.

C'est également sur la mezzanine qu'est située la section des adolescents. Il semblerait que, à l'intérieur même de la bibliothèque de Boston, les avis soient partagés sur l'opportunité d'une telle section. Les salles où les rayonnages réservés aux adolescents ont d'ailleurs tendance à disparaître dans les petites bibliothèques de quartier, que ce soit à New York ou à Boston, par manque de place ou de moyens. Le responsable de la section estime pourtant que dans un grand établissement, il est bon de disposer d'une salle où les adolescents puissent se retrouver et, guidés par le personnel, faire l'apprentissage de la bibliothèque : la majorité des jeunes, après quelques visites à la section, ne reviennent pas ; ce qui ne signifie pas qu'ils ne fréquentent plus la bibliothèque : au contraire, après cette initiation, ils ont su trouver ce qui les intéressait dans un des grands départements.

Le fonds, constitué de 35 000 volumes, comprend une proportion importante de livres de poche, beaucoup utilisés. L'accent a surtout été mis sur les documentaires qui représentent 65 % du fonds. L'action du personnel est complétée par de très nombreuses animations : discussions autour d'un livre, rencontres avec des auteurs, films, etc.

Le deuxième étage est consacré en partie aux périodiques, avec 1 300 titres qui sont obligatoirement des doubles de ceux conservés à la Bibliothèque de recherche (abonnée à 4 000 périodiques). Il peut paraître à première vue surprenant que coexistent, séparées par quelques dizaines de mètres, deux énormes collections de périodiques, très onéreuses ; c'est que les publics visés sont différents : à la Bibliothèque de recherche, un public universitaire, d'un niveau supérieur à la licence ; ici, tout le monde ; par un souci de démocratisation, on a voulu offrir au lecteur moyen, qu'il souhaite se cultiver ou se distraire, une collection très complète de titres, sans qu'il ait à justifier d'une recherche particulière pour y accéder. C'est ici que l'on comprend le double sens du slogan de la Bibliothèque de Boston : Free to all : gratuite pour tous mais aussi accessible à tous. Les difficultés budgétaires imposent malheureusement des choix difficiles : 300 titres ont dû être ainsi supprimés au 1er janvier 1980.

Le deuxième étage abrite encore les documentaires, ainsi qu'une collection d'usuels. Un bureau de renseignements est situé devant les ascenseurs : il n'existe pas de spécialistes par sujets comme c'est souvent le cas dans les bibliothèques américaines. On peut être surpris de constater la présence extrêmement réduite du personnel dans ces immenses salles ; ainsi, au sous-sol, qui abrite la Musique et les Beaux-Arts, il arrive qu'aucun bibliothécaire ne soit disponible ; c'est donc au personnel de l'audio-visuel, voisin, que revient la charge de renseigner le public.

Le secteur audio-visuel, c'est d'abord une discothèque de 31 000 disques, avec vingt postes d'écoute, quatorze électrophones, quatre lecteurs de cassettes ; la musique classique représente 60 % de la collection, classée selon le système de la Bibliothèque du Congrès, sauf les disques de pop-musique, de jazz et de folklore qui ne reçoivent qu'une cote sommaire topographique, et ne sont pas catalogués ; à la différence de la Bibliothèque publique de New York, les disques ne sont pas intégrés au catalogue général de la bibliothèque, sur microfilm : un catalogue classique, sur fiches bristol, est mis à la disposition du public. Les problèmes de la discothèque sont nombreux : par manque d'entretien, seuls trois postes d'écoute sur vingt fonctionnaient lors de ma visite, aucun disque nouveau n'avait été reçu depuis plusieurs mois, situation aggravée par les vols, difficilement contrôlables (la sortie de tous les documents, livres et disques, s'effectue au rez-de-chaussée).

Mais l'audio-visuel, c'est aussi une imposante collection de films 16 mm (8 000 titres) ; des documentaires, mais aussi des long-métrages tels que Le Pont de la rivière Kwai, Huit et demi, etc. Cette collection, commencée en 1950, ne desservait à l'origine que Boston. Aujourd'hui, on envoie des films dans tout le Massachusetts, dans le cadre de l' « Eastern Massachusetts Regional Library System ». Les chiffres de prêt témoignent de la vitalité de cette filmothèque : 53 409 prêts en 1978-79 (12 mois), chiffres en progression constante.

50 % du budget annuel, d'environ 100 000 dollars, sont consacrés à l'achat de films d'enfants, qui reviennent en moyenne à 350 dollars. Les long-métrages ne sont pas la propriété de la bibliothèque, qui ne fait que les louer aux producteurs, en général pour une durée de cinq ans (pour un prix de revient moyen de 1 000 dollars). Les films ne sont prêtés qu'aux groupes ou aux associations, les écoles n'ayant accès à la collection que pour les activités extra-scolaires.

La section audiovisuelle comprend, en outre, une petite salle de projection, utilisée notamment pour le visionnement des nouveaux films, envoyés en office par les producteurs ; deux commissions d'acquisition (adultes-enfants) visionnent ainsi régulièrement les nouveaux titres et sont composées non seulement de bibliothécaires de Boston, mais aussi de petites villes du Massachusetts, partie prenante de l'EMRLS.

Contre toute attente - et l'exemple de Boston n'est pas isolé - la section audiovisuelle ne possède que très peu de vidéo-cassettes : les bibliothécaires américains, constatant l'évolution rapide de la technologie, restent prudents. Estimant que la vidéocassette sera bientôt remplacée par le vidéo-disque, ils évitent de se lancer dans l'achat massif de matériels onéreux et vite démodés. Il convient d'ailleurs de noter qu'ils croient plus à l'utilisation collective du film, quel que soit son support, qu'à son utilisation individuelle.

Le sous-sol est encore occupé par un vaste auditorium, très confortable, où sont organisés des concerts, conférences, séances de ciné-clubs, etc.

1.3. Les Succursales

La Bibliothèque de Boston a constitué un réseau cohérent de succursales. Au nombre de 27 (non compris la « Kirstein business branch », qui dépend de la Bibliothèque de recherche), elles desservent tous les quartiers importants de Boston, un bibliobus se chargeant des dessertes complémentaires dans les quartiers peu peuplés.

L'idée de créer des succursales n'est pas nouvelle : dès 1867, le directeur de l'époque suggérait de développer l'action de la bibliothèque au moyen d'établissements établis dans les quartiers, sur le modèle britannique. Une étude ayant montré que les habitants d'East Boston étaient les plus défavorisés, puisqu'une personne sur 26 seulement y fréquentait la bibliothèque, c'est ce quartier qui fut choisi en priorité, la succursale ouvrant le 28 novembre 1870. De nouvelles ouvertures suivirent bientôt : South Boston en 1872, Roxbury en 1873, suivies par Charlestown et Brighton en 1874, déjà existantes mais annexées par la Bibliothèque de Boston lors de l'intégration des deux villes dans le grand Boston. Les succursales connurent très vite le succès puisqu'en 1877, elles prêtaient 600 000 livres (pour 6 établissements ouverts).

Les quatre succursales que j'ai eu l'occasion de visiter présentaient toutes un aspect moderne et attrayant, trois d'entre elles ayant été conçues dès l'origine pour servir de bibliothèques. Deux succursales, South Boston et South End possèdent même un jardin privé. Une bibliothèque de quartier typique, celle de Charlestown, ouverte en 1970, d'une superficie de 300 m2, comprend un rez-de-chaussée pour les sections adultes et adolescents et une mezzanine pour les enfants, complétée par une salle polyvalente de 120 places. Les sols sont entièrement couverts de moquette, dans des tons neutres au rez-de-chaussée, alors que les couleurs sont plus variées dans la section enfants. Selon une conception en vogue à l'époque, mais très critiquée par les responsables en raison des risques de vandalisme dans les quartiers défavorisés, les trois façades de la bibliothèque donnant sur la voierie sont entièrement vitrées. Le bibliothécaire de Charlestown regrette également l'absence de séparation physique entre les sections adultes et enfants, en raison du bruit. Ce problème se retrouve d'ailleurs dans plusieurs autres succursales, où les deux sections peuvent être sur le même plan.

Charlestown met 26 000 livres à la disposition de ses lecteurs, dont un tiers de livres d'enfants, pour une population de 15 000 habitants. Les disques sont peu nombreux : 350, car la demande n'existe pratiquement pas. Un coin périodiques, agréable, compte une quinzaine de titres. La bibliothèque de South Boston compte autant de livres (15 000 livres d'adultes, 3 700 livres d'adolescents, 8 000 livres d'enfants), mais davantage de périodiques (77, dont 10 quotidiens).

Les succursales disposent, pour la plupart, de livres en langues étrangères : beaucoup de livres lithuaniens à South Boston, en raison de la communauté locale, espagnols à South End. Certains appartiennent à la succursale, mais beaucoup proviennent de la Centrale et sont périodiquement changés, ce qui permet de satisfaire le public sans pour autant engager de dépenses disproportionnées, le taux de rotation de ces livres étant relativement peu élevé.

Certaines de ces bibliothèques possèdent des collections d'histoire locale : Charlestown, par exemple, conserve 800 diapositives sur le quartier, au passé très riche puisque s'y déroulèrent des combats entre les « patriotes » et les forces britanniques. A South Boston, on peut consulter la South Boston gazette sur microfilm.

Comme à la bibliothèque centrale, le manque de personnel, dû aux difficultés budgétaires, se fait sentir : South Boston dispose d'une directrice, d'une bibliothécaire pour enfants, d'un bibliothécaire pour adultes et de trois employés chargés des tâches techniques. En terminologie administrative, le bibliothécaire pour adultes est ici un « généraliste », c'est-à-dire qu'il est supposé s'occuper aussi bien des adultes que des adolescents ou même des enfants, en cas de besoin ; cette réforme a été introduite en raison des réductions de personnel, et vise à créer un corps de bibliothécaires polyvalents. Charlestown compte deux bibliothécaires professionnels, trois employés dont un à mi-temps ainsi que deux lycéens, à temps partiel, chargés du rangement des livres, alors qu'en 1978, l'effectif s'élevait à huit personnes. La plupart des autres succursales connaissent la même situation, plusieurs postes vacants restant non pourvus.

Certaines succursales présentent un caractère particulier :
* Il s'agit d'abord de la bibliothèque d'hôpital, située à l'hôpital de Boston où elle dispose de locaux et de personnel spécifiques.
* Mentionnons aussi la « Multilingual library », ouverte en 1971, dans un quartier défavorisé avec forte présence d'immigrants de diverses origines ; cette bibliothèque de 16 000 volumes, située au rez-de-chaussée d'un grand ensemble, possède des collections pour adultes et enfants en anglais (livres de lecture et d'apprentissage de la langue), en chinois (la langue la mieux représentée), arménien, français, espagnol (en raison de l'important afflux de population porto-ricaine) et en grec, complétées par des disques (espagnols et anglais).

Cette bibliothèque a rencontré un certain succès lors de son ouverture, mais aujourd'hui, les prêts se sont effondrés (1043 livres prêtés en septembre, surtout à des personnes âgées). Plusieurs facteurs sont responsables de cette situation :
- Les habitants ne se fixent pas dans ce quartier : ils n'y passent que quelques mois à leur arrivée et s'installent ensuite plus près de leur famille ou de leur emploi. C'est ainsi que la population grecque a pratiquement disparu du quartier.
- La bibliothèque centrale est trop proche.
- Les livres étrangers sont maintenant diffusés dans les circuits de commercialisation classiques et sont aussi présents dans les bibliothèques d'écoles.

Pour toutes ces raisons, on semble s'acheminer vers la fermeture pure et simple de cette bibliothèque originale.

* La « Kirstein Business branch », bibliothèque destinée aux hommes d'affaires, possède un statut particulier, puisqu'elle est rattachée à la bibliothèque de recherche ; à ce titre, c'est uniquement une bibliothèque de consultation. Elle a été ouverte en 1930 grâce à la générosité de Louis E. Kirstein, ancien président du Conseil d'administration de la bibliothèque, qui fit don du bâtiment, situé dans le quartier des affaires. A l'origine la section « affaires » occupait deux niveaux, le troisième, consacré à la lecture publique, a aujourd'hui disparu.

La bibliothèque - ouverte du lundi au vendredi de 9 h à 17 h, mais surtout active entre 12 h et 14 h - possède une importante collection de périodiques économiques et financiers (600 titres), les principaux annuaires (commerciaux, téléphoniques), des recueils de statistiques, les rapports financiers des grandes compagnies, etc. Un service de référence téléphonique, très utilisé, complète les services rendus.

Cette bibliothèque, qui était menacée de fermeture, a pu être sauvée - temporairement ? - par les contributions financières des milieux d'affaires, pour qui elle est un instrument de travail irremplaçable. Les difficultés actuelles ont toutefois nécessité la réduction du personnel (7 employés dont 4 professionnels, contre 13, il y a quelques années).

Une réforme de l'organisation administrative des succursales est récemment intervenue, en 1974. Alors qu'auparavant les 27 succursales étaient dirigées depuis la Centrale, elles ont été divisées en trois secteurs : Brighton, Codman, Dudley, chacun regroupant neuf succursales. Chaque secteur est dirigé par un « Assistant supervisor of branches », responsable devant le « Supervisor of branches ». L' « Assistant supervisor » est en même temps directeur de succursale.

Le directeur de la succursale envoie, tous les mois, à l' « Assistant superviser » de son secteur géographique un rapport de fonctionnement et les statistiques traditionnelles ; chaque semaine il lui soumet le montant des dépenses prévues (chaque succursale dispose de son propre budget d'achat de livres, mais les commandes sont bien sûr passées par l'intermédiaire de la Centrale), ainsi que la liste des livres hors listes (voir le chapitre acquisitions) qu'il souhaite acheter.

L' « Assistant supervisor » répercute, à son tour, l'information sur la responsable des succursales à la Centrale.

La sélection du personnel est réalisée par un comité regroupant la responsable des succursales, les « regional supervisors » et le bibliothécaire local.

Cette décentralisation, si elle a été source d'améliorations, a toutefois introduit certaines pesanteurs, tout (y compris les demandes de réparations) devant transiter par un échelon hiérarchique intermédiaire.

Mais elle a facilité la mobilité du personnel, ce qui est appréciable dans un contexte de réduction des effectifs : alors qu'auparavant il était difficile, en cas d'absence d'un employé, de faire venir un remplaçant d'un quartier parfois éloigné, en raison des temps de transport, désormais l'organisation en secteurs relativement peu étendus, qui permet de mieux suivre au jour le jour la situation en personnel, facilite les déplacements d'une succursale à l'autre, bien que les résistances psychologiques soient toujours fortes.

La sectorisation est utilisée à grande échelle à New York où la Direction ayant eu à choisir entre la fermeture de la moitié de son réseau et la réduction à trois jours d'ouverture, a décidé d'affecter une partie de son personnel à deux bibliothèques.

Les responsables de succursales disposent d'une large autonomie : dans le choix des livres (bien que des pourcentages soient imposés : 50 % de livres pour adultes, 30 % pour les enfants, 20 % pour les adolescents), dans les animations (dont le programme doit toutefois être approuvé par le « Branch supervisor », et rester conforme à la politique de neutralité de la bibliothèque), dans la gestion du personnel. Nous avons même vu qu'ils sont partie prenante lors de l'engagement de nouveaux employés.

Les bibliothèques-succursales sont toutes très typées, selon la nature de la communauté qu'elles desservent : population à majorité irlandaise, lithuanienne, noire, etc. Les collections, les animations sont prévues en fonction de cette communauté. Certaines, situées dans des quartiers défavorisés, connaissent des problèmes de sécurité : une d'entre elles avait été récemment attaquée par une bande de jeunes Noirs armés de couteaux ; des alcooliques ou des drogués traînent dans les salles de lecture (que ce soit à la Centrale ou dans les annexes), ce qui pose des problèmes d'hygiène et éloigne les véritables lecteurs.

En raison des particularités ethniques, il existe peu de brassage entre les différentes populations : à South Boston, quartier blanc, les habitants ne tolèrent pas la présence des Noirs et, lors de l'intégration scolaire, accompagnée du « busing » (transport en car des élèves), la responsable a dû interrompre les visites de classe dans son établissement, de peur que les élèves noirs ne soient attaqués. Dans les quartiers noirs, comme à Dudley, qui est l'annexe la plus récente, le personnel est en majorité noir.

Toutefois, il semblerait que les incidents ne soient guère plus nombreux que dans n'importe quelle banlieue de grande ville française ; la réputation de certains quartiers tient sans doute plus aux préjugés qu'à la réalité.

En marge des succursales, mais complétant l'action de lecture publique, les services de desserte, qui comprennent le bibliobus et les voitures du service à domicile (= homesmobile).

Les bibliobus ont connu une fortune diverse : à leur apogée, en 1965, trois camions prêtaient 350 000 livres. En 1977, tout service a été interrompu en raison de l'augmentation du prix de l'essence et du maillage très serré des succursales existantes. Devant la pression populaire, la Direction a décidé de remettre en service un seul camion sur les trois ; les deux autres sont utilisés en réserve, en cas de pannes.

Ces véhicules, à air conditionné, d'une capacité de 1 500-1 800 livres, trahissent leur âge, malgré l'entretien soigneux dont ils sont l'objet ; il n'est pas certain que le service subsiste lorsque se posera la question de leur remplacement.

Le bibliobus, qui circule du lundi au vendredi, dessert quatre arrêts par jour, avec un temps de stationnement moyen d'une heure. Ces arrêts, desservis chaque semaine, sont situés à 1 mile au moins d'une succursale. Trois personnes sont en permanence dans le camion, une quatrième étant employée au dépôt pour les tâches administratives.

Les deux homesmobiles sont de très confortables voitures-break. Ce service original, qui a pu démarrer en 1971, avec des fonds fédéraux, s'adresse aux personnes isolées (malades, vieillards, handicapés), qu'elles résident chez elles ou dans des institutions spécialisées. Deux employés desservent, ainsi, environ 350 personnes à domicile et 42 institutions. Ces employés, choisis pour leur sens du contact, fournissant un service très individualisé, passent environ tous les mois. Les usagers ne peuvent bénéficier du homesmobile qu'après enquête ; ils doivent, en particulier, fournir un certificat médical attestant qu'ils ne peuvent se déplacer, et certifier qu'ils n'ont pas de parents pouvant se rendre à leur place à la bibliothèque.

Victime de son succès (33 194 prêts en 1979-1980, soit presqu'autant que le bibliobus), ce service, maintenant saturé, n'accepte plus de nouveaux inscrits.

2. Organisation administrative 1

Le Conseil d'administration est composé de cinq membres, nommés par le Maire pour cinq ans. Le Directeur, nommé par le Conseil d'administration, applique la politique décidée par celui-ci.

Ce type d'organisation, que l'on retrouve à New York, a apporté jusqu'à présent toute satisfaction : les administrateurs choisis par les maires successifs de Boston ont été dans leur grande majorité des notables respectés, indépendants, prenant leur tâche à cœur et défendant avec vigueur les intérêts de la bibliothèque. De son côté, le pouvoir politique, bien que détenant la possibilité de contrôler effectivement le fonctionnement de la bibliothèque, s'est le plus souvent gardé de toute ingérence politique, et, conscient des services rendus, a apporté son soutien moral et financier à la bibliothèque, qui, de son côté, conformément à sa mission, s'en est toujours tenue à la plus stricte neutralité.

3. Services centraux

3.1. Acquisitions

L'organisation en réseau a permis de centraliser un certain nombre de tâches communes à toutes les bibliothèques publiques de Boston.

C'est le cas des acquisitions pour lesquelles ont été dépensés, en 1979, 2,2 millions de dollars, sur un budget total d'environ 11 millions de dollars. Sur cette somme, 650 000 dollars ont été consacrés aux périodiques, 100 000 dollars aux microformes, 150 000 dollars aux films et enregistrements. La bibliothèque centrale (lecture publique) et les succursales ont disposé de 650 000 dollars. Du 1er juillet 1979 au 30 juin 1980 ont été achetés, uniquement pour la lecture publique : 24 743 livres pour adultes ; 1 787 livres pour adolescents ; 3 621 livres pour enfants. Soit un total de 30 151 livres.

Une telle quantité de documents nécessite une organisation rationnelle des acquisitions, placées sous la responsabilité d'un coordinateur, lui-même supervisé par un des directeurs-adjoints, chargé de l'achat et du traitement des documents.

A la différence de New York, les acquisitions ne sont pas automatisées bien qu'il soit question d'installer un système mis au point par l'Université du Massachusetts, adapté aux besoins spécifiques de la Bibliothèque de Boston.

Le premier stade de l'organisation des acquisitions est constitué par le marché passé avec « Baker and Taylor », important grossiste spécialisé dans la fourniture de livres aux bibliothèques. [Sont traitées ici les acquisitions « lecture publique » ; la bibliothèque de recherche dispose d'un système comparable (offices). Des « blanket order prograins » ont également été nogociés avec les fournisseurs de livres étrangers (Touzot Halbert en France).]

Un blanket order program, sorte de grille d'office, a été mis au point en collaboration avec les bibliothécaires, selon le profil de l'établissement : la bibliothèque de lecture publique étant supposée desservir un public dont le niveau ne dépasse pas la licence, elle ne reçoit, en plus des romans, que des ouvrages correspondant à une bonne vulgarisation, sans spécialisation excessive. Cette grille d'office s'applique à la production de 350 éditeurs.

Deux cents livres sont ainsi reçus chaque semaine. Ils ne servent qu'incidemment à garnir les rayons de la bibliothèque. La finalité première de ce système est de permettre aux bibliothécaires de voir le livre avant d'en passer éventuellement commande, système très répandu dans les pays anglo-saxons et qui permet d'éviter des mauvaises surprises lorsqu'on ne se fie qu'aux bibliographies.

Les volumes correspondant à chaque office sont ainsi regroupés dans une salle, appelée « book inspection room », classés par numéro d'entrée ; différentes bibliographies, revues critiques sont également à la disposition des bibliothécaires de la Centrale et des succursales qui passent une fois par semaine pour opérer leur sélection, librement, en tenant compte des spécificités de leur quartier.

Pour faciliter leur tâche, ils reçoivent au préalable la liste des nouveaux livres arrivés, ce qui leur permet d'établir une pré-sélection.

Chacun ayant fait son choix, les fiches de commande correspondant à chaque livre sont regroupées et la commande définitive est expédiée au fournisseur : Baker and Taylor, qui détient une part importante du marché des bibliothèques américaines, constitue presque un monopole. Il convient de noter que la Bibliothèque publique ne se fournit chez aucun libraire de Boston.

Les remises accordées sont très importantes : 33 % et même 40 % pour les best-sellers, vendus d'avance.

L'exemplaire isolé, envoyé en office, ne va pas sur les rayons de la bibliothèque de lecture publique, mais est automatiquement destiné à la bibliothèque de recherche.

Ce système d'office, s'il présente de nombreux avantages, peut cependant être critiqué : la grille d'office, même précisément définie au départ, laisse une large part d'initiative au grossiste qui peut être tenté d'y inclure des titres ne correspondant pas toujours au souhait des bibliothécaires, parce que trop spécialisés ; le système aboutit en fait à transférer la responsabilité des acquisitions du bibliothécaire au grossiste. Toutefois, l'impossibilité pour la bibliothèque de retourner les titres qui ne l'intéressent pas n'est pas vraiment un handicap, puisque les livres sont destinés à la bibliothèque de recherche qui achète pratiquement toute la production.

En dehors des nouveautés, les demandes de réapprovisionnement peuvent bien sûr être satisfaites, mais dans des conditions bien précises : il a en effet été décidé qu'un livre demandé par une succursale devait obligatoirement figurer dans les collections de la Centrale.

Le système d'office existe également pour les livres d'enfants, bien que les délais de consultation soient plus longs, les livres restant quatre semaines dans le « book inspection room ».

Bien entendu, chaque succursale ou département de la Bibliothèque centrale a son propre budget d'achat de livres, déterminé par la fréquentation du public.

L'absence de système automatisé est devenu un lourd handicap lorsqu'il s'agit d'établir la répartition des dépenses par succursales et de justifier l'utilisation des subventions par établissements auprès des différents organismes participant au financement de la bibliothèque.

3.2. Catalogage

Le catalogage est automatisé depuis 1975 et, actuellement, tous les documents, qu'ils soient destinés à la Bibliothèque de recherche, à la Bibliothèque centrale de lecture publique ou aux succursales, sont traités par les mêmes équipes de catalogueurs.

Le catalogage de la production courante est effectué par trois départements :

* Le premier, appelé Title 2 (d'après le numéro d'article d'une loi relative aux bibliothèques et à leurs catalogues) comprend sept personnes et s'occupe surtout du catalogage automatisé.

Parmi ses tâches figure la recherche des notices sur les bandes Marc reçues chaque semaine par la bibliothèque ; recherche d'après le numéro de la Bibliothèque du Congrès, ou bien sur microfilm, dans l'index auteurs-titres de la bande de données Marc, en cas d'absence du numéro ; au cas où l'index ne répertorie pas le titre, il est nécessaire de se reporter au National Union Catalog.

Title 2 vérifie aussi les fiches-spécimens produites, avant leur mise en mémoire définitive, car il peut arriver que la notice Marc ne corresponde pas exactement à l'édition de la bibliothèque (pendant que le livre est encore dans « l'inspection room », une fiche-spécimen est produite d'après les bandes Marc ; ce n'est que lorsque tous les exemplaires commandés sont arrivés que les données bibliographiques définitives sont mises en mémoire).

Autre tâche de Title 2, le « tagging », qui consiste à convertir les fiches anciennes établies manuellement en fiches lisibles par la machine, dans le cas de livres ne figurant pas, ou plus, sur les bandes Marc.

Le système Marc couvre 95 % de la production éditoriale en langue anglaise, mais seulement 40 à 60 % des livres étrangers. Pour les livres non couverts par Marc, le système choisi permet une recherche automatique pendant plusieurs mois sur les nouvelles bandes Marc.

* Si cette recherche ne donne aucun résultat, le deuxième département, celui du catalogage manuel (= « original cataloging ») intervient. Sept catalogueurs professionnels traitent environ 13 000 livres par an. Ils sont spécialisés par langue et ont à leur disposition plusieurs instruments de référence pour l'établissement des vedettes.

- Union catalog.

- Microfilms de la Bibliothèque du Congrès (Index auteurs).

- Encyclopédies, dictionnaires, etc. ainsi que la « Library of Congress shelflist » (fichier topographique), afin de déterminer la cote.

* Le troisième département est l'unité de production (= « catalog maintenance unit »), forte de sept personnes, responsable des fiches bristol traditionnelles, destinées la plupart à la Bibliothèque de recherche (une seule fiche topographique est établie pour les bibliothèques de lecture publique). Elle se charge de leur reproduction, de leur répartition, de leur intercalation dans les fichiers topographiques centraux, ainsi que de la mise à jour de ces fichiers.

La bibliothèque dispose pour le catalogage d'un ordinateur Digital, Decsystem 2000, utilisé également par 22 bibliothèques extérieures dont certaines possèdent un terminal.

En plus des services actuellement rendus par cet ordinateur, il est prévu un catalogue collectif « on-line » des bibliothèques utilisatrices et, à partir de 1981, un catalogue « on-line » directement utilisable par le public.

Si tous les livres subissent un traitement catalographique semblable, la situation des catalogues, au niveau du produit fini, varie toutefois selon les sections :

* Bibliothèque de lecture publique (Centrale) : le catalogue général a été figé en 1974 et les fiches photographiées. Il est désormais disponible sous forme de 64 volumes, avec classement dictionnaire (auteurs, matières, titres). Depuis 1975, l'ordinateur produit un microfilm qui recense les livres entrés à partir de cette date à la bibliothèque centrale et dans les succursales, les symboles apparaissant en dessous de chaque notice localisant les bibliothèques ou les départements spécialisés de la Centrale possédant le volume.

Par exemple :

CRC = Children resource center

YA = Young adult collection

CH = Charlestown branch

SE = South end branch

Il existe 37 abréviations représentant autant de localisations. Il est donc encore matériellement possible, dans le cas d'un livre présent dans toutes les succursales de les faire toutes figurer sur le microfilm. Ce n'est plus le cas de la bibliothèque de New York, avec ses 82 succursales, ce qui explique l'absence de localisation (sauf pour les différentes sections de la Centrale) du catalogue collectif.

Le catalogue sur microfilm comprend 3 sections auteurs, titres et matières, avec refonte quatre fois par an. Afin de connaitre la situation exacte des collections entre deux refontes, il a fallu prévoir un catalogue sur fiches, produit par ordinateur, des nouvelles acquisitions. Les fiches arrivant souvent avec retard, un troisième fichier, manuel, a dû être créé, recensant les titres au fur et à mesure de leur arrivée.

Quatre catalogues sont ainsi nécessaires pour recenser les collections complètes de la bibliothèque, ce qui peut dérouter le lecteur.

* Succursales : Depuis 1975, le microfilm recense également les livres des succursales, qui possèdent chacune au moins un appareil de lecture.

Pour les ouvrages entrés avant cette date, les succursales ont conservé leur catalogue traditionnel sur fiches.

Chaque succursale, de même que la Centrale, reçoit une fiche topographique traditionnelle (produite par ordinateur). Certains bibliothécaires, jugeant le catalogue sur microfilm peu pratique, établissent manuellement des fiches supplémentaires, afin de les intercaler dans leurs anciens fichiers.

* Bibliothèque de recherche : Le catalogue de la Bibliothèque de recherche est encore un catalogue traditionnel sur fiches. Il est en cours de réorganisation depuis octobre 1978 en vue de produire un catalogue sous forme de microfiches. Le but du projet, qui a pu démarrer grâce à une subvention initiale de 240 000 dollars accordée par un organisme fédéral, l' « Office of libraries and learning resources », est de pouvoir diffuser les données bibliographiques des trois millions de livres de la Bibliothèque publique de Boston, afin de favoriser la coopération inter-bibliothèques dans la région. 7 millions de fiches devront être reproduites et se présenteront sous la forme de trois mille microfiches qui pourront être achetées par les bibliothèques universitaires et publiques et permettront ainsi un accès plus facile aux collections de la Bibliothèque de recherche. On a choisi les microfiches de préférence aux volumes imprimés en raison de leur moindre coût.

Avant de figer le catalogue et de le microfilmer, un certain nombre de tâches doivent être réalisées afin que le produit fini soit de qualité satisfaisante. La lisibilité des fiches est particulièrement importante, de même que la cohérence des vedettes, qui laisse parfois à désirer. On ne recatalogue qu'en dernier ressort, lorsqu'on ne dispose d'aucune notice satisfaisante, ni à la bibliothèque, ni au niveau national.

Les personnes travaillant sur ce projet sont divisées en deux groupes. Le groupe « rédactionnel », chargé de vérifier les vedettes et la lisibilité des fiches, est divisé en huit équipes, composées chacune d'un bibliothécaire, d'un employé de bibliothèque et d'un étudiant, engagé pour la circonstance. Chaque équipe est responsable de 831 tiroirs sur les 6 648 que compte la bibliothèque, à la vitesse moyenne de 50 tiroirs par mois.

Le second groupe, chargé des tâches techniques, comprend sept employés de bibliothèque et plusieurs étudiants, qui s'occupent de la recherche des nouvelles fiches de catalogue quand les anciennes ne peuvent être conservées, et, éventuellement, de la dactylographie.

Les fiches de remplacement peuvent être obtenues soit par la Bibliothèque du Congrès, soit par le système de catalogage automatisé de la bibliothèque.

Les fiches de catalogue correspondant aux nouvelles acquisitions sont intercalées dans un fichier temporaire séparé qui sera intégré au fichier général juste avant le microfilmage, qui doit commencer en 1981.

Un nouveau catalogue automatisé sera mis en service en 1981.

3.3. Traitement

Le traitement des livres est également centralisé : un seul atelier traite tous les livres de la Bibliothèque : pose de jacquettes en plastique (le filmolux est très peu utilisé), mise en place de l'équipement de prêt (pour la lecture publique), des cotes, etc.

La bibliothèque possède encore son propre atelier de reliure, alors que la plupart des bibliothèques américaines ont choisi, pour des raisons de prix de revient, de les fermer et de confier leur reliure à des entreprises extérieures.

L'atelier de Boston emploie quatorze personnes dont quatre relieurs professionnels et traite environ 50 000 volumes par an. Il travaille principalement pour la bibliothèque de recherche et réalise toutes les reliures de périodiques. Seules des reliures en toile, de type industriel, sont confiées à l'atelier.

3.4. Système de prêt

Il convient d'établir une distinction entre la bibliothèque centrale et les succursales.

- Le système de prêt de la Bibliothèque centrale est automatisé depuis 1967. Le matériel utilisé, de marque IBM, conçu à l'origine pour le contrôle de la qualité dans l'industrie, a été adapté aux besoins spécifiques de la bibliothèque de Boston. De technologie ancienne, il est basé sur le principe de la carte perforée.

* A l'inscription, le lecteur remplit une carte comprenant toutes les données habituelles (nom, adresse, etc.). Une carte temporaire valable une seule fois pour l'emprunt de deux livres lui est immédiatement remise. Il reçoit sa carte définitive par la poste, deux semaines plus tard, ce qui permet de vérifier la conformité de l'adresse donnée. Cette carte de lecteur est valable trois ans pour quiconque réside dans l'Etat du Massachusetts.

Préalablement à l'inscription, l'employé vérifie sur l'ordinateur que le lecteur n'est pas en situation irrégulière (au cas, par exemple où il posséderait déjà une carte ou n'aurait pas restitué ses livres). L'interrogation de l'ordinateur se fait en temps réel.

* Les livres sont eux aussi équipés d'une carte perforée.

Les quatre terminaux de sortie des livres sont situés dans le hall de la bibliothèque. Pour enregistrer les prêts, l'employé introduit d'abord la carte du lecteur dans une fente, puis la carte du livre : ce système entièrement automatique est donc très rapide ; le terminal comporte aussi un clavier, utilisé quand les perforations des cartes, endommagées, ne sont pas lisibles par la machine.

Les données relatives à la transaction sont enregistrées sur un disque, d'une capacité d'environ 2 000 transactions, chaque disque étant ensuite transféré sur ordinateur ; ce traitement intervient tous les jours.

Le retour du livre s'opère à un autre poste : seule la carte du livre étant alors nécessaire, l'opération est effectuée dans les services intérieurs, ce qui décongestionne d'autant les postes de travail. Pour annuler la transaction, l'employé introduit la carte du livre dans le terminal. Le prêt est de deux semaines, un papillon estampillé à la date du retour étant introduit dans chaque livre. La date de retour est toujours un mercredi. Les lettres de rappel sont établies automatiquement, la première étant envoyée au bout de neuf jours de retard.

Ce système permet de traiter 760 000 prêts par an dans de bonnes conditions de rapidité, mais il n'en présente pas moins de graves inconvénients : les perforations des cartes se détériorent vite, mais surtout, les terminaux de sortie n'étant pas reliés directement à l'ordinateur et ne possédant pas de mémoire-piège, un lecteur indélicat peut aisément frauder et emprunter autant de livres qu'il le souhaite, sans jamais les restituer ; certes, il recevra des lettres de rappel, mais ne sera jamais inquiété lors de son passage au poste de sortie. Le fraudeur ne peut être détecté que lors de sa réinscription, qui intervient au bout de 3 ans : le terminal-lecteurs, par lequel il doit obligatoirement passer, est en effet interrogeable en temps réel.

Les vols, dus en partie à cette faille du système, atteignent des proportions inquiétantes : le service informatique les évalue à huit cents par semaine pour la seule bibliothèque centrale, et la moitié des 450 000 lecteurs inscrits sont considérés comme étant en situation irrégulière. Pour arrêter cette hémorragie, les responsables souhaiteraient, dans un premier temps, installer un terminal-lecteurs à chaque terminal de sortie : l'employé, préalablement à toute opération de prêt, interrogerait le fichier-lecteurs, ce qui annulerait totalement l'économie de temps réalisée grâce à l'informatique.

Il est prévu d'utiliser ultérieurement un système de prêt entièrement nouveau, permettant de travailler en temps réel.

L'ordinateur est également utilisé pour les réservations ; les demandes de réservation sont mises en mémoire. L'ordinateur les repère sur la bande correspondant aux retours et établit un listing qui permet au personnel de réserver le livre. Là encore, on retrouve l'inconvénient du traitement en différé et de l'absence de mémoire-piège ; les informations correspondant aux retours ne pouvant être traitées immédiatement, il faut attendre une journée avant de remettre les livres rentrés en rayon.

- Les Succursales ont recours au système « photocharging ». Une trieuse automatique, installée à la Centrale, permet d'établir la liste des numéros correspondant aux cartes de transaction manquantes ; le personnel de la succursale établit lui-même les lettres de rappel, manuellement.

4. Animation

La Bibliothèque publique de Boston organise un nombre impressionnant d'animations, qui concernent toutes les sections. Les manifestations sont répertoriées dans un programme mensuel qui annonçait, en septembre 1980, pour la seule bibliothèque centrale, huit expositions, dix-sept films, trois conférences et un colloque international de trois jours sur le livre pour enfants ; dans les succursales étaient prévues vingt-sept manifestations de toute nature.

Les responsables des succursales et des différentes sections choisissent eux-mêmes leurs animations mais doivent toujours respecter la neutralité de la bibliothèque ; les thèmes sujets à controverse sont éliminés, à moins qu'il ne soit possible de présenter les différents points de vue.

La Bibliothèque centrale possède un ciné-club animé par le responsable de la section audiovisuelle ; dans la même salle ont régulièrement lieu des conférences (en septembre, « Boston en 1780 », par Oscar Handlin, historien lauréat du prix Pulitzer, directeur des Bibliothèques universitaires de Harvard, ou encore « Boston, une ville d'immigrants, hier et aujourd'hui », dans le cadre des cérémonies anniversaires de la fondation de Boston) et des concerts.

La section des adolescents organise des rencontres avec des auteurs (S.E. Hinton, bien connu aux États-Unis), ou bien encore, comme au mois de juillet, des conférences et des ateliers de littérature avec la participation de romanciers, de journalistes, d'auteurs de science-fiction.

La section enfants est sans doute une des plus actives, avec la traditionnelle heure du conte, mais aussi des films, des rencontres avec des auteurs, des travaux manuels, des spectacles de marionnettes, l'édition de bibliographies thématiques (le livre d'aventure, les enfants handicapés...).

Tous les ans est organisé un symposium international sur le livre pour enfants, « Children's book international », consacré cette année à l'illustration ; ce symposium de trois jours, rassemblant des auteurs, des illustrateurs, des éditeurs et des bibliothécaires de tous les pays, était organisé autour de cinq thèmes :
L'artiste et l'enfant
La conservation du livre illustré
Artistes du réel et de l'imaginaire
L'image et le regard de l'enfant (avec la participation du cinéaste italien Emanuele Luzzati)
L'image dans les différentes cultures

A la même occasion étaient présentés une exposition internationale de livres d'enfants, une sélection de livres d'enfants et d'illustrations originales extraits de la collection Merriam, ainsi qu'un panorama de la bande dessinée d'expression française, réalisé par les Services culturels français de Boston.

Les succursales organisent des animations originales, telles que les « parents discussion groups » (réunions de parents) où les sujets les plus variés sont abordés : comment faire des économies - un salaire pour les ménagères ? - le droit de vote ; des comités de lecture se réunissent une fois par mois ; à la succursale de Charlestown, la fête de Saint-Patrick est l'occasion de projeter des films sur l'Irlande, de monter une pièce de théâtre.

Plusieurs établissements organisent des séances portes-ouvertes à Noël, mais les animations les plus répandues sont le cinéma et l'heure du conte.

En vue de développer le soutien de la communauté à la bibliothèque de Boston, a été créée une association des amis de la bibliothèque, qui édite une lettre d'information. Cette association est responsable du comptoir de vente des publications de la bibliothèque (75), organise des conférences, et se charge même, à titre bénévole, de collationner un important fonds sur le théâtre.

Des associations d'amis existent également dans quelques succursales.

5. La coopération inter-bibliothèques

5.1. « Eastern Massachusetts Regional Library System »

(Réseau de bibliothèques de la Région Est du Massachusetts)

L'EMRLS constitue la mise en commun des ressources de 200 bibliothèques publiques en vue de fournir un service plus efficace aux habitants de la région Est du Massachusetts qui ont ainsi à leur disposition des collections plus complètes : tout lecteur ne trouvant pas le livre ou l'information qu'il cherche dans sa bibliothèque locale peut avoir recours aux autres bibliothèques du réseau.

La région a été elle-même divisée en huit sous-régions, chacune dotée d'une bibliothèque régionale : Andover, Boston, Falmouth, Lowell, New Bedford, Quincy, Taunton, Wellesley, Boston étant la bibliothèque coordinatrice.

Les principaux domaines d'activité sont le prêt inter-bibliothèques (livres et films) et les services de référence. Toute demande non satisfaite par la bibliothèque locale remonte jusqu'à la bibliothèque régionale, puis, le cas échéant, jusqu'à Boston. Au cas où Boston elle-même ne pourrait satisfaire la demande, il peut être fait appel à n'importe quelle bibliothèque des USA.

Les transmissions se font par lettre ou télex et les livraisons par camionnettes (l'EMRLS possède deux véhicules) ou par la poste. Ce service est entièrement gratuit.

Le réseau possède, de plus, quatre centres dépôts (Boston, North Reading, Taunton, Yarmouth Port) qui prêtent des livres et des enregistrements aux bibliothèques des villes de moins de 25 000 habitants, et deux bibliobus desservant une soixantaine de bibliothèques.

L'EMRLS a été créé en 1966 grâce à des fonds de l'État du Massachusetts, l'idée directrice étant que la Bibliothèque publique de Boston a des responsabilités dépassant le cadre de la ville elle-même. Le réseau a pu se développer dans le cadre législatif existant (l'État), mais ce sont les bibliothécaires qui ont délimité les sous-régions. Son budget pour 1979 était de 2 millions 300 000 dollars ; il emploie quarante-cinq personnes. L'EMRLS, qui utilise les structures existantes, ne possède ni service de référence, ni service du personnel, ni locaux séparés : il est entièrement intégré à la Bibliothèque de Boston, ce qui réduit la bureaucratie et les frais de fonctionnement. Sa responsable est d'ailleurs adjointe au Directeur de la Bibliothèque de Boston. En échange, le réseau paie certaines fournitures et les salaires de plusieurs membres de la Bibliothèque. Les acquisitions elles-mêmes sont centralisées à Boston.

Les statistiques pour 1979 concernent :
- 55 000 prêts de livres (inter-bibliothèques) ;
- 50 000 films (provenant tous du fonds de la Bibliothèque de Boston) ;
- 75 000 prêts-bibliobus.

Parmi les autres activités de l'EMRLS, mentionnons l'édition d'une lettre d'information, paraissant six fois par an, et la réalisation de bibliographies sélectives (« L'histoire des USA à travers le roman »). Le système fournit aussi une aide technique aux bibliothèques participantes pour les achats et les négociations avec les fournisseurs et organise des sessions de formation pour les responsables de petites bibliothèques.

Deux autres réseaux de bibliothèques existent dans le Massachusetts : les régions ouest et centre, mais l'EMRLS est le réseau le plus structuré, qui dessert la population la plus importante.

5.2. Le « Boston Library Consortium »

Le « Boston Library Consortium », qui rassemble douze bibliothèques universitaires ou de recherche (dont la Bibliothèque publique de Boston, les bibliothèques de l'Université de Boston, du « Massachusetts Institute of Technology », de la « North-eastern University », etc.) est un organisme destiné à faciliter la coopération entre des établissements de finalité semblable.

Cinq commissions ont été mises sur pied :
- La commission de catalogage, qui a récemment organisé des sessions d'initiation aux nouvelles normes anglo-américaines de catalogage AACR2 qui doivent être adoptées en janvier 1981 par la Bibliothèque du Congrès.
- Le « Program committee », qui organise des visites de bibliothèques et des séminaires (en 1979 sur la conservation des documents).
- Une troisième commission est spécialisée dans les relations avec les lecteurs : conditions d'admission dans les bibliothèques du Consortium (une carte commune permet l'accès à toutes les bibliothèques-membres), publicité (édition d'un guide de l'utilisateur), systèmes de prêt automatisés, prêt inter-bibliothèques.
- La commission des acquisitions, qui traite des acquisitions communes et coordonne les suppressions ou les souscriptions d'abonnements. Elle a ainsi décidé d'acheter la collection sur microfiches des archives des commissions du Congrès, qui sera accessible à toutes les bibliothèques du réseau.
- Enfin, la commission des périodiques, qui édite un catalogue collectif des périodiques des bibliothèques du réseau. Ce catalogue informatisé utilise la banque de données Inforonics, à laquelle les bureaux du Consortium sont reliés par un terminal Digital LA34.

Conclusion

La Bibliothèque publique de Boston constitue un réseau organisé et structuré, conçu pour satisfaire les besoins de tous les habitants de Boston, quelle que soit leur origine sociale, professionnelle ou géographique.

Un certain nombre d'éléments inquiétants sont toutefois apparus, susceptibles d'entraver le développement de la Bibliothèque :
- D'abord un tassement des prêts, dû à plusieurs facteurs : les titulaires de cartes temporaires ne peuvent plus emprunter que deux livres jusqu'à réception de leur carte définitive (afin d'enrayer la fraude). Et, depuis l'intégration scolaire, les enfants, qui sont transportés en autocar vers des écoles parfois lointaines - souvent équipées d'une bibliothèque - n'ont plus le temps de fréquenter leur bibliothèque publique locale.
- Mais surtout, la Bibliothèque doit subir d'importantes restrictions de crédit : en effet, le Maire de Boston a réduit son budget d'un million de dollars, le ramenant à un niveau inférieur par rapport à 1980 (-700 000 dollars).

Des restrictions sérieuses étaient déjà intervenues : 20 % des postes ne sont pas pourvus ; l'ouverture du dimanche après-midi - qui rencontrait un énorme succès - n'a pas été reconduite ; le service de renseignement téléphonique ne fonctionne plus en soirée ; durant l'été, plusieurs succursales ont dû fermer à l'heure du déjeuner ; les postes de garçon de bibliothèque à temps partiel - le plus souvent occupés par des étudiants - ont été supprimés pour la plupart.

Mais, ainsi que le souligne un article du « Boston Globe », ces restrictions, déjà très gênantes pour le service, pourraient être suivies d'autres, bien plus sévères, au cas où la décision du Maire ne serait pas rapportée : l'administration de la Bibliothèque envisagerait alors la fermeture de plusieurs succursales (dont certaines sont peu utilisées ou font double emploi) ou une forte réduction de leurs horaires d'ouverture, et surtout une diminution considérable des achats de livres : il ne serait pas possible, en effet, d'y consacrer plus de 350 000 dollars, alors que pour une bibliothèque de la taille de Boston, la norme minimale est d'un million de dollars.

Octobre 1980

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Annexe 1 - Statistiques de prêt à domicile Juillet 1979 - Juin 1980

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Annexe 2 - Organigramme

  1.  (retour)↑  Voir p. 214 215.