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Le Bureau international d'éducation au service du mouvement éducatif

Bogdan Suchodolski, Samuel Roller, Rodney Stock, Guy Avanzini,... - Unesco, 1979. - 153 p. ; 21 cm. ISBN 92-3-201733-4

par Louis Baize

A l'occasion du cinquantenaire du Bureau international d'éducation (BIE), organisation intergouvernementale fondée à Genève (et par des Genevois) en 1929, et rattachée à lui en 1968, l'Unesco publie cet ouvrage historique et commémoratif, rédigé par six auteurs de différents pays, divisé chronologiquement en sept chapitres et neuf sections.

Les contributions nous ont paru d'inégal intérêt, étant entendu qu'il s'agit d'un ouvrage de diffusion internationale. La première partie du chap. Ier (intitulée Jalons, par B. Suchodolski) rappelle, à la charnière des 19e et 20e siècles, quelles circonstances (progrès de la psychologie et des sciences humaines, aspiration au savoir et à de meilleures conditions de vie pour les enfants des générations à venir...) ont vu l'émergence du concept d'éducation nouvelle. Déjà se faisait jour ce courant anti-autoritaire centré sur l'épanouissement individuel de l'enfant, auquel s'opposaient (avec une force incontestable) les besoins de la production et de la société. Mais, à Genève comme chez les premiers révolutionnaires russes (p. 22-24), la démocratisation de l'enseignement était ressentie à la fois comme un besoin et un immense espoir. Après la 1re Guerre mondiale, les idées généreuses et inspirées des fondateurs du BIE, personnalités de tout premier plan (dont Jean Piaget, qui présida le BIE près de 40 ans), rejoignaient celles des fondateurs de la Société des nations, s'inscrivaient dans le courant de coopération culturelle et scientifique internationale dont on espérait qu'elle contribuerait efficacement à maintenir la paix. Pendant les hostilités (ch. 4, p. 79-87), le BIE s'efforça de maintenir ses activités habituelles et de venir en aide aux prisonniers par l'envoi de livres.

Dans le chap. 5, G. Avanzini explique, au plan des idées, l'évolution de la période 1946-1968 qui devait aboutir, dans plusieurs pays, aux « événements » (1re partie) ; dans la deuxième partie du chapitre, Eugen Egger décrit finement la crise interne du BIE, crise qui n'était pas que financière (un certain nombre de pays membres n'étant pas, depuis plusieurs années, à jour de leur cotisation). Le BIE n'avait plus les moyens, en personnel par exemple, de faire face à toutes ses tâches ; l'intégration à l'Unesco - avec le maintien d'une relative individualité - apportait une solution (douloureusement ressentie par certains des fondateurs) aux problèmes du BIE, d'autant que ses objectifs et ceux de l'Unesco étaient sinon identiques, du moins voisins et complémentaires.

Madame Rosiska Darcy de Oliveira (chap. 7 et dernier) a rédigé un très intéressant compte rendu d'un colloque international réuni pour répondre à la question : « Où va l'éducation ? », avec la participation de personnalités connues (René Dumont, Me Gisèle Halimi, Christian Robert, pour la France), où l'on voit que tous les problèmes qui se posent à la société d'aujourd'hui interfèrent gravement avec la « crise de l'école » dont on aurait probablement tort de croire qu'elle n'est que passagère.