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A Critical bibliography of French literature

Vol. VI : The 20th century

ed. by Douglas W. Alden, and Richard A. Brooks. - Syracuse, NY : Syracuse University press, 1980. - 3 vol., LVIII-2074 p. ; 24 cm. ISBN 0-81.56-2204-X: $150.

par René Rancœur

Depuis la publication du Supplément au volume concernant le XVIIIe siècle (1968), douze années se sont écoulées et c'est avec satisfaction que les chercheurs constatent qu'une nouvelle étape du « Cabeen » (l'initiateur de la collection, David Clark Cabeen, est mort en 1965) vient d'être franchie pour le XXe siècle. Le XIXe est toujours en préparation ; il comportera certainement plusieurs volumes, mais la mort de l'éditeur responsable, Jean-Albert Bédé, a contribué à retarder la sortie de ces volumes dont tous les spécialistes regrettent l'absence.

La méthode adoptée pour la rédaction de cette grande bibliographie d'histoire littéraire est bien connue ; elle n'a pas été modifiée pour le XXe siècle. Cependant, des problèmes se sont posés, pour la date de départ : où commence le XXe siècle ? Les choix avaient été faits dès 1972 par accord entre J.-A. Bédé et les responsables du travail pour le XXe siècle : Douglas W. Alden et Richard A. Brooks ; les auteurs dont l'œuvre appartient à la fois aux deux siècles et qui ne figurent pas au XXe se trouveront dans les volumes en préparation.

La genèse de l'entreprise a rencontré beaucoup d'obstacles : les premières bases établies dès 1940, le travail fut pratiquement abandonné en raison de la guerre, puis repris et poursuivi avec l'intention d'arrêter les références à la date d'avril 1974. Mais cette règle n'est pas absolue : suivant les rédacteurs on ne dépasse pas 1973 ou, en revanche, la documentation recueillie atteint 1975, 1976 et même 1977. Il serait facile de donner des exemples de tels décalages, parfois regrettables quand des livres essentiels sur un auteur ont été publiés après la date limite théorique (par ex., on n'a pas pu tenir compte du renouveau des études sur A. Suarès, L.-F. Céline, P. Drieu La Rochelle, etc.). Quelques auteurs ont même été écartés, faute de collaborateurs compétents (serait-ce le cas de J. de La Varende ?). L'inconvénient est plus grave encore quand un collaborateur ayant soutenu sa thèse à une date postérieure n'a pu la signaler (par ex. U. Egli, sur A. Métérié). Dans la notice Brasillach, on relève un article de Mlle F. Garavini (Saggi e ricerche di letteratura francese, 1971, n° 827), mais on y cherchera vainement son ouvrage de 1973, I Sette colori del romanzo.

Rédacteur unique ou collaboration ? Les deux solutions sont acceptables et ont toutes deux été adoptées ; les éditeurs reconnaissent que la première formule est la meilleure, car elle assure plus d'unité au travail, surtout quand il s'agit d'un auteur « privilégié », c'est-à-dire ayant droit à un chapitre spécial. A titre d'exemple, citons le chapitre « Généralités sur la poésie avant 1940 (1re partie) » partagé entre vingt-sept collaborateurs pour la première formule et le chapitre Péguy entièrement rédigé par Roy Jay Nelson, pour la seconde.

Le nombre des références s'élève à près de 18 000 et celui des collaborateurs est de 235, appartenant dans leur immense majorité à des universités américaines. La liste est précédée par celle des abréviations de titres de périodiques et de collections (convenait-il de distinguer « Études » et « Études théologiques de la compagnie de Jésus » ? ; les Cahiers J. Chardonne et les Cahiers J. Giraudoux n'ont pas été dépouillés).

La coupure fondamentale correspond à l'année 1940 : deux volumes jusqu'à cette date, un pour la période postérieure, choix qui paraît tout à fait légitime, mais il en résulte que le plan de chacune des deux grandes sections est différent. La première partie : généralités et roman avant 1940 comporte quatorze chapitres dont neuf consacrés à des auteurs particuliers (Proust, Gide, R. Rolland, Malraux, Alain-Fournier, Colette, Montherlant, Giono, Céline) ; un chapitre est accordé aux romanciers catholiques (Bernanos, Mauriac, etc.), suivis par les « romanciers de gauche » (Aragon, Nizan, etc.). Dans la seconde partie figurent la poésie, le théâtre, l'essai et la critique avant 1940, correspondant aux chapitres XV à XXIX, ainsi répartis : la poésie avant 1940 (XV et XXII), le théâtre (XXIV), les metteurs en scène de J.-L. Barrault à J. Vilar (XXVII), la critique (XXVIII), les essayistes, mémorialistes, etc. (XXIX), les autres chapitres étant réservés à des auteurs : G. Apollinaire (XVI), C. Péguy (XVII), P. Valéry (XVIII), Saint-John Perse (XIX), P. Éluard (XXI), P. Claudel (XXIII), J. Giraudoux (XXV), J. Cocteau (XXVI), enfin un chapitre pour les surréalistes (XXIX).

Le troisième et dernier volume ne comporte que onze chapitres pour l'ensemble de la littérature depuis 1940 et l'index général : la critique (XXX), R. Queneau (XXXI), le Nouveau Roman (XXXII), J.-P. Sartre (XXXIII), A. Camus (XXXIV), les romanciers (XXXV), la poésie (XXXVI), J. Anouilh (XXXVII), E. Ionesco (XXXVIII), S. Beckett (XXXIX), les auteurs dramatiques (XL). On retrouve ici l'alternance des deux formules, soit l'auteur unique (R. Gay-Crosier, pour Camus), soit un rédacteur principal assisté de divers collaborateurs (Sartre, Ionesco, Beckett).

L'article Camus contient à lui seul 1146 nos, dépassé seulement par M. Proust (1324 nos), suivi de loin par A. Gide (740), P. Claudel (556), Sartre (544), etc.

L'index général (135 p.) renvoie aux auteurs signalés dans la bibliographie, aux auteurs des ouvrages et articles cités et aux matières ; les erreurs y sont très rares : les références à Louis de Mondalon (953, 1618) doivent être attribuées à Louis de Mondadon, critique littéraire des Études ; Dom P. Gordan (et non Gordon, nos 4509, 4518) est omis dans l'index. Il faut se féliciter du soin apporté à la présentation d'une bibliographie dont l'utilité et la qualité sont incontestables et qui rendra d'immenses services aux bibliothécaires et aux chercheurs.