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Les Protestants dans les débuts de la Troisième République

1871-1885

actes du colloque... Paris, 3-6 octobre 1978 ; réunis par André Encrevé et Michel Richard. - Société de l'histoire du protestantisme français, 1979. - 751 p. ; 24 cm. Index p. 737-748

par Jacques Betz

Avec les Actes du dernier en date des colloques organisés par la Société de l'histoire du protestantisme français, les Protestants de France sont une nouvelle fois à l'honneur. Ce Colloque, organisé au siège de la Société, du 3 au 6 octobre 1978, par des animateurs soucieux, avant tout, d'approfondir les connaissances sur une des familles spirituelles de l'hexagone, a eu pour thème les Protestants dans les débuts de la Troisième République. Ses Actes font l'objet du présent volume, avec les communications présentées et les discussions qui ont suivi. Le regretté Jacques Allier, qui, en tant que président de la Société, ouvrit ce colloque, en présence de M. Couve de Murville, ancien Premier Ministre, ne manque pas de souligner dans la préface « le rôle éminent joué par les protestants à une époque difficile de notre histoire nationale », et de justifier l'idée même de cette rencontre, qui s'est avérée intéressante à tous égards. Ainsi, bien des points ont offert et mis en valeur des aspects restés plus ou moins dans l'ombre par une sagacité contemporaine, trop proche de l'événement pour bénéficier d'un recul suffisant.

Sans verser dans l'hagiographie, ce colloque a donc permis de mettre en lumière ce rôle, car, comme le précise le préfacier, « il est maintenant acquis que les catholiques, dans leur ensemble, se sont tenus à l'écart, par obéissance à Pie IX, et ont ainsi créé un vide que les protestants, notamment, ont su combler, forts de leurs convictions qui cadraient avec les idées modernes ». Et Jacques Allier de poursuivre : « Ce n'est que sous le pontificat de Léon XIII, qui entendait éloigner la religion du conservatisme politique et social, que les catholiques en sont venus à se rallier à la République ». D'ailleurs, ce colloque a sans doute réussi à mettre fin à la légende, entretenue par la polémique il y a 70 ans, et culpabilisant les protestants d'avoir nui à l'esprit français dans les débuts de la 3e République, par l'introduction d'un système éducatif venu tout droit de l'étranger.

Ce colloque, d'une incontestable valeur historique et scientifique, comme le pressentait Jacques Allier, a donc comporté 4 journées d'études au cours desquelles les communications ont abordé six grands thèmes principaux, à savoir l'enseignement et le monde intellectuel, la scène politique et économique, la vie religieuse, les aspects internationaux et régionaux, parmi lesquels on relève avec intérêt un sujet plutôt rarement abordé, à savoir les protestants des départements annexés ayant opté pour la France, et traité par Christian Wolff. Malgré la grande diversité des communications, Jacques Allier a l'honnêteté de l'organisateur pour déplorer l'absence du domaine artistique, de l'armée, des négociants marseillais et bordelais, qui ont compté, les uns comme les autres, des protestants. En revanche, il signale avec une légitime satisfaction, des chapitres nouveaux sur le Poitou et Montauban, qui viennent enrichir cette perspective protestante.