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Robert B. Slocum

Biographical dictionaries and related works

an international bibliography of collective biographies, bio-bibliographies, collections of epitaphs, selected genealogical works, dictionaries of anonyms and pseudonyms... : 2nd supplement

Detroit, MI : Gale, 1978. - XVIII-922 p. ; 23 cm. ISBN 0-8103-0974-2

par Jean-Claude Garreta

Avec ce second supplément, la bibliographie de Slocum dépasse un total de douze mille références. Dès la parution du premier volume, J. Bruno avait dit ici 1 la qualité de cette réalisation en décelant quelques lacunes, comblées par le premier supplément, et par un nouvel effort Slocum a fait plus que réparer quelques autres oublis que nous signalions 2 en 1973. On croit parfois le prendre en défaut lorsqu'il cite (n° 8913) une histoire des généraux parue chez Lecrivain en 1817, mais bientôt après apparaît la Chronologie historique militaire de Pinard (n° 8944) ; on frémit de voir sous le n° 8894 annoncer un seul volume du Panthéon de la légion d'honneur, publié par Davons en 1864 mais le (malencontreux) sous-classement par nom d'auteur amène peu après les vingt-deux volumes de Lamathière, en nous révélant une table générale tapuscrite établie à Washington en 1916 : il serait très souhaitable de demander à la Bibliothèque du Congrès un tirage restreint de cette table pour la Bibliothèque de la Légion d'honneur et quelques autres. Certes, notre curiosité découvre au hasard des pages de quoi s'informer sur les poètes croates, les médecins argentins, les jésuites chiliens ou les hommes d'affaires de Shangai, aussi bien que sur les héros du base-bail ; malgré tout, il est impossible qu'une telle bibliographie atteigne l'exhaustivité. L'Indicateur du Mercure de France de Guigard - type même des répertoires de « mentions » qui complètent les dictionnaires biographiques eux-mêmes - est enfin cité mais on cherche en vain le Répertoire historique et biographique de la Gazette de France de Granges de Surgères. De la petite collection parue chez Ollendorff (Nos artistes, Nos peintres, Nos décorés...) il manque encore Nos docteurs, répertoire photobiographique, 1902. On aurait pu trouver aussi de D. Roland le Dictionnaire des caractères et portraits tirés des oraisons fintèbres (...) depuis 1530 jusqu'en 1777. Les Portraits et silhouettes de Mirecourt (n° 8454) pouvaient être accompagnés du satirique Trombinoscope de Touchatout (mais le titre a sans doute interloqué le bibliographe américain). Les deux bio-bibliographies de P. Casselle sur les Préfets de la Seine et les préfets de Paris 1800-1977 et les Maires de Paris 3 ont paru trop tard pour figurer dans ce deuxième supplément mais les répertoires qu'elles ont utilisés ne sont pas connus de R. Slocum : les Présidents de la Chambre (1871-1900) par P. Bosq, le Dictionnaire du personnel administratif de E. Danican-Philidor, les Préfets de la Seine-Inférieure par R. Eude, Nos édiles par E. Gay, les Conseillers municipaux de Paris et les conseillers généraux de la Seine de A. Petrot, le Personnel municipal de Paris pendant la Révolution de P. Robiquet, les Administrateurs du département de l'Allier an VIII-1950 de G. Rougeron... La seule lacune importante en ce domaine est celle des deux Dictionnaire de la politique française de Henry Coston publiés en 1967 et 1971, ouvrage indispensable, car sans équivalent pour la France du milieu de ce siècle. Nous n'en dirons pas autant des biographies de députés et sénateurs français publiées depuis 1800 et abondamment recensées dans ce supplément (il ne manque guère que Tout le Parlement - 1924 - par G. Normand) car dans une bibliographie à l'échelle mondiale, les deux Dictionnaires des parlementaires français de Robert et Cougny et de Jolly auraient dû suffire.

C'est à ce propos que l'on est amené à se demander si Biographical dictionaries n'a pas dépassé son point d'équilibre, si le souci de perfectionnement de R. Slocum ne l'a pas entraîné trop loin au point d'en faire un répertoire trop lourd, par ses redondances. Certes, une telle bibliographie est matière première idéale pour l'œuvre de longue haleine entreprise par J.P. Lobies, l'Index bibliographicus notorum hominum (signalé sous le n° 8285), et nous ne disons pas que la mariée est trop belle, car s'il fallait condamner les bibliographies excitant vainement la curiosité faute de pouvoir consulter tous les ouvrages cités, aucune bibliothèque n'oserait plus en mettre à la disposition de ses lecteurs. Mais c'est à notre avis perdre de vue les exigences du but annoncé par le titre que de trouver dans ces Biographical dictionaries non seulement les Obitaraires du Recueil des historiens de la France (que Slocum craint de voir interrompu) mais aussi les iconographies de l'art chrétien, de Réau à Kunstle, et toute une série de dictionnaires de la Bible, de Haag à Vigouroux, alors que les autres dictionnaires de Letouzey (et les Acta sanctorum !) figuraient dès le premier volume. Sous prétexte que la France littéraire de Quérard constitue effectivement un dictionnaire biographique, Slocum avait admis Lorenz dès 1967, mais s'il suffit de donner les dates des auteurs cités pour considérer qu'un ouvrage est biographique, il faut prendre garde au degré de rareté des informations fournies et se hâter de recenser, après les Tableaux... des guerres de l'Empire, de Martinien, les 2112 Français morts..., pour l'indépendance américaine, de Warrington Darwin et l'État nominatif... des officiers tués... en 1870, et cela rend plus criante l'absence des Index des noms de personne de l'Illustration 1833-1930 ou du Larousse mensuel 1907-1932.

Mais l'ouvrage de Slocum mérite mieux que des remontrances pointilleuses ou des constatations désabusées. Sans revenir sur les réflexions générales que nous inspirait le 1er supplément, nous devons dire que cette somme bibliographique doit être le soubassement de travaux nouveaux, comme le méritent toutes les grandes bibliographies. Le chercheur dispose ici d'une masse documentaire considérable qui serait plus parlante si elle donnait lieu à des cartes et des tableaux synoptiques, bref à un guide de la recherche biographique plus utilisable que le monumental Slocum. En ce qui concerne la France, il faudrait ainsi époque par époque (Moyen âge, Ancien régime, XIXe, XXe par exemple) dresser le tableau des instruments d'ensemble, bases documentaires des dictionnaires encyclopédiques portant sur tous les temps (et tous les pays). D'un autre côté, il conviendrait pour y voir plus clair de faire la carte des dictionnaires biographiques départementaux ou régionaux : tout cela permettrait de donner une orientation utile aux dictionnaires biographiques, telle région étant pourvue, telle autre restant terra incognita à ce jour.

Nous verrions très bien, pour notre part le Dictionnaire de biographie française prendre l'initiative de cette orchestration, par la voix du congrès national des sociétés savantes, en s'attachant à recenser non seulement les dictionnaires imprimés, mais aussi les fichiers manuscrits conservés çà et là dans nos bibliothèques, afin de promouvoir des travaux complémentaires en vue de hâter la poursuite (nous n'osons pas dire l'achèvement) de l'entreprise lancée il y a déjà quarante-cinq ans.

Voilà, pour la France, les réflexions que peut susciter la publication du 2e supplément des Biographical dictionaries ; nul doute que chaque pays ne tire aussi des conclusions constructives dans l'étude des volumes de Slocum : la plus belle récompense de l'auteur ne serait-elle pas au-delà de l'information au premier degré qu'il avait en vue, de susciter l'émulation de la création bio-bibliographique ?

  1.  (retour)↑  Voir : Bull. Bibl. France, mars 1969, n° 670.
  2.  (retour)↑  Voir : Bull. Bibl. France, juil. 1973, n° 1559.
  3.  (retour)↑  Suppléments 1 et 2 du Bulletin bibliographique de documentation parisienne, nouv. série 4e année (1977).