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Jérôme Machiels

Catalogus van de boeken gedrukt voor 1600, aanwezig op de Centrale Bibliotheek van de Rijksuniversiteit Gent

Gent : Uitgaven van de Centrale Bibliotheek, 1979. -2 vol., 1044 p. ; 32 cm

par Albert Labarre

La Bibliothèque de l'Université de Gand, qui a publié récemment un inventaire de ses 4 000 manuscrits 1, nous offre maintenant le catalogue de ses fonds de livres imprimés jusqu'à 1600. Le nombre des notices, 12 285 (y compris 700 d'incunables) manifeste l'importance d'un fonds ancien dont la genèse et le développement sont retracés en préface par M. Machiels, qui est le maître d'œuvre de ce remarquable répertoire.

Les notices suivent l'ordre alphabétique des auteurs et des anonymes, avec une numérotation spéciale pour chaque lettre, comme le font beaucoup de répertoires du même genre, entre autres celui de M. Adams pour les bibliothèques de l'Université de Cambridge, et que M. Machiels présente comme l'un de ses modèles.

Tout en demeurant sommaire, la rédaction des notices peut donner satisfaction au maximum d'utilisateurs. Après la vedette et l'énoncé du titre, l'adresse (tant celle du titre que du colophon) est donnée de la façon la plus complète possible, car M. Machiels considère ce répertoire avant tout comme un catalogue de typographes. La collation est précise ; elle comprend le nombre de pages ou de feuillets non chiffrés (n.g. = niet genummerde) et chiffrés (g. = genummerde) ainsi que le détail des signatures. Chaque notice est complétée par la cote, les mentions de provenances de l'exemplaire, et des références bibliographiques s'il y a lieu.

En feuilletant le volume, on peut remarquer quelques articles. Ainsi l'article « Erasme » est riche de 626 notices. Des regroupements nécessaires ont été effectués; si l'article «Liturgie» paraît singulièrement bref (28 notices), l'article «Bible» est plus substantiel (293 notices). Il faut encore relever trois articles : « Karel V » (Charles Quint) qui recense 233 pièces de 1519 à 1559, « Philippe II » qui en recense 522 de 1548 à 1599 ; ce sont, dans les deux cas, des édits, ordonnances, placards et autres pièces officielles; quant à l'article «Nederlanden», il regroupe 567 pièces de circonstance de 1553 à 1600 ; ces trois articles constituent donc un ensemble fort intéressant pour l'histoire des Pays Bas au XVIe siècle.

Le second volume se termine par des tables substantielles qui permettent une bonne utilisation de ce répertoire. L'index des imprimeurs et des libraires manifeste la variété du fonds gantois. Si les éditions des anciens Pays Bas y occupent évidemment une grande place (on trouve, par exemple, 470 éditions de Plantin), les autres pays sont largement représentés, qu'il s'agisse de l'Allemagne et de la Suisse (p.e. 233 éditions des Froben et 98 d'Oporin), de l'Italie (p.e. 85 éditions des Manuce de Venise), et aussi la France (p.e. 236 éditions de Josse Bade Ascensius, 88 de Simon de Colines, 74 de Robert Estienne etc.). L'index des provenances, avec l'aide de M. Van Peteghem, comprend d'abord les lieux et montre l'importance de l'apport des abbayes locales dans la constitution des fonds de la Bibliothèque de l'École centrale du département de l'Escaut, origine de l'actuelle bibliothèque universitaire. Ce sont surtout les abbayes et couvents de Gand (Augustins, Baudeloo, Saint-Pierre etc.), mais aussi de Termonde, de Grammont et même d'Anvers. L'index des noms de personnes ne comporte pas seulement des possesseurs anciens, mais des noms plus modernes témoignent des enrichissements (par dons ou acquisitions) de la bibliothèque de Gand ; il faut souligner le rôle actif qu'a joué dans ce domaine Ferdinand Van der Haeghen qui y fut bibliothécaire puis directeur, entre 1869 et 1911. Un dernier index concerne les reliures ; il renvoie à celles qui sont signées et à celles dont les plats sont décorés de plaques.

M. Van Acker déclare dans l'avant-propos : « Si la mission d'un bibliothécaire d'Université doit être orientée vers la nécessité immédiate de la documentation et de l'information sur la littérature scientifique récente, au profit du service universitaire, il ne faut pourtant pas négliger le fait que, conscient de la valeur des trésors du passé dont la conservation lui est confiée, il doit maintenir aussi une vive attention dans cette direction ». Je me permettrais d'ajouter que l'exploitation des fonds anciens est aussi utile à la recherche universitaire qui a souvent besoin d'accéder à une documentation rétrospective, accès que lui rendent possible de tels répertoires. Et les moyens économiques de reproduction dont nous disposons actuellement permettent leur publication sous une forme pratique (ici photographie de fiches dactylographiées) pour faire bénéficier un plus grand nombre de chercheurs des fichiers qui sont laborieusement constitués dans de nombreuses bibliothèques.

  1.  (retour)↑  Voir : Bull. Bibl. France, avril 1978, n° 898.