entête
entête

Celebrate! ALA 1876-1976 - Chicago, Illinois.

Marie-Thérèse Pouillias

En cette année du bicentenaire de l'indépendance des États-Unis, l'American Library Association (ALA) a tenu son 95e congrès annuel et a fêté le 100e anniversaire de sa création. C'est dire la magnificence qui a entouré cette manifestation qui avait attiré à Chicago près de 14 000 bibliothécaires.

C'est, en effet, Chicago, ville-siège de l'ALA, qui a accueilli du 18 au 24 juillet les congressistes venus de tous les états et de certains pays étrangers. L'hospitalité de l'ALA s'est particulièrement manifestée à l'égard des représentants des associations professionnelles étrangères et des bibliothécaires étrangers venus se joindre à leurs collègues américains pour participer tout au long de la semaine aux différentes réunions de travail, aux sessions générales et aux réceptions qui ont marqué cette célébration.

Les dépliants touristiques qualifiaient Chicago « la ville des superlatifs ». Certains d'entre eux pourraient être retenus pour décrire cette manifestation professionnelle. Un puissant mouvement d'horlogerie réglait le déroulement des conférences qui avaient lieu soit simultanément, soit successivement dans plusieurs hôtels. En effet, en plus du Conrad Hilton, qui était le siège principal du congrès, 5 autres hôtels accueillaient les congressistes. Quand on connaît le gigantisme de l'hôtel Hilton, qui ne suffisait pas en cette occasion, on aura une idée de l'ampleur de ce rassemblement. Car il s'agissait bien d'un rassemblement partageant le même enthousiasme et la même fierté.

L'ALA peut se définir comme une confédération. Ses 35 000 membres inscrits se répartissent en 13 divisions ou associations :
- American association of school librarians
- American library trustee association
- Association of college and research libraries
- Association of state library agencies
- Children's services division
- Hospital and rehabilitative library
- Information science and automation division
- Library administration division
- Library education division
- Public library association
- Reference and adult services division
- Resources and technical services division
- Young adult services division

La plupart de ces divisions ou associations comportent plusieurs commissions par domaine d'activité. Le nombre des groupes de travail au sein de l'ALA explique qu'au cours de ce congrès, plus de 1 600 conférences et réunions se sont tenues et ont couvert tous les secteurs d'intérêt des bibliothécaires. Un esprit synthétique présidait au ours de ces conférences mais le pragmatisme n'était jamais absent.

Outre-Atlantique, la philosophie est traditionnellement alliée à l'application pratique de l'idée. Le ton d'humour de la plupart des conférenciers, la projection de diapositives quand le sujet s'y prêtait, bien évidemment, l'aspect « travaux pratiques » de certaines réunions, donnaient une coloration animée voire amusante à nombres d'entre elles.

Bien souvent, au cours de la semaine est apparue l'évidence que ce congrès répondait parfaitement aux objectifs d'information et de formation permanente. C'était aussi, la bourse aux emplois. En effet quelques jeunes bibliothécaires diplômés en chômage étaient venus là dans l'espoir de trouver un « job ». Pour ceux qui briguent un autre poste, un avancement dans leur carrière, c'était aussi le moyen de connaître les postes qui vont bientôt se dégager et pour lesquels on pourra présenter sa candidature.

Une gigantesque foire du livre couplée à une présentation de mobilier et de matériel, organisée à la fois dans trois hôtels, s'est tenue pendant quatre jours. C'était le coin des affaires. Toute une salle était consacrée à la présentation de l'ALA sur fond bleu-blanc-rouge et on pouvait y acheter un souvenir du congrès, qui un tee-shirt à l'impression de Dewey, qui un presse-papier ou une chope à l'inscription de l'ALA.

Afin de favoriser les échanges d'idées et les rencontres, une journée fut dénommée « Librarians -at- large day ». Pour notre part, ce jour-là, nous avons été reçue avec la plus grande cordialité par Mme Delana, bibliothécaire en chef de la bibliothèque de « Loyola University », université catholique de Chicago. Cette première visite de bibliothèque fut suivie au cours de la semaine de celle de la bibliothèque John Regenstein de l'Université de Chicago, de la bibliothèque de l'Université Norwestern à Evanston, de celle de l'Université de l'Illinois à Chicago ainsi que de la Bibliothèque publique de Chicago qui, pour le moment, est en complète rénovation. Toutes ces visites, quoique un peu rapides, confirmaient cette impression de liberté et d'efficacité, si souvent décrites, des bibliothèques américaines.

Le centième anniversaire de l'ALA était aussi une fête. Réception au Musée d'art, visite de l'exposition « Franklin et Jefferson », architectes de l'indépendance, dîner et soirée de gala au Hilton, réception à la « Newberry Library », mondialement connue pour ses collections de fonds anciens, fête dans le Grant Park suivi d'un concert dédié à l'ALA, déjeuner au Musée de la Science et de l'industrie, dîner inaugural et bal au Hilton pour saluer l'entrée de l'ALA dans son second siècle et la nouvelle Présidente, Mme Clara Stanton Jones, directrice de la Bibliothèque publique de Détroit; un faste joint à un certain cérémonial et à une grande gaieté a marqué toutes ces réceptions.

Enfin, tout au long de la semaine, à l'occasion tant des réunions plénières de l'Association que des réunions des commissions, de nombreuses personnes qui ont contribué au développement de l'Association et des bibliothèques furent félicitées chaleureusement.

Certes, il n'est pas besoin de rappeler que « le mot bibliothèque n'a pas, tout à fait, le même sens sur les rives du Potomac que sur les bords de la Seine », et l'on sait que les États-Unis et l'ALA constituent un exemple. Notie conclusion sera celle d'un américain, artiste dont nous avons admiré certaines œuvres à l' « Art Institute » de Chicago « What do we call America ? Inventiveness, restlessness, speed, change ».