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La Bibliothèque municipale de Pithiviers

F. Lanoe

Pithiviers ville de 10 500 habitants, située aux confins de la Beauce et du Gâtinais, a depuis juin 1974 une nouvelle bibliothèque qui connaît un grand succès puisque le nombre d'inscrits est passé de 370 à 1750 après un an et demi de fonctionmoment.

C'est en 1846 que la bibliothèque fut créée à partir de dons et de legs de notables pithivériens. Installée en 1910 au Ier étage de la mairie, elle devait y rester jusqu'en juin 1974. Déjà en 1964 le bibliothécaire en fonction mentionnait dans son rapport d'activité présenté au maire, l'exiguïté des locaux. En 1968, un inspecteur général des bibliothèques vint à Pithiviers pour étudier le projet de transfert de la bibliothèque dans le local de l'ancien hôtel des postes qui doit abriter aussi le musée. L'emplacement de cet immeuble situé dans l'une des rues les plus commerçantes de Pithiviers ne pouvait être mieux choisi. Un architecte établit des plans d'aménagement et le projet fut adopté par le Conseil municipal. Les travaux de réfection des bâtiments furent adjugés en décembre 1971. La Bibliothèque a ouvert ses portes au public en juin 1974.

La bibliothèque, avant cette date, était située au Ier étage de la mairie dans deux salles dont la superficie totale était de 69 m2. La mairie se trouvant quelque peu à l'écart du centre commercial de la ville, se rendre à la bibliothèque obligeait à un détour qui rebutait bon nombre de personnes. Nombreux aussi étaient les Pithivériens qui ignoraient l'existence d'une bibliothèque qu'aucun panneau indicateur ne signalait. Tenue par du personnel bénévole, elle n'ouvrait que deux heures par semaine, le mardi et le vendredi de 18 h 30 à 19 h 30; elle était fermée durant toutes les vacances scolaires. Sa capacité d'accueil était de 8 places. Ses collections qui recèlent de très beaux livres anciens, étaient insuffisantes en ouvrages de prêt et surtout en ouvrages récents. Un très grand nombre de volumes rangés sur des rayonnages tapissant les murs du plancher au plafond, étaient peu accessibles en particulier aux personnes âgées car l'usage d'un escabeau s'imposait.

La bibliothèque vivait avec très peu de moyens. C'est à partir de 1970 que la municipalité va s'intéresser davantage à ce service. En 1970, la bibliothèque s'accroît d'une centaine d'ouvrages. Dès 1971, elle reçoit une aide de l'État sous forme d'une subvention de 5 ooo F pour l'achat de livres, ce qui lui permet avec la somme allouée par la commune d'augmenter ses collections de 330 ouvrages.

Deux événements seront décisifs dans la vie de la bibliothèque : d'une part, la création d'un poste de sous-bibliothécaire à temps complet; d'autre part, son transfert dans les nouveaux locaux en juin 1974.

En juin 1972, la création d'un poste de sous-bibliothécaire à temps complet (transformé ultérieurement en poste de bibliothécaire) est décidée en Conseil municipal, poste qui sera pourvu en novembre 1972.

La bibliothèque ouvre alors davantage : de 2 heures hebdomadaires, elle passe à 9 heures avec une ouverture le mercredi pour accueillir les élèves et le samedi jour de marché. Plusieurs articles sur la bibliothèque paraissent dans la presse locale afin d'informer la population de son existence. Grâce aux efforts conjugués de la municipalité et de l'État, la bibliothèque s'accroît en 1973 de 489 volumes, la subvention de l'État se montant à 4000 F. La Bibliothèque centrale de prêt du Loiret qui depuis longtemps aidait la bibliothèque augmente ses dépôts qui sont bi-annuels et n'hésite pas à envoyer les ouvrages réclamés par les lecteurs en cours d'année. En 1972, 130 livres environ ont été prêtés par le bibliobus et en 1973, 300 livres.

La bibliothèque, malgré son cadre vieillot, avait un taux de fréquentation qui augmentait peu à peu. En 1972, environ 85 lecteurs étaient inscrits, en 1973, 310. Mais l'année qui représente un véritable tournant pour la bibliothèque est celle de son transfert dans les nouveaux locaux.

Comment se présente-t-elle ?

La salle ouverte au public de 170 m2 s'ouvre sur la rue par de grandes portes de verre. Avec ses locaux clairs et gais, son mobilier moderne, la bibliothèque se révèle particulièrement accueillante.

En entrant à droite, la section « jeunesse » inexistante dans l'ancienne bibliothèque, offre actuellement 900 livres environ et des albums classés suivant l'âge des enfants auxquels ils s'adressent. Ses rayonnages pourront recevoir plus de 1 600 livres et les bacs à albums sont d'une capacité de 300 albums. Le mobilier - table ronde blanche, chaises vermillon - est conçu à leur dimension.

A gauche, se présente la section de prêt pour adultes avec des rayonnages très fonctionnels; elle offre environ 6 ooo livres directement accessibles, classés systématiquement : romans d'une part, documentaires d'autre part.

Le fond de la salle est aménagé pour recevoir une trentaine de personnes pour la consultation sur place d'ouvrages de référence et de manuels de toutes disciplines.

Un coin de la salle, meublé de chauffeuses d'une table basse et d'un présentoir à périodiques est fort apprécié du public qui trouve là diverses revues.

Si la bibliothèque ouvre d'un côté sur la rue, les fenêtres opposées donnent sur une cour intérieure qui fait partie du Musée, havre de paix qui ne gâte en rien, bien au contraire, l'aspect attrayant de la bibliothèque.

Un magasin à livres de 160 m2, d'une capacité de 15 000 volumes au 2e étage de l'immeuble relié au bureau par un monte-charge, permet la conservation du fonds ancien, de journaux locaux et de livres divers qui ne sont plus guère demandés.

Ces nouveaux locaux et les efforts conjugués de la ville et de l'État pour le fonctionnement de la bibliothèque n'ont pas été vains. Laissons parler les chiffres. C'est à dessein que nous rappelons dans ce tableau les statistiques de 1973 pour mettre en évidence la progression constatée dans les mois qui suivirent l'ouverture de la bibliothèque dans les locaux neufs.

Ces chiffres montrent que la population a réellement commencé à s'intéresser et à fréquenter la bibliothèque au moment de son installation dans des locaux accueillants et au moment où des crédits plus importants pour son fonctionnement lui ont permis de renouveler ses collections. L'effort pour l'achat de livres est à intensifier car devant l'affluence, il est parfois difficile à la bibliothèque de faire face à une demande très diversifiée. Cette bibliothèque en effet est très utilisée par un public varié, personnes qui viennent s'y cultiver ou s'y détendre, écoliers et lycéens qui viennent y travailler, se documenter et aussi se distraire.

Le recrutement d'une employée de bibliothèque en février 1975 a permis de soulager un peu la bibliothécaire et d'ouvrir la bibliothèque 24 heures au lieu de 15 heures.

De temps à autre, on procède à des expositions pour attirer l'attention du public (la dernière portait sur les sports). On organise en liaison avec les membres du corps enseignant des visites de classes au cours desquelles les élèves sont guidés pour exploiter au mieux les ressources de la bibliothèque. Dernièrement une présentation de livres anciens s'adressant à des classes de seconde et première du Lycée Denis Poisson a connu un vif succès. Bref, il s'agit d'un organisme bien vivant.

Cet exemple est la preuve de ce qu'un conseil municipal peut faire pour le développement de la bibliothèque; nous constatons que l'initiative de la Municipalité entreprenante et décidée n'a pas été vaine dans ce domaine puisque dès. l'installation de la bibliothèque dans un cadre accueillant avec des fonds variés,. les lecteurs ont afflué. Toutefois, la bibliothèque est un service onéreux pour une petite commune et l'aide de l'État a été fortement appréciée au moment de la construction et l'est toujours pour son fonctionnement. De plus cet exemple montre que la création de petites bibliothèques est souhaitable.

En un mot, la France lira si on lui propose des bibliothèques dignes de ce nom et en nombre suffisant pour être accessibles à tous.

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