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Journées d'étude sur les bibliothèques universitaires et colloque sur la lecture publique

Nous reproduisons ci-après le texte des deux allocutions prononcées par M. Jean-Pierre Soisson, secrétaire d'État aux universités lors des journées d'étude sur les bibliothèques universitaires d'une part et lors du colloque sur la lecture publique au 7e Festival international du livre d'autre part.

Journées d'étude sur les bibliothèques universitaires

Le colloque sur les bibliothèques universitaires qui s'est tenu les 7 et 8 avril 1975 à Gif-sur-Yvette avait pour objectif l'étude des problèmes posés aux bibliothèques universitaires à l'intérieur et à l'extérieur de l'université. M. Jean-Pierre Soisson ouvrit les travaux du colloque en insistant sur l'intérêt que présentait une telle réunion pour une meilleure définition du rôle des bibliothèques au sein de l'enseignement supérieur et sur l'esprit de concertation qui devait animer cette rencontre.

M. Lefebvre, président du Conseil de la Bibliothèque interuniversitaire de Grenoble, présenta un rapport sur les insuffisances quantitatives et qualitatives du système documentaire actuel et M. Sansen, secrétaire général de l'Amicale des directeurs de bibliothèques universitaires, dressa un panorama de la situation actuelle, souligna le rôle des institutions en place et présenta les thèmes des travaux inscrits à l'ordre du jour du colloque. Les participants répartis en quatre commissions échangèrent pendant une journée entière, idées, propositions et suggestions sur ces différents thèmes. La synthèse des travaux des commissions fut présentée en séance plénière.

La Commission n° 1 (Catalogues communs et coordination des achats) a souligné que recenser ce qui existe à l'intérieur de l'université est indispensable à la mise en place du réseau documentaire local. La réalisation de catalogues communs concerne d'abord les catalogues-auteurs. La bibliothèque universitaire sera le siège du catalogue central où les fiches des ouvrages de la bibliothèque universitaire et des autres bibliothèques seront intercalées. Dans un premier temps, seul un catalogue général auteurs paraît réalisable. Le catalogue matières répondrait certes au besoin de documentation par sujets mais il semble difficile de l'établir en l'état actuel. L'établissement de ce catalogue commun devra suivre les règles de normalisation et être assuré par du personnel attaché à la bibliothèque universitaire et affecté spécialement à ce travail.

La coordination des achats est une solution rationnelle de gestion afin d'éviter les doubles emplois injustifiés. Les membres de la commission ont mis l'accent sur la nécessité de définir une véritable politique d'acquisitions d'abord au niveau de l'université puis à un niveau plus vaste. Une politique d'acquisitions pose le problème de la définition de cette politique, de la répartition des domaines d'acquisition entre la bibliothèque universitaire et les autres unités documentaires, des moyens financiers attribués aux dépenses d'acquisition. Cette concertation au plan de l'université qui doit se réaliser par la voie des commissions scientifiques consultatives spécialisées et éventuellement d'une commission spécifique, doit s'inscrire dans un plan national. Comme cela se pratique dans certains pays étrangers, la commission a émis le vœu que dans le cas de création ou d'extension d'universités, la création de la bibliothèque précède celle de l'université.

La Commission n° 2 (Restructuration des services documentaires) a dégagé les modalités d'une restructuration « fonctionnelle » afin d'aboutir à des modes de gestion plus rationnels. En effet, la situation actuelle se caractérise par une diversité d'organisation et fonctionnement des différents services documentaires. Dans ce domaine, le rôle des organes mis en place par le décret du 23 décembre 1970 relatif aux bibliothèques universitaires, a été souligné et la commission a demandé l'élargissement de la composition et des compétences des commissions scientifiques consultatives spécialisées.

La commission a estimé qu'il serait souhaitable de créer un organisme spécifique dépendant de la bibliothèque universitaire et ayant pour mission d'établir les liens nécessaires entre les services documentaires de l'université, cet organisme recevrait les missions suivantes :
- réaliser l'inventaire des moyens documentaires existants ;
- réaliser l'inventaire des besoins par une étude budgétaire et une étude de marché, ce qui suppose une information sur les créations d'enseignement, les axes de recherche, donc des liens étroits avec le Conseil scientifique de l'université;
- réaliser et maintenir les catalogues collectifs;
- participer à la formation du personnel affecté dans les différents services documentaires de l'université.

La création de cet organisme qui constituerait la « Section externe du service commun » qu'est la bibliothèque universitaire pourrait être envisagée au vu des résultats d'une enquête auprès des universités.

La commission a souhaité que les membres du Conseil de la bibliothèque universitaire soient élus par le Conseil d'université mais ne soient pas obligatoirement membres du Conseil de l'université, afin de leur permettre une plus grande disponibilité.

La Commission n° 3 (Fonction régionale des bibliothèques universitaires) a, en fait, dressé l'inventaire des fonctions régionales considérées comme le prolongement des initiatives locales de coordination.

Des objectifs ont été dégagés : assurer la liaison entre les bibliothèques qui fonctionnent dans la région et l'échelon national sans toutefois faire écran entre le niveau local et le niveau national, recenser les services documentaires de la région, coordonner l'activité documentaire des organismes d'éducation permanente et favoriser la participation de la bibliothèque universitaire, organiser les liaisons entre les principaux centres documentaires que sont les bibliothèques universitaires, les bibliothèques municipales, assurer la formation des personnels responsables des autres bibliothèques et centres de documentation, développer dans les bibliothèques universitaires des secteurs documentaires en fonction des options prises par les universités correspondantes, coordonner le regroupement, la conservation et la communication des collections au niveau de la région, tenir à jour un inventaire des fonds anciens, assurer la maintenance des catalogues collectifs. Cet inventaire dressé se pose la question de la structure et des moyens qui permettront la réalisation de ces objectifs.

La Commission n° 4 (Participation des bibliothèques universitaires au réseau documentaire national) a abordé les problèmes relatifs aux sources d'information telle que bibliographies, catalogues collectifs, ou catalogue des thèses et à la diffusion de l'information. Les projets du bureau pour l'automatisation des bibliothèques ont été étudiés dans une perspective d'ensemble de coordination et de planification. La constitution de bibliothèques nationales de prêt, l'organisation du prêt interbibliothèques et l'amélioration de son fonctionnement par la mise en place de télex, l'installation de terminaux devront contribuer à doter les bibliothèques d'une infrastructure indispensable. à leur fonctionnement.

La Commission a regretté le manque de consultation des bibliothécaires lors des propositions d'habilitations qui doivent être accordées aux universités pour les divers diplômes d'études appliquées et doctorats. Ceci pose le problème d'une carte documentaire nationale. La Commission a en outre recommandé la création d'un organisme du type « établissement public » pour gérer et coordonner sous la tutelle de la Direction des bibliothèques et de la lecture publique les activités documentaires des bibliothèques à l'échelon national.

A l'issue du débat qui suivit ces rapports et compte tenu des propositions formulées, M. Soisson termina en précisantl'action qu'il entendaitmener en faveur des bibliothèques.

Le moment est venu de donner une impulsion nouvelle aux bibliothèques universitaires. Telle est, pour moi, l'évidence qui s'impose, à la fin de vos travaux. Je vous ai écouté, avec attention. Je ferai étudier, en détail, par la Direction des bibliothèques et de la lecture publique les rapports de vos commissions. Mais je manquerai à mes devoirs si je ne vous donnais, dès maintenant, mes premières impressions et si je n'apportais ma propre contribution à vos travaux.

Mes impressions ?

En me rappelant le chemin parcouru depuis septembre 1974 pour préparer ces journées d'études, je suis frappé par le caractère positif de vos travaux. Positif me paraît le thème même de vos débats et positive la façon dont vous l'avez abordé.

A. Vous avez bien montré que le problème essentiel des bibliothèques universitaires est celui de leur organisation. J'ai été impressionné par les exemples, qui ont été exposés clairement, d'une gestion dispersée et dispendieuse. J'ai notamment relevé que, dans une université, il existait, en plus de la bibliothèque universitaire, une quarantaine de bibliothèques diverses - plus ou moins officieuses - et que celles-ci employaient une quarantaine d'agents. Or, une telle université n'est pas une exception. Si l'on veut que l'effort de la nation en faveur des universités ne se relâche pas, il convient de montrer l'exemple de l'organisation et de la gestion. Je vous remercie de l'avoir compris.

J'ai aussi constaté que ce problème nouveau avait, déjà, atteint un degré de maturité qui permet de le traiter et de le résoudre. Je remarque que, de tous les côtés, avec un sens égal du service public et de la mesure, on s'accorde à dénoncer les méfaits de cette dispersion des moyens. C'est dire que vos journées d'études viennent au bon moment, et ce n'est pas si fréquent dans les actions humaines où le décalage est parfois grand entre la lucidité et l'action, pour que je ne le souligne pas.

Voilà pour les thèmes de vos débats.

B. En ce qui concerne la manière dont ils ont été traités, j'y vois deux motifs de satisfaction.

a) Je me félicite d'abord que l'initiative soit venue conjointement de vous, présidents des conseils de bibliothèques et directeurs de bibliothèques. Le décret de 1970, en vous confiant aux uns et aux autres, des responsabilités bien définies, selon une conception inspirée d'un régime de séparation des pouvoirs, aurait pu susciter des conflits. Peut-être ces conflits ont-ils surgi, ici ou là. Mais en confiant la direction des bibliothèques universitaires à un directeur, et l'administration à un conseil présidé par un membre de l'enseignement supérieur, le décret de 1970 a rendu la concertation nécessaire. A ce titre, il s'inscrit dans le droit fil de la loi d'orientation. Et votre colloque témoigne, au plan national, de la concertation que je demande à tous d'introduire, de façon concrète, dans leur activité quotidienne.

b) Enfin, je me félicite pour une autre raison. Vos travaux ont manifesté une volonté à laquelle je suis sensible : celle d'un service constamment amélioré. Or, les bibliothèques universitaires ne prendront leur vraie place que dans la mesure où elles amélioreront la quantité et la qualité des services qu'elles rendent. Ce n'est que dans une plus grande attention aux besoins des utilisateurs, dans une disponibilité et une efficacité sans cesse accrues, que vos établissements trouveront des raisons de prospérer. Aussi ai-je été heureux de voir avec quel soin vous cherchiez à comprendre les vœux des utilisateurs et à vous y adapter.

Telles sont mes impressions.

En vous écoutant, je me demandais aussi comment apporter à vos travaux une participation positive. Il m'a semblé que je ne pouvais mieux faire que de retenir certaines conclusions auxquelles vous êtes parvenus. Quelles sont donc celles qui me paraissent susceptibles d'une application concrète ? Elles se résument en deux mots : rationalisation et ouverture.

A. La rationalisation des bibliothèques universitaires est moins une question de gestion que de politique. Vous parlez de politique documentaire des universités. Je reprends le mot, pour vous dire que je serais heureux si, à votre initiative, les universités mettaient en œuvre une telle politique. Il n'est pas rare, d'ailleurs, qu'avoir une politique soit la première condition d'une bonne gestion. Comment définir cette nouvelle politique documentaire ?

D'abord, par ce qu'elle n'est pas. Je tiens à le dire avec force : il n'est pas question de supprimer les bibliothèques d'UER, d'instituts, de laboratoires qui se sont récemment développées en marge des bibliothèques universitaires. Ces bibliothèques que vous appelez si joliment les « chapelles documentaires», ont à mes yeux un mérite : pas seulement d'exister mais de rendre des services. Elles ont une grande efficacité instantanée, une grande souplesse d'intervention. Pour beaucoup d'étudiants, elles constituent une commodité appréciable, en répondant à leur souci d'être proche de leurs documents de travail et de collaborer aux achats.

Mais si le livre ou la revue doit être à portée de l'utilisateur, ce doit être de chaque utilisateur. L'intérêt général ne doit pas être sacrifié aux commodités d'un individu ou de quelques individus. Toute discrimination, dans ce domaine, serait intolérable. Car, en subtilisant certains ouvrages pour le compte de quelques-uns, on ne va pas seulement à l'encontre de l'égalité des étudiants et des chercheurs. On multiplie les dépenses, privant par là l'université de ressources qu'elle pourrait utiliser à meilleur escient.

I. Vous proposez donc que soit lancé un recensement des bibliothèques des universités. J'approuve cette suggestion et je prends, aujourd'hui, la décision de faire procéder à ce recensement. J'appartiens à un corps qui s'est donné pour devise : « L'ordre par la clarté. » Je crois aux vertus de la clarté. Elle ne peut pas nuire, elle peut beaucoup apporter. Où mieux que dans les universités françaises, qui ont toujours placé la clarté au sommet des valeurs intellectuelles, pourrait-on mieux mettre cette devise en application ? Telle est la première décision concrète que j'annonce, en réponse à vos travaux.

2. Ce recensement accompli, vous proposez une concertation des achats.

Déjà, une telle concertation s'est esquissée entre les bibliothécaires et les universitaires. Je sais que, dans certains cas, un professeur rassemble les demandes de ses collègues et propose les acquisitions à la bibliothèque et à l'UER. Cette formule me semble susceptible d'être généralisée. Une politique commune des achats est plus délicate à mettre en œuvre, car elle exige une division du travail. Or les besoins varient, selon les disciplines, et selon les cycles. Mais on peut envisager que la bibliothèque universitaire acquiert les ouvrages et les périodiques de base, ce qui suppose une continuité et une masse de crédits importants. Quant à l'UER, elle se tournerait avec profit vers les ouvrages liés à ses programmes d'enseignement et de recherche, plus spécialisés et plus variables. J'approuve votre désir d'une coordination des achats, et je demanderai aux présidents d'université de la mettre en œuvre. C'est ma deuxième décision en réponse à vos travaux, et j'utiliserai les incitations financières pour la faire passer dans les faits.

3. Vous allez plus loin, et vous suggérez la constitution de catalogues collectifs. Cette suggestion mérite considération. Elle me paraît de nature à concilier l'intérêt des étudiants et l'existence des bibliothèques spécialisées. Dans l'immédiat, il me semble urgent de mettre en commun les catalogues existants. Cela ne veut pas dire qu'il existe un seul catalogue en un seul point. Mais les bibliothèques universitaires devraient pouvoir disposer d'un catalogue complet et chaque UER, en plus de son catalogue, d'un catalogue des documents qui l'intéressent et qui sont enregistrés à la bibliothèque universitaire. Dès cette année, j'encouragerai financièrement les universités qui s'engageront dans cette voie.

Je prends donc à mon compte la volonté d'établir un catalogue commun : c'est ma troisième décision, et je l'accompagnerai d'incitations financières dès cette année.

4. Enfin, dans un souci d'objectivité que je partage, vous proposez que toutes les dépenses d'acquisition de livres soient regroupées en annexe des comptes de chaque université. Ceci concerne aussi bien les dépenses financières sur les crédits de l'université que sur les crédits de l'État. J'approuve cette proposition, et, dès cette année, j'accorderai des crédits particuliers aux universités qui procéderont à un tel regroupement de leurs dépenses. Voici ma quatrième réponse, qui va dans le sens d'une rationalisation et qui devrait permettre la définition, pour chaque université, d'une politique documentaire.

5. Ces mesures de bonne gestion seront assorties d'incitations financières et de créations de postes.

Dès cette année, dans une conjoncture financière difficile, j'ai consenti un effort particulier pour les bibliothèques. Les crédits de fonctionnement auront augmenté de près de 25 % au total, à la suite de la rallonge exceptionnelle de quatre millions que je viens de dégager. Sur ces quatre millions, j'ai décidé d'en attribuer trois aux bibliothèques universitaires.

De même que je m'efforcerai d'augmenter notablement les subventions accordées par l'État à vos bibliothèques, je proposerai pour celles-ci, dès le prochain exercice budgétaire, la création de 120 emplois, pour réaliser un objectif précis : la rédaction de catalogues collectifs et la constitution d'un réseau documentaire.

Ces 120 emplois, dont j'espère obtenir la création, ne seront pas répartis au hasard : ils seront accordés à une quinzaine de bibliothèques universitaires. A chacun des directeurs concernés, je demanderai de grouper ces emplois en une section chargée uniquement des catalogues collectifs et de l'aide technique aux bibliothèques d'UER. Ce programme sera poursuivi en 1977 pour les bibliothèques qui n'auront pu être dotées, dès 1976, de cette section.

Les crédits et les emplois ne suffisent pas. En vous écoutant, j'ai pris conscience de la nécessité de renforcer le rôle des conseils de bibliothèques et de leurs présidents. Je suis frappé de constater que ces organes n'ont pas la place qui devrait être la leur au sein des universités. Ils doivent disposer d'une autorité générale sur tous les problèmes documentaires et se faire, auprès des conseils d'université et des UER, les interprètes écoutés des bibliothèques. Aussi ai-je décidé de demander à M. le Directeur des bibliothèques et de la lecture publique de me proposer avant l'été, les mesures à prendre pour donner à ces institutions l'importance qu'elles méritent. Ces mesures pourront être juridiques, administratives et financières. Telle est la cinquième décision qu'il me paraît possible de prendre aujourd'hui.

J'ajoute que, dans cet esprit, je demanderai aux présidents d'université de consacrer chaque année un débat du conseil aux questions documentaires. Et je tiendrai compte, dans l'attribution des subventions de fonctionnement, des efforts de gestion consentis par chaque établissement. Les crédits sont toujours insuffisants, pensent certains! C'est une raison supplémentaire pour qu'ils soient bien gérés.

6. Pour vous donner les moyens de mener cette action de réorganisation, qui sera longue, il paraît possible de mettre en place les « commissions scientifiques spécialisées » prévues par le décret de 1970. Les commissions peuvent utilement prolonger l'action du conseil de la bibliothèque. Composées de conservateurs et de membres du conseil des UER, elles offrent un terrain de rencontre idéal pour définir les acquisitions à réaliser. J'ai donc décidé de mettre en place ces commissions avant la fin de l'année. Je leur demanderai de travailler en étroite collaboration avec les responsables des UER. Vous l'avez souhaité, je réponds à votre souhait, et c'est la sixième mesure concrète que j'annonce ici.

7. Une septième décision, que vous ne me demandez pas, je souhaiterais vous l'accorder cependant : ce serait celle de vous réunir à nouveau, dans un délai d'un à deux ans, afin de dresser le bilan des actions entreprises. Sans doute d'autres mesures, que je n'annonce pas aujourd'hui, pourront être prises à la suite de vos travaux. Et l'importance de l'énorme travail accompli pour vos établissements de la rencontre de Gif justifient que de telles réunions se renouvellent. C'est mon souhait, si c'est aussi le vôtre. Et c'est le gage d'une concertation permanente que je vous offre.

B. Une autre conclusion se dégage de vos journées d'études : c'est la nécessité d'une plus grande ouverture des bibliothèques universitaires. Sur ce point aussi, nous nous rencontrons pleinement. Serais-je conséquent avec moi-même si je n'encourageais pas l'ouverture des bibliothèques universitaires comme j'encourage celle des universités? L'ouverture, vous l'exprimez, dans vos rapports en termes de réseaux, c'est-à-dire de liaisons entre bibliothèques. Je crois, en effet, que pour répondre aux besoins de notre temps, les bibliothèques ne peuvent demeurer isolées.

Il faut que les bibliothèques universitaires constituent un ensemble et qu'elles échangent leurs informations, leurs livres et leurs services. Il faut que ces échanges s'étendent aux autres bibliothèques, publiques et privées. J'ajoute que ce réseau de liens entre établissements n'a de sens que s'il profite aux utilisateurs. C'est pourquoi il sera certainement aussi un réseau de références, de façon à communiquer rapidement aux demandeurs les informations dont ils ont besoin : fournir une bibliographie, en indiquant où se trouvent les documents, c'est aussi utile que de fournir les livres demandés. Vous avez eu raison d'ouvrir ces perspectives. Je les ferai étudier par la Direction des bibliothèques, et je lui demanderai de définir, avec vous, les premiers échelons de ces réseaux.

Mais l'ouverture, c'est aussi l'ouverture des bibliothèques universitaires à un plus grand nombre d'utilisateurs, y compris ceux qui travaillent en dehors des universités. Je sais que ce n'est pas toujours facile. Mais il ne serait pas normal que le capital documentaire que représentent vos bibliothèques universitaires ne puisse pas être utilisé et exploité par un public plus large bénéficiant d'horaires peut-être mieux appropriés. Certes, vous avez vos « lecteurs autorisés », et vous pratiquez largement le prêt « interbibliothèques ». Il ne faut pas hésiter à aller plus loin dans cette voie, sans bien entendu méconnaître la priorité dont doit bénéficier le public universitaire.

Comment pourrait-on concevoir un réseau documentaire régional, en dehors duquel se trouverait la bibliothèque universitaire et d'une manière plus générale l'université ?

J'ajoute que la coopération entre bibliothèques, que favoriseront la décentralisation de la Bibliothèque nationale et la création d'une bibliothèque nationale de prêt, implique un renforcement des liaisons de vos établissements avec les autres réseaux documentaires publics et privés. Tout ce qui facilite l'ouverture des biliothèques universitaires va dans le sens d'un meilleur service. J'y donnerai mon appui.

Par ces nouvelles orientations, par ces mesures concrètes, j'ai voulu au nom du Gouvernement, apporter ma contribution à vos travaux.

Cette contribution s'inscrit dans une politique générale de promotion des bibliothèques dont je soumettrai prochainement les grandes lignes au Gouvernement. Les bibliothèques constituent des instruments essentiels de connaissance, de formation et de culture. Autour d'elles, peuvent se développer un nouveau type de relations humaines, de nouveaux modes d'enseignement. Mon ambition est de multiplier les bibliothèques, d'en faire des universités sans murs et sans professeurs, d'en démocratiser l'accès et la gestion.

Je ne sais si, comme l'a dit Mallarmé, « le monde est fait pour aboutir à un livre ». Mais je crois profondément que les livres, et donc les bibliothèques, sont la mémoire du monde. Mémoire fabuleuse de tout un passé accumulé, mais aussi intelligence de ce que nous sommes et du monde qui nous entoure. Parce que je suis profondément convaincu de leur rôle social et de leur apport culturel, je proposerai au Gouvernement un plan général de développement des bibliothèques, en mettant principalement l'accent sur la réorganisation des structures administratives, sur la formation et la rémunération du personnel et sur l'élaboration d'un programme dont la forme reste à définir.

Car le problème des bibliothèques est un problème politique. Il doit trouver des solutions politiques. C'est le sens de ma présence aujourd'hui parmi vous. C'est le sens de mon action au sein du Gouvernement.

Colloque sur la lecture publique

Dans le cadre du 7e festival international du livre de Nice qui s'est tenu du 3 au 7 mai 1975, un colloque sur la lecture a été organisé les 3 et 4 mai par l'Association d'animation et de diffusion artistique et culturelle (Adac) avec la participation de la Direction des bibliothèques et de la lecture publique, de l'Association des bibliothécaires français, de l'association Peuple et Culture et de l'Union nationale culture et bibliothèque pour tous. Ces journées, dès le début placées sous la présidence effective de M. Soisson, ont donné lieu à des débats auxquels prirent part de nombreux bibliothécaires. Le 3 mai, sur le thème « Situation de la bibliothèque d'aujourd'hui » plusieurs spécialistes étrangers exposèrent le rôle des bibliothèques auprès des enfants et de différentes catégories socio-professionnelles. M. Wingborg (Suède) fit un exposé sur « l'information par les bibliothèques en Suède », M. H. Williams (Grande-Bretagne) sur « Les loisirs et les bibliothèques en Grande-Bretagne », M. Lazar (Hongrie) sur les « Bibliothèques et l'action culturelle en Hongrie », MM. Baustian et Seydelmann (République fédérale d'Allemagne) sur « La Bibliothèque instrument de la formation et de l'éducation permanente en Allemagne » et Mme Kolbero (Danemark) sur « l'Animation et les bibliothèques au Danemark ».

La journée du 4 mai fut consacrée aux « propositions pour la bibliothèque de demain ». M. Pierrot et M. Gueth, au nom de l'Association des bibliothécaires français, M. Cacères, au nom de Peuple et Culture et Mme Lizé, au nom de Culture et bibliothèques pour tous prirent successivement la parole pour présenter les thèses de chaque association en matière de lecture publique. Dans son discours de clôture, M. le Secrétaire d'État devait préciser la politique qu'il entendait suivre dans ce domaine.

Il y a moins d'un mois, je me trouvais parmi les responsables français des bibliothèques universitaires, qui venaient de débattre pendant deux jours de leurs problèmes. Et, reprenant à mon compte un certain nombre de leurs conclusions, j'annonçais des décisions concrètes, qui devraient orienter pendant plusieurs années l'administration de ces établissements.

De même, j'aurais aimé vous présenter aujourd'hui les mesures qui esquisseront le visage de la lecture publique de l'an 2 ooo dans notre pays. Mais il ne m'appartient pas de rendre publiques les décisions que le Gouvernement m'a chargé de préparer et sur lesquelles il se prononcera prochainement. Je peux seulement vous indiquer qu'elles s'inspireront de vos travaux.

Mais ces journées d'information me donnent l'occasion de préciser la doctrine qui inspirera mes propositions. Je voudrais vous faire part de ma conviction que les bibliothèques doivent changer de visage et vous présenter les cinq principes du développement en France de la lecture.

I. - Le gouvernement entend donner un nouveau visage aux bibliothèques françaises.

Cette orientation ne correspond pas seulement à une volonté politique. Elle répond aussi à un besoin de notre société. Les sociétés avancées sont des sociétés complexes. La dispersion du savoir, la fragmentation des connaissances, l'avalanche des informations déconcertent l'homme de cette fin de siècle. Hier, il était perdu dans son ignorance du monde. Aujourd'hui, il est perdu dans la profusion de ses connaissances, qui ne font pas une sagesse. L'homme contemporain a besoin d'être informé, de se former constamment pour résister à cette accélération de sa vie qui le précipite vers le « choc du futur ». Ce besoin est une exigence nouvelle de la démocratie. Il s'agit de donner à chacun les moyens de comprendre le monde. Ceux qui ne disposent pas de ces moyens ne sont pas réellement libres. Ce nouveau besoin définit une nouvelle culture.

C'est pourquoi, vous le savez, j'attache tant d'importance à l'ouverture des universités aux classes d'âge qui n'ont pas l'habitude de les fréquenter. C'est la raison pour laquelle les bibliothèques se transforment : elles deviennent des universités sans murs et sans professeurs : des centres de documentation, d'information, de formation permanente, autant que de loisirs.

Ce n'est pas un hasard si la bibliothèque nationale en cours de construction sur le plateau Beaubourg à Paris, porte le nom de bibliothèque d'information. Et son statut, qui sera bientôt publié, lui donnera, comme vocations privilégiées, la documentation et la formation permanente. L'exemple de la Suède, dont vous avez débattu, nous montre clairement le sens de cette évolution. Le rôle des bibliothèques se transforme donc. Certes, elles demeurent le lieu de la conservation des documents. Mais elles deviennent, de plus en plus, des centres de documentation et d'animation. Elles ont une mission éducative de plus en plus importante.

Partout où se créent de telles bibliothèques, le succès est surprenant. Même dans notre pays, où l'on médit souvent du goût des Français pour le livre, on constate un appétit de lecture et de connaissance, auquel l'État doit répondre. Le projet politique d'un Gouvernement libéral est de privilégier les bibliothèques comme instruments de culture et d'éducation. Pour trois raisons principales.

Tout d'abord, les bibliothèques garantissent l'objectivité des informations et la liberté des choix. Il est difficile de tapisser les murs et les rayons d'ouvrages d'une seule tendance. La bibliothèque, par définition, est éclectique. La documentation est objective, sinon elle est mauvaise. D'ailleurs, que les opinions s'affrontent dans les bibliothèques, je n'y vois rien de répréhensible. On ne s'enrichit pas dans l'unanimité. Un peuple périt moins de ses déchirements que de son apathie. En devenant des foyers de rencontres, des carrefours, les bibliothèques remplissent une fonction sociale essentielle dans une société libérale. Car la société libérale croit aux vertus de la liberté. Contrairement au totalitarisme, mais aussi au conservatisme, elle accepte la confrontation et la contestation. Elle les accepte, car elle aime la liberté, qui ne se divise pas. Elle aime aussi l'homme, à qui elle fait confiance envers et contre tout.

C'est d'ailleurs la deuxième raison, pour laquelle les bibliothèques s'intègrent dans un projet politique libéral : elles permettent une culture personnelle et réflexive. Cette culture libre, personnelle, approfondie, parfois difficile, qui caractérise le tête-à-tête avec le livre, a fait l'originalité de notre civilisation. Elle mérite d'être offerte au plus grand nombre et soutenue face à l'offensive commerciale des nouveaux moyens de communication. Tout ce qui favorise la réflexion individuelle protège des stéréotypes de la culture. Je crois profondément que la lecture est un instrument de promotion individuelle et de formation permanente. Je crois donc que les bibliothèques sont appelées à jouer un rôle dans une société de progrès social. Elles aident les hommes à dominer leur destin. Elles sont le lieu de recul et de la réflexion.

Enfin, les bibliothèques ont une fonction économique : les usagers des bibliothèques publiques se rangent parmi les principaux acheteurs de livres. L'existence de bibliothèques attrayantes constitue, à long terme, un remède aux difficultés de l'édition et de la librairie.

Il me semble que la bibliothèque est l'instrument de formation et de culture, que devrait privilégier une société moderne et libérale. Selon quels principes ?

II. L'action de l'État dans le domaine des bibliothèques me paraît devoir être déterminée par cinq grands principes

I. Le premier principe est que toute politique des bibliothèques est une politique décentralisée. Dans le domaine de la culture et de la formation, l'État ne peut tout faire. Son rôle doit se borner à stimuler et à encadrer, en définissant les grandes lignes de l'évolution. Dans le domaine des bibliothèques, il existe des institutions nationales, comme la Bibliothèque nationale et la Bibliothèque publique d'information. Il existe aussi une administration unique des bibliothèques, que les pays étrangers nous envient. Mais les bibliothèques sont des institutions décentralisées par excellence. L'histoire les a fait naître avant que l'État ne mette en œuvre une politique nationale des bibliothèques. Et, aujourd'hui, la création d'une bibliothèque municipale dépend encore de l'initiative des communes.

Il ne convient pas d'avoir une vue technocratique et centralisatrice de la politique des bibliothèques. L'État doit apporter, aux initiatives locales, son concours financier et technique. Je souhaite que ce concours augmente, mais l'organisation actuelle me paraît digne d'être conservée.

J'ajoute que les initiatives privées méritent l'encouragement de l'État. Les bibliothèques privées ont un rôle à jouer à côté des bibliothèques publiques. La coopération se pratique déjà dans les faits. Ces journées d'information en sont une preuve. Mais je crois qu'il n'y aurait aucun inconvénient à mieux concerter les actions de l'État et celles des collectivités publiques et privées. Car toutes concourent à la même mission. Mais gestion décentralisée ne signifie pas gestion désordonnée. L'État a une responsabilité essentielle, il doit l'exercer.

2. Tel est le deuxième principe de mon action : la politique des bibliothèques doit s'insérer dans une stratégie sociale.

La politique des bibliothèques est un élément de la stragégie sociale du Gouvernement. Je n'en montrerai que quelques exemples. Notre population est constituée de groupes divers aux besoins différents. Le nombre des retraités augmente : les bibliothèques doivent s'adapter à cette évolution et s'intégrer à la politique du troisième âge. Le nombre des travailleurs qui doivent, au cours de leur vie professionnelle, se réadapter à l'évolution de leur métier exige que les bibliothèques puissent les soutenir dans leur effort. L'importance croissante des immigrants impose à notre vie culturelle, et aux bibliothèques en particulier, la prise en compte d'une nouvelle dimension.

Le lien entre les bibliothèques et le système éducatif déjà solidement établi, pourrait être largement amélioré. Le travail d'initiation à la lecture que les enseignants accomplissent avec un remarquable dévouement, doit être conforté par la fréquentation des bibliothèques, dès le plus jeune âge. La connaissance des problèmes quotidiens, que les bibliothèques peuvent donner en dehors des écoles, éveille l'intérêt des enfants pour la société dans laquelle ils vivent.

Enfin, bien évidemment, les bibliothèques doivent participer à la politique culturelle de la cité. Elles doivent être intégrées aux équipements culturels de la ville. Elles doivent coordonner leurs activités d'animation avec celles des musées, des théâtres, des maisons de la culture. Depuis mon entrée en fonction, j'ai tout fait, en liaison étroite avec M. Michel Guy, pour que les bibliothèques participent à la politique culturelle de l'État.

3. En troisième lieu, une politique des bibliothèques doit reposer sur la création d'un réseau d'équipements donnant à chaque Français les mêmes possibilités d'accéder aux livres. De nombreux habitants de communes rurales ne sont pas encore desservis par les bibliothèques centrales de prêt. Des agglomérations entières ne disposent d'aucune bibliothèque d'accès commode. Enfin, les richesses bibliographiques et les documents les plus utiles à la recherche sont excessivement concentrés à Paris.

Il faut donc constituer un réseau unique et diversifié de bibliothèques. Ce réseau doit prendre un double aspect. Il s'agit d'abord d'établir une carte des équipements et des services à mettre en place. Tous les départements devront disposer d'une bibliothèque centrale de prêt. Les grandes agglomérations devront être dotées d'équipements particuliers, adaptés aux besoins de leurs habitants. Le réseau sera aussi caractérisé par l'existence de liaisons entre toutes les bibliothèques. Chaque Français, en entrant dans une bibliothèque, doit bénéficier des services rendus par l'ensemble des bibliothèques. ,

J'ai ainsi décidé la création d'un service national de prêts et d'échanges entre toutes les bibliothèques. De même, le réseau informatique, qui permet l'enregistrement centralisé de toutes les informations, sera développé. Enfin, une bibliographie automatisée et des catalogues collectifs vont être diffusés. A ces services nationaux, s'ajoutera une coopération régionale, de façon que chaque région dispose d'un ensemble comparable de services. Cette coopération sera essentiellement technique : elle prendra la forme d'échange de services entre les établissements. Au niveau du département, j'envisage une même coopération, mais d'un autre ordre. En liaison avec M. le ministre d'État, je voudrais démocratiser la gestion des bibliothèques, en réunissant les lecteurs, les autorités locales, les bibliothécaires, dans des structures appropriées. C'est en s'insérant dans un projet d'ensemble que chaque bibliothèque trouvera son efficacité sans perdre son originalité. Tel est le sens des actions que je mène actuellement.

4. Le quatrième principe d'une politique des bibliothèques est de développer un nouveau type de bibliothèque. Les bibliothèques doivent être doublement attrayantes d'abord, par le climat de liberté qui doit y régner; ensuite, par leur architecture et leur décoration, car la beauté concourt à l'étude comme au délassement. C'est fondamentalement un nouveau type de bibliothèque qu'il convient de promouvoir. Les bibliothèques doivent devenir des lieux d'animation : une salle doit y être constamment disponible pour les expositions, les discussions; les lectures collectives. Les disques; les diapositives, les gravures et les affiches doivent aussi y trouver leur place. Enfin, une salle me paraît devoir être réservée aux journaux, aux revues spécialisées, aux bandes dessinées, à tout ce qui se passe et se périme. La bibliothèque publique d'information de Paris sera le prototype de ces nouvelles bibliothèques. En m'inspirant de son exemple et des meilleures réalisations françaises et étrangères, je souhaite modifier l'image que les Français ont de leurs bibliothèques.

5. Le cinquième principe d'une politique des bibliothèques me paraît résider dans une évolution du métier des bibliothécaires : ceux-ci doivent devenir des animateurs pédagogiques. Cette évolution est rendue possible par la modernisation de la gestion des bibliothèques publiques. L'automatisation que j'ai demandé de développer en priorité devrait décharger le personnel des tâches, souvent ingrates, du catalogage. Les bibliothécaires devraient alors être plus disponibles pour répondre aux demandes du public. Ils devraient pouvoir jouer un rôle plus actif d'animation et de formation.

Dans le cadre des perspectives ainsi esquissées, je voudrais formuler deux propositions, qui vont dans le sens des préoccupations que vous avez exprimées aujourd'hui. C'est d'abord la réunion d'un colloque sur la lecture publique, comparable au colloque qui s'est tenu le mois dernier à Gif-sur-Yvette pour les bibliothèques universitaires. Je demande à M. le directeur des bibliothèques et de la lecture publique d'organiser un tel colloque qui, pour être fructueux, doit faire l'objet d'un sérieux travail de préparation. Les hypothèses formulées ici dans certaines interventions pourraient y être approfondies, dans le cadre de commissions et sur la base de documents écrits. Il a fallu plus de six mois pour préparer le colloque sur les bibliothèques universitaires. Aussi, je crois que nous pouvons nous fixer comme objectif raisonnable la tenue d'un colloque sur la lecture publique à l'automne de cette année.

Telle est la première réponse que je voudrais apporter à ceux qui ont souhaité une concertation plus approfondie que celle de ces journées de Nice.

En second lieu, je vous propose l'étude en commun d'un programme de développement de la lecture publique, qui pourrait préciser sur le plan technique les orientations arrêtées par le Gouvernement. Je ne suis pas opposé à ce que ce programme prenne la forme d'un projet de.loi ; je suis prêt à élaborer avec vous un projet qui pourrait reprendre pour l'essentiel les suggestions de M. Gueth et les conclusions de M. Pierrot.

Le problème des bibliothèques est un problème de Gouvernement. Il sera résolu par une option de Gouvernement. Les progrès qui ont été réalisés ces dernières années, et qui sont considérables, l'ont été grâce à une administration efficace, à laquelle je rends hommage. Ils s'expliquent aussi par lés choix qu'ont fait de nombreuses municipalités, auxquelles je tiens à rendre le même hommage.

Mais il faut aller plus loin. L'élaboration d'une nouvelle politique des bibliothèques, à laquelle nos travaux contribueront, constitue un projet politique pour notre temps.