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Association des bibliothécaires français. Réunion du groupe Bourgogne-Franche-Comté

Dans le cadre du Groupe Bourgogne-Franche-Comté de l'Association des bibliothécaires français, les bibliothécaires municipaux de la région Bourgogne se sont réunis le 19 février 1973 à Dijon, dans la succursale de la bibliothèque municipale mise en service le 27 janvier à la Z.U.P. de la Fontaine-d'Ouche.

Étaient représentées les bibliothèques d'Auxerre, Beaune, Châtillon-sur-Seine, Dijon, Autun, Chalon-sur-Saône, le Creusot, Nevers, Dole. Les bibliothécaires de Joigny, Saulieu, Semur-en-Auxois, Cluny, Louhans, Mâcon, Montceau-les-Mines s'étaient excusés. Participaient à cette réunion Mlle Garrigoux, conservateur en chef à la Direction des bibliothèques, le directeur de la Bibliothèque centrale de prêt de la Côte-d'Or et plusieurs conservateurs de la Bibliothèque de l'Université de Dijon.

Le sujet d'étude choisi était le « Comité consultatif des bibliothèques municipales ». En effet beaucoup de comités devant être renouvelés en 1973, il semblait intéressant de faire le point sur leur efficacité. Ces comités ont été créés par l'Ordonnance royale du 22 février 1839 sur les bibliothèques publiques; leur fonctionnement a été précisé par les décrets du Ier juillet 1897 et du 6 juin 1912; ils ont été enfin complètement réorganisés par le décret 61 1003 du Ier septembre 196I, accompagné par l'instruction du 12 juillet 1962.

Depuis 1839 l'évolution a été très nette, ce que montre bien le changement de dénomination : d'abord « comité d'inspection et d'achat », aujourd'hui « comité consultatif ». Créé pour contrôler la marche de la bibliothèque dans tous les domaines, même très techniques (surveillance de la confection du catalogue), le comité est principalement conçu à l'heure actuelle comme l'organe des différentes catégories de lecteurs. Le décret de 196I y fait entrer obligatoirement des représentants de chacun des degrés d'enseignement, des associations de parents d'élèves et d'étudiants, des groupements professionnels et des organisations culturelles, à côté des membres des sociétés savantes qui constituaient l'essentiel des anciens comités.

On comprend mal pourquoi le décret limite la création des comités « aux bibliothèques importantes qui touchent un public assez nombreux », puisque la présence d'un comité pourrait augmenter l'activité de la bibliothèque. Mais il y a loin de la réglementation à la pratique. C'est ce qu'a montré la confrontation des expériences des bibliothécaires présents ou ayant envoyé un rapport. Telle petite ville, qui ne devrait plus avoir de comité en vertu du décret de 196I, a gardé le sien et le fait fonctionner selon le décret de 1912, c'est-à-dire qu'il est le maître des acquisitions : le bibliothécaire, régulièrement nommé et pourvu des titres nécessaires, ne peut que proposer des listes où chaque titre fait l'objet d'un vote. Dans les villes régulièrement pourvues d'un comité, nombreuses sont les anomalies : ancien comité selon le décret de 1912 prorogé sans changement; comité constitué mais jamais convoqué; persistance du vote sur les acquisitions; nominations de membres qui ne connaissent pas la bibliothèque dont ils sont censés représenter les usagers et dont la plupart ne viennent jamais aux réunions, etc. La fréquence des réunions qui devraient être trimestrielles, est fort variable; quelquefois une séance par an seulement. A Dijon où le comité a été créé en 1865 à l'initiative du bibliothécaire et sans référence à l'ordonnance de 1839, il se réunit au complet trois fois par an (chaque trimestre sauf le trimestre des vacances), notamment pour la présentation du rapport annuel et celle des propositions budgétaires, mais en outre un groupe de membres particulièrement intéressés par la lecture publique se réunit une fois par mois dans l'intervalle des séances plénières (sauf le trimestre d'été) pour faire un choix dans les nouvelles publications et examiner les demandes d'achat présentées par les lecteurs.

Après un échange de vues, il a été reconnu que le comité peut constituer un utile organisme de liaison et de « dialogue », avec la municipalité d'une part, les usagers de la bibliothèque de l'autre. Les deux vœux suivants ont donc été émis :
- Il est souhaitable que les comités consultatifs soient maintenus et qu'il en soit créé dans les bibliothèques qui en sont dépourvues. Mais il est indispensable d'abord que les termes du décret de 196I et de l'Instruction de 1962 soient rappelés aux préfets et aux municipalités, ensuite que celles-ci fassent entrer dans les comités des personnes connaissant la bibliothèque et ne se bornent pas à demander à tel ou tel organisme de désigner un délégué.
- Il serait utile que la Direction des bibliothèques et de la lecture publique ai la faculté de faire entrer dans tous les comités des bibliothèques non classées un conservateur du cadre d'État (de la bibliothèque centrale de prêt du département ou d'une bibliothèque classée voisine) alors que cette participation n'est prévue actuellement que dans les villes où se trouve la bibliothèque centrale de prêt du département (ou une bibliothèque universitaire).