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L'Année internationale du livre et les bibliothèques françaises

Le Bulletin des bibliothèques de France s'est déjà à plusieurs reprises ouvert aux manifestations organisées dans les bibliothèques françaises à l'occasion de l'Année internationale du livre (A.I.L.). Dans le numéro de juin 1 furent publiés les résultats partiels de l'enquête menée auprès des lecteurs de bibliothèques centrales de prêt à l'occasion du colloque des lecteurs organisé dans le cadre du Festival international du livre de Nice et les parties "Chronique" des numéros de septembre-octobre 1972, novembre 1972, décembre 1972 furent intégralement ou partiellement consacrées à des comptes rendus d'activités réalisées à l'occasion de cette année.

Le but du présent article n'est pas d'énumérer toutes les manifestations qui ont été organisées ou auxquelles ont pris part les bibliothèques, manifestations dont a largement rendu compte, sur le plan régional et même national, la presse écrite, radiodiffusée, télévisée; il s'agit davantage de montrer, en s'appuyant sur les comptes rendus parvenus à la rédaction du Bulletin des bibliothèques de France, dans quelles perspectives s'est développée l'action des bibliothèques - et à notre vif regret toutes ne pourront être citées ici - pour répondre aux circulaires du Directeur des bibliothèques et de la lecture publique des 3 novembre 197I et 8 mars 1972. Il convient également de souligner que selon les circonstances pour nombre de bibliothèques, comme Châlons-sur-Marne, Saint-Dié par exemple, il a semblé préférable, durant l'année 1972, d'intensifier avant tout les activités d'animation, activités qui ne peuvent en tant que telles être décrites ici mais qui attestent de façon permanente la présence des bibliothèques dans la vie culturelle des cités.

L'ensemble de ces informations pourra donc permettre d'apercevoir, compte non tenu des activités régulières des bibliothèques, la variété des actions menées à l'occasion de l'A.I.L. Ne seront mentionnés ni l'action spécifique du Comité national français pour l'Année internationale du Livre, ni le colloque des lecteurs de bibliothèques centrales de prêt, ni l'opération « Lecture et mariage », ni les manifestations, telle la Quinzaine nationale du livre de jeunesse, organisés par des groupements divers et présentés par ailleurs 2.

Pour compléter les actions des Comités national et régionaux, spécialement constitués à cet effet, et celles des groupes de l'Association des bibliothécaires français qui partout suscitèrent des initiatives en faveur du livre, des comités locaux se créèrent pour coordonner les actions.

De cette façon, les bibliothèques purent s'associer étroitement à toutes les manifestations culturelles organisées par la municipalité ou par les sociétés locales. Ainsi à Bourges, un groupe d'étude comprenant des représentants de la Bibliothèque municipale, de la Bibliothèque centrale de prêt du Cher, des Musées de Bourges, des Archives départementales, du Centre départemental de documentation pédagogique, de la Maison de la Culture, des maisons de jeunes, de la Fédération des œuvres laïques, des bibliothèques pour tous, des libraires, des imprimeurs et des relieurs, s'est réuni régulièrement de février à mai 1972 pour établir un programme d'action.

Au niveau départemental les bibliothèques centrales de prêt assurèrent un rôle de liaison entre les organismes soucieux d'organiser des manifestations et mirent à la disposition des communes les richesses de leurs collections. Ainsi la Bibliothèque centrale de prêt du Loir-et-Cher constitua un comité d'honneur et un comité d'action et la Bibliothèque centrale de prêt du Rhône favorisa les actions communes dans plusieurs des bibliothèques municipales qu'elle dessert contribuant à la réalisation d'expositions sur les provinces de France (Alsace, Provence, Savoie) et les pays étrangers (Scandinavie, Grèce, Turquie, Iran, Afghanistan).

Ces efforts permirent dans certaines villes d'entreprendre durant une semaine, quinze jours, un mois de vastes opérations d'animation culturelle qui ont été l'occasion pour leurs organisateurs de sensibiliser le public au livre par des manifestations variées : films, conférences, émissions de radio et de télévision, débats, causeries, heure du conte, expositions, concours, etc.

A Caen des activités d'animation culturelle furent suscitées par la municipalité afin de mieux faire connaître ses services culturels : exposition de livres précieux, atelier de création, enregistrement de l'émission « Un livre... des voix », présentation d'œuvres; c'est à la bibliothèque municipale que les libraires de Caen confièrent en novembre le soin de présenter au public les livres envoyés par 23 éditeurs pour la jeunesse à l'occasion de la première Quinzaine nationale du livre de jeunesse organisée du 6 au 20 novembre par la Fédération française des syndicats de libraires.

A Agen le mois d'octobre fut le « Mois du livre » avec les visites-causeries de Roland Bacri, auteur humoriste, de Jacques Sadoul, directeur de la collection J'ai lu, sur les problèmes de l'édition (discussion avec les libraires) et, surtout, avec une exposition à deux thèmes au Musée : L'Histoire de l'Imprimerie à Agen du XVIe au XIXe siècle et Le Livre aquitain d'expression occitane, exposition itinérante complétée par le fonds agenais de la Bibliothèque municipale.

A Moulins la Bibliothèque municipale participa, en novembre, à la Quinzaine du livre de jeunesse au cours de laquelle furent organisées deux journées « Portes ouvertes », la première chez les imprimeurs où petits et grands ont vu fonctionner une imprimerie et la seconde à la bibliothèque où l'on put admirer quelques-uns des plus beaux livres conservés et voir comment vivait une bibliothèque.

Au Havre grâce au concours de maints organismes culturels de la ville, la semaine du livre initialement prévue devint « un mois du livre ». Autour des 2 thèmes retenus, promotion de la lecture et encouragement des activités des écrivains, se sont déroulés pendant un mois dans tous les établissements culturels, les lycées et les foyers de jeunes, 6 expositions, 2 rencontres avec des écrivains havrais, un débat, une conférence, deux expositions-ventes de livres, 2 émissions publiques de l'O.R.T.F., des montages poétiques et des concours pour enfants.

A La Rochelle la bibliothèque municipale s'associa activement aux Semaines de la culture organisées d'octobre à novembre par l'Association pour une Maison de la culture : participation aux rencontres avec des écrivains, tels que Robert Escarpit, Alain Robbe-Grillet, François Nourissier, Dominique Fernandez, R. Vrigny; organisation avec les libraires de la ville, la Maison de la culture et la Fédération des œuvres laïques d'un concours ouvert à tous et doté de nombreux prix et de bons d'achats de livres; exposition : L'Illustration du livre pour enfants de 1850 à nos jours; foire aux livres pour enfants.

A Saint-Lô, réalisée par la Bibliothèque centrale de prêt et la Fédération des œuvres laïques de la Manche en collaboration avec la bibliothèque municipale et le Centre local de documentation pédagogique, s'est déroulée du 4 au 10 décembre 1972, une semaine de la lecture durant laquelle furent présentées les expositions Les Meilleurs livres pour enfants, la Nature et l'environnement et organisées diverses activités d'animation.

Là où il ne fut pas possible d'organiser des manifestations aussi variées, c'est généralement autour des expositions que se sont développées des activités d'animation. A l'exemple de l'exposition le Livre de la Bibliothèque nationale, de nombreuses bibliothèques réalisèrent à l'aide de leurs fonds de très vastes présentations en mettant, notamment, l'accent sur l'insertion du livre, à toute époque, dans la vie économique, sociale et religieuse de la société locale.

En Alsace une exposition intitulée Douze siècles d'histoire du livre à travers les collections des bibliothèques d'Alsace fut présentée en clôture de l'A.I.L, à partir du 10 mars 1973 à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg. Dix des plus grandes bibliothèques d'Alsace avaient uni leurs efforts pour présenter du Codex Guta-Sintram aux exemplaires de luxe de la bibliophilie moderne une remarquable histoire du livre du VIIIe siècle à nos jours.

A Bourges, le pivot central de l'Année du livre a été, l'exposition Le Livre pour quoi faire ?, qui s'est tenue à la Maison de la Culture du 3° septembre au 19 novembre. Dans les vitrines avaient été regroupés des livres anciens et modernes, de luxe ou bon marché, suivant différents thèmes (lire c'est apprendre; lire c'est méditer, c'est contempler la beauté, c'est voyager, rire, rêver; participer à la vie politique, discuter le pour et le contre...).

Aix-en-Provence présenta l'Histoire du Livre en France du XVe au XVIIIe siècle Auxerre Le Livre illustré du XVe au XXe siècle, Chateauroux, Le Livre du Moyen âge à nos jours, Douai Le Livre illustré, manuscrit et imprimé du VIIIe au XXe siècle, Nantes, Le Livre aujourd'hui, Rouen Le Livre dans la vie quotidienne.

A Aurillac une exposition sur le livre, inaugurée le 20 décembre, évoquait la genèse et l'évolution du livre d'après les seules collections de la bibliothèque municipale et des archives départementales.

A Avignon fut présentée, du 4 au 15 novembre 1972, à la Bibliothèque du Muséum Calvet, l'exposition Histoire du livre composée de panneaux photographiques et de documents sous vitrines appartenant au Muséum Calvet, aux Archives départementales du Vaucluse et à quelques collections particulières. Les deux aspects de l'exposition se complétaient : les panneaux photographiques montraient tous les aspects de l'histoire du livre ainsi que l'évolution des techniques; les vitrines présentaient des documents originaux apportant leur réalité aux textes et images des panneaux.

A Chambéry, l'exposition Trésors du livre du XIIe au XXe siècle, organisée du 29 mars au 30 avril par la bibliothèque municipale dans la salle d'exposition des Musées d'art et d'histoire, avec le concours de ceux-ci, proposait aux visiteurs 160 ouvrages qui avaient été prélevés essentiellement dans les collections de la Bibliothèque municipale, accessoirement dans celles de la Cour d'appel, riches en livres anciens, et de l'Académie de Savoie, aux éditions particulièrement bien conservées.

A Dijon, sous le titre : Mille ans d'histoire du livre à la bibliothèque municipale, plutôt que de montrer ses plus beaux ouvrages manuscrits ou imprimés, la bibliothèque municipale avait préféré donner des exemples caractéristiques des aspects sous lesquels se sont présentés les livres depuis un millénaire. L'exposition comprenait une série de manuscrits disposés dans la salle de lecture, montrant l'évolution de l'écriture et de la décoration. D'autres manuscrits témoignaient des goûts variés des lecteurs en littérature : poèmes latins classiques, romans de chevalerie, poèmes satiriques ou chansons, ou montraient comment on apprenait l'histoire ou comment on se représentait la terre au XIe siècle. L'exposition se poursuivait dans les salles XVIIIe siècle du Ier étage où était souligné le passage du manuscrit à l'imprimé. '

A Montbéliard, afin de clore l'A.I.L., la bibliothèque municipale réalisa du 4 au 14 janvier 1973 une exposition des Plus beaux livres imprimés à Montbéliard du XVIe siècle à nos jours.

A Valenciennes se tint du 30 septembre au 10 novembre une exposition sur le Livre du VIIIe au XIXe siècle, dans la grande salle de la bibliothèque, autrefois salle de bibliothèque du Collège des Jésuites.

On préféra parfois en raison de la richesse de fonds locaux mettre en valeur une catégorie particulière d'ouvrages, illustrer l'œuvre d'un ou plusieurs auteurs locaux ou s'arrêter sur un sujet d'actualité.

Amiens et Bordeaux consacrèrent une exposition à l'Édition suisse. Auxerre fit une exposition sur Le Roi David et la Bible, Bagnolet une exposition sur l'Art et la littérature fantastique. La Bibliothèque municipale de Bourges exposa dans ses salons, un choix de ses plus beaux manuscrits et incunables. Dieppe présenta les trésors de sa Réserve. Grasse célébra le Tricentenaire de la mort de Monseigneur Godeau. Laon montra les relations qui existaient entre Laon et l'Espagne au Moyen âge. Lagny s'interrogea sur le comportement de l'homme devant le livre. Lyon s'attacha à montrer comment la Chine fut découverte par les Européens du XVIIe au début du XIXe siècle. Manosque réalisa une exposition sur les auteurs provençaux, Montauban sur les auteurs régionaux. Meaux présenta les techniques et l'actualité du livre. A Paris, la Bibliothèque de l'Académie nationale de médecine, exposa du 12 au 19 décembre 1972 quelques-uns de ses plus beaux livres, qui, par leurs illustrations, paraissaient les plus dignes de retenir l'intérêt. Poitiers organisa des expositions sur le Canada et la Grande-Bretagne, Redon sur les ouvrages sacrés, Toulouse sur les ouvrages hébraïques de son fonds, Troyes sur les Écrivains et les artistes de Champagne, Valence sur les trésors de sa Réserve.... La Bibliothèque de l'Université de Nantes présenta, l'Art portugais et des gravures populaires du Brésil.

Répondant à une curiosité marquée de notre époque, les techniques du livre telles que la fabrication du papier, l'imprimerie, la reliure furent très largement présentées. Certaines expositions purent à la faveur d'industries ou d'ateliers locaux, revêtir une importance particulière grâce à la participation de spécialistes des métiers du livre.

Autun exposa des livres illustrés de Jacques Thevenet. Blois les techniques d'illustration du livre, Chartres de beaux livres illustrés contemporains, Rodez La Reliure dans les bibliothèques aveyronnaises, Roubaix l'Art de la reliure et livres anciens.

Colmar consacra, du II au 27 mars, une exposition aux livres illustrés de Marc Pessin. Du 4 au 30 septembre, prêtée par l'Association française des collectionneurs d'ex-libris, et complétée par des pièces appartenant aux collections de la bibliothèque, se tint dans les locaux de la bibliothèque l'exposition la Montagne dans l'Ex-libris français; du 28 octobre au 19 novembre l'exposition de graphismes réalisée par le Cercle des arts de Colmar et du 25 novembre au 23 décembre l'exposition de lithographies de Léon Lang.

A Grenoble, à l'occasion du deuxième centenaire de la fondation de la bibliothèque de Grenoble, par souscription publique en 1772, fut inaugurée le 10 juin une exposition qui comportait les principaux documents marquant la fondation en 1772 et aussi, pour faire ressortir la richesse exceptionnelle des collections de Mgr de Caulet ainsi acquises, certains très beaux manuscrits à peinture, les premiers livres imprimés à Lyon, à Grenoble, à Dijon, certaines éditions originales particulièrement connues, des livres à figures et reliures armoriées d'un intérêt exceptionnel.

A Lille, la bibliothèque municipale exposa du 14 décembre à fin janvier 1973, 150 ouvrages illustrés qui allaient du XIIe siècle à nos jours. Les livres groupés en fonction de la technique d'illustration ont permis de montrer les dernières acquisitions faites dans le domaine de la bibliophilie contemporaine.

A Paris, du 17 novembre 1972 au 20 janvier 1973, la Bibliothèque Forney présenta une exposition intitulée les Techniques de fabrication du livre. Compte tenu de la nature spécifique du fonds de la bibliothèque, spécialisée dans les arts décoratifs et les techniques, et de l'architecture de l'Hôtel de Sens qui l'abrite, contemporaine des premiers incunables, n'avaient été retenues que les techniques artisanales de fabrication du livre. Se voulant concrète avant tout, l'exposition s'efforçait de rendre une vision précise des différentes étapes aboutissant au livre. Des ateliers, fonctionnant en alternance, permettaient aux visiteurs de s'initier aux secrets de la fabrication du papier ou de la gravure sur bois, inchangés depuis le Moyen âge, de la typographie, de la gravure sur cuivre, de la lithographie, de la sérigraphie ou de la reliure-dorure. Des vitrines et des panneaux décoratifs faisaient connaître les outils utilisés.

Une place spéciale a été réservée aux livres pour enfants. Outre la manifestation nationale organisée par la Fédération française des syndicats de libraires, les expositions itinérantes de l'Association « Lire », l'Illustration du livre pour enfants de 1850 à nos jours, et 400 livres pour la jeunesse, fut conçue par 2 bibliothécaires, réalisée en trois jeux et financée par la Direction des bibliothèques et de la lecture publique, l'exposition Comment naît un livre pour enfants. Il s'agissait avant tout de montrer concrètement aux enfants la fabrication d'un album illustré en faisant la part de chacun, auteur, graphiste, techniciens dans cette œuvre collective. L'exposition circula dans de nombreuses bibliothèques et écoles. Elle devait susciter chez ceux qui la présentaient une collaboration qui consistait souvent à faire participer les enfants à des travaux graphiques grâce, notamment, au matériel de l'École Freinet, à pratiquer eux-mêmes l'imprimerie, à faire un journal et peut-être un livre.

A Auxerre, la bibliothèque municipale réalisa une exposition de livres pour enfants du 16 décembre 1972 au 6 janvier 1973, dans le cadre de laquelle se tint le 20 décembre une table ronde sur le thème « Lecture en liberté ». A Bourges la bibliothèque municipale présenta sur panneaux l'exposition : Conception et réalisation du livre pour enfants avec des documents inédits aimablement prêtés par M. Faucher (Albums du père Castor). Brest organisa en novembre l'exposition Des Enfants et des livres.

Pour 1972 la Bibliothèque municipale de Nantes décida d'écrire une petite histoire de Nantes et de la faire illustrer par des enfants. L'heure du conte de la succursale Garde-Dieu fut le cadre d'une première expérience. Chaque jeudi, une période de l'histoire de Nantes y était racontée puis illustrée par les jeunes auditeurs. Pour poursuivre plus avant cette initiative il fut ensuite décidé d'y associer tous les enfants habitués ou non de la bibliothèque et le bibliobus devint le lieu de rendez-vous de jeunes souhaitant donner libre cours à leur talent. Quelque 200 dessins furent réunis et 30 d'entre-eux, illustrant diverses périodes de l'histoire de Nantes, furent publiés sous forme de cartes postales.

A Nîmes, du 13 au 17 décembre 1972, se tint, au Centre des sports et des loisirs, l'exposition Livres d'enfants, livre d'art organisée, dans le cadre de la région, par 6 éditeurs spécialisés dans le beau livre pour enfants (Flammarion, École des loisirs, Quist, Weber, Cerf, Gautier-Languereau).

Accueillant l'exposition itinérante Comment naît un livre pour enfants, du 25 octobre au 10 novembre 1972, la Bibliothèque municipale de Troyes la compléta notamment par les travaux de l'École moderne de Troyes, une presse et un matériel de reproduction.

Très souvent ces expositions étaient accompagnées par des activités d'animation (heure du conte, club de lecture, veillée culturelle) qui, présentées au grand public, parfois dans un cadre autre que la bibliothèque, n'en eurent que plus de relief et constituèrent pour certains une découverte. Des jeux, des concours, pour les jeunes comme pour les adultes, auxquels s'associèrent divers organismes vinrent ici et là apporter un attrait supplémentaire aux manifestations.

A Auxerre pour associer le public au développement de la bibliothèque, un concours de dessins a été ouvert du 30 octobre au 27 novembre. Le dessin primé a été utilisé pour composer deux affiches, l'une annonçant l'exposition de Dessins et livres pour enfants, l'autre les nouveaux horaires de la bibliothèque centrale et de la succursale de Saint-Pantaléon nouvellement ouverte.

A Bourges, deux fois par semaine (le mercredi après-midi, pour les enfants, le samedi après-midi pour les adultes), le « jeu des cinq questions » (qui avaient trait aussi bien à l'actualité scientifique et sportive qu'à l'histoire régionale et au tourisme permettait aux gagnants d'emporter chez eux un livre (offert par des maisons d'édition et des imprimeurs).

Dans le Haut-Rhin les lecteurs de la Bibliothèque centrale de prêt furent invités à porter sur un bulletin le titre des 6 ouvrages littéraires français du xxe siècle qui leur avaient fait la plus profonde impression. La liste type 3 établie d'après l'ensemble des réponses devait permettre de décerner aux personnes ayant fourni la réponse la plus proche de cette liste le « grand prix des lecteurs du bibliobus du Haut-Rhin ».

Des conférences-débats, des rencontres avec des auteurs, avec des libraires, des éditeurs, des projections de films furent l'occasion de confrontations, de réflexions sur le livre.

A Colmar, cinq conférences publiques ont été données à la bibliothèque; leur sujet était en général lié à celui de l'exposition présentée à la même époque. 14 avril : Initiation à la « lecture rapide » par un représentant du Centre d'étude et de promotion de la lecture. 20 avril : Initiation de l'informatique, par des ingénieurs de la compagnie Honewey-Bull et les responsables de l'informatique aux Usines municipales de Colmar. 30 mai : l'Invention de l'imprimerie et les incunables, conférence donnée dans le cadre de la Semaine culturelle de Colmar par le Conservateur de la bibliothèque. 26 septembre : la Gravure, histoire et technique, conférence donnée par le Conservateur de la bibliothèque. 19 décembre 1972 : Du manuscrit à l'imprimé. Introduction à l'histoire du livre du xve au XVIe siècle à l'annexe de la Maison des jeunes et de la culture par le conservateur de la bibliothèque.

Des congrès, des colloques ou des festivals ont vu leurs travaux heureusement prolongés par des expositions organisées dans les bibliothèques des villes où ils se tenaient.

Bordeaux exposa des livres pour enfants lors du Congrès de littérature de jeunesse. Saint-Étienne participa au 16e congrès des jeunes libraires dont le thème était le « Livre dans le tiers monde » en présentant l'exposition Le Monde dans les récits de voyages du XVIe au XIXe siècle et l'Art dans les pays du tiers monde. Pour le 6e Festival du film de tourisme la Bibliothèque municipale de Tarbes présenta une exposition internationale de la presse et de l'édition touristique.

Durant cette année les bibliothèques cherchèrent à se faire connaître. Non seulement elles se prêtèrent souvent comme structure d'accueil à des manifestations culturelles, semaine, quinzaine, mois du livre, mais encore elles multiplièrent les visites organisées et pratiquèrent la méthode dite des « portes ouvertes ». Trop souvent jugées comme des lieux académiques, réservés à la seule étude et à la recherche, les bibliothèques tinrent à informer de cette manière le public de leur vraie nature, de leurs ressources et des services qu'elles offrent. Il en fut ainsi à Dijon, Chateauroux, Clermont-Ferrand, Sablé-sur-Sarthe, Saint-Étienne, Moulins, à la Bibliothèque centrale de prêt du Rhône, dans les bibliothèques universitaires de Bordeaux, Lille, Nantes, Pau, l'opération se conjuguant fréquemment avec d'autres manifestations et s'accompagnant de distribution de notices sur la bibliothèque ou la lecture dans la ville.

A Bordeaux, trois opérations « portes ouvertes » ont eu lieu à la Bibliothèque du Grand-Parc et à la Bibliothèque d'enfants du Jardin public le 8 novembre, et à la Bibliothèque de La Benauge le 15 novembre 1972. Ces opérations étaient destinées à faire mieux connaître aux lecteurs et aux nouveaux venus le fonctionnement de ces bibliothèques de prêt, l'organisme auquel elles sont rattachées, ce qu'est une bibliothèque municipale, sa place au sein de la municipalité, ses rapports avec la Direction des bibliothèques et de la lecture publique, son budget. Les lecteurs ont été informés de la manière dont se faisaient les acquisitions de livres et leur répartition à partir du service central. Une carte de Bordeaux a été confectionnée pour chacune de ces bibliothèques sur laquelle étaient portés les emplacements des différentes bibliothèques. Le conservateur en chef de la bibliothèque et le conservateur responsable de la lecture publique se sont tenus à la disposition des lecteurs pour répondre à leurs questions à la Bibliothèque du Jardin Public et à la Benauge. Dans chacun de ces établissements se sont créées spontanément des tables rondes où lecteurs et conservateurs ont discuté des principaux problèmes concernant l'organisation générale des bibliothèques de Bordeaux et plus particulièrement de la bibliothèque sujet de l'opération.

Allant au-devant du public quelques bibliothèques municipales, et bibliothèques centrales de prêt profitèrent des manifestations locales (foires, festivals, salons) qui attirent le grand public pour présenter livres, bibliothèques et bibliobus. Dans l'enceinte de la foire de Beaune, la bibliothèque municipale présenta une exposition de livres pour jeunes de 4 à 14 ans liée à des activités d'animation. A Chalon-sur-Saône, dans le cadre de la foire annuelle du 10 au 19 juin, un stand fut consacré au livre de poche. Sa réalisation était l'œuvre commune de la Bibliothèque municipale, de la Maison de la Culture, de la Bibliothèque pour tous et des libraires locaux. La générosité des éditeurs permit de regrouper un large éventail de titres et de collections.

A Lille, de toutes les manifestations organisées dans la région pour 1972, celle qui a, incontestablement, touché le public le plus vaste a été la présentation d'une Section « Plaisir de lire », au Salon de la Femme et de l'Enfant ouvert à Lille du 3I octobre au 12 novembre 1972. Le président et le directeur de la Foire internationale de Lille, qui dès avril avaient manifesté l'intérêt qu'ils portaient à l'initiative de l'Unesco, en accueillant dans le cadre de la Foire internationale de Lille, le bibliobus de la ville de Lille, inauguré à cette occasion, choisirent le « Plaisir de Lire » comme thème de la section « culturelle » du Salon de la Femme et de l'Enfant de 1972 et lui réservèrent une importante partie du premier étage du grand Palais. Cette section « Plaisir de Lire » rassemblait entre autres un stand important des Moulins à Papier Richard de Bas, une présentation du Centre de documentation pédagogique de Lille, un stand des éditions « Actica » (de la Madeleine-lez-Lille) avec photographies d'imprimerie industrielle et démonstration de sérigraphie; enfin la reconstitution d'une bibliothèque de prêt, dans le but à la fois de familiariser les visiteurs avec le fonctionnement d'une bibliothèque de prêt et de faire connaître les ressources en bibliothèques des départements du Nord et du Pas-de-Calais.

A la Rochelle, une réussite incontestable a été sans doute la « Foire aux livres pour enfants » qui a eu lieu dans plusieurs quartiers de la ville. Constituée par quelque 1 500 volumes généreusement offerts par les éditeurs, fréquentée par des centaines d'enfants ravis d'avoir tant de livres neufs à leur disposition, cette foire aux livres a été animée par la Fédération des œuvres laïques et une des bibliothécaires de la bibliothèque municipale spécialiste pour la jeunesse.

A Toulouse le thème retenu pour le Salon des arts ménagers et de l'enfance fut « la lecture » et la XXVe quinzaine des arts ménagers a réservé le Hall Béarn (500 m2) à un Festival du livre et de la bande dessinée qui s'est déroulé du 7 au 22 octobre 1972. La participation de la Bibliothèque municipale à ce festival a été particulièrement importante et remarquée. Elle s'est exprimée par des animations permanentes pendant toute la durée de la Quinzaine et par quelques animations occasionnelles. L'animation permanente du stand de la bibliothèque municipale a été assurée de cinq manières : exposition de quelque 20 panneaux qui, sur un format de 2,50 m sur I,50 m présentaient chacun les multiples aspects de la bibliothèque municipale : salle de consultation sur place, salles spécialisées (bibliographie, périodiques), Réserve, ateliers (restauration, reliure); sections centrales de lecture publique (adultes, enfants); succursales de quartier; bibliobus; section Braille; poste d'accueil et de renseignement assuré en permanence par les sous-bibliothécaires de la Bibliothèque municipale; projection permanente de dispositives en couleurs présentant les principales richesses de la Réserve.

Des animations diverses ont sous-tendu cet effort d'information et renouvelé l'intérêt des visiteurs : conférence de Me Jean Maubec, président des Aveugles de guerre, sur « la lecture des non-voyants » ; accueil d'auteurs dans le stand de la bibliothèque : Michel Roquebert (Citadelles du Vertige), Jean Choisel (Le Grand Virage) ; remise des prix aux lauréats du concours d'affiches de la section enfantine de la bibliothèque municipale par le Pr Ourliac, Maire-Adjoint; démonstrations publiques de l'Atelier de restauration de la bibliothèque; tracts d'information sous le titre générique de « Toulouse-Lecture ».

Les bibliothèques centrales de prêt multiplièrent les présentations de bibliobus, les accompagnant d'activités diverses.

A Tarbes le bibliobus de la Bibliothèque centrale de prêt des Hautes-Pyrénées fut exposé pendant toute la durée de la Foire-exposition de Tarbes et de la Bigorre, du 6 au 14 mai 1972. Des notices d'information furent distribuées aux visiteurs, puis aux maires de toutes les communes du département réunis le 10 mai dans l'enceinte de la Foire.

La Bibliothèque centrale de prêt de Haute-Garonne s'associa à Toulouse au Ier Festival du livre pour la jeunesse. La Bibliothèque centrale de prêt de la Corrèze participa à la Foire-exposition de Tulle, celle de la Marne à la Foire-exposition de Châlons-sur-Marne, tandis que la Bibliothèque centrale de prêt du Loir-et-Cher faisait stationner son bibliobus sur les marchés de Blois, celle de la Manche sur la place du marché de Saint-Lô et que la Bibliothèque centrale de prêt de la Sarthe s'associait à la Foire-exposition des 4 jours du Mans en septembre.

La Bibliothèque centrale de prêt du Tarn-et-Garonne était présente au concours agricole de Montauban des Ier et 2 octobre 1972. Pour la première fois un stand culturel réalisé par la Bibliothèque centrale de prêt s'est mêlé aux activités essentiellement agricoles, artisanales ou industrielles de l'exposition. A proximité du stand présentant, à l'aide de cartes, de dessins et de dépliants les activités de la bibliothèque, stationnait le bibliobus prêt pour une tournée qui, porte ouverte, invitait le passant à s'arrêter et à pénétrer à l'intérieur.

La publicité en faveur de la lecture a pris les formes les plus variées. Outre les affiches, les catalogues d'exposition, des publications d'information, des guides du lecteur ou de la bibliothèque qui ont été édités ou réédités (Bibliothèque municipale d'Aurillac, Bibliothèque centrale de prêt du Loir-et-Cher, etc.) et largement diffusés à l'occasion de toutes ces manifestations, on notera l'effort fait par certains pour diversifier leurs publications. Ainsi à Bourges, le Centre départemental de documentation pégagogique du Cher a édité, par les soins d'un photographe orléanais, une série de 20 diapositives reproduisant des miniatures des principaux manuscrits de la Bibliothèque municipale de Bourges et à Melun, s'attachant à l'histoire locale, la Bibliothèque municipale réalisa, en une quarantaine de pages, une plaquette intitulée De César à Froissart. Textes littéraires et historiques sur la Brie et le Gâtinais. Cette brochure a été distribuée largement dans les écoles de Melun, où enseignants et élèves s'intéressent à l'histoire du département de Seine-et-Marne.

Cette campagne, en faveur du livre a fait bénéficier toutes les manifestations d'une publicité et d'un appui indéniables qui permirent en particulier de resserrer la collaboration entre bibliothèques, organismes culturels et établissements d'enseignement. Se faire mieux connaître mais aussi accroître leurs moyens d'action a été pour les bibliothèques un objectif prioritaire. Au-delà des manifestations exceptionnelles ou éphémères, les bibliothèques ont cherché à étendre leur influence et à faire découvrir au plus grand nombre que le livre et les bibliothèques sont à l'usage de tous et utiles à chacun en toutes sortes de domaine. Des cartes de lecteurs ont été distribuées, les heures d'ouverture notablement élargies, des aménagements réalisés, des fonds enrichis et au nombre de ces événements prometteurs d'une efficacité durable, il convient de relever dans le cadre de cette année, l'inauguration, entre autres, des trois grandes bibliothèques municipales de Caen, Lyon et Marseille.

Cette rapide présentation n'a pu donner qu'un aperçu bien modeste de ce qui a été réalisé en 1972. Certes l'impulsion a été donnée mais tous ces efforts auraient été vains s'ils n'étaient pas poursuivis par les responsables de bibliothèques avec l'aide des pouvoirs publics.

  1.  (retour)↑  In Bull. Bibl. France, 17e année, n° 6, juin 1972, p. 287 à 291.
  2.  (retour)↑  Voir en particulier le Rapport du comité français publié par le Comité français pour l'Année internationale du livre, cf. Bull. Bibl. France, 18e année, n° 6, juin 1973, p. 284.
  3.  (retour)↑  Les réponses reçues ont permis d'établir la liste type suivante : Camus : La Peste ; Malraux : La Condition humaine ; Saint-Exupéry : Terre des hommes ; Pagnol : La Gloire de mon père ; Bazin : Vipère au poing ; Saint-Exupéry : Le Petit prince.