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Nécrologie

Paul-Martin Bondois

Suzanne Solente

Paul-Martin Bondois naquit à Versailles, le 28 avril 1885. Il était d'une famille de brillants universitaires, mais lui-même ne devait pas être professeur, car, après de bonnes études couronnées par le baccalauréat et une licence ès lettres, il entra à l'École des chartes (1904). Il présenta comme thèse le Catalogue des actes de François II (10 juillet 1559-5 décembre 1560) et fut nommé archiviste-paléographe, cinquième de sa promotion, le 15 février 1908. Il exerça les fonctions de bibliothécaire pendant peu de temps en province, puis travailla au Ministère de la guerre; enfin il vint au Département des manuscrits qu'il quitta en 1914 pour aller remplir ses devoirs militaires. Le 24 février 1917, il fut blessé dans des circonstances dont le souvenir nous est conservé par cette citation à l'ordre du jour : « Paul Bondois, bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, canonnier au cinquième régiment d'artillerie. Cité à l'ordre de la division. Très bon soldat, calme, brave. Chargé d'aller ravitailler ses camarades en première ligne, le 24 février 1917, a continué à se porter en avant, malgré un violent bombardement de l'ennemi, a été blessé, a exécuté sa mission malgré sa blessure et est tombé évanoui dominé par la souffrance, sa mission accomplie. » Après avoir été démobilisé P.-M. Bondois reprit sa place au Département des manuscrits où il resta jusqu'à la fin de sa carrière. Il en fut nommé conservateur adjoint le premier décembre 1934. Il y fit même, à deux reprises (après le Ier janvier 194I et dans le courant de l'année 1944) fonction de conservateur en chef. Il fut nommé conservateur honoraire le 17 juillet 1945. Officier d'académie en 1920 et de l'Instruction publique en 1926, il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du 28 janvier 1939. Il est mort à Paris, le 8 juin 1971.

Ne pouvant donner ici la bibliographie complète des oeuvres de ce grand travailleur qui s'est intéressé surtout aux choses modernes et à l'histoire économique, nous citerons seulement son bel ouvrage sur le maréchal de Bassompierre (paru à Paris, en 1925; in-8°, VIII-480 pp.). P. M. Bondois, ce savant si modeste, plein de noblesse et de dignité, qui généreusement renseignait ceux qui avaient recours à son érudition, qui s'intéressait à tout, fait honneur au Département des manuscrits où il a continué la tradition d'Henri Omont et de Léopold Delisle.