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Présentation du nouveau répertoire des bibliothèques et organismes de documentation

Succédant au Guide pratique des bibliothèques de Paris d'Émile Leroy paru en 1937, au Répertoire des bibliothèques de France publié par l'Unesco en 1950 et au Répertoire des bibliothèques d'étude et organismes de documentation édité en 1963 par la Direction des bibliothèques et de la lecture publique et le comité d'études « Documentation » de la Délégation générale à la recherche scientifique et technique, le quatrième Répertoire des bibliothèques et organismes de documentation 1 a paru au cours du deuxième trimestre 1971. Cet ouvrage, pris totalement en charge par la Bibliothèque nationale, a été établi par Mlle Mireille Ollivier, avec la collaboration de Mlles Marie-Bernadette Jullien et Jacqueline Mallet.

Les trois volumes du répertoire précédent ont été remplacés par un recueil unique de 735 pages de format 31 X 22 cm qui reproduit, en les mettant à jour pour la plupart d'entre elles, les notices de l'édition de 1963. Figurent dans ce répertoire divers types de bibliothèques et centres de documentation; les centres spécialisés dans les sciences économiques, sciences pures et dans les techniques industrielles et commerciales y sont plus largement représentés que les autres du fait de leur accroissement et de l'importance qu'ils prennent dans le domaine des techniques documentaires. Le recueil des notices, partie principale de l'ouvrage, est divisé en deux sections : Paris et région parisienne, autres départements (non compris les départements de la région parisienne, mais y compris les départements et territoires d'Outre-Mer). Par rapport à l'édition de 1963, le nombre des notices a augmenté de 33,33 % pour la région parisienne et de 35,25 % pour la province. Sur le total des organismes recensés, 40 % se trouvent dans la région parisienne et 60 % dans les départements.

La première section du recueil de notices recouvrant l'ensemble de la région parisienne est classée par ordre alphabétique unique d'organismes.

Cependant chaque commune de l'agglomération parisienne se retrouve classée alphabétiquement dans l'index et suivie de l'énumération des organismes situés sur son territoire.

C'est sans nul doute à Paris même et dans la région parisienne que l'on peut rencontrer l'éventail le plus large des bibliothèques et des centres spécialisés. On note dans ce domaine d'importantes mises à jour et des nouveautés. Ainsi les bibliothèques de la presque totalité des arrondissements de Paris figurent dans le répertoire alors que dans celui de 1963 on ne trouvait qu'une seule bibliothèque d'arrondissement, celle du seizième.

Dans un cadre plus large, on peut noter l'entrée dans ce répertoire de services tels que le Catalogue collectif des ouvrages étrangers, l'Inventaire permanent des périodiques étrangers en cours ainsi que d'un certain nombre d'organismes en liaison directe avec le monde des bibliothèques et de la recherche l'Association pour la conservation et la reproduction photographique de la presse, le Centre laïque de lecture publique, etc.

Dans le domaine des centres de documentation, il faut également souligner l'apparition d'un nombre appréciable de nouveaux organismes appartenant aux secteurs public ou privé et dont les travaux en matière de documentation sont de la plus haute importance scientifique. Notons par exemple le Centre de documentation de l'armement (C.E.D.O.C.A.R.) dépendant du Ministère d'état chargé de la défense nationale, le Centre de documentation de la délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (D.A.T.A.R.), le Centre d'études régionales sur l'économie de l'énergie (C.E.R.E.N.), le Centre de recherches et de documentation sur la consommation (C.R.E.D.O.C.), l'Institut européen d'administration des affaires (I.N.S.E.A.D.). Citons également parmi les services de documentation d'entreprises privées, ceux de la société Bréguet Aviation, de la compagnie Honeywell-Bull, ou de la société anonyme des automobiles Citroën, organismes absents du précédent répertoire.

Un domaine essentiel, celui de l'enseignement supérieur a également été remanié et complété, le cadre restant celui des anciennes universités.

En effet, un grand nombre d'instituts de facultés et de centres de l'École pratique des hautes études figurent au répertoire avec des notices détaillées sur leurs activités et leurs publications essentielles. Il en est de même pour les laboratoires du Centre national de la recherche scientifique.

Notons aussi l'existence de la bibliothèque de l'École nationale d'administration et, dans le cadre plus restreint des études de bibliothécaires, celles de l'École nationale supérieure de bibliothécaires et de Massy Antony créées respectivement en 1964 et 1970.

La deuxième section du recueil des notices regroupe les organismes situés dans les départements recensés par communes, elles-mêmes classées dans l'ordre alphabétique unique. On a cependant rassemblé au nom des grandes villes universitaires les établissements situés à leur périphérie.

Ce recueil de notices, dont certains utilisateurs avaient déjà déploré l'absence de regroupement géographique, a été complété dans ce répertoire par une liste numérique des départements (région parisienne, départements et territoires d'Outre-Mer compris), groupant dans le cadre départemental, les communes représentées dans le répertoire, suivies des numéros de notices des organismes qui y sont situés. En outre, les communes dont la bibliothèque municipale fait l'objet d'une notice figurent en italiques.

Une deuxième liste énumère les 2I circonscriptions d'action régionale et les départements qu'elles regroupent (région parisienne exceptée).

Pour chaque commune, le répertoire recense les bibliothèques municipales (il en indique environ 300), les archives départementales et municipales, les musées, les écoles des beaux-arts et les sociétés savantes. Les chambres de commerce et d'industrie, d'agriculture, des métiers sont, elles aussi, systématiquement signalées. En ce qui concerne les centres de documentation, cet ouvrage permet non seulement de les localiser et de les dénombrer, mais encore de tenter d'expliquer cette localisation. En effet, contrairement aux bibliothèques municipales et aux archives, séculaires, encyclopédiques et se trouvant représentées à plus ou moins grande échelle dans chaque département voire municipalité, les centres de documentation se concentrent généralement dans des régions bien déterminées.

Dans l'ensemble, deux pôles d'attraction suscitent, à l'échelon régional, la création de centres de documentation spécialisés. En premier lieu, on peut noter l'existence d'une université autour de laquelle se concentre un certain nombre d'instituts spécialisés auxquels viennent s'ajouter des laboratoires du Centre national de la recherche scientifique, des centres de recherches de l'École pratique des hautes études et bien d'autres organismes à caractère privé. C'est le cas des universités de Strasbourg, Toulouse, Aix-Marseille, Grenoble, Lille, Nantes, etc...

Le deuxième facteur de l'implantation de centres de documentation est d'ordre économique. En effet, la déconcentration de firmes nationales en province, l'implantation d'industries et d'entreprises commerciales dans une région donnée suscitent généralement la création et la multiplication de centres documentaires spécialisés. Cet élément d'ordre économique se conjugue souvent avec l'élément d'ordre « intellectuel » que représentent les universités et leurs facultés.

Deux régions illustrent parfaitement cette constatation : Provence-Côte d'Azur et Rhône-Alpes. Outre les centres de recherche de l'Université d'Aix-Marseille on trouvera par exemple dans la région Provence-Côte d'Azur, le Centre I.B.M. européen de documentation automatique à La Gaude, le service de documentation technique des chantiers navals de La Ciotat, etc... De la même façon, il est facile de citer dans l'Isère et dans le Rhône les services de documentation du groupe Pechiney Progil, des sociétés Ugine-Carbone, Ugine-Kuhlmann, Rhône-Poulenc, etc...

Les 330 pages de ce répertoire consacrés aux régions françaises, si elles ne sont pas absolument exhaustives, reflètent de façon intéressante les disparités qui existent entre elles, disparités essentielles sur le plan économique et intellectuel et qui se retrouvent au niveau des structures et des ressources documentaires.

On notera également l'importance de l'index analytique dont l'établissement est toujours une entreprise difficile qui satisfait rarement les spécialistes. Celui-ci a cependant été soigneusement et précisément remanié et mis à jour. Ainsi des rubriques de rassemblement telles que les archives départementales, les bibliothèques centrales de prêt et les centres départementaux (ou régionaux) de documentation pédagogique ont-elles été introduites ou développées. De nombreuses collections et des fonds particuliers sont signalés et apparaissent maintenant au nom propre du fonds et au mot matière approprié.

Les auteurs de ce répertoire sont conscients de ses lacunes, dues en grande partie au fait que n'y figurent que les organismes ayant répondu au questionnaire qui leur a été envoyé. L'attente des réponses de certains organismes auraient encore retardé la publication du répertoire.

Pour tenter de remédier au caractère non exhaustif de cet ouvrage, on envisage d'en publier une mise à jour permanente. Des études sont dès à présent faites pour que ces prochaines mises à jour soient entreprises par la bibliothèque publique des Halles et intégrées à son programme d'automatique documentaire dans le cadre d'un réseau de coopération et de recherche organisé en liaison avec certains établissements spécialisés dans la collecte de l'information.

  1.  (retour)↑  FRANCE. Bibliothèques et lecture publique (Direction). - Répertoire des bibliothèques et organismes de documentation. [Par Mireille Ollivier avec la collab. de Marie-Bernadette Jullien et Jacqueline Mallet. Préf. par Étienne Dennery.] - Paris, Bibliothèque nationale, 1971. - 30 cm, XVIII-735 p. (Direction des bibliothèques et de la lecture publique.)