entête
entête

Les Usagers de la lecture publique à Toulouse

Jean-Claude Faur

Au cours des années 1969-1970, deux enquêtes ont été effectuées en vue de mieux connaître la composition et les tendances en matière de lecture du public fréquentant la section de prêt pour adultes et adolescents de la bibliothèque municipale, des succursales et des bibliobus.

La première enquête fut menée en octobre 1969 par les soins de M. Jean-Claude FAUR, conservateur chargé de cette section; elle intéresse 680 lecteurs inscrits à la bibliothèque centrale, dans cinq succursales et les deux bibliobus; elle a été dépouillée par tranches d'âge. La seconde réalisée en mars-avril 1970 par trois étudiantes de sociologie a porté sur 90 lecteurs inscrits dans les bibliobus.

Il a paru intéressant, malgré le caractère assez fragmentaire de ces sondages, de publier sous forme de tableaux les principaux résultats statistiques auxquels sont parvenus les enquêteurs.

Ils donnent d'utiles précisions sur le public fréquentant la section de prêt d'une bibliothèque municipale de grande ville et sur la réaction des lecteurs, tant à l'égard du livre que de la bibliothèque elle-même et de son fonctionnement.

1° Répartition par âge

Il convient de relever la forte proportion de lecteurs de moins de 30 ans; cet afflux se justifie en partie à Toulouse, par le fait que la section de prêt possède un important fonds de documentaires que les jeunes viennent emprunter, car le prêt dans la section d'étude est limité. Cependant, il convient de noter que cette tendance est loin d'être particulière à cette bibliothèque et qu'elle revêt, quelle que soit l'importance des établissements, un caractère assez général.

2° Motivation de la lecture

Dans ce tableau, la forte proportion de lecteurs d'âge scolaire joue encore, puisque 704 emprunteurs ont déclaré vouloir compléter leur culture générale, ou étudier un sujet particulier, contre 470 désirant simplement se distraire.

3° Choix des ouvrages

a) Choix d'un titre précis

Ce tableau fait ressortir que la plus forte proportion de lecteurs choisit ses livres directement sur les rayons, un nombre moins important, mais encore notable, a recours au personnel et que relativement peu d'entre eux se servent des fichiers; cependant, pour cette dernière catégorie, il apparaît que les jeunes, souvent des étudiants, paraissent plus familiarisés avec ce mode d'information que leurs aînés à partir de 30 ans. L'importance d'avoir dans les sections de prêt un personnel vraiment qualifié, est souligné par le fait que sur 826 personnes interrogées, 254 ont déclaré avoir eu recours, pour obtenir un ouvrage précis, aux conseils donnés par le personnel.

b) Choix d'un ouvrage sans idée arrêtée

Il est intéressant de noter que pour 80 % des lecteurs, le choix se fait de préférence devant les rayons et ceci quel que soit l'âge de l'emprunteur.

Par ailleurs, il a été relevé que pour 55,5 % des personnes interrogées, c'est le nom de l'auteur qui conditionne d'abord le choix ; le titre du livre intervient ensuite avec 26,6 % et la présentation du volume avec 14,4 %.

4° Relations du public avec la bibliothèque

a) Ce que le public attend du personnel

b) Opinion du public sur l'utilité d'un service d'accueil et de renseignements

Une très large majorité se prononce en faveur de l'existence d'un pareil service; les proportions les plus fortes se trouvent parmi les lecteurs les plus jeunes, ceux dont il a été remarqué plus haut qu'ils sont les plus intéressés par des ouvrages leur permettant de compléter leur culture; l'existence d'un pareil service ne peut que favoriser la fréquentation du rayon « documentaires » de la section de prêt.

c) Les lecteurs sont-ils satisfaits de l'accueil qui leur est réservé par le personnel

Ces chiffres n'ont pas besoin de commentaire; il est à noter que le pourcentage des lecteurs satisfaits dans la section de prêt de la bibliothèque centrale et des annexes : 94 % est le même que dans les bibliobus : 94,4 %.

Plusieurs questions avaient été posées en vue de connaître quelles étaient les préférences des lecteurs en matière de livres.

La première portait sur la composition du fonds et sur le fait que les lecteurs pouvaient ou non l'estimer suffisant, soit en qualité, soit en quantité; certaines questions permettaient de savoir quel était le nombre de lecteurs trouvant insuffisante la composition du fonds dans telle ou telle discipline.

D'autre part, il avait été demandé aux lecteurs d'exprimer leurs préférences. Il est intéressant de noter que, ce dernier tableau portant d'ailleurs sur les résultats de l'enquête des lecteurs des bibliobus, l'engouement pour les ouvrages d'imagination reste vif, mais que les documentaires ont aussi leur clientèle fidèle, notamment les livres d'histoire ou les récits de voyages.

Une constatation encourageante est le succès relativement médiocre rencontré par les romans policiers proprement dits. Une remarque annexe peut être faite concernant les romans de langues étrangères (anglais, espagnol) introduits au moment de l'enquête mais n'ayant pas fait l'objet d'un sondage précis, leur succès en est vif et par exemple, chaque PENGUIN BOOK a été emprunté en moyenne 10 fois en 8 mois, certains même 15 fois.

Il est important que le public participe aux choix des ouvrages, notamment en utilisant les formules de proposition d'achat. Les lecteurs, à Toulouse, pratiquent encore assez peu ce procédé.

Il est vrai que comme le montrent les tableaux relatifs aux modalités suivant lesquelles s'effectue le choix des livres, un nombre considérable de lecteurs fixe son choix directement sur les rayons, ou en regardant les livres exposés dans les vitrines, ce qui explique peut-être l'intérêt relatif rencontré jusqu'à ce jour par les formulaires de proposition d'achat. Il faut noter d'ailleurs que la majorité d'entre eux s'estime satisfaite par le choix des livres.

Les questions relatives à l'accueil du public et au choix des ouvrages ont leur importance, non moins déterminante pour la fréquentation de la bibliothèque et l'aménagement des locaux.

Si la très grande majorité se déclare satisfaite, des modifications à l'installation actuelle ont été cependant suggérées; la tendance du public va vers l'augmentation du nombre de rayonnages, par conséquent des livres mis en libre accès, plutôt que vers l'accroissement du nombre des tables et des chaises, ce qui indique une préférence pour la lecture à domicile.

Si l'introduction éventuelle d'une musique d'ambiance a ses nombreux partisans, surtout parmi les moins de 30 ans, elle connaît aussi, mais alors parmi les lecteurs âgés de plus de 30 ans, beaucoup de détracteurs.

La présentation des livres joue un rôle de plus en plus important dans le succès d'une section de prêt, ainsi que l'accès facile aux rayons et le classement satisfaisant des ouvrages.

Le tableau suivant permet de voir que si les lecteurs satisfaits sont la grande majorité, beaucoup d'entre eux estiment que les rayonnages jugés par eux trop hauts (I,80 mètre du sol) sont une gêne sensible et que le désordre sur les rayons (mis d'ailleurs par le public lui-même) n'est pas moins désagréable.

Parmi les autres questions évoquées dans cette enquête, celle concernant les horaires est une des plus délicates.

Une majorité de lecteurs se trouve satisfaite; cependant le nombre de ceux qui sont mécontents n'est pas négligeable. Les solutions proposées pour résoudre ce problème sont nombreuses; retenons que celle qui a eu le plus de faveur, est l'ouverture en soirée jusqu'à 22 heures, à l'imitation des séances de nuit qui ont lieu pendant l'année universitaire à la section d'études; il est remarquable d'ailleurs de constater que c'est essentiellement le public étudiant qui sollicite cette mesure.

La direction de la bibliothèque souhaitant faire participer les lecteurs à la marche de l'établissement plus qu'ils ne le font encore, un certain nombre de formules ont été proposées à leur choix.

Contrairement aux constatations faites dans d'autres bibliothèques, c'est l'ouverture du cahier de réclamations qui a réuni le plus grand nombre de suffrages, mais d'autres suggestions, notamment celles permettant l'amorce de dialogues avec l'administration de la bibliothèque, ont été aussi appréciées.

Enfin, il a été question à la bibliothèque municipale de Toulouse de créer une discothèque de livres parlés avec écouteurs individuels; le tableau ci-dessous permet de constater que, si d'assez nombreux jeunes se sont montrés favorables à cette perspective, la majorité des lecteurs y reste opposée.

La réponse eût peut-être été différente si la discothèque envisagée avait été prévue aussi avec une section musicale telle qu'il en existe maintenant dans de nombreuses bibliothèques où elles connaissent un succès certain.

Illustration
1° Répartition par âge

Illustration
2° Motivation de la lecture

Illustration
3° Choix des ouvrages (1/2)

Illustration
3° Choix des ouvrages (2/2)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (1/11)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (2/11)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (3/11)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (4/11)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (5/11)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (6/11)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (7/11)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (8/11)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (9/11)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (10/11)

Illustration
4) Relations du public avec la bibliothèque (11/11)