entête
entête

Les Nouvelles bibliothèques municipales de Levallois-Perret, Sarcelles et Vincennes

Les nouveaux locaux des bibliothèques municipales de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Sarcelles (Val-d'Oise) et Vincennes (Val-de-Marne) furent inaugurés respectivement les 5, II et 18 octobre 1969. Ces trois villes, d'importance sensiblement équivalente, ont conçu et réalisé selon leurs besoins propres, des installations de caractère différent qu'il paraît intéressant d'étudier simultanément tant au point de vue des locaux et des aménagements que du fonctionnement après plus d'un an d'activité.

Bâtiments.

Ces trois villes possédaient avant l'inauguration de leurs nouveaux locaux des bibliothèques municipales d'origine et de nature différentes.

La Bibliothèque municipale de Levallois-Perret fut fondée en 1878 avec le statut de bibliothèque populaire communale. Elle fut transférée en 1897 au premier étage de la nouvelle mairie puis en 1900 dans les sous-sols de la mairie, plus vastes et plus accessibles aux lecteurs. Elle restera installée en ces lieux jusqu'en 1958, date de son transfert 57 rue Gabriel Péri où elle se trouve toujours, mais dans des locaux agrandis et rénovés en 1969.

D'une surface totale de 720 m2 de planchers répartis sur deux niveaux (surface au sol de 412 m2), la bibliothèque est bien située sur une rue passante et à proximité de la mairie. La façade, qui était originale lors de sa réalisation en 1958 mais qui n'a pu être modifiée lors des récents travaux d'extension, n'a pas ce caractère accueillant et ouvert des nouvelles constructions. Les vitrines, trop petites, masquent de l'extérieur l'animation des salles et le léger retrait de l'édifice éloigne d'autant le passant. Il n'y a pas d'enseignes lumineuses allumées en permanence et l'éclairage de tout l'immeuble cesse à la fermeture; toutefois différents panneaux indiquent dans Levallois le chemin de la bibliothèque et l'on peut estimer que les lecteurs qui la fréquentent demeurent au maximum à 1 km. Ils ont la possibilité de garer facilement leur voiture à proximité.

La Bibliothèque municipale de Sarcelles est de création très récente. En octobre 1958, peu après l'achèvement de la première tranche d'immeubles du grand ensemble de Sarcelles-Lochères qui devait, en quelques années sextupler le chiffre de la population de la commune de Sarcelles et grâce à une initiative privée un service de prêt fut organisé dans un appartement avec un fonds initial de 1 200 volumes. Devant le succès remporté, la municipalité vote en 1959 une subvention de 2 ooo F et décide de réserver un local de 50 m2 dans la mairie annexe du grand ensemble.

Ce local sera utilisé de 1960 à 1964, date d'un nouveau transfert dans des salles d'une superficie de 120 m2 situées à proximité de la gare SNCF de Sarcelles et donc sur le lieu de passage quotidien de nombreux habitants. Ouverte jusqu'à 20 heures chaque soir la bibliothèque municipale connaît alors une progression rapide du nombre des prêts, de 81 932 en 1964 à 127 977 en 1965 et 148 000 en 1966. Parallèlement une discothèque est créée. En octobre 1969 enfin est inaugurée au 37 boulevard Henri Bergson la nouvelle bibliothèque Anna Langfus, plus vaste (600 m2), mais légèrement moins bien située que précédemment. Conçue pour devenir ultérieurement une succursale, elle se trouve au deuxième étage d'un immeuble. Aujourd'hui, aucun élément architectural ou décoratif ne signale encore la bibliothèque et le manque d'ascenseur rend malaisé, pour les personnes âgées ou handicapées, l'accès à ce deuxième étage. Une légère baisse de fréquentation, particulièrement en soirée, a été constatée à la suite de ce transfert. Toutefois l'achèvement, à proximité, d'un futur complexe administratif commercial et culturel devrait amener un regain d'activité. Le chemin de la bibliothèque a été signalé dans Sarcelles et la publicité est régulièrement faite dans les écoles. La légèr baisse de fréquentation n'a d'ailleurs concerné que le public adulte; les enfants se sont, dès l'ouverture des nouveaux locaux, retrouvés extrêmement nombreux dans la salle qui leur est réservée. Compte tenu de l'extension de ce grand ensemble, les lecteurs, qui peuvent garer facilement leur véhicule à proximité, habitent au maximum à 4 km de la bibliothèque.

La Bibliothèque municipale de Vincennes a été fondée en 189I. Initialement située dans les locaux de l'Hôtel de ville que l'on venait alors d'achever, elle est transférée en 1893 au 43 de la rue du Terrier (actuellement rue Raymond du Temple), face à l'église Notre-Dame de Vincennes, dans d'anciens bâtiments scolaires. En 1912, par suite de l'état de vétusté des locaux, la bibliothèque quitte la rue du Terrier pour s'installer à l'angle de la rue Lejemptel et de la rue de l'Hôtel de ville (actuellement avenue du Château) dans des bâtiments où se trouvaient déjà le commissariat de police et la justice de paix. Elle occupe les locaux laissés libres par les P.T.T. En 1930, elle revient en face de l'église, au 3e étage de locaux neufs qu'elle partage avec les sapeurs pompiers et les sociétés locales.

En 1969 elle est transférée 120 rue de Fontenay dans la résidence Saint-Louis où elle occupe une surface totale de 720 m2 (répartie entre un sous-sol et un rez-de-chaussée).

Située au centre de la ville à proximité de la mairie et dans une rue très passante, la bibliothèque est précédée d'un petit massif de verdure. La façade est très largement vitrée. Deux bornes lumineuses signalent en soirée l'entrée de la bibliothèque. Les vitrines cessent d'être éclairées lors de la fermeture. Aucun point de la ville n'est à plus de 1,3 km de la bibliothèque. Le stationnement des voitures particulières présente des difficultés à proximité immédiate de l'immeuble.

Aménagements intérieurs et fonctionnement.

L'origine et la situation des locaux affectés à ces trois bibliothèques ont exigé des responsables une étude minutieuse des aménagements intérieurs pourtirer le meilleur parti des servitudes existantes et installer de la façon la plus satisfaisante possible les différents services.

L'aménagement intérieur de la Bibliothèque municipale de Levallois-Perret, pour sa partie neuve, et la rénovation des anciens locaux ont été confiés à un bureau d'étude qui a travaillé en permanence avec le bibliothécaire, l'architecte et les services techniques de la ville. Il faut toutefois noter que cette solution n'a pas été sans entraîner quelques erreurs, perceptibles à l'usage, notamment en ce qui concerne les dimensions retenues pour les rayonnages et leur implantation.

Au rez-de-chaussée, face à l'entrée se trouvent dans une salle de 65 m2, le bureau d'accueil, des panneaux et des vitrines d'exposition et, à gauche, le coin des périodiques. Dix-sept fauteuils permettent de consulter sur place les derniers numéros des quatre-vingts périodiques reçus et une musique d'ambiance, diffusée à la satisfaction générale, fait de cette zone un coin de détente très apprécié du public.

Face à l'entrée, au fond, a été aménagée la salle de prêt pour adultes. Aucun siège n'a été prévu dans cette pièce et la consultation des ouvrages s'y avère difficile. Les 20 000 volumes classés en Dewey et placés en libre accès semblent déjà insuffisants pour satisfaire toutes les demandes (il en faudrait 30 000).

S'ouvrant sur la salle de prêt, une salle insonorisée de 24 places équipée d'environ 2000 usuels permet la lecture sur place. Cette pièce est actuellement suffisante, Levallois-Perret ne disposant pas de fonds ancien qui justifierait des installations plus importantes.

A droite de l'entrée se trouve la discothèque. Mise en service le 15 octobre 1969 et initialement dotée d'un fonds de 1 ooo disques, elle en possède désormais plus de 2 ooo qui permettent de satisfaire à peu près toutes les demandes. Les disques ont été rangés dans des bacs groupés au centre de la pièce pour faciliter la circulation. Le prêt à domicile est consenti à raison de 25 centimes par disque. L'écoute sur place est réalisée dans trois cabines, dont l'insonorisation toutefois n'est pas entièrement satisfaisante. Le succès remporté par la discothèque (18 ooo prêts de disques réalisés en un an pour 1 ooo personnes inscrites) rend souhaitable de nouveaux aménagements.

La section des jeunes a été installée au premier étage. On peut y accéder soit par l'entrée principale soit par une seconde entrée plus particulièrement réservée aux groupes. Les enfants sont admis jusqu'à l'âge de 14 ans et disposent d'un canapé pour les tout-petits et de tables de hauteur différente pour les moyens et les grands. Très fréquentée cette section n'a pas assez de ses 5 000 volumes pour satisfaire tous les lecteurs.

Pour organiser les activités culturelles, conférences-débats, rencontres avec des écrivains, concerts, projections de film, petits spectacles préparés par les enfants, une salle de conférence de 96 places a été aménagée au premier étage.

Les magasins ont une surface réduite au maximum (48 m2) dans cette bibliothèque qui n'a pas une vocation de conservation et qui « use » assez vite livres et périodiques. Les trois bureaux enfin (62 m2 au total) sont trop exigus et ne permettent que très difficilement d'effectuer tous les travaux nécessaires au bon fonctionnement de la bibliothèque.

La Bibliothèque municipale de Sarcelles a été dotée d'un aménagement assez original, fabriqué sur mesure. La volonté de rendre agréable au public le local utilisé a guidé le choix du matériau principal, le bois; les couleurs, bois vernis ou peints de blanc avec moquette gris foncé pour la section adultes, linoléum clair pour la section enfants, chaises de couleurs vives, petits projecteurs orientables, fixés au plafond ou au sol, soulignent le parti pris de créer une ambiance accueillante et lumineuse.

Face à l'entrée a été placé le bureau de renseignements et d'accueil ainsi que les présentoirs contenant les numéros récents des 99 périodiques reçus, que 26 sièges permettent de consulter sur place. On accède sur la gauche à la salle de prêt pour adultes. Cette pièce, d'une surveillance aisée, comprend 20 ooo volumes placés en libre accès. Près de la salle de prêt s'ouvre une salle de lecture de 20 places équipée d'environ 2 ooo usuels. Ce local est trop exigu pour recevoir le public, notamment le jeudi et le samedi et la proximité de la discothèque ne permet pas d'y obtenir le silence désirable.

La discothèque située entre la salle de travail et la bibliothèque des jeunes comprend une cabine collective et des cabines individuelles. En raison du nombre des demandes, la durée de l'écoute sur place a dû être limitée. 1 800 disques environ sont prêtés chaque mois aux 500 usagers réguliers de la discothèque. Chaque emprunteur doit acquitter une taxe de 1 F par disque ou payer un abonnement annuel forfaitaire de 30 F.

Pour accéder à la bibliothèque des jeunes, il faut traverser une partie de la section adultes, ce qui n'est pas sans créer une certaine gêne. D'une surface au sol de 109 m2 cette salle des jeunes comporte sur un de ses côtés une galerie basse (à I,50 m du sol) qui accroît très sensiblement la capacité d'accueil. Les enfants y sont toujours très nombreux. En 1969 le nombre des prêts a été de 80 000 pour 3 64I enfants inscrits.

Il n'a pas été possible de prévoir dans cette bibliothèque de salle d'exposition ou de rencontre. Cependant le couloir d'accès à la bibliothèque des jeunes permet de réaliser des expositions sur les surfaces murales laissées libres ou au moyen des panneaux et vitrines disposés à cet effet.

Le magasin de la bibliothèque est constitué par une pièce de 9 m2 nettement insuffisante pour cet office et les deux bureaux (37 m2 au total) sont trop petits et rendent de plus en plus complexe l'exécution des multiples tâches que doit assumer un établissement de cette importance.

La Bibliothèque municipale de Vincennes est installée dans un local dont une partie en sous-sol était difficilement aménageable. Aussi a-t-il fallu utiliser au maximum la surface disponible au rez-de-chaussée. Le point de vue de l'architecte et de la commission chargée d'étudier l'aménagement de la bibliothèque a donc été au départ de compter sur les livres eux-mêmes pour l'essentiel de la décoration. L'équipement a été réalisé avec un mobilier normalisé et seule la banque de prêt, de forme circulaire, a nécessité l'intervention d'un artisan.

Face à l'entrée a été placée la banque de renseignements et de prêt qui permet une très bonne surveillance de la section de prêt pour adultes. Dans celle-ci située à droite de l'entrée, 15 000 volumes se trouvent en libre accès.

De la section de prêt on accède directement à la salle de lecture d'une capacité d'accueil de 36 places, ce qui est suffisant pour répondre aux besoins du public. Aucune séparation n'existe entre le prêt et l'étude, cette dernière ayant été préservée par une insonorisation efficace.

Sur la gauche de la banque de prêt ont été placés les fichiers et, à proximité, six fauteuils pour la consultation des derniers numéros des périodiques reçus, mis à la disposition du public. Un tapis de 10 m2 a été placé dans ce coin pour en améliorer le confort.

Au sous-sol, dans une salle de 126 m2 a été installée la section des jeunes qui possède 3 ooo ouvrages en libre accès. Le coin des plus jeunes a été doté d'un tapis de 8 m2 et de petits coussins de couleur qui décorent et atténuent quelque peu les bruits de cette salle toujours très fréquentée. Des classes y sont admises en dehors des heures d'ouverture.

La Bibliothèque de Vincennes ne comporte ni salle d'exposition, ni salle de conférence. Des présentations ont cependant lieu dans le hall d'entrée qui abrite trois petites vitrines inclinables et quelques panneaux d'exposition. L'aménagement d'une discothèque est actuellement en cours de réalisation.

On notera enfin que les deux bureaux (10 et II m2) sont nettement insuffisants pour permettre au personnel de travailler dans des conditions satisfaisantes.

Ces trois bibliothèques municipales n'ont pas eu à résoudre le problème des fonds anciens et de leur communication. Elles ont été conçues avant tout pour la lecture publique et, en ce sens, ont répondu, les statistiques le prouvent, aux besoins du public. Selon la nature de ce public, population en légère diminution à Levallois-Perret, en forte expansion à Sarcelles, stable à Vincennes, il y a lieu de prévoir dès maintenant des extensions ou des succursales pour poursuivre le développement amorcé.

Les remarques faites pour les trois établissements font apparaître dans chaque cas que les sections des jeunes dont le succès a été très rapide exigeraient de disposer de locaux beaucoup plus vastes le plus rapidement possible pour leurs activités. L'attrait exercé sur le public par les discothèques a également surpris leur responsable et dans chaque cas des transformations ou des agrandissements ont dû être envisagés.

L'absence de salle de conférence ou d'exposition à Vincennes et à Sarcelles ne permet pas d'établir de comparaison dans ce domaine, mais le succès de l'animation culturelle à Levallois-Perret prouve la nécessité d'une telle activité.

On notera enfin que les responsables des bibliothèques municipales de Levallois-Perret et Sarcelles considèrent que leurs magasins sont trop exigus et ne jouent dans l'ensemble de la bibliothèque qu'un rôle trop secondaire, que les services intérieurs disposent de locaux trop petits pour mener à bien leur multiples tâches car l'accueil du public et le désir de lui ouvrir le plus largement possible la bibliothèque ont fait négliger quelque peu le propre confort du personnel.

Bien que ces trois bibliothèques ne répondent pas exactement aux normes prévues par la Direction des bibliothèques et de la lecture publique, elles constituent, en particulier pour Vincennes, un progrès considérable par rapport aux installations antérieures et rangent ces trois villes en bonne place parmi toutes celles de la Région parisienne. Elles témoignent de la part de ces 3 municipalités d'une réelle prise de conscience de l'importance à donner à la lecture dans la vie des cités.

Illustration
Bibliothèque municipale de Sarcelles

Illustration
Bibliothèque municipale de Levallois-Perret

Illustration
Bibliothèque municipale de Vincennes

Illustration
L'équipement (1/4)

Illustration
L'équipement (2/4)

Illustration
L'équipement (3/4)

Illustration
L'équipement (4/4)

Illustration
Tableau II