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Le Patronyme des auteurs négro-africains et malgaches d'expression française et la catalographie

Jean Fontvieille

« L'indépendance culturelle est le préalable nécessaire aux autres indépendances. »

Léopold Sédar SENGHOR

Nation et voie africaine du socialisme

I

En créant, pendant l'année universitaire 1964-1965, au Centre régional de formation de bibliothécaires, de Dakar, devenu, depuis le Ier juillet 1967, l'École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes de l'Université de Dakar, l'enseignement de la catalographie du nom des écrivains négro-africains et malgaches, j'ai d'abord essayé de combler une lacune. Rien n'existait, à ma connaissance, sur ce sujet. Et, pour des raisons pédagogiques évidentes, je devais proposer, en priorité, pour les exercices de catalogage, des ouvrages écrits par des africains ou des malgaches. Au début, je déterminais mes vedettes-auteurs en me fiant aux catalogues des bibliothèques de Dakar ou aux bibliographies 1. Mais, très vite, mes stagiaires africains et malgaches me firent remarquer mes erreurs.

Parfois, les couvertures ou les pages de titre des ouvrages m'aidaient à trouver la solution. C'est ainsi que :
Sekou TOURÉ 2
Malick FALL 3
Seydou BADIAN 4
Abdoulaye SADJI 5
ne posent pas de problème. Le prénom est imprimé en bas-de-casse, le nom en capitales.

Mais le plus souvent, les ouvrages ne m'étaient d'aucun secours :
- soit que le patronyme, formé de deux composants, soit imprimé en capitales :
MONGO BETI 6
BIRAGO DIOP 7
OSENDE AFANA 8
NAZI BONI 9
- soit qu'il soit constitué par trois composants en capitales :
FILY DABO SISSOKO 10
AMADOU OUMAR BA 11
JOSEPH MIEZAN BOGNINI 12
ELOLONGUE EPANYA YONDO 13

Parfois, je me référais à des catalogues d'éditeurs. C'est ainsi, qu'un jour, ne sachant comment cataloguer un ouvrage de Jean Ikellé Matiba, j'ouvris le Catalogue de septembre 1963 des Éditions « Présence Africaine ». Les trois composants du nom de cet auteur étaient imprimés en bas-de-casse :
Jean Ikellé Matiba

Évidemment, ce n'était pas une solution. Ce n'en était pas une non plus de se laisser tenter par « Les livres de l'année ». Outre que depuis 1960 ils ne contiennent qu'une faible partie des publications africaines et malgaches, les bibliothèques où nos stagiaires travailleraient n'étaient pas toutes abonnées à la « Bibliographie de la France ».

Encore, si le nom d'un écrivain s'était toujours présenté de la même manière! Mais tantôt, Paulin Joachim KOKOU, éditorialiste de « Bingo », signait Paulin JOACHIM; tantôt, Seydou Badian KOUYATE publiait sous le nom de Seydou BADIAN et Ousmane Socé DIOP, choisissait de ne plus signer que Ousmane SOCE, etc.

Ainsi, les terrains habituellement sûrs n'étant que sables mouvants, j'envisageai sérieusement de me mettre à l'école du nom des écrivains négro-africains et malgaches, et du même coup du patronyme africain et malgache. Les stagiaires du C.R.F.B., qui représentaient 15 pays africains dont Madagascar, s'y mirent avec moi pendant deux ans, et c'est ainsi qu'est né un Essai que j'ai déposé entre les mains de M. Amadou A. Bousso, Directeur de l'École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes de l'Université de Dakar, et sur lequel j'ai fait une communication à Nairobi, en décembre 1967, lors de l'International Conference on African Bibliography.

Jusque là, je n'avais établi de contacts qu'avec les écrivains publiés, la plupart déjà vieux; mais je désirais connaître les réactions des jeunes, de la génération de l'Indépendance.

Dès que j'interrogeais les stagiaires du C.R.F.B., ou les étudiants africains de l'Université, sur leur patronyme, je compris aux réponses qui m'étaient faites que j'avais sans le vouloir abordé un problème grave. En général, les patronymes inscrits sur les registres officiels, à la Cité Universitaire, par exemple, ou sur les cartes d'identité, ne correspondaient qu'à une partie du nom de famille. Et le plus souvent, le choix de la vedette n'avait aucun sens.

Je me souviens d'un étudiant en Droit, inscrit sous le nom de :
Joseph GNONLONFOUN

actuellement Magistrat au Dahomey. Lorsque je lui demandai son nom, il écrivit :
Gnonlonfoun Hounwanou Houessou Joseph
et il m'expliqua que :
Gnonlonfoun était le nom de son père
Hounwanou celui de son grand-père
Houessou son prénom traditionnel
Joseph son prénom chrétien

En vacances, dans sa famille dahoméenne, il s'appelle :
Gnonlonfoun Houwanou Houessou
et Joseph GNONLONFOUN
est une création des bureaucrates français, qui pour lui n'a aucun sens.

En général, le patronyme des stagiaires du C.R.F.B. était tronqué comme celui d'Houessou; et la première réaction de ces jeunes, heureux, non seulement de la liberté qu'ils découvraient, mais aussi, d'entendre un Européen s'intéresser à leur nom, fut de me le faire connaître dans son intégrité :
Cheikh BOUYA, un Mauritanien, signa dorénavant ses copies :
Cheikh BOUYA OULD MOHAMED AHMED.
Mathieu DEMBE, un Congolais, devint :
Mathieu DEMBE PANZU.

Raymond TOGBE, un Dahoméen, qui depuis, est sous-bibliothécaire au Département de documentation de l'IFAN, expliqua devant ses camarades le sens de son nom bien complet :
Raymond TOGBE-PIERRE.
François MUTOMBO, un autre Congolais, révéla qu'il s'appelait :
François MUTOMBO-JONGO-JONGO.

D'après lui, le colonisateur belge, avait éliminé volontairement la partie de son patronyme qui témoignait de la noblesse de sa famille.

Et Théodore NANSHAKALE, son compatriote, fut pour tous :
Théodore NANSHAKALE MULOWA.

J'appris ainsi, non seulement que le patronyme des négro-africains est rarement simple, mais surtout qu'à l'époque coloniale, les habitudes européennes prévalant, le nom de famille africain fut le plus souvent réduit à un composant parfois incompréhensible. Ainsi, au Congo ex-belge, l'on rencontre des KINKALA et des NKALA. La plupart s'appelaient autrefois :
KINKALA-NKALA
seul patronyme qui a un sens. Mais les officiers de l'état civil ont choisi tantôt l'un, tantôt l'autre des composants, stérélisant le nom.

Si Michel Breal, traitant des noms de famille européens, a pu soutenir que : « Les noms propres sont des signes à la seconde puissance. » je ne crois pas qu'on puisse l'écrire des noms de personne africaines ou malgaches. Ce sont des signes à la première puissance. Et malgré les amputations dues aux inscriptions sur les états civils coloniaux, malgré les migrations qui ont conduit les Africains chez les éditeurs parisiens ou dans les bidonvilles des banlieues, leurs noms demeurent des fenêtres ouvertes sur l'histoire, la vie, la mentalité africaines. S'ils sont des symboles, ils sont toujours vivants, et ils n'ont pas perdu leur poids de magie.

II

Il serait facile de signaler trois moments dans l'histoire du patronyme négro-africain :

I. L'époque coloniale au cours de laquelle les noms de personne furent particulièrement saccagés. « Il suffit de consulter les listes électorales de la région des falaises de Bandiagara par exemple, pour constater la quantité de citoyens portant le même prénom et le même nom patronymique, ce qui donne lieu à confusion; alors que ces populations offrent une grande richesse de noms et de prénoms personnels appliqués au même individu. » (22) Quelques lignes de Paul DELMON, écrites en 1945, précisent dans quel esprit les bureaucrates coloniaux travaillaient : « C'est une manie bien française que de ne pouvoir imaginer les autres peuples que bâtis à notre image... Il faut convenir en effet, qu'il est assez surprenant de vivre avec des gens qui ne sont pas pourvus d'un nom et d'un prénom : cela choque la logique, ou ce que l'on croit tel, et qui n'est qu'une longue habitude. Et à vrai dire, c'est aussi bien incommode. » (14) « Il était donc naturel, étant donné notre vieil esprit d'assimilation, qu'une de nos premières créations, en Afrique noire fut l'état civil indigène. » (15).

Le cartésianisme aidant, le nom des négro-africains, était ainsi assimilé à un patronyme métropolitain 14. Tous les Africains peuvent sur ce sujet raconter une histoire. En voici une que je tiens de l'un des sous-bibliothécaires du Département de Documentation de l'IFAN : un voltaïque, Dominique Hado ZIDOUEMBA.

Lorsque vers 1915, son oncle se présenta pour la première fois à l'école primaire. de Bobo-Dioulasso, l'instituteur français lui demanda son nom afin de l'inscrire. L'enfant lui répondit :
- Je m'appelle Gambo ZIDOUEMBA.
- C'est trop difficile, répondit l'instituteur. N'y a-t-il pas un mot plus simple pour dire la même chose ?
- Si, répondit l'enfant : M'KA BORE.

Et il fut inscrit sous le nom de KABORE.

En 1929, lors d'une déclaration verbale, KABORE devint CABORET; si bien que le fils de Gambo ZIDOUEMBA, actuellement Secrétaire des Affaires étrangères, s'appelle Clément CABORET parce que son père portait un nom trop difficile à prononcer pour l'instituteur de Bobo-Dioulasso.

Il faudrait pour être complet, expliquer pourquoi l'enfant avait pu substituer.

M'KA BORE à ZIDOUEMBA.

En effet, M'KA BORE était un surnom de son grand-père. Celui-ci, qui était un ZIDOUEMBA (Celui qui est aimé des autres), devint M'KA BORE le jour où il refusa d'être élu chef. Son surnom signifie : Celui qui n'aime pas les palabres, qui préfère le calme aux soucis du pouvoir. Évidemment CABORET, issu d'un CADORET, bien français, n'est que M'KA BORE travesti.

Je me souviens aussi d'avoir relevé le nom des tirailleurs sénégalais, tués au combat d'Achorat le 29 novembre 1909, et dont la stèle commémorative s'élève au milieu du cimetière de Tombouctou. Les patronymes s'alignent en lettres d'or, sur deux colonnes régulières, l'une pour le prénom, l'autre pour le nom. Il n'y a pas d'exception. On trouve par exemple :
Biga COULIBALY
suivi de Biga MAMADOU

Mamadou, étant d'ailleurs l'une des multiples altérations de Mohammad « chez les noirs islamisés de l'Afrique occidentale » (43 bis), il est évident que c'est le deuxième prénom de ce mort au nom inconnu.

Si cette ignorance à distinguer le nom, le surnom et les prénoms des africains, pouvait être excusable vers 1900, peut-on encore la passer sous silence ? CAMARA Laye, que je salue chaque jour dans les couloirs de l'IFAN à Dakar, voit ses ouvrages catalogués Camara LAYE, alors que Laye est une forme apocopée de Abdulahi ou Abdulaye, le Serviteur de Dieu (31) 15. Et pourtant c'est très simple. En règle générale, chez les Guinéens, le nom précède les prénoms islamiques, chrétiens ou africains. Par exemple :
CAMARA Sékou
DIALLO Saliou
KEITA Fodéba
TOURE Ismael
TRAORE Mamadou (dit RAYOTRA)

Mais une exception célèbre :
Sékou TOURE

2. Depuis l'Indépendance, il faudrait d'abord étudier le nom d'auteur des écrivains africains édités en Europe. Une enquête auprès des éditeurs français, par exemple, nous permettrait de savoir pourquoi ces écrivains ont tendance à réduire leur patronyme à un ou deux composants. Certes les premières publications sont souvent signées du nom complet, mais très vite, le nom rétrécit. Ce n'est plus, comme nous l'avons écrit au début de cet article, une manifestation d'instabilité, c'est une tendance très nette vers une forme mnémotechnique, de plus en plus voisine de celle qui est habituelle aux lecteurs français ou francophones.

Paulin Joachim KOKOU publie sous son nom « Un nègre raconte » mais depuis qu'il est devenu l'éditorialiste de « Bingo », il signe
PAULIN JOACHIM
Seydou Badian KOUYATE n'est plus que :
Seydou BADIAN
Ousmane Socé DIOP qui écrivit « Karim », « Contes et légendes d'Afrique noire » et « Mirages de Paris », sous son nom :
DIOP
ne signe plus actuellement que :
Ousmane SOCE

Dans la République fédérale du Cameroun, Samuel ENO-BELINGA est devenu Samuel BELINGA, et Jacques KUOH MOUKOURI, l'auteur de « Doigts noirs », est invité par son éditeur à simplifier son nom d'auteur, lorsqu'il écrit dans la Préface de ce roman : « KUOH est un sorti des rangs 16 ».

Cette tendance à n'avoir plus qu'un nom unique, a séduit Tidiane SERPOS, qui désormais signe SERPOS; ainsi que :
BIRINDA DE BOUDIEGUY DES ECHIRAS
l'auteur de « La Bible secrète des noirs », qui devient sur la couverture de l'ouvrage :
Le Prince BIRINDA

Il serait intéressant de savoir si, ce qui est devenu une habitude, est dû à l'influence des éditeurs qui pensent ainsi favoriser la vente des ouvrages, ou si les écrivains africains éprouvent en Europe un certain complexe à porter des noms trop longs et parfois difficiles à prononcer par les blancs.

Ce n'est pas là un problème de catalographie, mais il fallait l'évoquer pour mettre en lumière une tendance toute différente que nous appellerons la tendance nationaliste.

3. Quelques mots sur le nationalisme préciseront ce troisième point.

Si nous convenons que tout nationalisme se définit par opposition, il est évident que lorsqu'il s'agit des patronymes africains, la position nationaliste est celle qui maintient le patronyme africain dans son intégrité africaine.

En contradiction avec certains des écrivains précédents, nous pouvons citer :
Cheickh Anta DIOP
Cheickh Hamidou KANE
deux écrivains Sénégalais, engagés politiquement, qui ont choisi de conserver leur titre religieux musulman. Et même le Président de la République du Sénégal est toujours resté fidèle à son prénom sérère « Sédar ».

Les stagiaires du C.R.F.B., que nous avons évoqués dans notre Introduction, s'opposent également au traitement colonial ou à la francisation de leur nom. Ils le complètent en ajoutant les éléments sacrifiés. De nombreux étudiants Africains sont dans cette situation. Citons seulement
Mathias MAKANG
dont le véritable patronyme camérounais est :
Mathias MAKANG MA MBOG
La particule de liaison indique la filiation. Voici deux autres patronymes Bassa, construits de la même manière :
Martial MAHI MA BASSE
Antoine NTAMAG MI NYEMB
Comme on le voit, nous proposons d'établir la fiche au premier mot qui suit le prénom chrétien. L'ensemble est conservé en capitales.

Outre le caractère d'opposition, commun à tous les nationalismes, le nationalisme africain a des caractères spécifiques. En particulier, il est projectif ou « tendanciel ». « Le problème se pose pour les Africains en termes de création, de genèse, plus qu'en termes de reconnaissance. 17 » C'est ainsi qu'il existe au Sénégal une nette prise de conscience nationaliste des Poular, habitants des bords du fleuve Sénégal, qui rejettent le nom colonial de Toucouleurs, mais surtout, recréent, approfondissent et diffusent leur langue. Il s'agit là, évidemment d'une véritable renaissance, qui certainement, ne laissera pas à l'écart les patronymes Poular.

Le Président Léopold Sédar Senghor, qui a écrit : « L'indépendance culturelle est le préalable nécessaire aux autres indépendances 18 » est, à ma connaissance, le seul président d'Afrique noire francophone à s'être occupé du patronyme africain. Il lui a consacré un décret 19, une circulaire 20, et une émission à Radio-Sénégal 21.

Connaissant parfaitement ses Sénégalais, il fait appel à leur amour propre : « Le Sénégal, dit-il dans son émission radiophonique, depuis cent ans, plutôt depuis Napoléon, se couvre de ridicule en continuant de dire SENE Samba et BA Koumba. Si encore personne ne disait Samba SENE et Koumba BA, comme le naïf petit Sérère que je suis. Je dis naïf, car, dans toutes les langues du Sénégal, on met le prénom individuel devant le nom de famille. » Et le Président de la République de conclure : « Il s'agit d'une question de prestige national. Le Sénégal se doit pour son honneur, de supprimer cette tare héritée du régime colonial. Je compte sur vous tous, car vous devez, vous aussi, la bannir de votre bouche. »

Ainsi en rendant à l'ordre de présentation du nom sénégalais son africanité, le président de la république du Sénégal était nationaliste à sa manière. Il aidait chaque citoyen à assurer les fondements de sa personnalité africaine, et il traitait sérieusement ce problème qui en Afrique est affectif et passionnel, et pour tout dire politique.

III

C'est pour ces raisons, que notre Essai, s'appuyant sur le sens profond des noms africains, beaucoup plus que sur les habitudes des catalogage qui pourraient déjà exister, - celles-ci n'étant d'ailleurs que des habitudes européennes - nous avons demandé que des enquêtes complémentaires soient faites en Afrique, avant le dépôt officiel de nos projets de normes.

Mais avant de vous en présenter un, en « avant-première », voyons comment peut se présenter, pour le bibliothécaire, le nom d'un auteur africain ou malgache.

I. Nous éliminerons rapidement les écrivains qui ont un seul nom et un prénom chrétien. Pour eux, aucun problème ne se pose.
Jean AMITY Centrafricain
David ANANOU Togolais
Antoine BOLAMBA Congolais
Joseph BUKERA Burundais
Paul DJIBRINE Tchadien
Jean Baptiste GUEYE Sénégalais
Joseph KI-ZERBO Voltaïque
Gaston M'BA Gabonais
Janvier MULENZI Ruandais
Engelbert MVENG Camérounais
Paul N'GUESSAN Ivoirien
Jacques REBEMANANJARA Malgache
Joseph SAVANE Guinéen
Christophe SOGLO Dahoméen
Dominique TRAORE Malien

2. Lorsque le prénom est musulman, les difficultés commencent. Les musulmans noirs d'Afrique occidentale sont environ 15 millions (42), plus de 50 % en moyenne dans l'ancienne A.O.F. Le nom coranique est imposé le plus souvent par un marabout (19). Souvent, il est lié au jour de la naissance et parfois les enfants nés le même jour portent le même prénom. Henri GADEN rapporte qu'un marabout de Saint-Louis du Sénégal nommait :
Boubakar, Oumar ou Ousman les garçons nés le dimanche
Mammadou, Ahmadou ou Ibrahima ceux nés le lundi (19).

Actuellement, surtout dans les villes, les mutations de la famille musulmane, et aussi, l'obligation d'une déclaration rapide à la mairie, font que le choix du prénom appartient pratiquement aux parents. Le marabout ne fait qu'entériner leur décision.

Parfois, l'enfant porte plusieurs prénoms coraniques :
Ahmadou Moktar WAN

Le deuxième prénom étant souvent celui du père, le nom précédent devrait se lire : Ahmadou fils de Moktar du clan des WAN.

Mais pour les bibliothécaires, la difficulté est de reconnaître les prénoms coraniques. « Innombrables sont les prénoms musulmans, le plus répandu étant naturellement celui du Prophète Mohammed, sous la forme Mamadu, qui se réduit souvent à Ma et chez les Wolo fs à Dudu. » (42)

Nous souhaiterions qu'une liste exhaustive des prénoms musulmans utilisés en Afrique noire francophone, soit établie par l'École de bibliothécaires, archivistes et documentalistes de l'Université de Dakar. Elle éviterait beaucoup d'erreurs dans le monde où tous nos collègues n'entendent pas comme nous le muezzin au lever et au coucher du soleil. Voici en attendant la publication de ce répertoire, une liste provisoire établie par notre ami Thierno DIALLO du Département d'Islam à l'IFAN.

Prénoms masculins :
Abdulgadiri - Abdulahi ou Abdulaye - Abdurahamane - Abdurahime - Adama - Alasane - Algasim ou Khasim - Alhuseyne - Ali ou Aliu - Amadu - Bubakar - Dawuda - Djibril - Hamidu - Ibrahima - Isa - Ismaïl - Issaka - Mahmudu ou Mamudu ou Mamadu - Musa - Nuhu - Ousmane - Salihu - Sayidu ou Seydu - Sulaymane - Umaru ou Omar - Yahya ou Yaya - Yaquba ou Yaguba - Yunus - Yusuf - Zakaria ou Sakaria.

Prénoms féminins :
Aïssatu - Aminatu - Djariatu - Djeynabu ou Seynab - Fatimatu - Hadiatu - Hafsatu - Halimatu - Hawa ou Hawau - Hulaymatu - Jalikatu - Khadijatu - Mariama - Mariatu - Marliatu - Maymuna - Rabiatu ou Rabi - Ramatu ou Ramatulati - Rugiyatu - Safiatu -Salimatu - Ummu ou Ummu Kalsum.

Ces prénoms ont subi des altérations phonétiques, parfois assez profondes dans les diverses langues d'Afrique noire. Jacques MOURADIAN (43 bis) avait étudié en 1938 les altérations « du nom de Mohammad chez les noirs islamisés de l'Afrique occidentale ». Il avait relevé alors :
Adama - Ahamaddou - Ahmed - Ahmet - Amada - Amadi - Amadou - Amamadou - Amidou - Doudou - Hamidou - Magom -Ma'ado - Mahamadou - Mamadou - Mamao - Mamour - Medoune - Modi - Modo - Modou - Modoun - Momadou - Momar -Moumar - Mohamd - Mohamed.

Enfin, il s'ajoute à ces prénoms proprement coraniques, tous ceux empruntés localement à des marabouts ou à des héros de l'Islam. Nous pouvons citer, par exemple, en Casamance, chez les Diola du Sénégal :
Fal de El Hadj FALL
Fode de FODE KABAR
Kuagu de KUAGU MUNANTUWE
Nyas de Ibrahim NYASSE
Tyerno de THIERNO BOKAR (58)

Parfois des titres religieux musulmans s'ajoutent au patronyme. Nous avons déjà rencontré Cheickh et El Hadji. Nous en signalerons d'autres, particulièrement propres aux femmes, en présentant notre Projet de Norme catalographique pour le traitement des noms d'écrivains sénégalais. Mais, une deuxième liste exhaustive serait loin d'être inutile aux bibliothécaires.

3. Il arrive aussi que les prénoms soient mixtes. Au prénom musulman peut s'ajouter un prénom chrétien. Ce cas se multiplie dans les ménages, le plus souvent urbains, où l'homme est musulman et la femme chrétienne. Cette hybridation des prénoms existe encore dans tous les milieux africains christianisés ou islamisés, si l'animisme y est toujours vivant : elle s'étend alors à des prénoms traditionnels. Voici quelques exemples : en capitales, le nom proposé comme vedette.

a) Deux prénoms : un chrétien, un musulman.
Adou Edmond EL GONI Tchadien
Marie Amy M'BOW Sénégalaise
Adou, comme Amadou, Madadou, Mamadi, Mamoudou, Doudou, Dadou, de Mahamudu ou Mamudu : Muhmud, le nom du Prophète. Amy, de Aminatu, le nom de la mère du Prophète.

b) Deux prénoms : un africain traditionnel, un chrétien ou musulman.
Kiffo Michel AMOIKON Ivoirien
Pierre Razafy ANDRIAMIHAINGO Malgache
Désiré Rakoto ANDRIANTSILAVO Malgache
Kodjovi Hope BANSAH Togolais
Augustin Ndji DEMBELE Malien
Émile Sonkoly IFONO Guinéen
Mottoh Léonard N'CHO Ivoirien
Léopold Sédar SENGHOR Sénégalais
Sory Ibrahima TOURE Guinéen
Dagnanganéouendi Rémi YAMEOGO Voltaïque

Nous n'avons pas tenu compte, dans un premier temps de l'ordre africain de présentation du nom. Cet ordre, qui est essentiel, jouerait un grand rôle s'il était respecté par les éditeurs. Il l'est rarement. Voici par exemple, en le restituant, comment cinq des patronymes ci-dessus devraient s'écrire. :
AMOIKON Kiffo Michel
BANSAH Kodjovi Hope
IFONO Émile Sonkoly
N'CHO Mottoh Léonard
TOURE Sory Ibrahima

Ainsi, pour reconnaître le nom parmi les divers composants d'un patronyme, il faut d'abord déterminer sa place. Quelques exemples le prouvent aisément.

Chez les voltaïques, en règle générale, le prénom précède le nom :
Besolbié BASOLE
Koana COULIDIATY
Goussima DRABO

S'il y a plus de deux composants, le nom est toujours le dernier :
Taonsa Boukare BIKIENGA
Nabiga Salif CONGO
Moussa Zoumigou DAMIBA
Hado Isidore KAFANDO
Baloum Naba SAGA

Certes, il y a des exceptions, telles :
DIM DOLOBSOM (le roi m'a récompensé);
ou SOMBE RIMI (le roi est reconnaissant).

Les composants de ces patronymes ne peuvent être dissociés.

Chez les Guinéens, en règle générale, le nom précède les prénoms :
IFONO Tambao Sia Tondo
KEITA Fodéba
KONATE Kariata-Madi
NIANE Djibril Tamsir

Chez les Ivoiriens, en règle générale, le nom est également en tête :
COMOE Madiara
GUIRATHE Ineka Alphonse
LOHOURIGNAN Nabéa-Béatché

Ce dernier patronyme est Bété. Par contre, dans la République de Côte d'Ivoire, comme ailleurs en Afrique noire ou à Madagascar, de nombreuses exceptions nécessitent une étude plus approfondie du nom des écrivains. Ainsi, la particule N'da qui se place en tête de certains patronymes ivoiriens, indique qu'il s'agit d'un jumeau. Elle est naturellement renvoyée dans la parenthèse :
N'da Amoikon Aka devient AMOIKON (Aka N'da)

4. Dans le cas où la plupart des composants, parce qu'ils sont africains sont incompréhensibles au bibliothécaire, l'étude de leur signification peut aider à la détermination du nom. Afin d'introduire cette recherche, et bien qu'elle ait été critiquée par C. Levi-Srauss (38), nous utiliserons la classification des prénoms de A.H. Gardiner (23).

a) prénoms désincarnés choisis dans des listes obligatoires et restreintes. Ils sont portés successivement par un grand nombre d'individus.

Nous avons commencé à établir la liste des prénoms correspondant au nom du jour ou du mois de la naissance, et celle des prénoms qui rappellent le rang de la naissance. Ces deux listes de prénoms permanents évitent de grossières erreurs.

Chez les Voltaïques :
un jeune Mossi né un dimanche s'appelle Hado
- - lundi - Tene
- - mardi - Tilado
- - mercredi - Larba
- - jeudi - Lamoussa
- - vendredi - Arzouma
- - samedi - Sibri
ex : Dominique Hado ZIDOUEMBA

Chez les ivoiriens (Baoulé), Laurent AKE ASSI a relevé (0) :
Kouassi (garçon) et Akissi (fille) nés un lundi
Kouadjo - et Adjo - - mardi
Konan - et Amlan - - mercredi
Kouakou - et Ahou - - jeudi
Yao - et Aya - - vendredi
Koffi - et Affoué - - samedi
Kouamé - et Amoui - - dimanche

Nous pouvons maintenant reconnaître la vedette-auteur de ces deux patronymes ivoiriens :
Ahou Ahou Jeanne
Kouakou Yao Noël

Bien que : Ahou, Kouakou, et Yao soient des prénoms qui corespondent au jour de la naissance, deux de ces prénoms sont des noms parce qu'ils sont en tête des patronymes. Nous cataloguerons donc :
AHOU (Ahou Jeanne)
KOUAKOU (Yao Noël)

Dans la République du Niger, nous avons relevé une longue liste de prénoms imposés d'après le rang de naissance. Dans une même famille :
le Ier né s'appelle Lawali
le 2e - - Sani
le 3e - - Salissou
le 4e - - Rabiou
le 5e - - Hamissou
le 6e - - Sadissou ou Sade
le 7e - - Hamidou
le 8e - - Nassirou
le 9e - - Halibou
le 10e - - Achirou etc.

Dans la République du Togo, ces listes sont propres à une ou à plusieurs familles. Ainsi, les MENSAH, les AGBODJAN, les FUMEY, les LASSEY, etc. utilisent pour les garçons et pour les filles, les listes ci-dessous :
le Ier garçon Sewa, Ako, Teteh ou Adjeri
le 2e - Edoe
le 3e - Kpoti
la Ire fille Adjele, Agnele, Lakoele ou Labioko
la 2e - Adjoko ou Agnoko
la 3e - Adjelevi, Agnelevi ou Kayi

Ces quelques listes, quoique très incomplètes, donnent, je l'espère une idée de ce que pourrait être un « Répertoire des prénoms permanents : musulmans et traditionnels d'Afrique noire ». Mais ce répertoire ne contiendrait pas les prénoms « incarnés », que nous allons évoquer.

b) prénoms incarnés qui adhèrent à un individu unique.

Nous n'aurions pas assez de tout ce numéro du Bulletin, pour développer ce point. La variété des prénoms traditionnels « incarnés » est extraordinaire.

- ils peuvent dépendre des circonstances du mariage ou de la naissance :
Kulgha, prénom voltaïque, signifie « né près du marigot » (2)
Djanga, prénom camérounais signifie « ananas » (53).
Il indique que lors de la naissance de l'enfant, un champs voisin avait une récolte superbe.

- ils peuvent correspondre à des noms d'animaux, de plantes ou de choses :
Balaba « grand porc épic », prénom malien (bambara)
Gombgo « mante religieuse », prénom voltaïque (mossi)
Banam « fromager », prénom guinéen (malinké)
Dyo « filet de pêcheur », prénom guinéen (malinké)

- ils peuvent rappeler le nom d'une autre « personne » : un fétiche ou un génie; un aïeul, un membre de la famille ou un ami ; un grand personnage :
Tibo « génie protecteur de la case », prénom voltaïque
Loubaki « fétiche protecteur de la naissance », prénom congolais (Bakamba)
Hougouehi « intelligent », prénom ivoirien (Bété)
Ponty « prénom formé sur le nom du Gouverneur général William PONTY » prénom sénégalais.

- ils peuvent témoigner des particularités physiques ou morales de l'enfant ou figurer les souhaits que l'on forme et dont le nouveau-né est le plus pur messager :
Kadyara « la très belle », prénom sénégalais (Diola)
Douga « bénédiction », prénom guinéen (Malinké)

Signalons pour conclure cette IIIe partie que dans la Bibliographie africaine et malgache de Roger Mercier, sur 126 auteurs africains cités, 98 ont un ou plusieurs prénoms traditionnels 22. Et il n'est pas exclu que cette proportion n'augmente. Actuellement, en Tanzanie, des prénoms kiswahili remplacent les prénoms anglais importés par le colonisateur.

Si nous voulons cataloguer sans hésiter les œuvres des Africains d'Afrique noire, dont le patronyme est formé de deux ou trois composants traditionnels, il nous semble indispensable, non seulement de constituer des listes de prénoms permanents, mais aussi de prévoir une Table ronde qui grouperait des écrivains africains, des éditeurs et des bibliothécaires africains et malgaches. Personnellement, nous présenterions à cette Table ronde les dix-sept projets de normalisation catalographique, que nous avons rédigés et qui sont en cours de vérification en Afrique même.

Voici pour donner une idée de ces Essais, le « Projet de normalisation catalographique du nom des écrivains sénégalais ».

IV

En règle générale, depuis 1963, au Sénégal, le nom qui doit être choisi comme vedette-auteur, est toujours le dernier des composants patronymiques. Il devrait, d'après le décret N° 63 448 M. J., du 3 juillet 1963 (République du Sénégal) être toujours écrit en majuscules. Les noms ou prénoms figurant avant le nom sont transcrits en minuscules.

I. Le nom est simple :
- traditionnel
Birago DIOP
Sega GUEYE
Thianar N'DOYE
- islamisé, un ou deux prénoms
Sidi Abdoulaye FAYE
Lamine GUEYE
Assane SECK
Ousmane SEMBENE
Amadou Moustapha WADE
- christianisé
David DIOP
Denise DIOUF
- hybride
Latyr Yves N'DIAYE
Léopold Sédar SENGHOR
Seydina Omar Racine SY
Ousmane Keita ZONKO
- il est formé de deux noms de famille qui se suivent. Le premier nom peut être accompagné de son propre prénom. C'est toujours le dernier nom qui est choisi comme vedette-auteur.
N'Diaye DIOP
Gaye N'DIAYE
Doudou Gueye DIONE
Ibou Seck TOURE
Amary N'Goné Sobel FALL

2. Le nom est complexe :
- lorsque les prénoms sont multiples, certains sont apocopés. Nous les avons complétés.
La (tyr)-Dior DIOP
Sa(mba) Fall DIOP
Dao(uda) Demba FALL
Fa(tou) Gaye N'DIAYE
De(mba) Thialao NIASS
Ma(me) Fatim SALL
Mahanta (Mame Anta) SARR
Joseph Ma(madou) THIAM
- Le NOM est précédé d'une particule : la conserver.
Moustapha M'BACKE
Ousmane N'Diawar M'BAYE 23
N'Diaga M'BENGUE
Fatoumata M'BODJ
Mahanta M'BOUP
Amadou Mahtar M'BOW
Ousmane N'DIR
Moussa N'DONGO
Oulimata N'GAIDO
- Le NOM est précédé d'un titre religieux musulman : il est renvoyé dans la parenthèse avec le prénom qui le suit souvent.
pour les hommes
Cheikh Anta DIOP
As Malick DIOP
El Hadji Malick Sy SARR 1
pour les femmes
Adjaratou Oumy SOW 24
Sokhna GASSAMA
Sokhna Aïssatou KANE
- le NOM est précédé d'un titre de noblesse : il est renvoyé dans la parenthèse avec les prénoms
Bour-Sine Mayécor DIOUF
Kouli Bamba FALL On rencontre aussi : Lamane, Linguère, Gangal, ... etc.

V

Conçu grâce à des contacts étroits et confiants avec les stagiaires-bibliothécaires africains et malgaches de l'actuelle École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes de l'Université de Dakar, le travail qui sert de base à cet article nous a permis, selon le mot de Hegel de passer dans notre enseignement « du monologue au dialogue ».

Sans ce progrès indispensable, nous n'aurions pu prendre conscience des différences profondes qui séparent les patronymes européens et ceux d'Afrique ou de Madagascar, nous n'aurions pas d'avantage pu proposer quelques principes de normalisation catalographique acceptés des africains.

Mais il ne s'agit que d'une approche toute globale, et sans l'action conduite sur le terrain par les africains eux-mêmes, sous l'impulsion de Mr Amadou A. Bousso, Directeur de l'École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes de l'Université de Dakar, ces Normes n'auraient peut-être aucune chance d'être appliquées.

Lorsque Jean Paul Sartre écrit dans sa Préface au Portrait du colonisé d'Albert Memmi : « Le Sudiste seul à compétence pour parler de l'esclavage, c'est qu'il connait le nègre 25 », il n'a que relativement raison. Le nègre ne se livre pas si facilement au blanc, fut-il un « sudiste », et lorsqu'il s'agit plus particulièrement de son nom, le dernier mot doit revenir au nègre.

Voilà pourquoi je ne me considère que comme un animateur sur le plan technique, et cette participation étroite qui est à l'origine de ce travail, doit à mon avis, continuer jusqu'à la décision finale. Car le nom d'un écrivain africain ou malgache, s'il demeure fidèle à son origine, témoigne aussi pour la négritude. Il est, tout comme son œuvre « l'instrument efficace d'une libération » selon les

termes mêmes de Léopold Sédar Senghor. Voilà en définitive pourquoi, parce qu'il n'y a de libération véritable que personnelle, l'assistant technique doit maintenant s'effacer.

Il demeure que j'ai été véritablement comblé par ces jeunes filles et ces jeunes gens africains et malgaches de l'École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes de l'Université de Dakar. Sans eux, j'aurais moins aimé l'Afrique, parce que je l'aurais moins connue et je n'aurais pas écrit un Essai sur la catalographie du nom des écrivains négro-africains et malgaches d'expression française. Qu'ils soient remerciés.

  1.  (retour)↑  Depuis que dans le volume de l'année 1948 de Biblio, j'avais trouvé Léopold Sédar Senghor classé à Sedar Senghor (Léopold), j'étais devenu prudent.
  2.  (retour)↑  General Congress of the U.G.T.A.N. (G.U.N.A.W. : General Union of Negro African Workers). - Paris, Présence Africaine, 1959. - 79 p.
  3.  (retour)↑  Reliefs. Pref. de Léopold Sédar Senghor. - Paris, Présence Africaine, 1964. - 103 p.
  4.  (retour)↑  Sous l'orage (Kany). - Paris, Présence Africaine, 1963. - 155 p.
  5.  (retour)↑  Nini, mulâtresse du Sénégal. - Paris, Présence Africaine, 1965. - 189 p.
  6.  (retour)↑  Mongo Beti. - Mission terminée - Paris, Buchet-Chastel, 1957. - 255 p.
  7.  (retour)↑  Diop (Birago). - Leurres et lueurs. - Paris, Présence Africaine, 1960. - 87 p.
  8.  (retour)↑  Osende Afana. - L'Économie de l'Ouest Africain, perspective de développement. - Paris, François Maspero, 1966. - 263 p.
  9.  (retour)↑  Boni (Nazi). - Crépuscule des temps anciens. Chronique du Bwamu. - Paris, Présence Africaine, 1962. - 259 p.
  10.  (retour)↑  Sissoko (Fily Dabo). - Poèmes de l'Afrique noire. Feux de brousse. Harmakhis. Fleurs et chardons. - Paris. Ed. Debresse, 1963. - 170 p.
  11.  (retour)↑  Ba (Amadou Oumar). - Les Mystères du Bani. Roman folklorique soudanais, I. - Monte-Carlo, Ed. Regain, - 1960. 126 p.
  12.  (retour)↑  Miezan Bognini (Joseph). - Ce dur appel de l'espoir. Poèmes. - Paris, Présence Africaine, 1960. - 127 p.
  13.  (retour)↑  Epanya Yondo Elolongue. - Kamerun ! Kamerun ! - Paris, Présence Africaine, 1960. - 96 p.
  14.  (retour)↑  HODGKIN (Th.) : « Nationalism in Colonial Africa », London, F. Muller, 1956, 216 p.
  15.  (retour)↑  A l'« Index des noms cités » de la Thèse de Lylian KESTELOOT : Les Écrivains noirs de langue française. - Bruxelles, Université libre, 1963., on lit Laye C.
  16.  (retour)↑  Ce qui n'empêche pas de relever « Moukouri Jacques Kuoh », dans la « Notice biographique et bibliographique de quelques auteurs négro-africains francophones et anglophones de Van Quang. - Fort Lamy, Commission nationale de la République du Tchad pour l'UNESCO, 1966.
  17.  (retour)↑  Bonnafe (Pierre). - Le Nationalisme africain. Aperçu sur sa naissance et son développement. - Paris, Fondation nationale des Sciences politiques, 1964. - 60 p., mult. (Série C, Recherches, N° 9.)
  18.  (retour)↑  Senghor (Léopold Sédar). - Nation et voie africaine du socialisme. - Paris, Présence Africaine, 1961. - 139 p.
  19.  (retour)↑  Décret N° 63 448 M. J. du 3 Juillet 1963 (J. O. de la République du Sénégal du 20 Juillet 1963. N° 3616, p. 984.)
  20.  (retour)↑  Circulaire de monsieur le président de la république du Sénégal, N° 76, 3I Juillet 1963.
  21.  (retour)↑  De l'ordre des noms et des prénoms. - Dakar, Radio-Sénégal, 1963.
  22.  (retour)↑  Revue de Littérature comparée. N° I, 1963.
  23.  (retour)↑  Lorsque le prénom de M'BAYE est M'baye, il devient Mambaye. De même : Mandiaye : N'DIAYE - Mathiam : THIAM - Mafall : FALL - Matouré : TOURE etc.
  24.  (retour)↑  « El Hadji » et « Adjaratou » sont les titres que reçoivent, ceux, hommes et femmes, qui ont fait le pèlerinage de La Mecque.
  25.  (retour)↑  Paris, J. J. Pauvert, 1966. p. 31.