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Les Classifications médicales

Dr Geneviève Nicole-Genty

I. - Faut-il adopter un système de classification?

Jusque tout récemment, les bibliothèques médicales en France, à quelques exceptions près, n'avaient en principe pas adopté de système de classification.

Le classement par ordre d'entrée et par format était préféré dans les bibliothèques où le libre accès était en général inconnu - à part quelques usuels dans la salle de lecture.

En 1957, la Direction des bibliothèques de France avait recommandé aux Écoles nationales de médecine l'emploi de la Classification Cunningham, mais peu de bibliothèques l'adoptèrent. C'est à la suite de l'ouverture de nouvelles bibliothèques, en particulier dans les Centres hospitaliers et universitaires, où le libre accès aux livres a été recommandé, que le problème du choix d'une classification s'est à nouveau posé.

Les avantages du classement par ordre d'entrée et par format sont bien connus : gain de place, rangement plus facile par un personnel sans aucune formation, inventaire plus rapide. Les partisans de ce système reprochaient à toute classification la nécessité d'un catalogue systématique et d'un index, un cadre trop rigide ne permettant pas d'envisager les divers aspects traités dans un livre, la difficulté de contrôler sérieusement la collection, son inutilité dans les grandes bibliothèques où chaque classe comporte un trop grand nombre d'ouvrages, enfin le fait que toute classification est périmée rapidement. De plus, il faut bien dire que les bibliothèques médicales françaises qui utilisaient un système de classification avaient le plus souvent un système archaïque qui ne leur donnait aucune satisfaction.

Dans d'autres pays, au contraire, en particulier dans les pays anglo-saxons, l'utilisation d'une classification dans une bibliothèque est un principe bien établi. Dans son rapport sur les bibliothèques médicales aux États-Unis, M. Chauveinc écrit : « Beaucoup de bibliothécaires avec lesquels j'essayai d'amorcer une discussion à ce sujet, en leur demandant leurs arguments en faveur de la classification, m'ont déçu par leurs réponses. C'est pour eux une telle habitude que la question ne se pose même plus ».

La raison principale de l'emploi d'une classification est l'accès libre aux rayons. Les lecteurs anglo-saxons, souvent mieux préparés que nous à la recherche dans les bibliothèques, sont habitués au libre accès et aiment trouver groupés les livres traitant du même sujet. Le but essentiel à atteindre par les bibliothécaires est ce que Bliss appelle « l'efficience maximale », une utilisation des livres la plus large possible, et elle le sera d'autant plus que les livres seront mieux classés. D'autre part, la classification fait apparaître les rapports entre certains sujets qui peuvent parfois passer inaperçus dans un classement alphabétique et, par là, elle aide au développement des sciences.

II. - Classification « large » ou « détaillée ».

Pour les partisans de l'adoption d'une classification, avant le choix d'un système ou d'un autre, s'est posé un problème qui a été très débattu entre bibliothécaires anglais et américains, surtout dans les années 1946-1956, à savoir s'il était préférable d'adopter une classification large (« broad ») ou au contraire détaillée (« close »). Dans l'ensemble, la préférence et l'orientation des bibliothèques, surtout sous l'influence de la « National Library of Medicine », sont actuellement en faveur de la classification « large ». En effet, la classification ne doit pas supprimer le catalogue alphabétique de matières, dans lequel les ouvrages sont classés d'après les vedettes-matières par ordre alphabétique, car elle ne peut pas le remplacer pour les recherches; les livres ont dans la classification une place rigide et cela n'offre pas l'aide que constituent les renvois dans un catalogue-matières bien fait. Mais si ce catalogue permet de repérer le livre « en tant qu'idée », la classification permet de le localiser sur les rayons « comme objet physique ». Elle est donc surtout utile pour le libre accès et il ne faut pas, comme l'écrivait J.-F. Ballard, en faire un « fétiche » et vouloir la développer à tel point « qu'une niche spéciale doive exister pour chaque livre de la collection ». La classification n'est pas un but en elle-même, mais un moyen pour parvenir à un but.

Par ailleurs, quel que soit le système que l'on envisage il présentera évidemment des inconvénients, des lacunes, mais en général il sera applicable. Ce qui est beaucoup plus important de considérer, comme le fait justement remarquer le Dr. F. B. Rogers (15), c'est à quel prix le système est applicable. Autrement dit, combien de temps aura-t-on passé inutilement à hésiter, à choisir une notation, à discuter pour savoir dans laquelle de deux subdivisions il faut classer le livre? Les cotes ne sont-elles pas plus compliquées qu'il n'est nécessaire ? Il faut bien insister sur le fait que plus la notation est compliquée, plus l'on augmente le nombre d'erreurs possibles dans la transcription et, par suite, dans la recherche ou dans le classement d'un livre.

Quant à la valeur scientifique d'une classification, la plus récente est évidemment toujours préférée parce que les progrès sont rapides, surtout dans les sciences médicales. Mais il est certain que les larges concepts changent moins vite que les notions plus précises, d'où un argument supplémentaire en faveur de la classification « large ».

III. - Quels sont les divers systèmes de classification utilisés dans les bibliothèques médicales?

Lors d'un symposium sur les classifications à la 18e Conférence de la Fédération internationale de documentation, en 195I, le Dr. L. Graf (9) avait apporté une statistique sur la fréquence des systèmes de classification appliqués dans différentes bibliothèques médicales :
Dewey .............................................. 126
Boston Medical Library................................ 89
Classification décimale universelle........................ 76
Library of Congress.................................... 7I
Cunningham ......................................... 39
Army Medical Library................................. 27
Barnard ............................................. 20
Halle-Hartwig ........................................ 19
Dewey-Black ......................................... 15
Autres systèmes ....................................... 36
Classification propre à la bibliothèque.................... 74
Sans système ......................................... 93

Ces chiffres ont certainement beaucoup changé depuis. Nous ne possédons pas d'autre statistique récente, mais les renseignements provenant de diverses bibliothèques montrent que si les classifications générales ont d'abord prédominé, elles tendent de plus en plus à être remplacées par les classifications spécialisées.

Avant d'étudier les divers systèmes de classification, il est important de savoir quels sont les types de publications que l'on aura à classer. Pratiquement, ce sont essentiellement les monographies. Pour les périodiques, bien que les divers systèmes prévoient une place pour leur classement, l'habitude la plus courante est de les classer simplement par ordre alphabétique des titres. Quant aux thèses, elles sont généralement classées par faculté et par date.

C'est donc en fonction du classement des livres et des brochures que nous allons maintenant étudier les divers systèmes actuellement en usage.

Quel que soit le système adopté, après l'indication de la classe, les livres peuvent être rangés soit par ordre alphabétique d'auteurs, ce qui est le plus courant, soit par date.

L'ordre alphabétique est habituellement indiqué en France par les trois premières lettres de l'auteur, alors que les pays anglo-saxons préfèrent le « Cutter number » (combinaison de lettres et de chiffres, selon une base décimale).

La date qui figure ensuite permet de séparer les ouvrages du même auteur; dans quelques rares cas (plusieurs ouvrages du même auteur à la même date), on peut avoir à utiliser les trois premières lettres du titre.

Le classement par date précédant celui par noms d'auteurs, aussitôt après l'indication de la classe, a l'avantage de présenter côte à côte les derniers ouvrages parus sur un sujet et peut être préférable dans certaines bibliothèques de recherche.

A. - Les classifications générales.

Les bibliothèques qui utilisent les classifications générales sont généralement soit des bibliothèques anciennes qui ont commencé le classement de leur fonds à une époque où les classifications médicales n'existaient pratiquement pas soit des bibliothèques rattachées à une université qui ont adopté le système de la bibliothèque centrale.

Nous n'étudierons pas ici ces classifications générales qui ont fait l'objet de nombreuses publications et ne ferons que mentionner celles qui sont en vigueur dans les bibliothèques médicales : Classification décimale universelle, Dewey, Library of Congress, Ranganathan, Bliss, Halle-Hartwig. Les bibliothécaires qui doivent les utiliser s'en plaignent beaucoup : notations beaucoup trop longues dont une partie inutile, rubriques médicales tout à fait inadéquates; mises à jour trop rarement, elles ne sont plus du tout au courant de l'évolution des sciences médicales.

- La Classification décimale universelle est, parmi les classifications générales, la plus utilisée dans les bibliothèques européennes. La Direction des bibliothèques de France l'a recommandée pour l'ensemble des autres disciplines, mais non pour les sciences médicales.

- La Classification de Dewey, qui était, d'après la statistique de L. Graf, la plus utilisée dans les bibliothèques médicales, est de plus en plus abandonnée (en particulier au profit de la classification de la « National Library of Medicine »).

- La partie médicale (classe R) de la Classification de la Library of Congress avait fait l'objet d'une révision très complète en 1952 et elle était largement utilisée, surtout dans les bibliothèques médicales des États-Unis, d'autant que les fiches imprimées de la « Library of Congress » sont diffusées avec l'indice de classification.

Actuellement le schéma de la « National Library of Medicine » qui s'intègre dans cette classification et qui donne la possibilité de ne pas changer la cote des ouvrages généraux, est adopté par certaines bibliothèques médicales, restées fidèles à la « Library of Congress ».

- La Colon Classification de S. R. Ranganathan est peu utilisée dans les bibliothèques médicales.

- La Classification de Bliss, préparée pour la bibliothèque du « College of the City of New York », est considérée par certains comme un des meilleurs systèmes de classification. Des experts médicaux y avaient collaboré : C. C. Barnard, bibliothécaire de l'École d'hygiène et de médecine tropicale de Londres, auteur d'une classification pour les bibliothèques médicales, R. B. Singer, de l'École de médecine de l'Université d'Harvard, C. M. Loutitt, dont la classification des sciences psychologiques avait été incorporée dans le schéma général de Bliss. Toutefois son emploi dans les bibliothèques médicales a été également assez limité.

- La Classification de Halle-Hartwig, préparée en 1879 pour la bibliothèque de l'Université de Halle, par O. Hartwig, a été largement utilisée en Allemagne.

B. - Les classifications médicales.

I. La classification de Boston.

C'est la plus ancienne des classifications médicales; elle fut élaborée par J. R. Chadwick et E. J. Collins en 1879, puis revue par J. F. Ballard, directeur de la « Boston Medical Library » (3). Elle suivait les grandes lignes de l'Index medicus et, en 192I, fut adoptée comme classification officielle par la « Medical Library Association » et recommandée aux bibliothèques médicales comme le meilleur système existant.

La classification commence par les ouvrages généraux de référence et l'histoire de la médecine, puis comporte successivement les sciences biologiques, la médecine générale et les spécialités médicales, les sciences et la sociologie.

Le plan rassemble tout ce qui se rapporte à un organe donné. Le schéma comporte 41 chapitres; dans chaque chapitre, les divisions principales sont indiquées par des lettres majuscules, les subdivisions par des lettres minuscules.

I - Référence en général. Histoire de la médecine.
2 - Biologie.
3 - Anatomie.
4 - Physiologie.
5 - Chimie physiologique. Métabolisme et nutrition.
6 - Théorie et pratique de la médecine.
7 - Médecine clinique.
8 - Pathologie et anatomie pathologique.
9 - Bactériologie.
10 - Parasitologie. Maladies parasitaires. Mycoses.
11-12 - Maladies dues à des infections spécifiques.
13 - Maladies du métabolisme. Maladies constitutionnelles. Maladies non classées. Intoxications.
14 - Sang, lymphatiques et glandes à sécrétion interne.
15 - Appareil cardio-vasculaire.
16 - Appareil digestif.
17 - Appareil génito-urinaire.
18 - Système locomoteur. Orthopédie.
19 - Système nerveux.
20 - Appareil respiratoire.
21 - Géographie médicale. Climatologie et météorologie. Maladies des climats chauds et des climats froids.
22 - Thérapeutique. Pharmacologie. Matière médicale et pharmacie.
23 - Chirurgie.
24 - Gynécologie.
25 - Obstétrique.
26 - Pédiatrie.
27 - Dermatologie.
28 - Ophtalmologie.
29 - Otologie.
30 - Stomatologie.
31 - Médecine d'état.
32 - Santé publique. Médecine préventive.
33 - Médecine et hygiène militaires et navales.
34 - Droit médical et toxicologie.
35 - Médecine vétérinaire.
36 - Sciences. Sociologie.
37 - Thèses et dissertations inaugurales.
38 - Guides et almanachs.
39 - Rapport d'hôpitaux. Statistiques.
40 - Documents officiels.
41 - Périodiques. Publications de sociétés et d'institutions.

Exemples de subdivisions :
15 - Appareil circulatoire et vaisseaux.
15E - Cœur et péricarde.
15F - Artères et veines.

Cette classification est claire, facilement extensible. Elle a été utilisée par de nombreuses bibliothèques américaines, en particulier par celle de la « Mayo Clinic ». Sa notation simple la rend facile à utiliser dans les petites bibliothèques et par ceux qui ne sont pas familiarisés avec les complexités de la terminologie médicale. Mais les révisions n'ont pas été assez fréquentes; la dernière date de 1955. Elle est de plus en plus abandonnée, même par la bibliothèque qui l'avait fondée : la « Boston Medical Library » qui, fusionnée avec « Harvard University Medical Library » sous le nom de « Francis A. Countway Library of Medicine », a adopté la classification de la National Library of Medicine.

2. - La classification Cunningham.

Cette classification, présentée par E. R. Cunningham, bibliothécaire de la « Vanderbilt University Medical School Library », fut publiée en 1928 (8). La 5e édition date de 1967 (la 4e édition datait de 1955).

C'est un système plus détaillé que les classifications antérieures. Le plan adopté pour les maladies infectieuses représente une innovation, non seulement à cause de l'importance donnée au facteur étiologique mais parce que pour la première fois une classification bactériologique est introduite pour un classement des maladies d'après l'organisme en cause.

Le schéma est divisé en 4 parties : I) sciences biologiques; 2) systèmes organiques du corps; 3) sujets cliniques; 4) sujets paramédicaux. Les symboles sont des combinaisons de lettres et de chiffres avec des lettres capitales pour les grandes divisions, des chiffres puis des minuscules et de nouveaux des chiffres pour les subdivisions.

A - Biologie générale, génétique, anthropologie et ethnologie.
B - Biologie systématique et morphologique.
C - Biologie physiologique.
D - Biophysique et biochimie.
E - Téguments (y compris peau, cheveux, ongles, dents, dentisterie).
F - Squelette, tissu conjonctif, muscles.
G - Système nerveux (y compris psychologie et psychiatrie).
H - Organes des sens et terminaisons nerveuses (y compris ophtalmologie et otologie).
I - Appareil respiratoire et oto-rhino-laryngologie.
J - Appareil circulatoire, cœur, vaisseaux et lymphatiques.
K - Organes hématopoïétiques, sang, lymphe et liquides interstitiels.
L - Glandes endocrines, croissance, sénescence et troubles du métabolisme et de la nutrition.
M - Appareil digestif (gastro-entérologie), proctologie et abdomen.
N - Appareil génital mâle et femelle (y compris gynécologie et obstétrique).
O - Appareil urinaire et urologie (y compris les ouvrages sur l'appareil génito-urinaire).
P - Pathologie et anatomie pathologique.
Q - Bactériologie, immunité et parasitologie (parasites animaux).
R - Hygiène, médecine préventive et santé publique (y compris médecine administrative, médecine d'état, économie médicale).
S - Médecine clinique (y compris médecine tropicale, diagnostic et maladies infectieuses).
T - Développement des enfants. Soins aux enfants. Maladies des enfants.
U - Chirurgie, anatomie et pathologie chirurgicales, petite chirurgie, chirurgie plastique et thérapeutique chirurgicale.
V - Pharmacologie, matière médicale, pharmacie et thérapeutique. W - Droit médical (Médecine légale) et toxicologie.
X - Médecine et chirurgie militaires et navales.
Y - Radiations et radioactivité, roentgenologie (y compris radiologie, rayons X et médecine atomique).
AA - Terminologie, annuaires, collections spéciales, bibliographie, histoire, éducation, éthique et sociétés.
CC - Hôpitaux, dispensaires, cliniques.
DD - Infirmières et soins infirmiers (y compris l'éducation et l'enseignement).
EE - Fiction.
FF - Ouvrages généraux de référence (non médicaux).
GG - Histoire.
HH - Enseignement et institutions d'enseignement (y compris les bibliothèques).
JJ - Sociologie, travail et assistance sociale.
KK - Philosophie et religion.
MM - Sciences (y compris institutions scientifiques non médicales et sociétés).
NN - Méthodes générales et techniques.
OO - Mathématiques, algèbre et géométrie.
PP - Physique et instruments de physique.
QQ - Chimie et procédés chimiques.
RR - Botanique industrielle et agriculture.
UU - Laboratoires, animaux domestiques et sauvages.

Exenaples de subdivisions :
J - Appareil circulatoire.
J 2 - Cœur, aorte, péricarde.
J2 c - Pathologie cardiaque.
J2c 5 - Angine de poitrine.
J 3 - Vaisseaux sanguins (artères, veines et capillaires).
J3c 4 - Anévrysmes.
J3c7 a - Phlébite.

Cette classification est simple à utiliser, facile à développer et peut s'adapter à une bibliothèque de n'importe quelle importance. Elle a été largement utilisée aux États-Unis.

En France, elle fut adoptée par plusieurs bibliothèques d'Écoles nationales de médecine et plusieurs bibliothèques universitaires pour leur fonds médical (Caen, Dijon, Reims, Strasbourg, Tours).

A Clermont-Ferrand, une classification fondée primitivement sur celle de Cunningham, combinée depuis 1965 avec le Cando, est utilisée à la section de la bibliothèque universitaire de la Faculté de médecine.

Au Centre international de l'Enfance (7), une adaptation de la classification de Cunningham a été faite, répondant aux besoins particuliers d'un service de documentation spécialisé dans les problèmes de l'enfance.

3. - Classification de Barnard.

Cette classification fut élaborée par C. C. Barnard (1) en 1936 pour la « London School of Hygiene and Tropical Medicine », aucune classification existante ne semblant convenir à cette bibliothèque très spécialisée.

Le schéma s'inspire de la classification de Boston et de celle de la « Library of Congress ». La notation comporte seulement des lettres; il semblait en effet à l'auteur que les lettres offraient de plus grandes possibilités pour le développement de la classification que les chiffres. Les maladies sont classées d'après leur étiologie et le point de vue pathologique domine le point de vue clinique, dans une bibliothèque surtout consacrée à l'hygiène et à la médecine tropicale. Cette classification est très flexible et permet une subdivision très détaillée grâce à l'utilisation de onze tables auxiliaires.

Tables auxiliaires :
I - Généralités.
2 - Liste géographique (la seule qui utilise des chiffres).
3 - Sub-divisions communes des maladies.
4 - Sub-divisions communes des organes et appareils.
5 - Divisions des processus pathologiques.
6 - Classification des tumeurs.
7 - Classification des techniques thérapeutiques et chirurgicales.
8 - Classification des micro-organismes et parasites.
9 - Classification des médicaments.
10 - Divisions anatomiques.
II - Composés chimiques.

Bien que l'auteur conseille dans sa préface d'éviter l'emploi d'un trop grand nombre de notations, son schéma se rapproche plutôt du principe des « close classifications » que des « broad classifications ».

La 2e édition, publiée en 1955, comporte une innovation très intéressante : l'auteur y introduit une notation alternative dans laquelle une place moins importante est faite à la médecine tropicale et à la parasitologie pour permettre un développement plus grand des autres spécialités. (Celles-ci étaient toutes groupées sous la lettre U dans la Ire édition.)

Cette possibilité répond, en partie, à l'objection qui était faite à la classification de Barnard de ne pas convenir à une bibliothèque de médecine générale. Par ailleurs, l'auteur ayant été chargé de classer les livres de la bibliothèque de l'Organisation mondiale de la Santé à Genève selon son schéma, la 2e édition a pu bénéficier d'additions et de modifications fondées sur des exemples pratiques rencontrés lors du classement de cette bibliothèque. Les index (index général, index des parasites, index des tables auxiliaires) sont très développés.

La classification de Barnard est la classification médicale la plus largement utilisée en Grande-Bretagne. Elle a été adoptée également par la bibliothèque de l'Organisation mondiale de la Santé à Genève.

4. - Classification de la National Library of Medicine.

Le rôle joué par la « National Library of Medicine » [Surgeon general's office (1880-1935), « Army medical library » (1936-195I), « Armed forces medical library (1952-1955), « National Library of Medicine » (1956)] dans le domaine de la bibliographie et de la classification médicales a toujours été important depuis le temps de son fondateur J. S. Billings.

En 1943, par suite de l'accroissement des recherches bibliographiques, le besoin se fit sentir d'une classification adaptée au développement récent de la médecine. Aucun des systèmes existants ne parut convenir pour classer la collection de la plus importante bibliothèque médicale du monde.

C'est alors que fut nommé, sous la direction de M. L. Marshall, un comité formé de bibliothécaires et de médecins pour élaborer un nouveau système qui tiendrait compte à la fois de la notation de la « Library of Congress » et du plan de base de la classification de Cunningham. Le résultat, publié en 1948 sous le titre de Preliminary edition, était un schéma très détaillé comportant, outre les chapitres d'ensemble, des tables auxiliaires permettant des subdivisions très poussées.

- Table A : subdivisions générales 1-32.
- Table R : assurant l'uniformité des subdivisions sous les structures anatomiques spécifiques.
- Table D : subdivision décimale pour les différents aspects d'une maladie donnée (étiologie, pathogénie, thérapeutique etc.) (ex : cancer, tuberculose).
- Table M : subdivisions pour les écoles, hôpitaux et autres institutions.
- Table G : subdivisions géographiques ou régionales.

Mais ce système, expérimenté pendant 3 ans à l' « Army Medical Library », fut remplacé en 195I par celui d'une Ire édition, fort différente de l'édition préliminaire, dans le sens d'une simplification, avec suppression des tables auxiliaires, à l'exception de la table géographique. C'est donc sur une base expérimentale et pratique - à savoir le classement d'une collection de livres médicaux aussi large que variée - que le principe de la « broad classification » fut préféré à celui de la « close classification ».

La 2e édition fut publiée en 1956 et la 3e en 1964 (II). La 4e doit paraître en 1969.

La classification, prévue originellement pour remplacer la partie médicale de la « Library of Congress », suit le même système de notation, consistant en lettres majuscules suivies de chiffres. C'est une notation simple, comportant au maximum 5 éléments, d'apparence beaucoup moins hiérarchisée que les autres classifications.

Bien que le nouveau schéma soit prévu pour s'insérer dans le cadre de la classification de la « Library of Congress », il parut préférable d'utiliser des lettres nouvelles qui ne figuraient pas dans la « Library of Congress », à savoir QS et QZ pour les sciences fondamentales et W pour la médecine (au lieu de R dans la LC).

Subdivisions générales I-32.
I - Sociétés.
4 - Ouvrages généraux.
5 - Collections (plusieurs auteurs).
7 - - (un seul auteur).
9 - Discours. Essais. Conférences.
II - Histoire.
13 - Dictionnaires. Encyclopédies.
15 - Classification. Nomenclature.
16 - Tables.
17 - Atlas.
18 - Enseignement. Moyens audio-visuels.
22 - Répertoires.
23 - Laboratoires, instituts (en général).
24 - - - (individuels).
25 - Manuels de laboratoire.
26 - Instrumentation, équipement.
27 - Musées, expositions ou hôpitaux, dispensaires, consultations externes (en général).
28 - - - (individuels).
29 - Registre et inscription.
32 - Législation.

Exemples de subdivisions.
WG - Appareil circulatoire.
WG 200 - Cœur.
WG 275 - Péricarde.
WG 298 - Angine de poitrine.
WG 510 - Artères.
WG 580 - Anévrysme artériel.
WG 600 - Veines.
WG 610 - Phlébite. Thrombophlébite.

Il faut noter que les sections consacrées aux sciences fondamentales (ex. : QS Anatomie, histologie, embryologie; QT, physiologie) ne représentent que les aspects généraux de ces sciences, l'anatomie ou la physiologie d'un organe, d'un système ou d'une région sont classées avec cet organe, ce système ou cette région (ex. : anatomie ou physiologie du système nerveux sont classées sous WL, notation du système nerveux). La classification étiologique des maladies est fondée sur la Standard nomenclature of disease (American Medical Association).

Dans les différents chapitres le classement va toujours du général au particulier : le système ou l'appareil est d'abord étudié dans son ensemble, puis chaque organe en particulier.

La séquence des numéros n'est pas continue et offre de grandes possibilités pour inclure des chapitres dans les domaines nouveaux des sciences médicales.

Une liste spéciale est consacrée au classement des livres du XIXe siècle, selon un schéma encore plus simplifié. Pour les siècles précédents, les livres ne sont pas classés par sujets, mais par ordre alphabétique d'auteurs pour chaque siècle.

Les bibliographies sont classées avec le sujet qu'elles concernent, la cote étant précédée de la lettre Z.

L'index comporte environ 5 ooo termes, dont un assez grand nombre correspondent à des rubriques figurant dans les chapitres non médicaux de la « Library of Congress ».

Bien que cette classification ait été prévue pour la plus grande bibliothèque médicale du monde, elle est facile à adapter aux moyennes et même aux petites bibliothèques, étant donné la simplicité de la notation et ses subdivisions assez larges. En revanche, pour les mêmes raisons, elle convient beaucoup moins à un centre de documentation très spécialisé, à moins d'utiliser les tables mobiles de l'édition préliminaire qui permettent des subdivisions plus précises.

De par sa date récente, la classification de la « National Library of Medicine » correspond mieux que les autres systèmes utilisés précédemment à la conception actuelle de la médecine. Par ailleurs, elle reflète l'esprit pratique des Américains, qui ne cherchent pas à échafauder un système parfait, ni un classement idéal des sciences médicales, mais sont partis du plan pratique et des livres eux-mêmes. Comme l'écrivait C. C. Barnard : « Il faut commencer par les livres eux-mêmes et construire une structure de classification qui leur convienne, plutôt que de construire un schéma théorique dans lequel les livres doivent ensuite se ranger tant bien que mal ».

L'esprit français peut reprocher à ce système un manque apparent de logique : par exemple, à la suite de la suppression de la table A de l'édition préliminaire, les subdivisions générales 1-32 comportent des variantes d'un chapitre à l'autre, mais celles-ci ont été dictées « by the nature of the material ».

Par suite du classement systématique par organe, chaque spécialiste peut également regretter de ne pas trouver réunis les différents aspects de la science qui l'intéresse : les chirurgiens n'aimeront pas devoir chercher la chirurgie gastro-intestinale sous l'appareil digestif ou la chirurgie du cœur sous la cardiologie. Mais cela est inévitable dans tout système de classification.

Un inconvénient peut-être plus grave est le fait que la classification de la « National Library of Medicine » s'intègre dans le schéma général de la « Library of Congress » et oblige ainsi à utiliser les notations de celle-ci pour certains sujets tels que la biologie, la psychologie, la médecine vétérinaire.

Il semblerait préférable de trouver ces chapitres réunis comme dans la classification de Cunningham. Dans l'édition française de la « National Library of Medicine », qui doit paraître prochainement, un chapitre annexe groupera les principales rubriques de la « Library of Congress » qui intéressent les bibliothèques médicales, afin d'éviter autant que possible, d'avoir recours aux tables générales de cette bibliothèque. De plus, pour la première partie de la notation, l'alphabet se trouve réduit aux lettres Q et W.

Mais ce qui fait certainement la plus grande valeur de la classification de la « National Library of Medicine », c'est le fait qu'elle dépend d'un organisme officiel qui possède la plus importante bibliothèque médicale, qui publie l'Index medicus, le Current catalog et qui est, grâce au MEDLARS (Medical literature analysis and retrieval system), le plus grand centre de documentation médicale dans le monde.

Grâce à ce soutien officiel, on peut espérer que les révisions de la classification de la « National Library of Medicine » seront assez fréquentes pour suivre les progrès toujours plus rapides de la médecine, car, quelle que soit la valeur des autres classifications - Boston, Barnard, Cunningham - c'est le manque de révisions fréquentes qui a toujours été le principal inconvénient pour les utilisateurs.

Sans même attendre ces révisions, la « National Library of Medicine » publie régulièrement, sous le titre Notes for medical catalogers, des additions à la classification, indiquant les sujets qui apparaissent ou qui doivent être modifiés (Vol. I, n° I, avril 1965).

De plus, le Current catalog qui, depuis 1966, paraît deux fois par mois et signale les ouvrages médicaux parus dans le monde entier, dans toutes les langues, mentionne pour chacun des ouvrages, non seulement la vedette-matière d'après les MESH (Medical subject headings), mais encore l'indice de classification NLM. Pour les bibliothèques utilisant cette classification, cela représente un gain de temps considérable.

Enfin la « National Library of Medicine » envisage la possibilité d'une union plus étroite entre les MESH et la classification, celle-ci servant de base aux listes par catégories des MESH, et les MESH pouvant servir d'index à la classification. Les mots de l'index seraient alors ceux qui sont utilisés par l'ordinateur dans le MEDLARS.

Ce sont ces diverses considérations qui ont incité la Direction des bibliothèques à recommander en 1965 l'adoption de la classification de la NLM pour les bibliothèques médicales françaises.

Cette classification est également de plus en plus utilisée, non seulement aux États-Unis, mais dans de nombreux autres pays et tend à remplacer les systèmes de classification générale Dewey, LC, CDU et même les classifications médicales plus ou moins périmées, telle que celle de la « Boston medical Library ».

En France elle est adoptée par les bibliothèques de l'Académie nationale de médecine et de la Faculté de médecine de Lyon.

5. - C. A. N. DO.

L'auteur de cette classification, J. Chevallier, a voulu concevoir une classification qui soit « suffisamment simple pour que chaque médecin ou même chaque secrétaire médicale puisse, sans répertoire, connaître et retrouver les principaux appareils ou organes et les principales maladies, explorations, traitements ».

En fait, le C.A.N.DO. (Système de Classement Alpha-Numérique de la DOcumentation médicale), publié en 1965, conçu surtout pour le médecin qui désire constituer ses dossiers de travail, formés en majorité d'articles de journaux, est une classification très détaillée. Son principe s'inspire de la classification de Cunningham. Comme cette dernière, et également comme celle de la « National Library of Medicine », la base est une division anatomique (55).

Le schéma comprend deux parties :

La première partie comporte des rubriques, au nombre de 79, dont les indices sont des groupes de deux chiffres, représentant tous les points de vue sous lesquels l'être humain peut être étudié : études générales, histoire, organisation de la médecine, études sur la morphologie et la physiologie, les moyens d'investigation, les moyens thérapeutiques, la pathologie générale.

La deuxième partie dont les indices sont des groupes de deux lettres, contient les différents substrats des études médicales et considère l'être humain sous ses différents aspects : comme objet physique, comme agglomérat de substances chimiques, comme ensemble de cellules vivantes, groupées en tissus, comme formé de régions et d'organes, étudié dans des circonstances particulières (sommeil, différents âges), ou en fonction de son mode de vie et de ses rapports avec les autres hommes (famille, groupements ethniques).

Si le document concerne à la fois une technique et un organe, le classement se fait toujours de préférence dans le chapitre concernant l'organe ou la région intéressée.

Dans de nombreux cas, les idées représentées par les groupements de deux lettres et de deux chiffres nécessitent des subdivisions qui sont alors exprimées par des lettres minuscules, suivies quelquefois d'un autre chiffre.

Première partie :
I - Études générales sur la médecine.
2 - Histoire, littérature, arts et sciences, philosophie et religion, documentation médicale.
3 - Organisation et enseignement de la médecine.
4 - Médecine et vie sociale.
5 - Médecine légale.
6 - Médecine dite populaire, médecine non conformiste, charlatanisme.
7 - Physique et biophysique.
8 - Chimie et biochimie.
9 - Biologie générale et comparée, anthropologie.
10 - Croissance.
II - Biologie et pathologie animales et végétales.
12 - Germes infectieux, parasites.
13 - Virologie.
14 - Bactéries.
15 - Parasitologie.
16 - Anatomie.
17 - Embryologie.
18 - Physiologie des organes et appareils; métabolisme des composants de l'organisme.
19 - Histologie et histophysiologie.
20 - Technique des investigations; diagnostic.
21 - Séméiologie générale; examen clinique.
22 - Explorations instrumentales.
23 - Radiologie et radiodiagnostic.
24 - Électrodiagnostic.
[25 ne figure pas]
26 - Laboratoire : techniques d'exploration d'un organe ou appareil.
27 - Laboratoire : exploration fonctionnelle.
28 - Laboratoire : signes biologiques d'une maladie.
29 - Enregistrement, reproduction, représentation, données mathématiques, statistiques.
30 - Hygiène, médecine préventive.
31 - Hygiène alimentaire, diététique.
32 - Pharmacologie, thérapeutique.
33 - Physiothérapie, réhabilitation, ergothérapie, psychothérapie.
34 - Hydroclimatologie, crénothérapie, traitements spéciaux.
35 - Anesthésiologie, techniques de potentialisation.
36 - Pansements, soins pré, per et post opératoires, transfusion et réanimation, oxygénothérapie.
37 - Méthodes orthopédiques et mécaniques.
38 - Chirurgie (sauf plasties et greffes).
39 - Thérapeutiques substitutives : plasties, greffes, prothèses (à l'exception des moyens médicamenteux).
40 - Pathologie générale et comparée.
[41 ne figure pas]
42 - Anatomie pathologique.
43 - Nosologie.
44 - Médecine expérimentale.
45 - Pathologie humaine (pathologie médicale et chirurgicale; les états pathologiques, leur évolution, leur pronostic).
46 - Symptômes pathologiques.
47 - La douleur (modalités, mécanisme, traitement).
48 - Syndromes pathologiques.
49 - L'inflammation, les syndromes inflammatoires, la suppuration.
50 - Allergie et immunologie.
5I - Intoxications.
52 - Pathologie infectieuse et parasitaire; étude générale.
53 - Maladies virales (ou probablement d'origine virale).
54 - Maladies bactériennes.
55 - Maladies parasitaires.
56 - Tuberculose.
57 - Agression par les agents physiques.
58 - Traumatologie (y compris micro-traumatismes et corps étrangers).
59 - Étude générale des agressions exogènes et de leurs conséquences.
60 - Tumeurs.
61 - Tumeurs bénignes et hyperplasies.
62 - Tumeurs malignes. Cancer.
63 - Tumeurs spéciales.
64 - Maladies kystiques, pseudo-kystiques, polykystiques.
65 - Accidents vasculaires et pathologie vasculo-nerveuse.
66 - Sténoses et obstructions, compressions, volvulus, torsion, invagination.
67 - Dilatations, diverticules, mégasplanchnie des organes creux.
68 - Ulcères, fissures, fistules, perforations.
69 - Troubles de la statique et de la cinétique, déformations acquises.
70 - Maladies héréditaires (consanguinité, gènes létaux).
71 - Anomalies congénitales.
72 - Pathologie de la croissance et de la maturation des tissus, organes et appareils.
73 - Pathologie fonctionnelle : troubles par excès.
74 - Pathologie fonctionnelle : troubles par défaut.
75 - Dysfonctionnement.
76 - Pathologie par surcharge, lithiase.
77 - Pathologie par carence.
78 - Pathologie dysmétabolique, amylose.
79 - Pathologie dégénérative.

Deuxième partie :
A - Caractéristiques générales, propriétés physiques et constituants élémentaires de l'organisme humain.
B - Appareil locomoteur et rhumatologie.
C - Tête et cou. (Sauf rachis et nuque)
D - Rachis et régions dorsales.
E - Thorax, diaphragme, sein.
F - Abdomen, pelvis, péritoine.
G - Membres.
H - Dermatologie.
J - Appareil cardio-vasculaire.
K - Appareil respiratoire.
L - Tube digestif. (Sauf stomatologie)
M - Glandes digestives.
N - Hématologie.
P - Endocrinologie. (Sauf glandes génitales).
R - Appareil urinaire et appareil génital mâle.
S - Appareil génital : étude d'ensemble; gravido-puerpueralité.
T - Gynécologie.
U - Neuropsychisme.
V - Système nerveux.
W - Stomatologie.
X - Oto-rhino-laryngologie.
Y - Ophtalmologie.
Z - Terrain et médecine.

Exemples de subdivisions :
JA - Appareil cardio-vasculaire.
JB - Cœur.
JB 47 - Angine de poitrine.
JH - Péricarde.
JM - Artères.
JM 65 p - Anévrysme artériel.
JT - Veines.
JT 65 j -Phlébite.

Les groupements, et ceci est important, ont une signification spécifique et constante. Ainsi le chiffre 69, qui désigne les déformations acquises, permet de classer les scolioses lorsqu'il suit les deux lettres désignant le rachis, les rétroversions lorsqu'il est juxtaposé aux deux lettres désignant l'utérus, ou la ptôse rénale lorsqu'il suit le groupement qui représente le rein.

Le C.A.N.DO. est un système de classification qui a le mérite d'avoir été élaboré par un médecin; il représente une synthèse de la pathologie médicale et de l'ensemble des problèmes médicaux, en une construction harmonieuse; il est actuel; il est satisfaisant par la logique de ses groupements; il a l'avantage d'être la seule classification médicale de langue française; enfin il a été étudié pour être éventuellement adapté, sans modifications profondes, à un système de sélection mécanique ou électronique. Son index est particulièrement détaillé (20 ooo mots environ).

Mais il a été conçu dans l'optique du classement des articles et des dossiers médicaux, plutôt que des livres, si bien qu'il est mieux adapté aux besoins des services de documentation, qu'à ceux des grandes bibliothèques, en particulier des bibliothèques universitaires. C'est plutôt un schéma idéal qu'un schéma fondé sur une collection de livres médicaux.

Par ailleurs, il est l'œuvre d'un seul auteur et n'est pas soutenu par un organisme officiel. Le problème de sa mise à jour se pose en un temps où la médecine est en pleine évolution.

Le C.A.N.DO est utilisé à la bibliothèque de la clinique de rhumatologie de l'hôpital Cochin.

C. - Les classifications spécialisées.

A côté de ces grands systèmes de classifications médicales, il existe un certain nombre de classifications pour des domaines limités des sciences médicales, que nous ne mentionnons que brièvement ici :

Cancer. - Classification de Thomson, surtout destinée aux tirés à part (Pickett-Thomson Research Laboratory Fulmer, Stough, Bucks (Angleterre), 1946).

Cardiologie. - Classification très détaillée de Lepeschkin (Université du Vermont) fondée sur la Standard nomenclature of diseases, 1956.

Chirurgie. - Classification de E. Wanderley à l'Université de Recife (Brésil), 1946.

Dentisterie. -Révision par Black de la Classification décimale de Dewey, 1955.

Épilepsie. - Classification internationale des crises d'épilepsie, proposée par la Ligue internationale contre l'épilepsie, in : Epilepsia, 1964, vol. 5, pp. 297-306.

Maladie de Chagas. - Classification très spécialisée de Medeirios-Valeri-Palavra du Service de prophylaxie du paludisme, à Sâo Paulo (Brésil).

Médecine aéronautique. - Classification de Gallohin (Centre d'étude de biologie aéronautique du Service de santé de l'Air), 1950.

Paralysie cérébrale. - Schéma préparé par S. J. Teague (England's Center for Spastic Children), 1956.

Pharmacie. - Classification pharmaceutique élaborée par les Laboratoires Eli Lilly, Indianapolis, 1915.

Psychiatrie. - Classification préparée par J.S.A. Miller pour les hôpitaux psychiatriques à Rockland State Hospital Library, Orangeburg (New York).

Psychologie. - Classification de Loutitt, 1941, à l'Université d'Indiana.

Santé publique. - Classification préparée par la « National Health Library » (National Health Council).

Classification de Sullivan-Hemeon pour l'hygiène industrielle, préparée par l'Industrial Hygiene Foundation du Mellon Institute (Pittsburg), 195I.

Soins infirmiers. - National league for nursing ou Doyle-Casamajor system, préparé à la Bellevue School of Nursing, 1953.

Simmons. Classification of studies of nursing, 1957. Les bibliothèques des écoles d'infirmières considéraient que les autres systèmes ne convenaient pas à leurs fonds qui comprennent des ouvrages spécialisés et d'autres de caractère général. Virologie. - Classification de Chlud à l'Institut d'hygiène de l'Université de Vienne, 1955.

Des bibliothèques ont préféré adopter un système qui leur soit particulier : parmi les plus connus, on peut citer ceux de la New York Academy of Medicine, du College of Physicians and Surgeons de Philadelphie, enfin ceux de nombreuses bibliothèques allemandes.

Ces classifications particulières tendent de plus en plus à être abandonnées, leur mise à jour demandant trop de temps et de personnel.

Récemment, une nouvelle classification a été élaborée par le bibliothécaire de la Rudolph Matas Medical Library de l'Université de Tulane, W. D. Postell (12), destinée surtout aux bibliothèques d'hôpitaux qui n'ont besoin que d'un schéma très simple et n'ont pas de personnel qualifié.

C'est un système décimal, dont les rubriques s'inspirent largement de la classification de la Library of Congress. Il ne suit pas le principe adopté par la National Library of Medicine de grouper les maladies par systèmes.

IV. - Conclusion.

Si de nombreux systèmes de classification se sont succédé au cours des années, faut-il en conclure de façon un peu pessimiste, avec le Dr F. B. Rogers, qu'aucun n'a paru vraiment satisfaisant, de même que lorsque de trop nombreux médicaments existent pour une maladie, c'est qu'aucun d'eux n'a beaucoup de valeur ?

Il est bien évident que toute classification comporte des faiblesses, des lacunes ou des doubles emplois; de plus, étant donné l'évolution actuelle des sciences médicales, elle doit être sans cesse remaniée ou complétée. Il faut aussi que les chercheurs comprennent que la classification d'une bibliothèque de médecine générale ne peut correspondre exactement à leur domaine et représente un cadre auquel ils doivent se plier.

Enfin, la classification ne résoudra pas le problème de la documentation. L'index alphabétique garde tous ses droits et les deux systèmes doivent être utilisés et se compléter l'un l'autre.

Actuellement, dans les bibliothèques françaises où le personnel qualifié est nettement trop peu nombreux, il ne faut pas que l'adoption d'une classification représente une perte de temps disproportionnée par rapport aux avantages qu'elle peut apporter; c'est pourquoi le choix d'un système de classification « large » nous semble préférable.

Il ne faut pas non plus avoir l'ambition de reclasser toutes les collections de nos bibliothèques : les ouvrages antérieurs à une certaine date - et cette date peut être fixée arbitrairement selon l'importance et l'utilisation de la bibliothèque - peuvent rester classés par ordre d'entrée dans un magasin sans libre accès.

Les périodiques seront tout aussi utiles, rangés simplement par ordre alphabétique.

La collection « vivante », en libre accès, peut donc être assez réduite et ne conserver que les ouvrages vraiment utilisés (ouvrages de référence, collection de travail contenant des monographies récentes), renvoyant périodiquement au magasin « clos » ceux qui sont périmés.

Dans ces conditions, quel système de classification faut-il choisir ?

Jusqu'il y a une dizaine d'années, de nombreux articles dans les périodiques de bibliothéconomie médicale, plusieurs colloques et réunions ont été consacrés à cette question (2, 13, 16). Chaque bibliothécaire exposait les avantages ou les inconvénients du système qu'il avait adopté, l'un ou l'autre convenant mieux à tel ou tel type de bibliothèque. Il est curieux de constater que depuis dix ans, on ne parle pratiquement plus de classifications médicales. Les avantages offerts par la « National Library of Medicine » ont certainement encouragé les nouvelles bibliothèques à adopter son système; celles qui avaient une classification trop ancienne et qui disposaient d'un personnel assez nombreux et de crédits suffisants pour envisager une reclassification, ont généralement choisi aussi la « National Library of Medicine ».

Le problème principal reste en effet celui de la mise à jour régulière du système de classification. Lorsque ce travail peut être fait par un organisme central, comme la « National Library of Medicine » c'est certainement pour le bibliothécaire une sécurité et un gain de temps particulièrement appréciables. Si cet organisme central diffuse rapidement le catalogue des ouvrages avec l'indice de la classification, comme le fait actuellement le Current catalog, c'est encore bien du temps de gagné, au lieu de répéter ce même travail dans chaque bibliothèque.

Aussi, malgré la satisfaction que peut donner au bibliothécaire l'emploi d'une classification adaptée aux caractéristiques de sa bibliothèque, à la mentalité de ses lecteurs, l'adoption d'un système international est peut-être la solution de sagesse.

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Classification de Barnard (1/3)

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Classification de Barnard (2/3)

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Classification de Barnard (3/3)

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Classification de la National Library of Medicine