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Compte rendu des journées franco-belges

Du 16 au 20 octobre eurent lieu, en Belgique, organisées par le service des Bibliothèques Publiques au Ministère belge de la Culture, des journées franco-belges auxquelles, sous la conduite de M. Caillet, Inspecteur général des bibliothèques, participèrent douze bibliothécaires français, responsables de bibliothèques municipales et de bibliothèques centrales de prêt.

Le but de ces journées était double :

I° faire connaître dans le domaine de la lecture publique les réalisations belges;

2° approfondir les contacts, entre bibliothécaires des deux pays, établis au cours de réunions précédentes : colloque de Namur, journées de Lille.

Grâce à un emploi du temps précis, à un choix fort bien fait des points à visiter, un voyage circulaire permit aux participants d'étudier le fonctionnement des bibliothèques de lecture publique et des organismes suivants, énumérés dans l'ordre du circuit.
- Tournai : bibliothèque communale,
- La Louvière : centre culturel du Hainaut.
- Charleroi : bibliothèque communale.
- Namur : maison de la culture.
- Liège : services éducatifs de la province et bibliothèque municipale pour la jeunesse de Droixhe.
- Wavre : centre de lecture publique de l'État.
- Anderlecht : centre intellectuel.
- Uccle : bibliothèque publique libre du Rosaire.
- Malines : bibliothèques publiques.
- Anvers : bibliothèques publiques.
- Renaix : bibliothèque communale.

Cette sèche énumération n'exprime absolument pas la richesse de ce voyage qui peut se résumer autour de trois points :

1° la visite de bibliothèques construites récemment (Charleroi, Droixhe (dans la banlieue de Liège), Anvers (annexe), Renaix, sans compter l'imposant ensemble de la Bibliothèque royale) a fait découvrir aux bibliothécaires français des réalisations fort intéressantes;

2° l'organisation d'une bibliothèque à l'échelle des provinces, assurée par des services tels que le Centre culturel du Hainaut, les Services éducatifs de la province de Liège, le Centre de lecture publique d'État de Wavre, a montré l'intérêt des réseaux d'annexes et de stationnements de bibliobus. Ces derniers, qu'ils soient communaux, provinciaux ou d'État, pratiquent presque tous le libre accès du public aux rayons;

3° il convient de noter enfin la « passion » que les bibliothécaires belges ont pour la lecture publique, aidés, il faut le souligner, par une importante aide de l'État, des provinces et des villes.

A titre d'exemple, des agglomérations comme Malines, 65 ooo hab., Anvers, 247 ooo hab., ont consacré respectivement à leur bibliothèque :

Malines en 1966 :

6 500 ooo fr. belges (soit 650 ooo F français actuels).

100 fr. belges par hab. (10 F français),

dont 1 400 ooo fr. belges pour l'achat de livres et de disques (140 ooo F français);

Anvers en 1967 :

29 194 000 fr. belges (soit 2 919 400 F français).

117 fr. belges par hab. (II,70 F français par hab.),

dont 4 490 000 fr. belges d'achats de livres, (449 ooo F français).

Il est impossible de citer dans le cadre de cet article les multiples idées techniques glanées tant dans les visites que dans les échanges d'idées avec les bibliothécaires belges, quelques-unes sont données ci-dessous :
- la norme de renouvellement d'un fonds de lecture publique est la suivante : tous les ans, I/20 du fonds doit être éliminé, ce qui aboutit à un renouvellement complet en vingt ans. Cet effort de rajeunissement s'accompagne d'ailleurs presque dans tous les établissements visités d'un souci remarquable de présentation des livres;
- la caisse ambulante pour le prêt dans les hôpitaux et les asiles, réalisée à Anvers, a été particulièrement remarquée.

Dans les bibliobus, une installation de micros et haut-parleurs permet d'annoncer l'arrivée du car. Il n'y a pas de cabine pour le chauffeur; le siège de ce dernier est pivotant et est utilisé pour le bureau de prêt, qui est ainsi placé à l'avant du car.

En ce qui concerne les bibliothèques d'enfants, les bibliothécaires français ont relevé divers systèmes de bacs à albums, le tapis de lecture, très répandu, la planchette fantôme, illustrée de façon amusante pour frapper son esprit, que l'enfant met à l'emplacement du livre qu'il consulte.

La séance plénière au Ministère de la Culture, sous la direction de M. Hicter, Directeur général de la Jeunesse et des Loisirs pour la section d'expression française, permit un échange très fructueux d'opinions sur les problèmes qui se posent actuellement à tous les bibliothécaires : rôle du bibliothécaire face à l'animation culturelle, les maisons de jeunes, les grands ensembles, pour lesquels il est infiniment regrettable qu'aucun moyen législatif ne contraigne les promoteurs à créer un équipement culturel, la lecture des adolescents, les discothèques de prêt, leur place dans les bibliothèques, l'automation, la formation professionnelle.

Deux haltes rappelèrent aux bibliothécaires que l'histoire du livre faisait partie de leur formation. C'est ainsi qu'il leur fut possible, grâce à l'obligeance de M. Liebars, Conservateur en chef de la Bibliothèque royale de Belgique de visiter l'exposition consacrée à la « Librairie de Bourgogne » où les plus beaux manuscrits ayant appartenu à Philippe le Bon étaient présentés. La seconde halte fut la visite à Anvers du Musée Plantin-Moretus où M. Voet, Conservateur en chef, fit revivre pour eux la vie et l'activité de ce grand imprimeur et de ses descendants.

Au-delà de ces quelques notes techniques, il convient de souligner la chaleur avec laquelle fut reçue partout la délégation française ainsi que les attentions (concert de carillon à Malines, réceptions, etc.) dont elle fut l'objet. Il est impossible de citer tous ceux qui, au cours de cette semaine, accueillirent avec une particulière sympathie les bibliothécaires français, mais cette brève relation ne serait pas complète si elle ne se terminait pas par l'expression de la profonde gratitude de ceux qui bénéficièrent durant ces journées de leur compétence et de leur amitié.