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Expérience de télécatalogage à la Bibliothèque de l'École des Mines de Paris, et aperçus de télédocumentation 1964 - 1967

Yvette Enjolras

I. - Quelques précisions et définitions préliminaires et synthèse de l'article ci-dessous

Une évidence fut à l'origine de mon idée : la solitude [peut être créatrice mais l'équipe est réalisatrice. En « information » le téléimprimeur peut être un instrument de choix pour établir les liens nécessaires à la formation d'une équipe dont les membres sont localisés dans l'espace à travers le monde entier. Notre époque exige de dépasser notre sphère de travail réduite à nos divers organismes pour s'ouvrir au plan national et international. Le téléimprimeur le permet aisément et franchit les distances non seulement dans l'espace mais aussi dans le temps par sa « rapidité » incontestable.

Pour clarifier la suite de cet exposé je définirai dès maintenant les notions de télécatalogage et de télédocumentation - Je préciserai ces définitions générales dans la suite de l'article.

Le télécatalogage est :

I° un perfectionnement de la recherche documentaire artisanale sur fiches par la division du travail coordonné entre divers centres; il résout le problème de la multigraphie automatique, et il permet la fabrication matérielle de fiches;

2° une préparation directe à la recherche documentaire automatique par l'entrée en ordinateur des bandes perforées par l'intermédiaire de lecteurs de bandes. Ces bandes sont fournies automatiquement et de manière synchrone avec le texte documentaire en clair.

La télédocumentation est :

I° un perfectionnement de la recherche documentaire automatique par la division du travail coordonné entre plusieurs centres;

2° une préparation à la recherche documentaire automatique par l'entrée en ordinateur de bandes perforées.

Ce qui différencie ces deux expériences, et donc caractérise le télécatalogage, est le souci de maintenir la recherche documentaire artisanale sur fiches, tout en préparant l'entrée en ordinateur. Il s'agit d'assurer ses arrières en maintenant le passé tout en avançant sur le terrain Automatisation. Cette dernière est encore, en 1967, une « aventure » elle me semble donc devoir posséder deux qualités indissociables pendant quelques années : audace et prudence.

On trouvera dans les pages qui suivent le développement des points ci-dessous :
- Genèse de l'étude.
- Étapes du télécatalogage.
- Applications pratiques.
- La télédocumentation. Quelques aperçus.
- Conclusions.

II. - Genèse de l'étude

I-I. Origine de cette étude.

Il s'agit en réalité d'une réflexion personnelle prolongée, à travers quinze ans de vie professionnelle, où j'ai expérimenté concrètement les problèmes posés successivement par la gestion d'une bibliothèque municipale de province, la création et la gestion d'une bibliothèque de grande école à Paris, la gestion de la Bibliothèque de l'École des mines.

Dès 1964, cette dernière fonction m'a permis de saisir avec plus d'acuité, si possible, la nécessité urgente où nous sommes de tenter de résoudre les problèmes suivants :

a) Coordination entre nos organismes (bibliothèques, centres de documentation) :
- par une division du travail;
- suivant une méthode logique et réaliste;
- en respectant l'autonomie de chacun.

Cette coordination doit permettre de résoudre les problèmes suivants :
- éviter les doubles emplois;
- diviser le travail de recherche et de rédaction de la partie invariable de la notice bibliographique;
- respecter les systèmes de classification matière de chaque organisme.

b) Maintenir et poursuivre la rédaction de nos catalogues sur fiches tout en préparant la documentation automatique de manière synchrone.

Je souligne ici ma conviction profonde que, pour un temps indéterminé, il est prudent et nécessaire de poursuivre nos catalogues sur fiches parallèlement aux « listings » et aux réponses des ordinateurs.

c) Faire face aux décentralisations éventuelles de nos bibliothèques et de nos centres de documentation, ou à une dispersion géographique d'organismes ayant même vocation documentaire.

Les centres étant reliés entre eux par téléimprimeur, il devient possible d'obtenir de manière synchronisée par liaison télégraphique la reproduction multigraphique automatique des fichiers des participants du réseau (pendant un an j'ai connu l'expérience de la décentralisation de ma Bibliothèque et je sais ce qui se passe comme beaucoup d'entre nous, dans ces cas-là).

1-2. Idées de base de cette étude.

L'information est une science qui exige une méthodologie et une linguistique, mais :
- elle demeure toujours liée au hasard, à l'inconnu et par là elle n'a qu'une exhaustivité incomplète ;
- la recherche documentaire ne doit donc pas viser à l'exhaustivité mais à la sélection exhaustive ;
- cette sélection exhaustive exige un travail d'équipe, une coordination méthodique ;
- ce travail sera d'autant plus fructueux qu'il regroupera des équipes de spécialistes qui doivent aller non vers une dispersion de la recherche mais au contraire vers une concentration;
- la rapidité du progrès, pour les organismes d'étude, met en relief la notion du Temps et l'information se dévalue, d'une certaine manière, avec le temps;
- enfin le progrès de la mécanisation et de ses applications documentaires, ne doit pas pour autant nuire à nos libertés et nos indépendances de structure et de pensée... Rien ne se crée si on étouffe cette vitalité individuelle ou collective, source du progrès;
- pour résoudre des problèmes techniques concrets il est préférable de partir des « bases expérimentales », cellules de travail, qui doivent quotidiennement résoudre les problèmes concrets dans le cadre précis d'un local, d'un personnel et d'un budget - Ensuite seulement si les problèmes de base sont résolus, il est plus aisé de trouver les solutions aux échelons régionaux, nationaux et internationaux. Les bibliothèques et les centres de documentation sont ces « bases » avec leurs modalités et leurs exigences propres, fonction à la fois des chercheurs et du document.

III. - Étapes du télécatalogage : 1964 - décembre 1967

I-I. Matériel utilisé :

- 1 téléimprimeur électronique émetteur-récepteur type S P E équipé d'un coffret d'alimentation type C 1 m 7 et d'une table support Sagem;
- 1 programmeur télégraphique type C P P Sagem;
2 enrouleurs bande perforée }
- accessoires 2 - papier page Sagem.
{2 dévidoirs bande perforée
- rouleaux de bande à perforer Sagem;
- rouleaux de papier Borgeaud;
- 1 appareil massicotage automatique Prin;
- 1 appareil à plastifier.

I-2. Financement du système en 1967 (à la date du Ier décembre 1967) :

Cet aspect budgétaire de l'opération Télécatalogage étant, pour chacun de nous, d'une importance primordiale, je me permets de l'insérer dès le début de l'exposé de l'expérience.

Matériel de base Sagem :
Téléimprimeur avec perfo ..................... 10 160 F h.t.
Programmeur ................................ 5 800 F h.t.
Coffret d'alimentation ......................... 1 425 F h.t.
2 meubles support ..... 1 120 F h.t.
Total : 18 505 F h.t.

Ce matériel peut être utilisé suivant deux formules en location ou par achat :

a) Réseau Télex P.T.T., y compris location et entretien : environ 370 F par mois auxquels il faut ajouter le montant des communications. Dans cette solution il n'y a pas à acheter un téléimprimeur mais à le louer aux P.T.T., ce qui réduit le matériel à acheter à :
- 1 programmeur
soit : 5 800 F h. t.

b) Liaison télégraphique spécialisée entre deux ou plusieurs points précis.

Elle nécessite l'achat de tous les appareils auquel il faut ajouter la location de la ligne qui varie entre 80 F et 2 400 F par mois suivant la distance.

Ex. : (80 F : Paris -> Paris);

(2 400 F : Paris ->; Marseille).

Pour cette solution il faut ajouter les frais d'entretien Sagem : environ 360 F par trimestre.

Dans les deux cas il faut ajouter le prix des accessoires et des fournitures nécessaires au fonctionnement :
- 1 rouleau de papier-bande de 65 m vaut de 1,80 F à 2,80 F;
- 1 rouleau de bande à perforer de 260 m vaut 3,20 F;
- 1 rouleau encreur vaut 3, 30 F.

En résumé, le télécatalogage entraîne des dépenses de base minimes d'appareillage qui évoluent entre, environ :
6 ooo F et 20 ooo F suivant le choix du réseau.

1-3. Qualification du personnel :

Les appareils cités plus haut sont d'un maniement tout à fait simple. Notre expérience le prouve aisément.

Les premières démonstrations publiques du télécatalogage ont été présentées par deux jeunes bibliothécaires de mon service : Mme de Guyenro et Mlle Chauveau, l'une et l'autre ont passé une matinée d'apprentissage chez Sagem. Leurs successeurs - Mme Gaillemin et Mlle Font - dès leur nomination à l'École n'ont pas mis plus de temps. Il est à noter que mes quatre adjointes ci-dessus nommées sont bibliothécaires et certaines, nouvelles venues, n'avaient pas l'habitude de taper à la machine tous les jours.

I-4. Local utilisé :

Le peu de place dont nous disposons tous, en général, dans nos services m'incite à signaler ici que :

le téléimprimeur et le programmeur occupent chacun la place d'un bureau de dactylo.

I-5. Cinq grandes étapes :

Je pensais, en 1964, qu'il nous faudrait cinq ans avant de pouvoir songer à faire un bilan de l'opération. Nous sommes au seuil de la cinquième année et voici les cinq grandes étapes de cette recherche jusqu'à ce jour.

- Première étape : (durée 6 mois).

Période de recherche et mise au point du Ier janvier 1964 au Ier juillet 1964 :
- adaptation technique d'un téléimprimeur électronique aux besoins particuliers de nos organismes;
- prototype d'un massicot automatique;
- recherches d'adaptation technique d'un appareil de plastification.

- Deuxième étape : (durée : 1 an).

Période d'achat des appareils et d'élaboration personnelle du système avec l'aide très efficace de la Direction de l'École des mines, du 2 juillet 1964 à juin 1965.

- Troisième étape : (durée : 1 an).

Mise en route administrative et étude technique approfondie de l'opération.

- Accord du B.R.G.M. - de juin 1965 à juin 1966.

- Quatrième étape : (durée: 3 mois).

Entrée en liaison télégraphique de l'École des mines et du B.R.G.M.

Période d'essais de fonctionnement mécanique et télégraphique du 20 juin 1966 au 6 octobre 1966.

- Cinquième étape : (durée : 1 an environ).

Période de fonctionnement réel du 6 octobre 1966 à ... aujourd'hui (janvier 1968).

Ceci donne un aperçu du temps qu'il faut prévoir pour la mise en route d'un système nouveau.

Au cours de ces étapes nous avons eu à résoudre les problèmes suivants :

I-5,I. Problèmes techniques et mécaniques de base : ils étaient résolus le Ier juillet 1964.

I° Trouver un papier-page (rouleau télex), plus fort et plus beau que celui des téléimprimeurs habituels, pouvant convenir à la machine.

2° Transformation du papier-page en fiches.

3° En fiches de tous formats et de perforations diverses ou non perforées (problème résolu par le prototype du massicot automatique).

4° Insertion des fiches obtenues dans un catalogue formé de fiches-bristol (problème résolu par plastification).

5° Indépendance des éléments variables des fiches (cotes, mots-matières, etc.) nécessitée par l'autonomie et les traditions de chaque organisme et de ses fichiers (problème résolu par la touche 32 du programmeur).

1-5,2. Fonctionnement du télécatalogage et problèmes particuliers à l'expérience entre la Bibliothèque de l'École des mines et le Département information du B.R.G.M.

- a) Différences entre les deux organismes :

Mieux que des phrases, le bref tableau ci-dessous permet de se rendre compte des « personnalités documentaires » de chaque organisme et de leurs différences.

le problème d'échange était donc difficile.

- b) Répartition des périodiques à dépouiller :

Ces échanges ont porté sur un choix de 60 titres de périodiques reçus en commun chez les deux organismes. Mon idée originelle était la répartition des périodiques à dépouiller afin d'éviter la juxtaposition des travaux parallèles par des organismes aux préoccupations scientifiques proches.

Dans l'expérience actuelle, nos deux organismes se sont mis d'accord pour cette répartition. A l'École des mines, avant le télécatalogage, les 60 périodiques choisis étaient dépouillés, de manière exhaustive et intégrale par nous, et à partir de nos échanges nous avons assumé seulement le dépouillement de 30 revues chacun, les travaux étant reçus dans les deux organismes.

Les décisions ayant trait à cette répartition furent faciles et sans discussion. Cette répartition et division du travail faut que deux organismes (ou plusieurs), jusqu'alors travaillant en vase clos, deviennent ainsi complémentaires.

La résolution des problèmes techniques posés par ces échanges et cette répartition se fait de la manière suivante :

Les 30 titres dépouillés et donc catalogués par l'École des mines, ce catalogage sera transmis électroniquement au B.R.G.M. et réciproquement or, toute fiche signalétique est formée d'une partie invariable (corps de la notice) et d'une partie variable (vedettes, auteurs et matières) - Le télécatalogage grâce à « la touche 32 » du programmeur (32e combinaison possible qui ne perfore pas et bloque la machine au repassage de la bande) permet à chaque organisme de conserver ses vedettes matières (l'École des mines garde ses vedettes matières analytiques, le B.R.G.M. ses vedettes matières alpha-numériques).

- c) Transcodage des mots matières :

L'École des mines et le B.R.G.M. ayant deux classifications matières différentes, il fallait transcoder.

A l'École des mines, les papier-pages télex, portant en clair les fiches du B.R.G.M. et donc leurs indices alpha-numériques, sont confrontés avec le fascicule de codification alpha-numérique du B.R.G.M. donnant les mots matières correspondants. L'expérience prouve qu'au début du fonctionnement il faut compter avec le temps passé au transcodage mais que la connaissance et l'habitude des indices B.R.G.M. permettent à mes adjointes d'aller de plus en plus vite et ce travail n'est presque plus gênant pour nous à l'heure actuelle.

Dans le cas de télécatalogage existant entre deux organismes récents, ou à l'intérieur d'un même organisme décentralisé, ou encore en partant d'un lexique de mots clés commun, il est évident que le transcodage disparaît.

Le catalogage transmis à distance par téléimprimeur électronique (ou télécatalogage) et échangé entre deux ou plusieurs organismes peut exister suivant autant de modalités qu'il y a d'organismes.

- d) Transformation des bandes de papier-page en fiches :

Ce problème fut résolu grâce au prototype du massicot automatique Prin. Ce massicot découpe (à raison d'environ 50 fiches à la minute) les bandes télex imprimées et plastifiées en format 100 × 150 perforé échancré. Il pourait aussi découper les bandes en format 75 X 125 perforées ou non.

Les échanges entre l'École des mines et le B.R.G.M. se faisant entre deux formats différents, nous avons résolu le problème en faisant imprimer sur les bandes télex des repères suivant le 75 X 125 dans le 100 X 150, et l'École des mines a cadré son texte suivant le format B.R.G.M.

- e) Multigraphie automatique des fiches :

Ce problème résolu, par ailleurs, par d'autres appareillages connus par tous, l'est évidemment de manière très simple sur nos machines Sagem grâce aux bandes perforées. Il l'est cependant de manière particulière car les autres appareillages étant uniquement « en local » ne peuvent fournir à un organisme le travail du voisin et à plus forte raison sa multigraphie, alors que le télex permet à chaque organisme de bénéficier des fiches des autres centres en clair et sur bandes perforées. La multigraphie a donc autant de sources que d'organismes connectés, ce qui entraîne pour chacun une efficacité proportionnelle au nombre de ces organismes.

- f) Utilisation des bandes perforées pour l'entrée en ordinateur :

A l'École des mines nous conservons, pour l'instant, nos bandes perforées. Nous avons pu remettre dernièrement notre stock à l'ingénieur, chef du Centre de calcul de l'École.

Nos bandes ont été très récemment passées en ordinateur par l'intermédiaire d'un lecteur de bandes I.B.M. Notre expérience à l'École des mines, de documentation automatique est donc, pour l'instant, plus à l'état de gestation que d'expérimentation et nous en reparlerons en temps utile.

- g) Chronométrage d'un échange :

Temps d'élaboration :
fiche principale, moyenne : 3 minutes
fiches secondaires, - : 1 minute par fiche.

Temps d'émission par bande perforée pour 1 fiche :
E.M. -> B.R.G.M : 1 minute
B.R.G.M. -> E.M. : 1 minute 1/2 (cause : présentation des fiches).

- h) Documents de travail établis à l'École des mines.
I° 1 diagramme du système.
2° 1 notice de fonctionnement sur programmeur; téléimprimeur.
3° 1 notice sur touche 32
4° 1 tableau comparatif des abréviations - B.R.G.M. - C.N.R.S. - World list.
5° 1 liste par ordre alphabétique de mots matières, géologie et disciplines annexes.
6° 1 liste de répartition des périodiques (E.M. - B.R.G.M.).
7° 1 document - exemple sur préparation des fiches et multigraphie à E. M.
8° 1 fichier des périodiques dépouillés par E.M. - B.R.G.M.
9° 1 création de fichiers de nouvelles vedettes.

- i) Intercalation unique. - Polyconcentration du catalogue et des informations.

Le respect, possible, des classifications matières adoptées par chaque organisme permet dans chaque fichier une seule intercalation issue de plusieurs sources de documentation.

1-6 : Bilan provisoire du télécatalogage à l'École des mines :

1. Gain de temps à cause de la répartition du travail entre plusieurs au lieu d'un seul.
2. Les problèmes de mutltigraphie automatique en local et distance sont résolus.
3. Du fait de la synchronisation du travail, les distances géographiques n'existent plus.
4. Malgré ce travail d'équipes, il y a possibilité de corrections et de mises à jour sur fiches et sur bandes perforées.
5. Il est désormais possible de fabriquer nos fiches, par nous-mêmes, selon nos besoins en partant de nos travaux établis sur papier-bande.

6. Dans les cas où le transcodage des mots matières s'avérerait, à l'usage, une perte de temps, il demeure certain qu'il y a pour tous les cas, un gain de temps pour l'établissement de la notice bibliographique dans sa partie invariable et commune à tous (fiche de base).

7. Le personnel qui a participé à l'expérience est le suivant :

École des mines : 1 bibliothécaire à mi-temps
I documentaliste à mi-temps
B.R.G.M. : 3 dactylos à plein temps
(qui font d'autres travaux)
2 ingénieurs indexeurs
(qui participent à d'autres travaux).

8. Cette expérience doit être considérée comme un essai, un rodage. Elle demeure cependant dès maintenant positive. Les problèmes de répartition et de transmission de l'information documentaire semblent désormais résolus quant à leur liaison avec les catalogues sur fiches. Il nous reste à entrer dans la phase opérationnelle, c'est notre objectif immédiat pour 1968.

Il est juste cependant de signaler que par suite d'une nouvelle optique (tout à fait sympathique d'ailleurs) sur le travail documentaire, le Département information du B.R.G.M. a décidé de s'orienter vers une documentation entièrement automatique. L'expérience en cours bilatérale ayant été orientée au départ sur le télécatalogage et non sur la télédocumentation, nous l'avons poursuivie.

Le B.R.G.M. a bien voulu la continuer malgré ses intérêt profonds devenus totalement divergents. Je tiens ici à lui témoigner mes remerciements pour avoir accepté d'être encore notre correspondant malgré ses options nouvelles. (Voir tableau ci-après.)

Il est bien évident que pour mener à bien, efficacement pour tous, une expérience bilatérale ou multilatérale, il y a au départ un minimum d'objectifs communs à poursuivre qui doivent être maintenus.

Il est nécessaire de savoir si on veut des fiches ou des « listing » ou les deux; si on fait du télécatalogage ou de la télédocumentation; si on veut une documentation signalétique ou analytique et par conséquent si l'on a la participation d'une équipe d'ingénieurs analystes-indexeurs ou non. Ces points sont fondamentaux et doivent être vus au départ.

Il n'en est pas moins certain que même dans le cas de bifurcation d'options en cours d'essai, l'expérience demeure positive à l'École des mines qui va d'ailleurs en 1968 mettre en application cet essai concluant pour son propre compte.

IV. - Applications pratiques

M. Laffitte, Directeur-adjoint de l'École des mines, écrivait sur notre expérience en juillet 1964 :

« Comment libérer des milliers de bibliothécaires, documentalistes etc., de la partie inutile de leur travail que constitue la rédaction et la frappe de documents qui sont déjà rédigés et tapés plusieurs centaines de fois en d'autres lieux ? La première idée qui vient à l'esprit est une centralisation : rédaction, impression et diffusion en milliers d'exemplaires des « fiches » par une bibliothèque centrale; dépouillement d'articles et analyse par un organisme central de documentation... »

... « A l'École des mines de Paris, nous avons poussé nos recherches vers une solution qui, par contraste avec l'idée directrice précédente, peut être qualifiée de décentralisée, collégiale et démocratique. »

On ne peut pas mieux s'exprimer pour préfacer les « applications pratiques » de cette expérience.

Au préalable, je désire donner mon avis sur le choix des liaisons télégraphiques.
- Pour la commodité de l'essai, j'ai opté pour une liaison télégraphique spécialisée limitée entre B.R.G.M.-Orléans et Paris-E.M.
- La liaison télégraphique spécialisée est à retenir éventuellement dans des cas précis, dans un réseau étroit et fermé, sans ouverture à prévoir.
- Il me semble, en général, préférable de choisir le « Réseau Télex », à cause de son ouverture mondiale. Les appareils Sagem sont utilisés par les P.T.T. et notre expérience télédocumentaire est donc de toutes manières utilisable dans les deux cas.

1-7. Applications pratiques du télécatalogage conduisant à la documentation par ordinateur.

Toutes les applications précédentes sont possibles à deux niveaux synchrones : poursuite ou création d'un fichier et entrée en ordinateur. Le télécatalogage étant une transmission de catalogage par téléimprimeur émetteur-récepteur au moyen de bandes perforées (ordinateur) et de papier-bande conçu pour être transformé en fiches de formats et de perforations diverses sur lesquelles est inscrit le texte en clair de la notice catalographique du document, nous avons donc deux aboutissements concrets possibles, et comme je le disais au début de l'exposé, en maintenant nos fichiers traditionnels nous préparons l'avenir. En annexe des diverses possibilités offertes, il y aurait, à mon avis, un terrain fort utile à explorer et qui serait les connexions possibles avec la microfiche.

V. - La télédocumentation. Quelques aperçus

On voudra bien se reporter à la définition préliminaire que j'ai donnée du mot « télédocumentation ».

A l'École des mines, depuis le Ier janvier 1964, tous nos efforts ont porté sur le « Télécatalogage », mais M. Laffitte, dans son article de juillet 1964 l'avait intitulé « Les études de télédocumentation et télécatalogage à l'École des mines de Paris » et j'avais noté dans ma première circulaire de juillet 1964 qu'un de mes objectifs était de « préparer le travail bibliographique et documentaire d'avenir sur ordinateur ».

En « télédocumentation » un simple schéma montrera ce que nous entendons réaliser en ce domaine en prenant un exemple entre autres possibilités.

- Le but essentiel est l'entrée en ordinateur d'une information qui pourrait être très spécialisée ou complémentaire issue de deux ou plusieurs organismes connectés.

- Le texte en clair sur papier-bande peut être utilisé ou non. S'il est utilisé il sera alors transformé en fiches correspondant aux mots-clés, et ce fichier est alors indépendant de tout catalogue déjà constitué et servira essentiellemnt d'instrument de travail en vue d'une coordination des mots-clés. Nos machines Sagem en sortant texte et perforation, permettent le cumul par une seule frappe, du travail d'une dactylo et de celui d'une perforatrice, ceci en local ou en diffusion. Il y a donc une économie de personnel et une possibilité de concentrer dans le service d'information tous les travaux documentaires, au bénéfice d'une unification intellectuelle et d'un allègement de personnel au centre de calcul puisque les télex suppriment la nécessité d'envoyer le travail aux perforatrices des centres de calcul.

VI. - Conclusions

Il est bon de s'élever au-dessus de l'élaboration d'une technique pour l'insérer dans son contexte intellectuel et humain. Aucun système même le plus évolué, n'est parfait, aucun ne peut convenir à tous les cas. Le bon sens est alors l'orienteur essentiel des options à prendre en fonction des possibilités financières, de personnel et de locaux dont on dispose, en tenant compte des besoins précis des utilisateurs de nos centres documentaires, qu'ils soient bibliothèques ou centres de documentation. Il est également certain que toute réalisation, à l'heure actuelle, est très vite l'échelon d'une autre qui la complète ou l'enrichit.

Une des vertus de notre XXe siècle est d'engendrer la modestie, mais il n'en demeure pas moins que le problème général de l'Information ne sera résolu que par un réseau de bonnes volontés de ceux qui ont pour mission d'y répondre et de se compléter : bibliothécaires et documentalistes. Nos bibliothèques et leurs catalogues sont des sources irremplaçables de documentation et peuvent seuls fournir les éléments nécessaires à la recherche rétrospective. Les catalogues sur fiches des bibliothèques demeureront encore quelques années des instruments de travail, artisanaux peut-être, mais d'une richesse incomparable tant qu'ils ne seront pas eux-mêmes intégralement entrés en ordinateurs et tant que les ordinateurs n'afficheront pas - dans le domaine documentaire - 100 % de réponses justes sélectives et exhaustives données quelques secondes à la suite de la question posée. Je me permets de croire que s'il y a un devoir de les poursuivre, il y a un égal devoir de s'informer d'urgence des techniques documentaires suscitées par l'ordinateur pour le régime de croisière et d'actualité de nos bibliothèques. Je crois que le télécatalogage est « un » moyen simple et peu onéreux de répondre à cette double nécessité. Peut-être y en a-t-il d'autres ?... et ce serait l'objet d'une nouvelle étude..., d'un autre article... et, je le souhaite, ... l'œuvre d'un autre bibliothécaire... - Pour l'instant, je demeure à la disposition de mes collègues qui aimeraient avoir des compléments d'information sur notre expérience. Ils peuvent m'écrire ou venir et demander une démonstration. Dans ce cas, prière de bien vouloir téléphoner auparavant à 326-63-60.

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III - Etapes du télécatalogage (1/2)

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III - Etapes du télécatalogage (2/2)

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IV - Applications pratiques (1/3)

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IV - Applications pratiques (2/3)

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IV - Applications pratiques (3/3)

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V - La télécocumentation

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Annexe 1

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Annexe 2

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Annexe 3 (1/2)

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Annexe 3 (2/2)

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Annexe 4 (1/2)

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Annexe 4 (2/2)

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Annexe 5

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Annexe 6

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Annexe 7

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Annexe 8

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Annexe 9 (1/2)

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Annexe 9 (2/2)

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Annexe 10 (1/2)

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Annexe 10 (2/2)

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Annexe 11

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Annexe 12 (1/2)

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Annexe 12 (2/2)

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Annexe 13 (1/2)

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Annexe 13 (2/2)

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Annexe 14

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Bibliographie

  1.  (retour)↑  ORGANISMES INTÉRESSÉS : Bibliothèques universitaires
    Bibliothèques municipales
    Bibliothèques centrales de Prêt
    Bibliothèques spécialisées et d'instituts
    Centres de documentation
    Centres de recherches.
    Je tiens à exprimer ma vive et profonde gratitude à la Direction de l'École des mines qui m'a sans cesse accompagnée de ses encouragements et qui a bien voulu engager son appui tellement efficace qu'il a permis de faire l'expérience.
    Je tiens aussi à rendre hommage à l'Association Nationale de la Recherche Technique qui a bien voulu patronner cette étude et en a ainsi facilité la réalisation.
    Je désire enfin remercier le Bureau de Recherches Géologiques et Minières qui a bien voulu accepter d'être notre partenaire à Orléans.
    Mes remerciements vont également à mes deux adjointes : Mme GAILLEMAIN, bibliothécaire et Mlle FONT, documentaliste qui ont assumé le fonctionnement pratique depuis juin 1965. Je tiens à mentionner aussi Mme Perrin et Mlle Lecomte qui ont tapé à la machine cet article en un temps record, ainsi que tout mon service pour sa bonne collaboration.
    Je ne manquerai pas de mentionner enfin l'équipe de techniciens de Sagem, fournisseurs des appareils téléimprimeurs et programmeurs, la maison Prin, réalisateur du massicot automatique, la maison BORGEAUD fournisseur des papiers-bandes, le Service des Liaisons télégraphiques spécialisées des P. T. T., et tous ceux qui, à un titre ou un autre, m'ont permis, grâce à leur remarquable collaboration, de mener à bien cette étude.
  2.  (retour)↑  ORGANISMES INTÉRESSÉS : Bibliothèques universitaires
    Bibliothèques municipales
    Bibliothèques centrales de Prêt
    Bibliothèques spécialisées et d'instituts
    Centres de documentation
    Centres de recherches.
    Je tiens à exprimer ma vive et profonde gratitude à la Direction de l'École des mines qui m'a sans cesse accompagnée de ses encouragements et qui a bien voulu engager son appui tellement efficace qu'il a permis de faire l'expérience.
    Je tiens aussi à rendre hommage à l'Association Nationale de la Recherche Technique qui a bien voulu patronner cette étude et en a ainsi facilité la réalisation.
    Je désire enfin remercier le Bureau de Recherches Géologiques et Minières qui a bien voulu accepter d'être notre partenaire à Orléans.
    Mes remerciements vont également à mes deux adjointes : Mme GAILLEMAIN, bibliothécaire et Mlle FONT, documentaliste qui ont assumé le fonctionnement pratique depuis juin 1965. Je tiens à mentionner aussi Mme Perrin et Mlle Lecomte qui ont tapé à la machine cet article en un temps record, ainsi que tout mon service pour sa bonne collaboration.
    Je ne manquerai pas de mentionner enfin l'équipe de techniciens de Sagem, fournisseurs des appareils téléimprimeurs et programmeurs, la maison Prin, réalisateur du massicot automatique, la maison BORGEAUD fournisseur des papiers-bandes, le Service des Liaisons télégraphiques spécialisées des P. T. T., et tous ceux qui, à un titre ou un autre, m'ont permis, grâce à leur remarquable collaboration, de mener à bien cette étude.