entête
entête

Chronique des bibliothèques

Bibliothèques municipales.

Belfort (Territoire de).

Exposition A. Camus à la Bibliothèque municipale de Belfort. - La belle exposition Albert Camus, l'une des mieux réussies parmi celles que l'Association des bibliothécaires français a créées et mises en circulation, était à la Bibliothèque municipale de Belfort du 7 au 30 septembre.

Dans le vaste hall de la Maison du peuple, important édifice dont la Bibliothèque municipale occupe une bonne partie des deux ailes, on avait disposé les quinze panneaux illustrant la vie, l'œuvre et la pensée d'Albert Camus. Sur une grande table, au centre, étaient disposés, à la portée des visiteurs, les œuvres de l'écrivain dans diverses éditions, les principaux ouvrages de critique le concernant et des feuilles dactylographiées donnant un panorama de sa vie littéraire, une bibliographie de la critique et une liste chronologique des éditions de ses œuvres. On avait aussi présenté sur un placard les jaquettes de ses différents livres.

Au préalable, un effort avait été fait pour informer et préparer le public. Des articles présentant cette exposition parurent dans les trois quotidiens régionaux des 10 et II septembre. Une note fut adressée au Syndicat d'initiative et à chaque chef d'établissement scolaire de la ville pour toucher plus spécialement le corps enseignant et les étudiants. Le 25 septembre, l'Est républicain fit un premier compte rendu.

Pour une prochaine exposition de ce genre, une séance audio-visuelle d'introduction est projetée dans le cadre de l'Organisation de l'animation culturelle de la ville.

De nombreux visiteurs se succédèrent presque sans interruption : des adultes d'abord dont certains, curieux, s'arrêtaient au passage dans le grand hall, mais dont beaucoup s'attardèrent longuement. Parmi eux il y eut évidemment les lecteurs de la Bibliothèque municipale. Les réflexions faites étaient élogieuses, tant sur le choix du sujet que sur la qualité des photos et leur présentation harmonieuse assortie de textes particulièrement bien choisis.

Mais il y eut une majorité de jeunes parmi lesquels on comptait beaucoup de lycéens et d'étudiants. Ces derniers vinrent surtout au cours des dix derniers jours, c'est-à-dire après la rentrée des classes. Souvent ils étaient en groupe parfois accompagnés d'un professeur. Beaucoup prirent des notes pour préparer des dissertations ou des exposés dont l'exposition avait été le point de départ. La clarté avec laquelle les grands thèmes de la pensée de Camus ressortaient des différents panneaux leur fut d'un grand secours et fut remarquée par la plupart.

Comme résultat il faut signaler, certes, un regain d'intérêt pour l'auteur, car la plupart de ses œuvres sont sorties en prêt, mais il faut reconnaître que la visite de l'exposition a été spécialement pour beaucoup de jeunes l'occasion de mieux connaître la Bibliothèque municipale. Ceci eût d'ailleurs été encore plus vrai si une salle de la bibliothèque même eût pu fournir le cadre de la manifestation. Il est évident cependant que l'intérêt suscité par cette exposition justifie pleinement l'effort fait par l'Association des bibliothécaires français pour la création de ce genre d'expositions.

Bordeaux (Gironde).

Exposition : figures de bibliophiles bordelais. - Le samedi 15 octobre à 12 heures, M. Jacques Chaban-Delmas, président de l'Assemblée nationale, maire de Bordeaux et M. A. Masson, inspecteur général des bibliothèques, entourés de nombreuses personnalités, ont inauguré l'exposition Figures de bibliophiles bordelais organisée à la Bibliothèque municipale à l'occasion du Centenaire de la Société des bibliophiles de Guyenne 1. Cette inauguration était jumelée avec celle de la nouvelle salle de bibliographie et des catalogues 2.

Cette exposition, accompagnée d'un catalogue 3, se proposait de faire revivre les grands collectionneurs bordelais du XVIe au xxe siècle. Les fonds anciens et modernes de la Bibliothèque municipale renferment des ouvrages précieux ayant appartenu à des bordelais illustres et à des bibliophiles avertis. En l'absence d'un catalogue des ex-libris, en cours d'élaboration, beaucoup de possesseurs demeurent encore mal connus. Cependant ceux qui le sont ont paru suffisants pour permettre de présenter des ouvrages aux provenances célèbres.

A côté de volumes déjà connus par des expositions antérieures tels ceux provenant des bibliothèques de Montaigne et de Montesquieu, on a réuni des livres ayant appartenu à des personnages qui ont tous joué un rôle important dans l'histoire intellectuelle, politique et religieuse de Bordeaux, au cours des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Citer les noms d'Élie Vinet, de Pierre Trichet, du Cardinal François de Sourdis, d'Arnaud Pontac, du Président Bardot, de Nicolas Beaujon, c'est évoquer quelques-unes des figures les plus représentatives, dans leur diversité, de Bordeaux. Depuis un siècle, Bordeaux a eu le privilège de voir l'éclosion de nombreuses vocations de bibliophiles. Parmi toutes les bibliothèques privées, celles d'Ernest Labadie, de Jacques Vieillard, de Géo Chalus et d'Auguste Pujolle, sont particulièrement intéressantes. De nombreux ouvrages ayant appartenu à ces bibliophiles ont été présentés ainsi que la série des publications de la Société des bibliophiles de Guyenne.

En essayant de brosser les grandes lignes d'une histoire de la bibliophilie bordelaise du XVIe siècle à nos jours, cette exposition souhaitait apporter une contribution aux recherches en cours sur l'histoire du livre et de la bibliophilie, mais aussi sur l'évolution des mentalités, la propagation des idées nouvelles par ce ferment que ne cessa d'être le livre de l'Humanisme au « siècle des lumières ».

L'exposition est demeurée ouverte jusqu'au 30 octobre.

Bourges (Cher).

Rétrospective du Second Empire. - Pendant les mois de septembre et octobre, l'exposition organisée dans les salles du public de la Bibliothèque municipale a été consacrée à une rétrospective rapide du Second Empire (fastes, urbanisme, guerres, coup d'État de 185I, révolution du 4 septembre 1870), à l'aide, notamment de magazines de l'époque (Illustration), gravures, médailles, atlas du siège de Sébastopol, images d'Épinal sur la guerre du Mexique et la guerre de 1870, etc.

Le Mans (Sarthe).

Exposition André Breton. - Le samedi Ier octobre, s'est ouverte à la Bibliothèque municipale du Mans, une exposition André Breton.

Il s'agissait d'une exposition nécessairement improvisée, car décidée à l'annonce de la mort de l'écrivain, et qui ne pouvait prétendre qu'à être une manière d'hommage à l'auteur de Nadja, par la simple présentation de livres et de documents; documents et livres (pour la plupart en édition originale) que la bibliothèque se trouve posséder en grand nombre, ou qui appartiennent aux collections du bibliothécaire.

Limitée, comme les précédentes, par l'exiguïté de la place disponible, cette exposition groupait dans le hall d'entrée et dans l'escalier de la bibliothèque, des vitrines et une demi-douzaine de panneaux.

Une grande vitrine présentait la quasi-totalité de l'œuvre d'André Breton, à l'exception de quelques plaquettes de début, introuvables aujourd'hui, depuis les Pas perdus (1924), les Manifestes du surréalisme, les Vases communicants (1932), en édition originale, jusqu'à Nadja, montrée ici en plusieurs éditions différentes, voisinant avec le beau recueil de Poésie et autre (1960) illustré de gouaches de Joan Miro ; depuis l'Inzmaculée conception en édition originale (éditions surréalistes, exemplaire numéroté sur papier « impondérable », (1930) écrit en collaboration avec Paul Éluard ainsi que les Notes sur la poésie, publiées en 1936 chez Guy Lévis Mano avec un dessin de Salvator Dali, jusqu'à (toujours en édition originale) des œuvres publiées aux États-Unis : Arcazze 17 (édition de New York, chez Brentano's, 1945, parue deux ans avant l'édition de Paris), Young sherry trees secured against hares (New York, 1946) avec la couverture de Marcel Duchamp et les recueils d'après-guerre : La Lampe dans l'horloge (Robert Marin, 1948), Martizaique, charmeuse de serpents illustrée par André Masson (Le Sagittaire, 1948) etc.

Dans une seconde vitrine avaient été groupés des livres préfacés par André Breton : la fameuse Anthologie de l'humour noir, la Nuit du Rose-hôtel de l'angevin Maurice Fourré (1950), les Aphorismes de Lichtenberg, le Concile d'amour d'Oscar Panizza..., et des revues où Breton publia certains textes : La Nouvelle Revue française, le luxueux Commerce dirigé par Valery Larbaud, Léon-Paul Fargue et Paul Valéry (n° 3, hiver 1924 : Introduction au discours sur le peu de réalité; n° 13, automne 1927 : les premiers extraits de Nadja), enfin les numéros de la revue le Surréalisme, même...

Trois autres vitrines, plus petites, étaient consacrées, l'une à ce qui est écrit par Claude Mauriac, Julien Gracq et quelques autres, sur Breton et son œuvre; une autre aux amitiés littéraires du chef de file du surréalisme (Eluard, Aragon, Soupault, Tzara, Péret...). La troisième à des ouvrages français ou étrangers traitant du mouvement surréaliste sous ses différents aspects.

Les panneaux évoquaient la vie d'André Breton par la photographie, et la révolution surréaliste par des reproductions de dessins, de peintures et autres documents graphiques.

Un dernier panneau présentait un choix de pages de l'Ode à Charles Fourier tirées de l'originale dessinée par Frédérick J. Kiesler (éd. Fontaine, 1947. Un des 25 exemplaires sur Vergé, avec la signature de l'auteur).

Convenablement présentée par la presse locale et par la télévision française, au cours d'une de ses émissions régionales, cette exposition a été beaucoup visitée. Elle est restée en place jusqu'au 22 octobre.

Noisy-le-Sec (Seine Saint-Denis).

Inauguration de la nouvelle bibliothèque municipale. - Le 25 septembre 1966, les nouvelles installations de la bibliothèque de Noisy-le-Sec ont été inaugurées, à l'occasion de la venue d'une délégation d'Hebburn, ville anglaise jumelle de Noisy-le-Sec.

Après la visite de la bibliothèque, des allocutions furent prononcées par M. H. Quatremaire, maire de Noisy-le-Sec, M. Kerr, maire d'Hebburn et M. Monie, maire-adjoint chargé, à Noisy-le-Sec, des affaires culturelles.

La bibliothèque rénovée a ouvert ses portes le 27 septembre pour les adultes et le 29 septembre pour la section enfantine. Un premier bilan, après deux semaines de fonctionnement, fait apparaître une nette augmentation de la fréquentation : 244 inscriptions nouvelles pour les adultes et 92 inscriptions à la section enfantine ont été enregistrées.

Ouverte au public 8 heures par semaine avant les travaux, la bibliothèque fonctionne maintenant 28 heures du mardi au samedi pour les adultes et 10 heures les jeudis et samedis pour la section enfantine.

Afin de mieux faire connaître les nouvelles installations aux membres du corps enseignant, la municipalité a organisé, le 26 octobre, à leur intention, une visite terminée par un vin d'honneur.

Saint-Dié (Vosges).

Création d'un club de jeunes. - L'étude du fonctionnement de la section jeunesse à la Bibliothèque, ouverte pour enfants de six à seize ans, a fait apparaître très vite la faible fréquentation des jeunes de treize à seize ans suivant les cours de fin d'études primaires ou déjà entrés en apprentissage et dans la production.

Afin de leur faire trouver le chemin de la bibliothèque, puisqu'il n'existe pas encore à Saint-Dié de maison de jeunes et de la culture (dans le projet de laquelle est prévue une annexe de la bibliothèque), on a pensé offrir à ces adolescents d'autres activités correspondant à leurs possibilités et à leurs goûts : ainsi est né le club des jeunes amis de la bibliothèque qu'anime la responsable de la section jeunesse.

Les réunions ont lieu chaque vendredi de 20 h à 22 h dans la future discothèque et 30 à 40 jeunes viennent discuter de ce qui les intéresse et s'inscrire à des activités variées : ceux qui sont libres le samedi après-midi reviennent fabriquer de petits objets destinés à être vendus à une kermesse dont la recette leur permettra d'effectuer un voyage collectif, d'autres préparent un jeu de marionnettes. Un groupe répète une pièce de théâtre, quelques garçons ont entrepris une grande enquête sur l'aéronautique et font d'assez fréquentes visites au terrain de l'aéro-club. Des jeunes photographes amateurs seront pris en charge par le Photo Club déodatien une soirée par semaine, etc. Le local de la bibliothèque étant trop petit, la mairie a prêté au club une salle de classe désaffectée pour les réunions du vendredi qui, après la discussion, est un terrain de répétition pour danses folkloriques.

Toutes ces activités paraissent éloigner de la lecture un certain nombre d'adolescents : il n'en est rien. L'expérience a montré que les jeunes travailleurs ne continuaient à fréquenter la bibliothèque que s'ils y venaient durant leur scolarité; or 10 % des membres du club des jeunes parmi les plus âgés ont déjà pris une carte d'abonnement à la section de lecture publique adultes, en 3 mois. D'autre part il faut songer que la structure de nos établissements est trop calquée sur celle de l'enseignement, elle est trop adaptée au service de lecteurs déjà cultivés : la lecture n'est pas une fin en soi, elle est un moyen privilégié d'accéder à la culture. Parmi les sollicitations de toutes sortes qui assaillent les jeunes de notre temps, et spécialement ceux qui échappent au cadre de l'enseignement et à ses maîtres, obligés qu'ils sont d'assurer de très bonne heure leur existence matérielle, la lecture n'est pas la distraction qui offre, de l'extérieur, le plus d'attrait : elle conduit à l'isolement et au calme à l'âge où l'on cherche à s'insérer dans un groupe et à y faire du bruit pour tenter d'y affirmer sa personnalité.

Si les bibliothécaires croient que ces jeunes travailleurs ont droit aussi à la culture par le livre, ils doivent, pour les rencontrer, faire quelques pas dans leur direction.

Exposition de travaux d'enfants. - Pour clore la première année de l'heure du conte, les jeunes lecteurs de la bibliothèque ont organisé, du 7 au 22 septembre, une présentation de leurs travaux dans la salle d'exposition de la bibliothèque. Chacune des vitrines, chacun des panneaux étaient consacrés à un des contes de l'année. Tous ayant eu comme thème « Les légendes vosgiennes », c'était une illustration naïve et attachante des récits immortels qui forment le vieux fonds de littérature parlée de la montagne vosgienne qui se trouvait ainsi associée à un folklore que d'aucuns considèrent comme démodé, mais qui a ému plus d'un visiteur. Les enfants eux-mêmes ont commenté les œuvres exposées. A la sortie ils vendaient de petites figurines en plâtre, peintes par eux. A l'issue de la quinzaine ils avaient récolté une somme suffisante pour acheter les marionnettes dont ils avaient envie et dont l'animation forme, le jeudi matin, la suite du conte vosgien.

Bibliothèques centrales de prêt.

Haute-Garonne.

Publication. - La Bibliothèque centrale de prêt de la Haute-Garonne vient de faire paraître le catalogue 4 de ses acquisitions pour l'année 1965, qui présente près de 600 ouvrages séparés en « Romans » et « Documentaires ». Les ouvrages de cette deuxième catégorie sont catalogués d'après la classification de Dewey et leur recherche est rendue aisée par la présence d'un index alphabétique des sujets traités.

Loir-et-Cher.

Publications. - La Bibliothèque centrale de prêt de Loir-et-Cher a fait paraître récemment deux catalogues de son fonds, l'un pour l'histoire 5, l'autre pour la géographie 6. Les ouvrages y sont classés selon la cote Dewey, adoptée par la bibliothèque. Chacun des catalogues est complété par un index auteurs-titres et un index alphabétique des sujets étudiés. Une présentation claire et bien compartimentée, dont les derniers voiles sont levés par une introduction de trois pages, en garantit une utilisation pratique optimale.

  1.  (retour)↑  Voir ci-dessus p. 479.
  2.  (retour)↑  Le compte rendu de cette réalisation, illustré, paraîtra dans le prochain Bulletin.
  3.  (retour)↑  Figures de bibliophiles bordelais. Exposition organisée à la Bibliothèque municipale de Bordeaux pour célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Société des bibliophiles de Guyenne (1866-1966). Catalogue par Louis Desgraves. - Bordeaux, 1966. - 25 cm, 96 p., 20 pl.
  4.  (retour)↑  Bibliothèque centrale de prêt de Haute-Garonne. - Catalogue des acquisitions 1965. - Toulouse, Bibliothèque centrale de prêt de la Haute-Garonne, 1966. - 27 cm, II-62 p., multigr.
  5.  (retour)↑  Bibliothèque centrale de prêt de Loir-et-Cher. - Catalogue. Histoire. - Blois, Bibliothèque centrale de prêt de Loir-et-Cher, 1966. - 27 cm, (I f.-) IV-20I p., multigr.
  6.  (retour)↑  Bibliothèque centrale de prêt de Loir-et-Cher. - Catalogue. Géographie. - Blois, Bibliothèque centrale de prêt de Loir-et-Cher, 1966. - 27 cm, (I f.-) IV-133 p., multigr.