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La Première semaine nationale de la lecture

Depuis trente ans environ une semaine du livre a lieu chaque année aux Pays-Bas. Les États-Unis connaissent depuis plus de dix ans la Semaine nationale des bibliothèques, depuis plusieurs années des journées du livre sont organisées en Allemagne, en Espagne, et, depuis cette année, en Grande-Bretagne. Pour la première fois, une semaine de la lecture s'est déroulée en France du 9 au 15 mai 1966. C'était la première manifestation de l'Association « Lire » 1. Créée par Robert Laffont, l'Association « Lire » réunit le Syndicat national des éditeurs, la Fédération française des syndicats de librairies et un certain nombre de personnalités du monde des lettres et du livre en général. Elle se propose de gagner des milliers de lecteurs en attirant l'attention du grand public sur tous les points de distribution de la lecture, et sur l'intérêt que celle-ci présente pour chacun, dans tous les domaines. Elle se propose donc de contribuer indirectement au développement des bibliothèques, c'est pourquoi M. Dennery, directeur des bibliothèques et de la lecture publique, fait partie de son conseil, et c'est également la raison pour laquelle celui-ci avait demandé aux bibliothèques municipales et aux bibliothèques centrales de prêt de s'associer à la Semaine nationale de la lecture.

C'était sans doute l'une des plus larges manifestations de propagande jamais entreprise en France en faveur de la lecture. Pour alerter l'opinion, pour créer un écho auprès de toutes les couches de la population, l'Association « Lire » a sollicité toutes les bonnes volontés, toutes les entreprises publiques ou privées, elle s'est assuré le concours de tous les moyens de publicité et d'information : l'ORTF, Radio-Luxembourg, Europe n° I, la presse quotidienne et régionale. Car si le nombre des lecteurs en France n'est pas aussi élevé qu'on pourrait le souhaiter, c'est peut-être que la publicité faite au livre n'est pas suffisante et que l'on n'insiste pas assez sur l'importance de la lecture, aussi bien comme moyen d'évasion et de culture que comme moyen de promotion sociale.

Une conférence de presse a inauguré la première semaine nationale de la lecture. On a pu constater que si de nombreuses maisons d'édition et si un millier de libraires avaient donné leur soutien à cette campagne, un très grand nombre de bibliothèques avaient tenu à s'associer à l'action commune. Leur participation était particulièrement concrétisée par la journée des bibliothèques, le 12 mai. Ce jour-là la Bibliothèque nationale que M. Dennery, administrateur général, avait présentée lors d'une émission télévisée diffusée le 12 mai sur la deuxième chaîne et le 13 sur la première chaîne, la Bibliothèque Mazarine, la Bibliothèque de l'Arsenal et la Bibliothèque Forney ont ouvert leurs portes jusqu'à minuit pour faire connaître au public leurs principaux trésors. Elles ont été imitées par un grand nombre de bibliothèques de province, bibliothèques municipales et bibliothèques centrales de prêt, qui avaient été invitées par ailleurs à organiser un certain nombre de manifestations qu'il nous faut relater ici. L'Association « Lire » leur avait procuré les banderolles, guirlandes et affiches nécessaires à leur publicité et leur action fut menée avec la collaboration des libraires de leur ville.

Toutes ces manifestations furent signalées en temps opportun par la presse, la radio et même la télévision, et elles donnèrent lieu à des comptes rendus.

Pour ce qui est de la contribution des bibliothèques municipales à la semaine de la lecture, nous nous devons de souligner qu'à l'instar des grandes bibliothèques parisiennes, la plupart ont participé à la journée des bibliothèques en ouvrant largement leurs portes le 12 mai, parfois jusqu'à minuit elles aussi, afin de se présenter au public et de lui présenter leurs principales richesses : manuscrits, incunables, reliures, ouvrages de bibliophilie ancienne et moderne.

Certaines bibliothèques ont pu parfois enrichir cette présentation par une exposition consacrée au thème de la lecture en général.

Par exemple, la Bibliothèque municipale de Pau utilisait son hall pour illustrer les possibilités de lecture en quatre chapitres essentiels : l'actualité (événements quotidiens, problèmes de l'heure, actualité économique, vie régionale), la culture (littérature, beaux arts, sciences humaines, sciences exactes, vie intellectuelle), les loisirs (évasion romanesque, voyages, aventures, jeux et sports), la vie pratique (la maison, les études, les professions, l'enfant, les questions sociales). La Bibliothèque municipale de Chaumont présentait un choix d'acquisitions récentes, celle du Mans se consacrait aux collections de poche face au problème de la lecture.

« A quoi les bibliothécaires passent-ils leur temps ? » on eut l'occasion de l'apprendre en visitant l'exposition organisée par la Bibliothèque municipale de Limoges. Les salons de la Bibliothèque municipale de Lyon présentaient les ressources offertes aux lecteurs de la région lyonnaise par les diverses bibliothèques : il s'y trouvait les plus récentes acquisitions de la bibliothèque d'étude et de la bibliothèque urbaine de prêt, ainsi qu'un plan de la ville indiquant les diverses implantations des bibliothèques annexes. La Bibliothèque municipale de Soissons avait choisi de faire connaître l'historique du bibliobus de l'Aisne. Citons encore « le Centenaire de la Ligue de l'enseignement » 2 à la Bibliothèque municipale de Tours, qui mettait en lumière le rôle de Jean Macé, qui contribua tant au développement des bibliothèques communales (en trois ans, de 1862 à 1865, il avait créé 83 bibliothèques communales dans le Haut-Rhin).

C'est aussi à l'occasion de la semaine de la lecture que certaines expositions furent prolongées, comme à la Bibliothèque municipale de Chaumont, ou bien inaugurées, comme « l'Influence du théâtre italien sur le théâtre français » à la Bibliothèque municipale de Chartres, dans le cadre du Festival du théâtre amateur.

Une quinzaine de bibliothèques organisèrent une opération « portes ouvertes » : une visite détaillée des différents services, le plus souvent guidée et commentée par le conservateur ou le bibliothécaire, révélait à la fois toutes les richesses mises à la disposition du public et la facilité avec laquelle chacun peut en disposer. En invitant de la sorte à faire connaissance avec la bibliothèque, on tentait de la démystifier pour la rendre encore plus accessible.

Dans certaines villes, la participation de la bibliothèque municipale à la semaine de la lecture a pris la forme d'un vaste jeu-concours entrepris en collaboration avec les libraires locaux, et pour lequel l'Association « Lire » offrait des récompenses en livres. L'exemple d'Épernay illustre assez bien ce que furent ces manifestations. Il s'agissait d'amuser petits et grands, et deux questionnaires avaient été établis : un pour les jeunes et un pour les adultes. Chacun posait six questions de ce genre : « dans un volume du célèbre Jules Verne, il est question d'un bateau nommé « Pilgrim » : quel est le titre de cet ouvrage ? »; « dans un ouvrage sur le monde végétal, il est question de « varechs », donnez le nom latin des varechs qui forment les « champs des Sargasses » etc., ceci pour les enfants. Pour ce qui est des adultes, il leur fallait trouver une histoire de voyages dans une édition du XVIIIe siècle, trouver la description du « Pinot vert doré d'Ay » dans une ampélographie, etc... Les feuilles du concours étaient disponibles à la bibliothèque municipale et au bureau du quotidien « l'Union »; c'est là également qu'elles devaient être remises une fois remplies. Il fallait donc simplement un peu de curiosité et quelques recherches auxquelles se prêtaient la bibliothèque et les libraires. Une question subsidiaire départagea les gagnants (quel est le nombre total des volumes de la bibliothèque municipale ?) qui reçurent de nombreux lots de récompenses : livres, abonnements gratuits à la bibliothèque, portes-clés parfois étonnants, tel la reproduction de cet évangéliaire du IXe siècle.

Ailleurs, des conférences attirèrent un public nombreux : l'écrivain Roger Rabiniaux développait le thème : « Naissance ou mort du livre » à la Bibliothèque municipale de Sens. Au Mans, en accord avec les libraires de la ville, avec le soutien des Amis de l'université, des Jeunesses littéraires de France, de l'Association des étudiants, on organisait une conférence que devait donner l'animateur de « Peuple et Culture » sous le titre : « Le livre, la culture populaire et la lecture vivante ». Des tickets numérotés devaient en outre être distribués au public pour donner lieu, à l'issue de cette conférence, à un tirage au sort (des bons de 20 F de livres offerts par les libraires participants furent attribués à une trentaine de gagnants). Une causerie accompagnée de la projection d'une centaine de diapositives en couleurs représentant des miniatures de manuscrits complétait heureusement l'exposition d'ouvrages précieux de la Bibliothèque municipale d'Amiens. « Toute la mémoire du monde », le court métrage d'Alain Resnais sur la Bibliothèque nationale et « la Vie commence demain », interview, par Nicole Vedrès, de Sartre, Rostand, etc., furent projetés à la Bibliothèque municipale de Chartres. Citons encore ce colloque que le conservateur de la Bibliothèque municipale de Nancy a tenu avec d'assez nombreux libraires de la ville sur les problèmes de la diffusion du livre : il a donné lieu à certains rapports très précis sur la psychologie des lecteurs et les statistiques des libraires. La presse et la radio avaient participé à ce colloque qui fut donc l'occasion d'articles et d'émissions régionales.

La première semaine nationale de la lecture a connu encore certaines initiatives publicitaires qui ne manquent pas d'intérêt : des affiches et panneaux de propagande furent apposés en des « points stratégiques » à Orléans, afin d'attirer l'attention du public sur les bibliothèques du Loiret. A Valenciennes, à Douai, on distribuait des tracts pour insister sur l'intérêt de la bibliothèque et rappeler ses heures d'ouverture. Les nouveaux inscrits des bibliothèques municipales de Lyon, Strasbourg recevaient un livre, à Chartres ils recevaient un porte-clef, etc... Cette semaine fut l'occasion, à Troyes d'inaugurer une annexe de quartier, à Lyon de rouvrir une bibliothèque d'arrondissement après réorganisation, à Laon de créer l'Association des Amis de la bibliothèque, à Laval d'alerter les édiles et défendre la cause de la bibliothèque municipale. La Bibliothèque municipale de Nancy lançait deux questionnaires : l'un rédigé par l'Association des bibliothécaires de Lorraine, fut envoyé à toutes les bibliothèques de l'agglomération (environ 150) afin d'obtenir des renseignements précis sur leur fonds, leurs prêts, etc... L'autre était destiné à connaître l'usage que les lecteurs font de la bibliothèque municipale. Citons encore le livre d'or sollicitant des avis, conseils et critiques des lecteurs de la bibliothèque de Châlons-sur-Marne.

Tous les bibliothécaires ont été unanimes à souligner l'attrait des deux émissions-jeux littéraires organisées sur les antennes d'Europe n° 1 et de Radio-Luxembourg. Europe n° 1 invitait ses auditeurs à remplir les bulletins disponibles chez les libraires et bibliothécaires signalés par la publicité de la Semaine nationale de la lecture pour participer au jeu du « Livre d'or ». De nombreux prix devaient être attribués après tirage au sort. C'est grâce aux mêmes intermédiaires que sur les antennes de Radio-Luxembourg six grands écrivains français furent interviewés à tour de rôle par des lecteurs en ayant manifesté le désir. Ces écrivains désignèrent chacun le gagnant d'un soir qui eut la possibilité de faire bénéficier de son prix (plusieurs centaines de volumes) une œuvre culturelle de son choix.

D'autre part, de nombreuses émissions radiodiffusées régionales ont permis aux bibliothécaires d'exposer aux auditeurs les problèmes de la lecture et leurs solutions. La participation de l'ORTF a parfois même permis des séquences télévisées, celle sur la Bibliothèque municipale de Tours et la Bibliothèque centrale de prêt de l'Indre-et-Loire par exemple.

Enfin, la presse écrite a chaque fois prêté son concours à la préparation de la semaine, elle a rendu compte des manifestations et publié des interviews de bibliothécaires sur le thème de l'heure : insuffisance de lecture, grande richesse de possiblités offertes par les bibliothèques.

Si le bilan de cette première semaine nationale de la lecture n'est pas aussi positif qu'on pouvait le souhaiter, du moins tous les bibliothécaires s'accordent-ils pour le trouver encourageant. Le plus souvent, le public a réagi, il est venu nombreux aux expositions, il a participé volontiers aux manifestations. S'il ne l'a pas fait, on peut mettre en cause la rapidité avec laquelle il a fallu organiser cette campagne : presque tous les bibliothécaires déplorent en effet d'avoir été pris de court, ou du moins d'avoir manqué de temps. Certains estiment que la propagande, pour importante qu'elle fût, était encore insuffisante, tel ce bibliothécaire qui souligne l'intérêt qu'il y aurait à attirer l'attention des préfets, des conseils généraux et des fonctionnaires municipaux. Mais n'a-t-on pas vu se manifester une solidarité sur tous les plans ? Tous les moyens d'information et de publicité ont apporté leur concours à cette semaine. Au niveau local on a pu remarquer une véritable collaboration entre bibliothécaires et libraires et entre tous les moyens de diffusion du livre en général. Ainsi la Bibliothèque municipale de Chambéry avait-elle mis plusieurs vitrines d'exposition de son hall d'entrée à la disposition du Syndicat des libraires de Savoie, de la bibliothèque populaire et de la bibliothèque de l'école des parents.

Les difficultés rencontrées sont surmontables, tous les espoirs restent permis pour les semaines nationales de la lecture des années à venir.

Tel sera également l'avis des bibliothécaires des bibliothèques centrales de prêt. Pour celles-ci, cependant, les difficultés dues à la brièveté des délais étaient encore plus sensibles : les affiches diffusées par l'Association « Lire » devaient être distribuées aux responsables des dépôts; or, elles n'ont pas toujours pu être placardées à temps. Combien pertinente était donc l'initiative de ces bibliothèques qui avaient pu réaliser elles-mêmes leur publicité! Ainsi la Bibliothèque centrale de prêt du Haut-Rhin qui avait confectionné des affiches pour les envoyer à tous les maires du département, ou la Bibliothèque municipale et la Bibliothèque centrale de prêt du Loiret qui conjuguaient leurs efforts pour monter des panneaux publicitaires.

Le 12 mai, l'opération « portes ouvertes » invitait à visiter les bibliobus : les bibliothèques centrales de prêt exposaient leur bibliobus, elles le faisaient parfois stationner d'une manière insolite en des points très fréquentés de la ville. Dans le Haut-Rhin, des annonces dans la presse, à la radio et à la télévision invitaient lecteurs et amis du bibliobus à visiter la bibliothèque et à emprunter des livres sur place : il leur avait même été proposé une exposition de quelques exemplaires variés de chaque genre de livres disponibles. Les dépositaires du département avaient tous reçu des invitations nominales. On a pu voir aussi cette opération se marquer parfois d'un cachet pittoresque : quelques bibliothèques centrales de prêt (celles de l'Aveyron, de la Dordogne, de la Drôme, etc.) présentèrent leur bibliobus dans le cadre de la foire-exposition pour le faire ainsi connaître à un large public rural et le faire figurer parmi les activités régionales.

Par ailleurs, l'Association des bibliothécaires français tenait son congrès annuel à Dijon, les 14 et 15 mai. Une journée consacrée au thème : « formation et information des lecteurs dans les bibliothèques publiques » s'est déroulée en liaison étroite avec la Semaine de la lecture. Les bibliobus de l'Aube, du Cher, de la Côte-d'Or, du Doubs et du Rhône ont défilé dans les rues de Dijon et ont stationné (portes ouvertes) dans la cour de l'hôtel de ville, où un public nombreux a pu les visiter.

Par ailleurs, la première semaine nationale de la lecture a pu être l'occasion de certaines manifestations, dont voici les plus caractéristiques : la Bibliothèque centrale de prêt du Haut-Rhin apportait son concours à la journée des bibliothèques en organisant, le 12 mai, un club de lecture. Tous les dépositaires, lecteurs et amis du bibliobus y étaient invités, ainsi que les membres du Comité consultatif et du Bureau de la société des Amis. Le livre choisi était « la Rencontre avec les hommes » de Benigno Cacerès - livre qui a précisément pour thème l'accès des masses à la culture par le moyen du livre -, l'animateur en fut la responsable départementale de «Peuple et culture », et la discussion qui suivit fut très animée.

Des concours prirent des formes diverses : dans le Loiret on distribuait des tracts numérotés. Le Comité de l'Association des Amis du bibliobus procéda à un tirage au sort et les possesseurs des numéros sortants gagnèrent des ouvrages offerts par l'Association « Lire ».

L'effort principal de la Bibliothèque centrale de prêt de la Haute-Garonne se déploya, en accord avec M. l'Inspecteur d'académie et MM. les Inspecteurs de l'enseignement du premier degré, dans un concours organisé pour l'ensemble des élèves des écoles, collèges d'enseignement général et collèges d'enseignement secondaire de la Haute-Garonne, jusqu'à la classe de 4e incluse. Deux sujets avaient été proposés pour être traités dans le cadre normal des compositions françaises qui sont données en devoir aux élèves au cours d'une semaine : pour les plus jeunes : « Parlez d'un livre que vous avez aimé », et pour les aînés : « Un homme qui lit en vaut deux », slogan de la semaine de la lecture. C'est un total de 300 devoirs environ, constitué par les meilleures copies de chaque établissement, qui est parvenu à MM. les Inspecteurs primaires, eux-mêmes chargés de l'élimination au second degré. Puis le jury s'est réuni à la bibliothèque centrale de prêt pour retenir définitivement les 30 meilleures copies. Les libraires toulousains et la Direction des bibliothèques et de la lecture publique offrirent les volumes de récompense. Des porte-clés furent envoyés à chacun des enfants, dont la copie avait été retenue, mais non primée. Ainsi a-t-on pu déceler quelques-unes des réactions des jeunes en face de la lecture.

Pour connaître plus concrètement les problèmes de la lecture publique rurale, la Bibliothèque centrale de prêt de la Dordogne avait décidé d'établir un dialogue avec ses dépositaires. Elles les invita d'abord à répondre à certaines questions du type : vous intéresse-t-il d'être responsable ? en quoi consiste votre travail ? comment les lecteurs savent-ils que vous avez des livres à leur disposition ? etc., puis elle les convia à une réunion. Tous soulignaient l'utilité du bibliobus et souhaitaient des passages plus fréquents. Ils insistaient encore sur le besoin d'un bulletin de liaison, de comptes rendus de livres, et sur deux points qui furent retenus : un choix plus grand de livres d'enfants et de nouveautés, et davantage de fiches critiques.

Enfin signalons encore que la semaine de la lecture fut l'occasion d'inaugurer des dépôts, comme dans l'Ile-et-Vilaine, qu'elle fut l'occasion, pour la Bibliothèque centrale de prêt de l'Aveyron, de distribuer un catalogue des ouvrages agricoles, etc. On a noté là aussi une collaboration certaine de la presse, de la radio et de la télévision régionale à l'œuvre commune. Par contre, la participation aux jeux radiophoniques dans les dépôts est insignifiante, sans doute parce qu'il aurait fallu pouvoir disposer de plus de temps et diffuser encore plus d'informations quant aux possibilités offertes.

Parmi les autres difficultés rencontrées, on a signalé la date de la semaine de la lecture qui paraît convenir davantage à des citadins qu'à des ruraux, occupés en mai par de nombreux travaux agricoles. On a noté par ailleurs une certaine méfiance de la part des dépositaires, la plupart instituteurs, à l'égard d'une action qui n'était pas inscrite au calendrier officiel des journées autorisées. Il serait donc souhaitable d'avoir à l'avenir cette autorisation et de la signaler aux préfectures qui la transmettraient aux académies. Mais les bibliothécaires se sont montrés favorables à la semaine de la lecture qui leur a permis de prendre appui sur une manifestation à l'échelon national pour attirer l'attention sur les possibilités offertes, et ils sont prêts à poursuivre leur effort l'année prochaine avec d'autres projets.

Quelques jours après la semaine de la lecture, s'ouvrait le 32e Congrès national des libraires de France, en présence de M. Arthaud, président du Syndicat des éditeurs, et de M. Dennery, administrateur général de la Bibliothèque nationale et directeur des bibliothèques de France. C'est bien là le témoignage que la défense du livre est la cause commune et non l'apanage exclusif d'une profession. L'éditeur Robert Laffont y dressa le bilan de la semaine de la lecture, bilan qui aurait pu être aussi bien le nôtre : « Malgré un défaut de rodage la semaine a atteint ses buts essentiels : elle a éveillé chez les professionnels une volonté d'unité dans l'action, elle a alerté le public en créant un climat d'inquiétude devant le fait que 58 % des Français ne lisent jamais de livres et a rappelé la nécessité du livre : elle a mis les pouvoirs publics en présence de leurs responsabilités dans le domaine culturel ».

  1.  (retour)↑  L'Association « Lire » a son siège à Paris : 117, boulevard Saint-Germain.
  2.  (retour)↑  Le compte rendu de cette exposition paraîtra dans un prochain Bulletin.