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Comité technique paritaire

REPRÉSENTANTS DE L'ADMINISTRATION ET REPRÉSENTANTS DES ORGANISATIONS SYNDICALES

Par arrêté du 20 février 1962, sont nommés au titre de représentants de l'administration au Comité technique paritaire :

a) Membres titulaires.

M. Cain, directeur général des bibliothèques de France, président, M. Lelièvre, inspecteur général des bibliothèques, adjoint au directeur général, M. Paul, sous-directeur, M. Masson, inspecteur général des bibliothèques, M. Brun, inspecteur général des bibliothèques, M. Poindron, conservateur en chef, chef du service technique, M. Rieunier, secrétaire général de la Bibliothèque nationale, M. Piquard, conservateur en chef, chargé de l'administration de la Bibliothèque universitaire de Paris, M. Breillat, conservateur en chef de la Bibliothèque municipale classée de Versailles, chargé de la direction de la Bibliothèque centrale de prêt de Seine-et-Oise, Mlle Belin, administrateur civil, chef du bureau du personnel.

b) Membres suppléants.

M. Josserand, conservateur en chef du département des Imprimés de la Bibliothèque nationale, M. Renoult, conservateur en chef de la bibliothèque Mazarine, M. Calmette, conservateur en chef de la bibliothèque de la Sorbonne, M. Schuller, conservateur en chef, administrateur de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, M. Caillet, conservateur en chef de la Bibliothèque municipale de Toulouse, chargé de la direction de la Bibliothèque centrale de prêt de la Haute-Garonne, M. Guignard Jacques, conservateur en chef de la Bibliothèque de l'Arsenal, Mlle Salvan, conservateur en chef chargée de l'organisation des études et de la formation professionnelle, Mlle Malclès, conservateur en chef chargée du Service bibliographique national des bibliothèques universitaires, Mlle Kleindienst, conservateur à la Bibliothèque nationale, Mlle Laugier, administrateur civil, sous-chef du Bureau du personnel.

Sont nommés au titre de représentants des organisations syndicales au Comité technique paritaire des bibliothèques :

I° Syndicat national des bibliothèques affilié à la Fédération de l'Éducation nationale (autonome) :

a) Membres titulaires.

Mme Honoré, conservateur à la Bibliothèque nationale, M. Thomas, conservateur en chef de la bibliothèque de la Faculté de droit de l'Université de Paris, M. Jourdan, sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale.

b) Membres suppléants.

M. Gathuingt, commis à la Bibliothèque nationale, M. Violland, ouvrier à la Bibliothèque nationale, Mme Ichter, sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.

2° Syndicat général de l'Éducation nationale affilié à la Confédération française des travailleurs chrétiens :

a) Membres titulaires.

M. Garnier, conservateur de la bibliothèque de la Faculté des sciences (Orsay), Mlle Garrigoux, conservateur à la Bibliothèque nationale.

b) Membres suppléants.

M. Gras, conservateur de la Bibliothèque municipale classée de Dijon, Mme Gauthier, sous-bibliothécaire à la bibliothèque de la Faculté de droit de l'Université de Paris.

3° Syndicat autonome du personnel scientifique des bibliothèques affilié à la Fédération des syndicats autonomes de l'enseignement supérieur :

a) Membre titulaire.

M. X...

b) Membre suppléant.

M. X...

4° Syndicat national des cadres des bibliothèques affilié à la Confédération générale des cadres :

a) Membre titulaire.

Mlle Wetzel, conservateur à la Bibliothèque universitaire de Paris.

b) Membre suppléant.

Mme Meuvret, conservateur de la Bibliothèque de l'École nationale des langues orientales vivantes.

5° Syndicat des agents des établissements d'enseignement de France et d'outre-mer affilié à la Confédération générale du travail.

a) Membres titulaires.

M. Maugard, magasinier à la Bibliothèque nationale, M. Valentin, magasinier à la Bibliothèque universitaire de Paris, M. Deseaux, magasinier à la Bibliothèque nationale.

b) Membres suppléants.

M. Jouet, magasinier à la Bibliothèque universitaire de Paris, M. Blas, magasinier à la Bibliothèque nationale, M. Hodister, magasinier à la Bibliothèque universitaire de Paris.

SÉANCE DU 5 MARS 1962 (PROCÈS-VERBAL)

Le Comité technique paritaire de la Direction des bibliothèques de France s'est réuni le lundi 5 mars 1962 à 9 h 30, dans la salle des Commissions de la Bibliothèque nationale, 58, rue de Richelieu, Paris 2e, sous la présidence de M. Cain, directeur général des Bibliothèques.

I. Représentants de l'administration :

M. Lelièvre, inspecteur général des Bibliothèques, adjoint au directeur général; M. Masson, inspecteur général des Bibliothèques; M. Brun, inspecteur général des Bibliothèques; M. Poindron, conservateur en chef, chef du service technique; M. Rieunier, secrétaire général de la Bibliothèque nationale; M. Piquard, conservateur en chef, chargé de l'administration de la Bibliothèque universitaire de Paris; M. Breillat, conservateur en chef de la Bibliothèque municipale classée de Versailles, chargé de la direction de la Bibliothèque centrale de prêt de Seine-et-Oise ; Mlle Salvan, conservateur en chef, chargée de l'organisation des études et de la formation professionnelle.

2. Représentants du personnel.

a) Représentants du syndicat national des Bibliothèques affilié à la Fédération de l'Éducation nationale.

Mme Honoré, conservateur à la Bibliothèque nationale; M. Thomas, conservateur en chef de la Bibliothèque de la faculté de droit de l'Université de Paris; M. Jourdan, sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale.

b) Représentants du syndicat général de l'Éducation nationale affilié à la C. F. T. C.

M. Garnier, conservateur de la Bibliothèque de la Faculté des sciences (Orsay); Mlle Garrigoux, conservateur à la Bibliothèque nationale.

c) Représentant du syndicat national des cadres des Bibliothèques affilié à la Confédération générale des cadres.

Mlle Wetzel, conservateur à la Bibliothèque universitaire de Paris.

d) Représentants du syndicat des agents des établissements d'enseignement de France et d'Outre-Mer affilié à la C. G. T.

M. Valentin, magasinier à la Bibliothèque universitaire de Paris; M. Deseaux magasinier à la Bibliothèque nationale.

L'ordre du jour de la réunion appelle l'examen du projet de réforme de l'enseignement et de la formation professionnelle, qui est joint en annexe du présent procès-verbal.

M. le Président rappelle les efforts poursuivis depuis quinze ans par la Direction des bibliothèques de France pour améliorer et normaliser les conditions générales de recrutement du personnel d'État et pour organiser l'enseignement professionnel. Cet enseignement appelle des réformes, en raison notamment de la transformation des Bibliothèques universitaires et de la création des collèges scientifiques universitaires.

D'autre part, l'École des Chartes a fait l'objet de dispositions qui permettront de mieux recruter ses élèves en les rémunérant comme stagiaires. Il est souhaitable que cette mesure soit étendue aux étudiants se préparant à la carrière des bibliothèques.

Pour toutes ces raisons, M. le Président indique qu'une modification des dispositions actuelles a été étudiée. Il donne la parole à Mlle Salvan qui a fait de ces problèmes une étude approfondie.

Mlle Salvan indique les conditions dans lesquelles l'avant-projet a été établi. Elle souligne tout d'abord la nécessité de réformer les conditions d'accès à la carrière de bibliothécaire. En 1950, au moment de la création du Diplôme supérieur de bibliothécaire, l'insuffisance des effectifs avait conduit à instituer une formation polyvalente. A l'heure actuelle, il faut tenir compte de la nécessité de recruter d'une manière massive pour pourvoir aux besoins des bibliothèques universitaires, des collèges scientifiques universitaires et des collèges littéraires universitaires. La réforme des bibliothèques universitaires impose une formation mieux adaptée.

Il est toutefois nécessaire de maintenir une formation de base commune. En revanche, la spécialisation, dans une deuxième étape, s'impose d'une manière évidente. Une formation scientifique orientée vers les techniques nouvelles doit avoir sa place dans l'enseignement. C'est surtout pour le recrutement du personnel scientifique des bibliothèques universitaires que cette formation doit être prévue. Un essai vient d'être tenté à l'heure actuelle avec l'option B du Diplôme supérieur de bibliothécaire.

Mlle Salvan passe alors à l'examen de l'avant projet. Elle indique les principes généraux sur lesquels la réforme est basée :

I° nécessité de relever le niveau professionnel;

2° nécessité d'une scolarité plus étalée assurant aux candidats, grâce à un calendrier mieux étudié un climat de sérénité actuellement inconnu;

3° nécessité de rétablir le stage;

4° nécessité de la spécialisation, sans prévoir toutefois un compartimentage absolu.

Ces diverses conditions ont paru pouvoir être réalisées au sein d'une école nationale. Les candidats admis à l'école devraient être titulaires d'une licence. Ils subiraient un concours d'entrée et toucheraient un traitement calculé sur la base de l'indice net 225. Ils s'engageraient à servir l'État pendant dix ans à compter de l'entrée à l'école.

La scolarité durerait deux ans :
- la première année serait consacrée à l'enseignement général.
A la fin de cette année, les candidats subiraient un examen qui tiendrait compte des notes de scolarité et donnerait droit au Diplôme de bibliothécaire.
- la deuxième année comporterait :
I° un stage de six mois, effectué soit à Paris, soit dans une ville d'université. En dehors du stage, les candidats rédigeraient un mémoire sous le contrôle d'un directeur d'étude;
2° un enseignement spécialisé d'une durée d'environ quatre mois.
Cet enseignement spécialisé comporterait deux sections :

I. Section A. - Bibliothèques générales.

Le programme est très proche de celui qui existe à l'heure actuelle. L'accent est mis sur les sciences humaines.

2. Section B. - Bibliothèques spécialisées et bibliothèques universitaires.

Il s'agit d'un enseignement de type nouveau. L'accent est mis sur les techniques nouvelles, les bibliographies spécialisées et la bibliothéconomie spéciale, notamment sur le plan médical.

Il a été prévu, par ailleurs, d'enseigner les langues du point de vue professionnel. L'anglais serait obligatoire.

A la fin de la deuxième année, les candidats seraient classés après examen, sur une double liste, suivant l'option A ou B, tenant compte des notes de scolarité.

Un recrutement parallèle pour la formation de spécialistes est prévu. Les intéressés seraient admis directement en deuxième année et suivraient des cours de formation accélérée. Ceci serait particulièrement utile dans les disciplines médicales.

Enfin un enseignement est prévu pour les sous-bibliothécaires, afin de les mettre à égalité par rapport aux autres candidats et leur permettre de bénéficier d'une partie de l'enseignement, de manière à leur donner la formation technique nécessaire.

Par ailleurs, les élèves ne désirant pas être bibliothécaires d'État, pourraient être élèves associés. Ils passeraient en première année le diplôme de bibliothécaire, et en deuxième année, suivraient l'enseignement spécialisé sanctionné par un examen donnant droit au diplôme de bibliothécaire-bibliographe.

M. le Président remercie Mlle Salvan d'avoir commenté ce schéma. Il pense qu'une discussion pourrait s'établir.

Mlle Wetzel expose que le Gouvernement a mis à l'étude un projet de réforme générale du recrutement de la Fonction publique, car il existe une crise du recrutement, surtout dans les corps classés en catégorie A. Les raisons en sont la sous-rémunération et l'avancement trop lent. Il faut intéresser les jeunes à la Fonction publique, en créant des écoles nationales professionnelles. L'option se prendrait dès le baccalauréat et la licence serait préparée en cours d'études. Mlle Wetzel estime que tout étant lié dans la Fonction publique, la Direction des bibliothèques de France ne peut proposer un projet plus sévère, surtout dans un corps sous-rémunéré.

M. le Président pense qu'il n'y a aucune raison pour que la réforme proposée ne s'insère pas dans une réforme plus large. Il souligne toutefois que le temps presse, le projet proposé devant être inscrit au budget de 1963. M. Lelièvre, également de cet avis, fait remarquer que la réalisation d'un projet tel que celui auquel Mlle Wetzel fait allusion n'aurait d'effet que dans cinq ans. Il souligne, par ailleurs, que nous travaillons dans le cadre de la Fonction publique, mais aussi dans celui du ministère de l'Éducation nationale.

Mme Honoré observe que le projet étant présenté en séance n'a pu être étudié par les représentants du personnel. Elle souhaiterait pouvoir faire connaître ultérieurement l'opinion de la majorité de ses mandants.

Elle demande, en outre : I° ce que devient le tiers chartiste dans ce projet de recrutement; 2° si les années d'école compteront dans la carrière.

M. Cain précise qu'aucune disposition nouvelle n'est prévue pour les chartistes.

M. Lelièvre pense que la réponse définitive à la deuxième question dépend du ministère des Finances. Dans le projet de la Direction, les élèves de l'école seraient, en principe, fonctionnaires stagiaires.

Mme Honoré remarque que les élèves de l'École des Chartes entreraient dans le corps des bibliothécaires avec une ancienneté de trois ans et ceux de l'école nationale avec une ancienneté de deux ans.

M. Lelièvre précise que la Direction des bibliothèques étudiera la question.

Mme Honoré souligne qu'il n'y aura, à la sortie de l'école, qu'un nombre limité de postes. Que fera-t-on s'il y a des candidats en surnombre ? M. Lelièvre répond que le problème est le même dans les autres écoles. Dès l'instant que les élèves de l'école ont le titre de fonctionnaire stagiaire, l'État doit les placer. Le classement n'est pas un choix.

M. Garnier demande des précisions sur le concours d'entrée.

Mlle Salvan estime qu'il y a lieu de prévoir des épreuves de caractère pratique : analyse d'un texte, traduction d'un texte de langue étrangère, conversation avec le jury, par exemple.

Mme Honoré souligne la nécessité de procéder à la formation du personnel technique, qui a été négligée. Mlle Salvan pense que la préparation au Certificat d'aptitude aux fonctions de bibliothécaire répond, dans une certaine mesure, à cette préoccupation, mais que cette préparation doit être complétée par un enseignement spécial.

M. Piquard souhaite le maintien de la composition française dans le concours d'entrée.

M. Garnier pense qu'il faudra établir la liste des titres jugés équivalents à la licence. Il souhaite que le doctorat en pharmacie ne soit plus exigé, le diplôme de pharmacien lui paraissant équivalent à la licence ès sciences. Il regrette que la section A n'ait pas au moins des notions scientifiques, car il craint qu'il n'y ait pas de volontaires pour la section B.

Mme Honoré pense que la polyvalence risque de rester nécessaire pendant plusieurs années. Il faut prévoir, à son avis, une formation générale plus poussée que celle qui est envisagée. Elle estime que certaines des matières prévues en deuxième année pourraient figurer dans le programme de la première année, telles que les techniques de reproduction des documents. En ce qui concerne l'administration, il lui paraît nécessaire de donner des notions de base sur la Fonction publique et la vie civique, et expliquer, par exemple, ce qu'est un plan. Ces notions devraient être données dès la première année. Les élèves devraient également avoir des notions de comptabilité.

M. le Président donne son accord à ces propositions.

En ce qui concerne la promotion du travail, Mme Honoré pense que les sous-bibliothécaires devraient suivre les cours de première année et passer l'examen dès la première année.

Mlle Salvan observe que le concours subi par les intéressés, ainsi que leur expérience professionnelle, peut les dispenser de la première année. Mme Honoré estime toutefois que la formation des sous-bibliothécaires est très inégale selon leur affectation.

Mlle Wetzel demande que les agents contractuels titulaires d'une licence puissent bénéficier de ces dispositions. M. Masson estime que les bibliothécaires de bibliothèques municipales non classées doivent aussi bénéficier d'une formation professionnelle accélérée.

M. Lelièvre est d'accord pour le principe d'une formation professionnelle en cours de carrière.

MM. Garnier et Breillat soulèvent la question de la lecture publique.

Il ressort de la discussion que la culture du bibliothécaire de lecture publique doit être aussi poussée que celle de ses collègues affectés à d'autres établissements.

Mme Honoré se déclare d'accord sur les grandes lignes du projet. Elle désire discuter les questions de programme dans une séance ultérieure.

Passant à un autre sujet, Mlle Belin déclare qu'elle a été saisie d'une demande tendant à étendre aux étudiants en droit, désirant préparer le Diplôme supérieur de bibliothécaire, les dispositions qui existent pour les licences de lettres et de sciences.

Cette proposition est adoptée.

L'ordre du jour étant épuisé, la discussion est close et la séance levée à 12 h par M. le Président.

SÉANCE DU 14 MARS 1962 1 (PROCÈS-VERBAL)

Le Comité technique paritaire de la Direction des Bibliothèques s'est réuni le mercredi 14 mars 1962 à 9 h 30, dans la salle des Commissions de la Bibliothèque nationale, 58, rue de Richelieu, Paris 2e, sous la présidence de M. Cain, directeur général des Bibliothèques.

I. Représentants de l'Administration :

M. Lelièvre, inspecteur général, adjoint au directeur général; M. Masson, inspecteur général; M. Brun, inspecteur général; M. Poindron, conservateur en chef, chef du service technique; M. Rieunier, secrétaire général de la Bibliothèque nationale; M. Piquard, conservateur en chef, chargé de l'administration des bibliothèques de l'université de Paris; Mlle Salvan, conservateur en chef, chargée de l'organisation des études et de la formation professionnelle; M. Breillat, conservateur en chef de la Bibliothèque municipale classée de Versailles.

2. Représentants du personnel :

a) Représentants du Syndicat national des Bibliothèques affilié à la Fédération de l'Éducation nationale :

Mme Honoré, conservateur à la Bibliothèque nationale; M. Thomas, conservateur en chef de la Bibliothèque de la Faculté de droit de Paris; M. Jourdan, sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale.

b) Représentants du Syndicat général de l'Éducation nationale affilié à la C. F. T. C. :

M. Garnier, conservateur de la bibliothèque de la Faculté des sciences (Orsay); Mlle Garrigoux, conservateur à la Bibliothèque nationale.

c) Représentant du Syndicat national des cadres des bibliothèques affilié à la Confédération générale des cadres :

Mlle Wetzel, conservateur à la Bibliothèque universitaire de Paris.

d) Représentant du Syndicat des agents des établissements d'enseignement de France et d'Outre-Mer affilié à la C. G. T. :

M. Deseaux, magasinier à la Bibliothèque nationale.

L'ordre du jour de la réunion appelle un nouvel examen du projet de réforme de l'enseignement et de la formation professionnelle.

M. le Président donne la parole aux représentants du personnel pour leur permettre de faire part du résultat de leurs réflexions et de la consultation de leurs collègues.

Mlle Wetzel se déclare d'accord sur le principe d'une école nationale. Toutefois, elle estime qu'il y aurait lieu de porter la durée de la scolarité à trois ans, avec un stage d'un an. Le diplôme de bibliothécaire serait passé à la fin de la deuxième année. Il y aurait un tronc commun en deuxième année pour les sections A et B. Par ailleurs le programme d'histoire du livre devrait être plus étoffé dans la section B. Mlle Wetzel approuve, d'autre part, les propositions de l'administration en ce qui concerne les spécialistes et la promotion du travail. Elle fait, toutefois, des réserves pour les contractuels. Les emplois de contractuels devraient être, à son avis, transformés en emplois de titulaires.

Mlle Garrigoux déclare que le projet de création d'une école nationale a été bien accueilli. Une scolarité de deux ans paraît suffisante. Elle signale la suggestion d'un chartiste qui envisagerait un enseignement de quatre années dans une école où l'on entrerait sans licence, l'école se chargeant de la préparation de ce diplôme. Elle indique que certains de ses collègues formulent des réticences en ce qui concerne la licence libre. Les chartistes d'autre part regrettent que les deux formations soient séparées. Ils craignent que la cohésion du corps ne soit compromise. L'ensemble du personnel désire un stage en province et demande que les cours d'histoire du livre soient obligatoires pour tous les bibliothécaires.

Mme Honoré déclare que la très grande majorité des membres de son Syndicat est favorable au projet présenté. Elle signale toutefois que certains bibliothécaires et conservateurs de province ont présenté un contreprojet. Le recrutement des bibliothécaires aurait lieu non plus au niveau de la licence, mais à celui du baccalauréat avec une scolarité de trois ou quatre années qui assurerait une formation complète. Les auteurs de ce projet craignent, en effet, qu'en exigeant une licence, on n'élargisse pas assez le recrutement. Par ailleurs, ils considèrent que l'enseignement donné à l'université est mal adapté. Ils souhaiteraient une formation spéciale pour les bibliothécaires, en dehors des licences. L'enseignement comporterait des options : lettres, sciences, médecine, enseignement général.

Mme Honoré pense que les intéressés souhaitent créer une école qui soit le pendant de l'école des Chartes. A son sens, le seul résultat pratique serait de dévaloriser la profession. Le statut de la Fonction publique précise en effet que les corps classés en catégorie A sont recrutés au niveau de la licence. Elle estime toutefois que les années d'école pourraient compter pour un certificat de licence. Le deuxième inconvénient de ce projet serait que les bibliothécaires auraient une formation uniforme, et qu'ils n'auraient pas la culture de base indispensable. Elle précise d'autre part que les chartistes souhaiteraient au moins une partie de la préparation commune. L'ensemble de son syndicat est favorable à la promotion du travail. Les sous-bibliothécaires devraient toutefois accomplir une scolarité totale.

Mme Honoré pose, par ailleurs, la question de savoir si le recrutement des spécialistes prévu par le projet supprimerait le mode de recrutement actuel de ce personnel.

M. le Président ne croit pas nécessaire d'ouvrir un débat sur les questions posées par la minorité.

En revanche, les questions ci-après lui paraissent devoir être débattues :
I. Concours d'entrée.
2. Question des spécialistes.
3. Rapports avec l'école des Chartes.

Mlle Salvan déclare que l'enseignement donné dans la première année de l'école devrait constituer une formation de bibliothécaire complète en elle-même. Elle estime que cette formation devrait être au moins équivalente à celle que sanctionne l'actuel diplôme supérieur de bibliothécaire, et qu'il serait même possible d'y introduire des matières nouvelles. L'enseignement de l'histoire du livre devrait être assez poussé. C'est pour cette raison que le diplôme de bibliothécaire serait délivré à la fin de cette première année. En deuxième année, on aurait un enseignement synthétique pour chacune des grandes disciplines.

M. le Président ne désire pas, en revanche, que l'enseignement de première année reste un enseignement lourd. A son avis il serait inutile, dans ces conditions, d'avoir modifié le diplôme supérieur de bibliothécaire.

M. Lelièvre estime qu'en ce qui concerne le titre requis pour se présenter au concours il y a lieu de supprimer les termes de licence libre ou de licence d'enseignement qui sont maintenant dépassés, et qu'il est plus simple de s'en tenir aux termes de licence ès lettres et licence ès sciences.

Mlle Garrigoux déclare qu'il y aurait lieu de fixer la composition de cette licence libre.

En ce qui concerne les spécialistes, Mlle Salvan pense que la formation envisagée devrait automatiquement supprimer le recrutement spécial actuel. M. Lelièvre rappelle qu'à l'heure actuelle le recrutement des spécialistes est limité par un pourcentage. A partir du moment où les intéressés entreront régulièrement à l'école, ils auront la condition de fonctionnaires stagiaires et il n'y aura plus de limitation de pourcentage.

M. le Président fait des réserves, eu égard aux besoins de la Bibliothèque nationale. Il estime qu'il ne sera pas possible de recruter des spécialistes s'ils doivent passer par l'école. Il désire étudier encore la suite à réserver à cette question.

En ce qui concerne le concours d'entrée, Mlle Salvan propose de supprimer la composition française et de la remplacer par des analyses de textes et des épreuves de langues.

Mlle Wetzel estime que le « tronc commun » aux options A et B devrait être prévu en deuxième année. Il faudrait donc une scolarité de trois ans.

Mme Honoré pense qu'il est impossible d'allonger la scolarité de trois ans après la licence. M. le Président est de cet avis; il précise qu'à l'heure actuelle une tendance se dessine contre l'allongement des études. La durée de la licence en droit, par exemple, va être ramenée de quatre à trois ans. Toutefois, pour tenir compte des préoccupations de Mlle Wetzel, il propose qu'en deuxième année certaines matières soient communes aux sections A et B.

M. Lelièvre déclare que la conception du bibliothécaire polyvalent est contraire à l'esprit de la réforme. Il faut, dans la section B, un enseignement moderne fondé sur la connaissance des langues modernes et des techniques nouvelles. Or le traitement et l'étude des manuscrits et du livre ancien exigent la connaissance du latin, qu'il ne peut être question d'imposer dans cette section. A son avis, seule l'administration pourrait figurer dans ce « tronc commun ».

M. Poindron est opposé à un tronc commun en deuxième année, qui est une année de spécialisation.

M. le Président déclare que cette question du tronc commun doit faire l'objet d'une étude plus poussée.

M. Lelièvre pense que les textes qui seront adoptés doivent être des textes généraux. Il sera possible d'augmenter ultérieurement le nombre des sections, ou de les subdiviser.

En ce qui concerne les chartistes, M. Masson précise qu'un enseignement relatif aux bibliothèques est prévu en première et deuxième année de l'école des Chartes. La bibliographie, notamment, sera enseignée.

La question du mémoire étant évoquée, Mlle Salvan pense que celui-ci pourrait constituer l'amorce d'une thèse.

M. le Président déclare que ce mémoire devra être court.

En ce qui concerne la promotion du travail, Mlle Salvan précise qu'il y aura un concours spécial à l'entrée.

M. Lelièvre est d'avis que la formation professionnelle n'importe pas seule pour les sous-bibliothécaires, mais aussi les connaissances universitaires.

Mlle Belin demande si les projets en cours d'étude tendant à modifier le statut des bibliothécaires doivent être abandonnés.

Le Comité désire que ces projets soient maintenus.

Mme Honoré propose, pour la période transitoire, de modifier les épreuves du concours. On pourrait ajouter une deuxième épreuve.

M. le Président pense qu'il serait possible de supprimer l'admissibilité et d'autoriser tous les candidats à subir l'oral.

Mme Honoré propose de prévoir un concours spécial en 1963 et 1964 pour les candidats titulaires du diplôme supérieur de bibliothécaire, qui n'ont pas de licence.

L'ordre du jour étant épuisé, la discussion est close et la séance levée à II h 40 par M. le Président.

  1.  (retour)↑  Un groupe de travail s'était réuni, le 6 mars, sous la présidence de M. Lelièvre, pour préciser certains points du projet.