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Chronique des bibliothèques

Bibliothèque nationale.

Exposition cartographique internationale.

A l'occasion de la première assemblée générale de l'Association cartographique internationale (Paris, 29 mai - 5 juin 196I), la Bibliothèque nationale a mis la Galerie Mansart à la disposition du Comité français de techniques cartographiques pour une exposition de cartes. Cette exposition, organisée sur le thème de l'expression cartographique du relief, a été préparée par le département des Cartes et plans avec la collaboration de l'Institut géographique national.

Les documents exposés, fournis par les 17 pays qui avaient accepté de participer à cette manifestation (Allemagne, Australie, Canada, États-Unis, Finlande, France, Grande-Bretagne, Grèce, Inde, Israël, Italie, Japon, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse, Viet-Nam), ont été retenus par une commission de sélection de six membres représentant la Bibliothèque nationale, l'Institut de géographie de l'Université de Paris, l'Institut géographique national et la cartographie privée. Toutes ces cartes entreront, après l'exposition, dans les collections de la Bibliothèque nationale.

Les documents exposés ont été répartis, d'après les formes des reliefs exprimés, dans une quinzaine de grandes rubriques : cartes d'ensemble, reliefs plissés, volcaniques, glaciaires, littoraux, etc.

Enfin, le département des Cartes et plans a organisé dans le vestibule de l'escalier des Estampes, une petite exposition sur le thème de l'expression du relief dans les cartes anciennes. Les documents présentés ont été choisis exclusivement dans les collections du département des Cartes et plans et celles de la Cartothèque de l'Institut géographique national; ils permettent de suivre l'évolution de l'expression du relief sur les cartes depuis le XIVe jusqu'au XIXe siècle.

Un catalogue, préparé par les soins du département des Cartes et plans a été publié 1.

Exposition des manuscrits à peintures offerts par le Comte Guy du Boisrouvray 2.

Trente manuscrits à peintures viennent d'être offerts à la Bibliothèque nationale par le comte Guy du Boisrouvray; ils appartiennent aux genres les plus divers, sacrés et profanes; leur âge varie du XIIIe au XVIe siècle, ils proviennent de France pour la plupart mais aussi d'Italie, d'Allemagne, des Pays-Bas, d'Angleterre, d'Espagne, de Hongrie : ainsi la collection reflète en quelques exemplaires, certains d'une qualité exceptionnelle, l'histoire de la peinture des manuscrits à l'époque gothique.

Ce magnifique ensemble est remis à la France en souvenir de la comtesse Guy du Boisrouvray, née Luz Mila Patiño, qui l'avait formé avec son mari et partageait ses goûts pour les monuments de notre patrimoine artistique : jamais, en ce domaine spécial de l'enluminure médiévale, don aussi important par le nombre et l'intérêt n'est venu, d'un coup, enrichir le cabinet des Manuscrits. Nous n'y possédions rien d'analogue à un Psautier d'Hildesheim, chef-d'œuvre de l'école de Saxe-Thuringe au XIIIe siècle, émule de pièces célèbres aujourd'hui à Stuttgart et à Cividale; rien qui appartînt au genre pictural représenté par un Bréviaire de Xanten, curieusement apparenté à notre peinture messine, ni à celui d'Heures d'Alba Julia inspirées de l'Italie, ou d'une charmante Vie de Sainte Catherine dans laquelle un peintre néerlandais a mis tant de fraîcheur et de délicatesse; ce sont là témoins de styles inconnus chez nous et même ailleurs en France. Si les familles dont relèvent les autres manuscrits ne sont pas absentes de nos rayons, les nouveaux venus leur ajoutent cependant des compléments infiniment précieux : des Heures de Saint-Maur, provenant, comme le Psautier d'Hildesheim, de l'ancienne collection d'Arenberg, peintes à Paris vers 1410, qui nous rappellent par certaines de leurs images les Belles heures de Jean de Berry, hélas à jamais exilées; des Heures décorées vers 1420-1440 parle « peintre de Guillebert de Mets », l'une des meilleures œuvres de ce Flamand de la première époque; celles des Ducs d'Orléans (vers 1460-1470), que Charles, le poète, feuilleta peut-être ; un exemplaire du Songe du vieil pèlerin provenant de l'illustre bibliothèque du duc de La Vallière, orné de deux superbes compositions qui montrent ce dont était capable encore l'enluminure française, en cette fin du xve siècle qui marque pourtant le déclin. Enfin parmi d'autres livres qu'on ne peut tous citer, le joyau que sont les Très petites heures d'Anne de Bretagne : artiste fécond qu'on a cru le fils de Jean Fouquet et qui se confond peut-être avec Saturnin-François, collaborateur du sculpteur Michel Colombe, le peintre y prodigue sous un format minuscule, pour le plus petit certainement des manuscrits à peintures connus, les ressources de sa technique irréprochable et d'une dextérité sans défaut.

Les manuscrits que la Bibliothèque nationale reçoit aujourd'hui ajoutent des éléments de grand prix à sa collection ainsi qu'au répertoire général des peintures médiévales qu'elle a pris l'initiative de former et qu'il faudra bien donner quelque jour aux curieux.

Le Cardinal Mazarin homme d'État et collectionneur.

M. Lucien Paye, ministre de l'Éducation nationale, a inauguré le 23 juin 196I, à 17 heures, à la Bibliothèque nationale, l'exposition « Mazarin, homme d'état et collectionneur » 3.

De juin à octobre, dans les deux galeries connues aujourd'hui sous le nom de Galeries Mansart et Mazarine et qui ont servi de cadre à tant de belles expositions, la Bibliothèque Nationale commémore le souvenir de leur constructeur : le Cardinal Mazarin, homme d'état et collectionneur. Dans sa préface, M. Julien Cain rappelle que Mazarin est en effet chez lui, dans ce palais qu'il a acheté, agrandi, rempli de trésors antiques, où il a non seulement donné de grandes fêtes et fondé la première bibliothèque ouverte au public en France, mais aussi où il a, dans le secret, discuté plusieurs mois durant de février à mai 1659 les accords préalables aux conférences de l'Ile des Faisans.

L'histoire du palais lui-même est retracée dans une étude de M. R.-A. Weigert, conservateur au département des Estampes (Du Palais Mazarin à la Bibliothèque nationale) dans ses trois étapes successives : palais cardinalice, temple de l'argent, royaume du livre.

Dans les vitrines de la Galerie Mansart, dite anciennement Galerie Basse, les documents choisis et présentés par Mme Laurain-Portemer, conservateur au département des Manuscrits, et presque tous originaux, évoquent les principaux événements de la carrière de Mazarin tour à tour capitaine, diplomate, cardinal, ministre.

Successeur de Richelieu, maintenu au pouvoir par la Régente Anne d'Autriche, Mazarin devient responsable du destin de la France. La minorité et la majorité de Louis XIV sont rappelées dans leurs faits les plus saillants ou leurs personnages principaux : grandes victoires, traités internationaux (traité de Münster), expéditions militaires.

Mais la situation intérieure se trouble. Le pouvoir absolu est menacé par la Fronde, celle des parlementaires puis des princes. Accords originaux entre les Frondeurs, tracts, pamphlets, illustrations, mémoires autographes de Lefèvre d'Ormesson, d'Omer Talon, de la Grande Mademoiselle, billet du prince de Condé captif, ordre de tirer sur la Bastille, lettre éplorée écrite dans l'Hôtel de Ville pendant l'incendie du 4 juillet 1652 voisinent avec l'ordre d'arrestation du Cardinal de Retz (portant deux lignes de la main de Louis XIV), la démission en blanc de l'archevêque de Paris et ses mémoires, cependant que beaucoup d'originaux de Mazarin (notamment ses Carnets) laissent parler le Cardinal pour que son portrait se trace de lui-même. Si l'on signale encore la série de lettres autographes adressées par le ministre à Louis XIV à propos de Marie Mancini, on aura quelque idée de la qualité des pièces exposées, ce rappel historique s'achevant avec l'original du traité des Pyrénées et le manuscrit des mémoires de Brienne, ouvert sur le fameux passage : « il faut quitter tout cela ».

On retouve au premier étage dans la Galerie Mazarine, l'ancienne galerie haute, décorée par Romanelli, Mazarin collectionneur auquel M. R.-A. Weigert a consacré une seconde étude.

Ainsi que l'a pensé M. Jean Vallery-Radot, conservateur en chef du cabinet des Estampes, il ne pouvait s'agir « de tenter une reconstitution impossible à réaliser, mais seulement d'essayer d'évoquer la galerie au temps de sa splendeur, telle que la montre la gravure de Van Schupen, d'après un dessin de Chauveau... » Grâce à l'aide des Musées nationaux, à leur directeur M. Henri Seyrig, aux conservateurs en chef des principaux départements du Musée du Louvre, on a pu regrouper un certain nombre de chefs-d'œuvre de l'art pictural possédés par Mazarin. Ils réunissent des œuvres du Corrège, de Raphaël, du Titien, du Guide, de Poussin, que remplaceront après une durée de quinze jours d'autres ouvrages ayant appartenu au Cardinal. Des antiques évoquent, de leur côté, les innombrables statues et bustes qui achevaient de faire des collections de Mazarin un exceptionnel ensemble.

Si la plupart des tentures de tapisseries qui ornaient le palais Mazarin ou qui étaient rangées dans son garde-meuble ont été dispersées, on trouve, du moins, dans la galerie basse, une pièce des Actes des Apôtres, tissée à Mortlake et accompagnée d'une incomparable bordure décorative due à un maître ignoré, à Van Dyck, peut-être. D'autres pièces des Fructus Belli de Jules Romain et de l'Histoire de Scipion sont des reproductions de tapisseries de Mazarin léguées à la Couronne et copiées aux Gobelins vers la fin du XVIIe siècle.

De même que beaucoup de joyaux, de trésors artistiques possédés par Mazarin, ces tapisseries provenaient des collections du roi d'Angleterre, Charles Ier, dispersées par ordre du Parlement après l'exécution du roi en 1649. Des meubles, des cabinets d'ébène, venus notamment de Fontainebleau, du Musée des arts décoratifs, de collections privées sont un rappel de tous les cabinets, des ouvrages relevés de pierres de Florence pour lesquels Mazarin avait une prédilection; des urnes de basalte et d'agate, montées en or ou en argent font souvenir que la collection de Mazarin n'était pas seulement une réunion de peintures et de sculptures, mais aussi de joyaux, de curiosités, de mille raretés, qui empruntaient leur intérêt et leur éclat à toutes les techniques et à toutes les matières.

Collectionneur et constructeur, qui suscita de nombreux ouvrages au château du Louvre, au château de Vincennes, à la Salpêtrière, Mazarin fut également un bibliophile averti qui, le premier en France, rendit ses collections accessibles au public. Sa bibliothèque, créée en partie grâce à Gabriel Naudé, « patron et chef de file » de tous les bibliothécaires, est à l'origine de la Bibliothèque du Collège des Quatre-Nations, fondée par le testament du Cardinal. Groupée par Mlle Garrigoux, conservateur au département des Imprimés, une sélection de manuscrits, d'incunables, de livres rares, de reliures souligne l'importance de la bibliothèque de Mazarin. Ce dernier fut également l'introducteur en France de l'opéra italien; aussi une section musicale dont se sont occupées Mme Lebeau, conservateur au département de la Musique et Mlle Launay, conservateur au département des Imprimés, complète l'hommage rendu à la mémoire d'un « illustre » qui figure au premier rang de l'histoire politique et de l'histoire des arts du XVIIe siècle.

Visite des archivistes français.

A l'occasion du IXe Congrès national des archivistes français qui vient d'avoir lieu aux Archives nationales, une centaine de conservateurs d'archives des Archives nationales et des départements sont venus visiter la Bibliothèque nationale le vendredi 16 juin. Dans la grande salle des commissions où les archivistes ont été accueillis tout d'abord, M. André Chamson, directeur général des Archives, et M. Julien Cain, directeur général des Bibliothèques, ont insisté sur la nécessité de maintenir des rapports réguliers entre les deux institutions, dont la collaboration a donné au cours de ces dernières années des résultats si favorables pour l'établissement des listes départementales de périodiques et pour de nombreuses expositions ; ils se sont félicités de l'occasion qui était ainsi donnée de manifester, comme a bien voulu l'écrire M. André Chamson, la confraternité des deux maisons.

Il ne pouvait être question, au cours d'une demi-journée, de visiter, comme beaucoup l'auraient souhaité, les nouvelles installations intéressant les divers départements ; on a dû se contenter de trois d'entre eux : Périodiques, Cartes et plans et Médailles.

Auparavant, Mme Honoré, chef du service des Publications officielles de la Bibliothèque nationale, demanda la collaboration des services départementaux d'Archives pour les collections de publications des collectivités locales, de papiers électoraux, de brochures politiques.

Puis chacune des visites fut précédée d'un exposé sur le fonctionnement du département. C'est ainsi que M. Prinet, conservateur en chef des Périodiques, après avoir exposé les diverses activités de son département, a tout spécialement attiré l'attention des archivistes sur deux entreprises susceptibles de bénéficier de leur collaboration : le Catalogue collectif des journaux quotidiens d'informations publiés en France métropolitaine depuis 1954, et la Bibliographie de la presse politique et d'informations générales, 1915-1944.

Mlle Foncin, conservateur en chef du département des Cartes et plans, a évoqué les échanges conclus avec certains services d'archives, afin de remembrer des collections de cartes anciennes. M. Yvon, bibliothécaire au cabinet des Médailles, a rappelé quelles dispositions peuvent être prises à l'occasion de trouvailles fortuites pour que le cabinet des Médailles soit en mesure de les étudier scientifiquement.

Une réception a suivi ces visites, permettant aux conservateurs d'archives de s'entretenir avec leurs collègues de la Bibliothèque nationale. M. André Masson, inspecteur général des Bibliothèques, représentait la Direction des bibliothèques de France. Les inspecteurs généraux des Archives, MM. Marcel Baudot et Guy Duboscq avaient tenu à accompagner les conservateurs d'archives au cours de leur visite à la Bibliothèque nationale.

Bibliothèque de l'Arsenal.

M. Jean-Paul Jouvet a remis récemment en don, pour les collections théâtrales de la Bibliothèque de l'Arsenal, un ensemble de documents concernant Louis Jouvet, son père; il s'agit notamment des dossiers de préparation de chacun des spectacles montés par Louis Jouvet, soit en France, soit au cours de tournées : manuscrits, souvent autographes, des auteurs avec l'indication des modifications apportées en cours de répétition, notes de préparation de Louis Jouvet, croquis de décorateurs, musique de scène enregistrée sur disques, photographies de scènes et de décors, enfin correspondance entre Louis Jouvet, les auteurs et les interprètes.

Des maquettes originales et une collection d'ouvrages et de gravures d'art sur l'architecture et la décoration théâtrale en France et à l'étranger complètent cet ensemble qui sera présenté pour la première fois au public au mois de décembre à l'occasion du 10e anniversaire de la mort de Louis Jouvet.

Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.

A l'occasion du Colloque sur les mystiques rhénans qui s'est tenu du 16 au 19 mai 196I au Centre de recherches d'histoire des religions de l'Université de Strasbourg en commémoration du 6e centenaire de la mort de Jean Tauler, une exposition a été organisée au Musée de l'Œuvre Notre-Dame, à laquelle ont participé les Archives départementales et les Archives municipales de Strasbourg, les Musées de la Ville, la Bibliothèque de la Ville, celle du Grand séminaire et celle du Séminaire protestant, ainsi que la Bibliothèque nationale de Paris et la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg qui a fourni les trois quarts des volumes exposés.

Inaugurée le 16 mai 196I par un concert de musique ancienne du « Collegium musicum » de l'Université de Strasbourg, l'exposition est restée ouverte jusqu'au II juin et comprenait des manuscrits, des imprimés, des dessins, gravures et photographies, ainsi que des diplômes, bulles et chartes originales, le tout concernant le couvent des Dominicains de Strasbourg, Maître Eckhart, Jean Tauler, Rulman Merswin et la Commanderie de Saint-Jean de l'Ile Verte de Strasbourg, Henri Suso, Jean Ruusbroeck, Henri Herp et d'autres auteurs ou traités mystiques provenant de couvents strasbourgeois ou rhénans.

Un catalogue imprimé a été publié en commun avec l'exposition organisée à la même occasion par la Bibliothèque de la Ville de Colmar, sous le titre de : La Mystique rhénane. VIe centenaire de la mort de Tauler. Exposition... Strasbourg... Colmar... - Strasbourg, Imprimerie des Dernières nouvelles, 196I. - In-8°, 24 p., couv. ill.

Bibliothèques universitaires.

Aix-Marseille (Bouches-du-Rhône).

M. Pedro Rengifo Sanchez, bibliothécaire vénézuélien, boursier du gouvernement français, après avoir visité plusieurs bibliothèques françaises, s'est arrêté à Aix et à Marseille les 13 et 14 juin 196I. Il a visité en détail les nouveaux locaux des trois sections de la Bibliothèque universitaire d'Aix-Marseille et a pris connaissance des différents services qui assurent le fonctionnement de ces bibliothèques.

Nantes (Loire-Atlantique).

La commémoration du Ve centenaire de la fondation de l'Université de Bretagne en 146I a été célébrée à Nantes le 15 juin et à Rennes le 16, sous la présidence de M. Lucien Paye, ministre de l'Éducation nationale, et en présence des recteurs des universités françaises; plusieurs universités étrangères étaient également représentées.

A la séance solennelle qui a marqué le début de ces manifestations, une conférence retraçant l'histoire de l'université, fondée à Nantes par le Duc Jean V et transférée plus tard à Rennes, a été prononcée par M. Pierre Lelièvre, inspecteur général des Bibliothèques de France.

Bibliothèques municipales.

Bordeaux (Gironde).

L'exposition du Salon international du portrait photographique a été inauguré le 16 juin 196I dans la salle d'exposition de la Bibliothèque municipale de Bordeaux et s'y est poursuivie jusqu'au 2 juillet.

Colmar (Haut-Rhin).

A l'occasion du VIe centenaire de la mort de Tauler, le Centre d'études supérieures d'histoire des religions de l'Université de Strasbourg a organisé, du 16 au 19 mai 196I, un Colloque international sur la mystique rhénane.

Une journée de ce colloque s'est tenue à Colmar : l'organisation en avait été confiée à la Bibliothèque de la Ville.

Des conférences ont été données dans la grande salle de lecture de la bibliothèque, ouverte non seulement aux congressistes venus de Strasbourg, mais aussi au public colmarien cultivé.

Pour illustrer ces exposés, des documents originaux, provenant du fonds ancien de la bibliothèque, avaient été disposés dans les vitrines de la galerie de la bibliothèque. Les congressistes ont ainsi pu voir des œuvres de Suso, Mechtild von Hackeborn, sainte Brigitte de Suède, Jean Tauler, Henri Herp et des recueils de sermons et de traités mystiques, écrits par les religieuses dominicaines du monastère d'Unterlinden de Colmar.

Ce couvent, véritable foyer mystique au moyen âge est aujourd'hui musée. A ce double titre, il ne pouvait manquer de figurer au programme de cette journée. Et les participants du congrès, s'étant rendus en pèlerinage dans la demeure médiévale des moniales dominicaines, bénéficièrent d'une longue visite commentée des richesses artistiques qu'abrite le Musée d'Unterlinden.

Corbeil-Essonnes (Seine-et-Oise).

Les nouveaux aménagements de la Bibliothèque municipale, transférée de l'Hôtel de Ville de Corbeil, où elle occupait un petit entresol, à celui d'Essonnes où tout le premier étage lui est réservé, ont été inaugurés le samedi 27 mai par le maire, M. Combrisson, en présence de M. l'inspecteur général Masson. Située à une courte distance du nouveau lycée, la Bibliothèque municipale offre de nombreuses ressources pour l'étude, la section de prêt (romans et documentation courante) restant dans son ancien local de Corbeil.

Dijon (Côte-d'Or).

La Ville de Dijon avait ouvert en 1939 une bibliothèque de prêt, dite « Bibliothèque populaire », installée 52, rue des Forges, dans un local assez éloigné de la Bibliothèque municipale proprement dite et complètement indépendante de cette dernière. En 1959, les deux établissements furent administrativement réunis et la bibliothèque de la rue des Forges modernisée.

Mais son local, suffisant tant que les abonnés étaient peu nombreux et demandaient les ouvrages à un comptoir, est devenu trop exigu lorsque la fréquentation s'est accrue et que les lecteurs ont eu accès aux rayons.

Tout agrandissement sur place étant impossible, la bibliothèque de prêt a été transférée le Ier juin au n° 7 de la rue de l'École de droit, à côté de la Bibliothèque municipale qui occupe le n° 5, dans un immeuble acquis par la Ville en 195I.

Le nouvel emplacement, dans un vieil hôtel des XVIIe et XVIIIe siècles, où Bossuet passa une partie de son enfance, est moins bien situé pour attirer le public que le local de la rue des Forges, rue commerçante très fréquentée.

Mais il est beaucoup plus agréable, dans une vaste cour avec arbres et parterre, et il a l'avantage d'être à proximité immédiate de la bibliothèque d'étude. Beaucoup plus vaste que l'ancien, le nouveau local offre des possibilités d'agrandissement pour créer une section enfantine dont une première pièce est en cours d'aménagement.

Grenoble (Isère).

Le samedi 10 juin 196I à 17 heures a été inaugurée, sous la présidence du maire de Grenoble, une exposition consacrée au Dauphiné au temps de Stendhal 4. Elle a pour but de faire revivre à l'aide de gravures, lithographies, dessins et aquarelles, le Dauphiné que connut Stendhal, à une période où les touristes et les artistes, qui s'aventuraient hors des villes, se contentaient de parcourir les vallées, les massifs peu élevés et ignoraient la haute montagne.

Cette exposition qui porte sur plus de deux cents estampes est la neuvième qui depuis la Libération ait été organisée avec publication de catalogues illustrés en noir et en couleurs. Elle fait suite à celle consacrée à Grenoble hier et aujourd'hui (1959), qui, maintenue en 1960, servit de thème à une série de six conférences sur Grenoble et son développement.

Limoges (Haute-Vienne).

La littérature américaine en images.

Du 15 février au 25 mai 196I, la Bibliothèque municipale a accueilli dans la galerie d'accès une exposition de panneaux photographiques illustrant l'œuvre et la vie des auteurs américains tels que M. Twain, Hemingway, R. Frost, O'Neill...

Ces documents lui étaient prêtés par les Services américains d'information de Bordeaux.

Ils ont suscité l'intérêt des lecteurs de la bibliothèque pour des œuvres mal connues ou oubliées et ont permis de mieux faire connaître aux étudiants les ressources que leur offre la bibliothèque de l'U. S. I. S. (« United States information service »).

En effet certains d'entre eux ont sollicité le prêt d'études critiques sur l'œuvre des auteurs ainsi mis en vedette.

Club amateur de photographes de Bologne.

Du Ier au 25 juin 196I, le Club international de photographie représenté à Limoges par M. Mazelle, et le Club amateur de photographes limousins ont présenté dans la galerie de la Bibliothèque municipale 65 photographies, œuvres des membres du « Circolo fotografico bolognese ».

Ces photographies réunissent les sujets les plus divers pour présenter un panorama varié de la vie italienne et de la manière très « latine » d'en saisir les aspects les plus significatifs.

Versailles (Seine-et-Oise).

Le 4 mai 1761, Choiseul demandait au roi la permission de construire à Versailles, à proximité du château et du ministre, un nouveau dépôt pour ses services, logés jusqu'alors à Paris. Un an plus tard, l'Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine, premier exemple de magasin d'archives incombustible, abritait déjà, ses voûtes terminées, les papiers diplomatiques et les traités de la monarchie. La Ville de Versailles, qui vient, après des travaux qui ont duré deux années, d'effectuer, sous l'habile direction de l'architecte en chef des Bâtiments de France, un magnifique ravalement d'ensemble des façades sur la cour, a tenu à célébrer le second centenaire du plus prestigieux immeuble qu'elle possède.

Une exposition s'est ouverte le samedi 13 mai, inaugurée par M. le député-maire, André Mignot, M. Julien Cain, directeur général des Bibliothèques, M. l'inspecteur général André Masson, M. Hay, secrétaire général de la préfecture, représentant M. le préfet de Seine-et-Oise, en présence de plus de 250 personnes qui se pressaient dans l'harmonieuse galerie demeurée intacte depuis deux siècles. Grâce aux documents et objets prêtés par les établissements publics (Archives des Affaires étrangères, Archives de France, Bibliothèque nationale, Archives de la Guerre, Archives de Seine-et-Oise, etc...) et au concours de collectionneurs privés et des familles mêmes de ceux qu'ont rendus illustres diplomatie et marine au temps de Louis XV et de Louis XVI (les de Boynes, les Castries, les Choiseul-Praslin, les Fleuriot de Langle), on a fait revivre l'histoire de l'Hôtel depuis ses débuts, évoqué les étapes de sa construction, l'organisation des ministères en véritables « centres de documentation », et rappelé les grandes heures de notre politique étrangère, sur terre et sur mer, sous Choiseul et Vergennes, notamment les rapports franco-américains de la Guerre d'indépendance.

Plusieurs des pièces exposées furent présentées au président Kennedy lors de sa réception au château de Versailles, quelques jours plus tard.

Vichy (Allier).

Inauguration du Centre culturel Valery Larbaud.

Les 24 et 25 juin 196I a eu lieu à Vichy l'inauguration officielle du Centre culturel Valery Larbaud où se trouve la bibliothèque municipale 5. La bibliothèque Valery Larbaud, à laquelle deux pièces ont été réservées dans les locaux de la bibliothèque municipale, a été présentée aux invités de la municipalité et de l'Association des amis de Valery Larbaud : les écrivains Jean Cassou, André Beucler, Claude Aveline, Roger Nimier, Franz Hellens, Paço d'Arcos, et M. Poindron, conservateur en chef, représentant M. Julien Cain, administrateur de la Bibliothèque nationale et directeur général des Bibliothèques de France.

Cette bibliothèque, acquise par la Ville en 1948, comprend environ 12 ooo volumes, des manuscrits de Valery Larbaud, plusieurs milliers de lettres reçues par l'écrivain, des éditions de caractère bibliophilique, des ouvrages anglais, espagnols, italiens, etc...

Le 24 juin, après une assemblée générale de l'Association des amis de Valery Larbaud présidée par M. Reymond, maire-adjoint de Vichy, et le secrétaire général, M. Croquez, les amis de l'écrivain déposèrent une gerbe sur sa tombe et se rendirent à Valbois, sa propriété, acquise depuis par la Ville.

A l'inauguration du 25, en présence du député-maire, M. Coulon, prirent la parole M. Reymond et M. Jean Cassou. L'après-midi, les écrivains présents évoquèrent, sous la présidence de M. Reymond et en présence de l'adjoint aux beaux-arts, M. Lavaud, le souvenir de Valery Larbaud; M. Poindron avait auparavant rappelé ce qu'était la bibliothèque de Valery Larbaud et exprimé le souhait que les habitants de Vichy et les curistes découvrent ce plaisir de la lecture si cher à Valery Larbaud et accomplissent ce « progrès du lecteur » tel que le concevait l'écrivain et tel qu'il l'a décrit dans le premier chapitre de « Domaine anglais ».

Bibliothèque municipale d'art et d'industrie Forney. Paris.

La Bibliothèque municipale d'art et d'industrie Forney, anciennement 12, rue Titon, Paris IIe, qui a été transférée à l'hôtel de Sens, I, rue du Figuier, Paris 4e (tél. : Turbigo 14-60) 6 , est ouverte de 13 h. 30 à 20 h. 30 et le samedi de 10 h. à 20 h. 30; elle est fermée le lundi, le dimanche et les jours fériés.

Bibliothèques centrales de prêt.

Seine-et-Oise.

La Bibliothèque vient de s'installer dans les locaux provisoires qui lui ont été affectés dans une cour intérieure des Grandes écuries, à Versailles. Deux paires de classes préfabriquées, concédées par le département, sur l'obligeante intervention de M. le secrétaire général de la préfecture, et de M. l'inspecteur d'académie, abritent désormais ses services, contraints, par voie d'expulsion judiciaire, d'évacuer un immeuble devenu, par suite de l'extension de ses activités, beaucoup trop étroit et mal commode.

Le conservateur régional des Bâtiments de France a bien voulu laisser s'implanter ces classes préfabriquées dans la cour intérieure contiguë au bâtiment attribué à la Bibliothèque de prêt dès 1954, abandonné depuis par l'autorité militaire, et qu'elle occupera définitivement après une remise en état, fort longue et coûteuse. Les crédits doivent être prochainement dégagés et les premiers travaux entrepris vraisemblablement à la fin de l'année, mais, en attendant, les locaux nouveaux d'une surface totale de près de 300 m2 et tout de plain-pied, représentent, par rapport à l'ancien état de choses, une amélioration considérable.

A noter la nouvelle adresse : B. C. P. de Seine-et-Oise, Grandes Écuries, Place d'Armes, Versailles. Tél. 950. 50-82.

  1.  (retour)↑  Bibliothèque nationale. Paris. - L'Expression cartographique du relief. Exposition cartographique internationale. - Paris, Bibliothèque nationale, 196I. -20,5 cm, 65 ff., multigr.
  2.  (retour)↑  Bibliothèque nationale. Paris. - Manuscrits à peintures offerts à la Bibliothèque nationale par le comte Guy du Boisrouvray. [Exposition, juin-juil. 196I. Préf. par Jean Porcher.] (Paris, impr. Tournon et Cie), 196I. - 27 cm, 148 p., 10 pl. en coul., 88 pl. en noir.
  3.  (retour)↑  Bibliothèque nationale. Paris. - Mazarin homme d'état et collectionneur, 1602-166I. Exposition organisée pour le troisième centenaire de sa mort. [Exposition, juin-sept. 196I. Préf. par Julien Cain. Du Palais Mazarin à la Bibliothèque nationale, par Roger-Armand Weigert. Mazarin homme d'état, par Madeleine Laurain-Portemer. Mazarin collectionneur, par Jean Vallery-Radot et Roger-Armand Weigert. Les bâtimcnts et le Collège des Quatre-Nations.] - Paris, 196I. - 20 cm, XXVIII-232 p., 16 pl., couv. ill.
  4.  (retour)↑  Grenoble. Bibliothèque municipale. - Le Dauphiné au temps de Stendhal. Exposition par Pierre Vaillant... - Grenoble, Impr. Allier, 196I. - 20,5 cm, 32 p., [3] pl. dont 1 en coul., couv. ill. en noir et en coul.
  5.  (retour)↑  Voir : B. Bibl. France, 5e année, n° 11, nov. 1960, p. 437.
  6.  (retour)↑  Voir : B. Bibl. France, 6e année, n° 6, juin 1961, p. 303.