entête
entête

Les Bibliothèques universitaires et le quatrième plan d'équipement

Le Commissariat général au Plan a été chargé par le Gouvernement de préparer le quatrième plan quadriennal qui doit couvrir l'ensemble des investissements français pour la période 1962-1965. Un arrêté du 13 juin 1960 a créé une commission de l'équipement scolaire, universitaire et sportif qui doit étudier les besoins de l'enseignement et élaborer un programme précis d'équipement universitaire. Une enquête a été lancée sur l'équipement universitaire, qui porte, entre autres, sur les besoins concernant les bibliothèques. Il est à remarquer que cette enquête porte, non seulement sur les bibliothèques universitaires, mais également sur les bibliothèques d'instituts et de laboratoires dont les collections dépassent 5.000 volumes. Bien entendu, les bases de calcul - qui permettront de fixer l'ampleur des constructions à réaliser, soit sous la forme d'une extension sur place, soit par l'édification de bâtiments nouveaux - sont tout d'abord fondées sur l'évolution des effectifs universitaires. Il est intéressant de rappeler l'ampleur du mouvement que prévoit le Bureau universitaire de statistiques, et nous croyons intéressant pour nos lecteurs de redonner les chiffres qui ont déjà été publiés :

Évolution des effectifs universitaires - Récapitulation. Académies de la Métropole (Étrangers exclus)

I. Prévisions.

a Jusqu'en 1958-59; P.C.B. inclus; de 1960 à 1970 : hypothèse de maintien du P.C.B.
b Jusqu'en 1958-59; P.C.B. exclu; de 1960 à 1970 : hypothèse de suppression du P.C.B.

Voici, d'autre part, le texte de la circulaire adressée aux conservateurs et bibliothécaires universitaires :

Les bibliothèques constituent, dans les universités, un des outils de travail les plus importants aussi bien pour les étudiants qui ne peuvent travailler sans livres (manuels, traités, ouvrages de synthèse, etc...) que pour les professeurs, maîtres de conférences, chargés de cours, chefs de travaux, moniteurs, etc..., qui sont amenés à utiliser journellement une documentation à la fois très étendue et très spécialisée.

L'accroissement du nombre des étudiants prévu pour la décade 1960-1970 aura des répercussions directes sur le fonctionnement des bibliothèques universitaires. Dans le cas où aucun transfert n'est à prévoir, il convient d'étudier si les salles publiques en service ont une capacité suffisante pour répondre à cet accroissement (au minimum une place assise pour 10 étudiants inscrits), et de préciser si des agrandissements éventuels peuvent être réalisés dans les locaux actuels ou à proximité immédiate.

Dans plusieurs universités françaises, subsistent des bibliothèques universitaires dites « centrales », c'est-à-dire communes à plusieurs facultés dans lesquelles, conformément à la législation de la fin du siècle dernier, les collections sont classées par ordre d'entrée et par format, et où un seul catalogue général par auteurs et par matières, recense la totalité des collections.

La création d'un certain nombre de facultés des sciences éloignées du reste de l'université a déjà entraîné la création de bibliothèques spécialisées dans les sciences.

Des fonds entièrement nouveaux doivent ou devront être constitués pour les nouvelles Facultés des sciences d'Orsay, de Reims, de Nantes et de Nice, ainsi que pour les collèges scientifiques universitaires.

Pour les facultés des sciences de fondation ancienne, dont le siège est transféré dans des bâtiments neufs généralement éloignés du centre universitaire, les fonds scientifiques de la bibliothèque centrale devront être séparés du fonds général, ce qui suppose un travail très long de sélection et de manipulation sur des centaines de milliers de volumes et de millions de fiches de catalogues. Tel est le cas notamment pour les futures bibliothèques scientifiques de Poitiers et de Bordeaux-Talence.

La construction d'autres Facultés nouvelles de sciences (Toulouse, Lyon, Lille, Nancy, Montpellier...) doit entraîner des opérations du même ordre puisqu'il s'agit là de l' « éclatement » de bibliothèques encyclopédiques où les fonds littéraires, juridiques, voire médicaux, sont mêlés aux fonds scientifiques.

Dans les universités où l'on envisage de reconstruire une faculté des lettres, des problèmes analogues seront posés. Il convient d'en mesurer très exactement l'importance et de chiffrer, dans chaque cas, les besoins particuliers en personnel et en crédits, qu'impliquent un transfert de collections et la reconstitution d'un catalogue distinct.

A l'occasion de ces constructions nouvelles des regroupements d'instituts et de laboratoires sont généralement prévus. Il paraît souhaitable de profiter du regroupement de ces lieux de travail et de recherche pour assurer une meilleure coordination de toutes les bibliothèques (de facultés, d'instituts, et de laboratoires) et par suite éviter des doubles emplois, autrement dit réaliser d'appréciables économies sur le plan des achats de livres et de périodiques, éventuellement sur le plan de leur fonctionnement (crédits de personnel et de matériel).

Illustration
Tableau