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La Recherche en matière de bibliothéconomie

Deuxième année d'activité du « Council on library resources »

Denise Ravage

Les lecteurs du Bulletin des bibliothèques de France ont déjà eu l'occasion d'apprendre comment s'est fondé le « Council on library resources », quels sont ses objectifs, les moyens dont il dispose et quelle a été son activité au cours des neuf premiers mois de son existence 1. Nous n'y reviendrons pas.

Le second Rapport annuel, dont on peut seulement regretter qu'il soit publié avec un assez grand retard, est donc le premier qui rende compte d'une période de douze mois, allant, selon les habitudes financières américaines, du 30 juin 1957 au 30 juin 1958.

M. Verner W. Clapp, qui continue, avec le dynamisme et l'autorité qu'on lui connaît, à présider aux destinées du CLR, nous informe qu'au cours de cette année une somme de $403.36I a été affectée à l'exécution de trente-deux projets de natures très diverses, en même temps que se précisait la place et le rôle du CLR dans le monde des bibliothèques.

Rôle et programme du CLR.

Les bibliothèques américaines ont vécu pendant près de trois quarts de siècle sur l'aphorisme de Melvil Dewey : « Mettre le livre approprié entre les mains du lecteur idoine au moment voulu » (Get the right book into the hands of the right reader at the right time). Or les problèmes qui se posent aux bibliothèques à l'heure actuelle et qui découlent de l'augmentation vertigineuse du nombre des publications et de l'accélération du rythme des recherches dans tous les domaines, sont, ou sans commune mesure avec ceux que la génération précédente de bibliothécaires a eu à résoudre, ou entièrement neufs. En d'autres termes, le CLR se désintéresse des besoins qui peuvent être satisfaits par une simple expansion de ce qui est (more of the same) et se réserve de rechercher la solution, d'une part à des problèmes, anciens par leur nature mais qui ont pris une ampleur telle qu'il devient nécessaire de les repenser entièrement, d'autre part à des questions que l'utilisation par les bibliothèques des développements récents de la science et de la technique rend absolument nouvelles.

Le but suprême, l'idée maîtresse qui revient à chaque instant d'une manière ou d'une autre, sous la plume de M. Clapp, est que « toute bibliothèque, si petite soit-elle, doit pouvoir disposer des ressources du monde entier ». Et il propose de remplacer la formule de Dewey par la définition suivante de la fonction des bibliothèques dans le monde d'aujourd'hui : « être capable de renseigner le lecteur, où qu'il soit, sur l'existence du savoir enregistré relatif à son champ d'intérêt, et de lui fournir les parties pertinentes de ce savoir, où qu'elles se trouvent ».

De cette définition dérivent tout naturellement les trois faces principales de l'activité du CLR :
- le repérage bibliographique des publications, c'est-à-dire, l'identification et la localisation des sources du savoir enregistré;
- l'accès aux publications, ou les moyens par lesquels ce savoir peut être amené jusqu'au lecteur qui en a besoin;
- l'infrastructure administrative, soit tout ce qui rend possible l'exercice efficace des fonctions ci-dessus, depuis la formation professionnelle des bibliothèques jusqu'aux questions financières, etc.

Enfin dans une quatrième partie, le Rapport signale les études faites en vue de la planification de la recherche et celles qui relèvent de la simple enquête plutôt que de la recherche.

Repérage bibliographique des publications 2.

Au cours de cette deuxième année, c'est incontestablement à ce domaine que le CLR a consacré sa plus grande activité et la majeure partie de ses ressources. Sur un total de 32 sujets d'études ou de recherches, 14 relèvent du repérage bibliographique, 14 qui pourraient devenir facilement 15 en y ajoutant la subvention accordée à la Conférence sur l'information scientifique, tenue à Washington en novembre 1958 3 et classée ailleurs dans le Rapport. Et sur une somme de $403.000 déboursés ou engagés, près de $270.000 (ou $285.000) soit plus des deux tiers y ont été affectés.

Catalogue.

Il est frappant d'observer la place qu'occupe le catalogue « cœur du problème des bibliothèques » dans les quatre sections qui composent cette partie du Rapport : normalisation, mécanisation, coordination des efforts, bibliographies. M. Clapp va jusqu'à énoncer, non sans une pointe d'humour, la thèse qui paraîtra à certains paradoxale, selon laquelle dans une bibliothèque, de bons catalogues sont plus utiles que de fortes acquisitions, car aucune bibliothèque ne peut posséder tous les livres existants, tandis que, munie de bons instruments bibliographiques elle pourra obtenir pour ses usagers tous les livres, où qu'ils se trouvent.

C'est pourquoi le CLR a mis en route simultanément des études, toutes issues de ce problème central, mais allant dans des directions bien différentes : I° tentatives pour résoudre de vieux problèmes à l'ordre du jour depuis de longues années; ou 2° efforts pour améliorer les conditions actuelles du travail grâce aux développements techniques récents ou à l'esprit nouveau qui anime les bibliothécaires.

Parmi les premières nous trouvons la normalisation des règles de catalogue à l'échelle internationale, la normalisation sur le plan national américain pouvant être considérée comme un fait acquis grâce en grande partie aux fiches de la Bibliothèque du Congrès. Une subvention de voyage a permis à un représentant de 1' « American library association » d'assister à une réunion de l'Association des bibliothécaires allemands au cours de laquelle des décisions importantes ont été prises qui rapprochent les règles prussiennes du classement alphabétique des fiches de celles en usage depuis longtemps dans les pays de langue anglaise et française.

Plus important encore, le groupe américain chargé de la révision du code national de catalogage a accepté l'autorité de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires. Un groupe de travail constitué en 1954, grâce à l'initiative de l'Unesco, et présidé par M. F. C. Francis, directeur du « British Museum », a pu continuer ses travaux avec des moyens accrus et sur une base beaucoup plus large. Plusieurs subventions (environ $20.000 en tout) ont été accordées à la FIAB dont l'une a permis aux deux secrétaires exécutifs du groupe - MM. A. H. Chaplin, « du British Museum », et Ludwig Sickmann, du « Lehrinstitut des Landes Nordrhein-Westfalen » - de participer à un colloque sur la révision du code de catalogue organisé par la « Standford University » en juin 1958. Une autre subvention a servi à tenir à Londres 4 au cours de l'été 1959, une réunion dont l'objet fut de préparer la conférence internationale sur la coordination des principes de catalogues prévue pour 1960 ou 1961.

Nous citerons aussi dans cette catégorie, pour sa valeur d'exemple, non seulement pour la France, mais pour bien d'autres pays, le catalogage à la source, opération ainsi dénommée car elle consiste à publier les livres munis des informations nécessaires à leur catalogage. Nous ne nous étendrons pas sur tous les avantages, longuement décrits par M. Clapp, que cette procédure apporterait, aux libraires et aux éditeurs aussi bien qu'aux bibliothécaires et même au public acheteur de ces livres. Mentionnons plutôt les difficultés de réalisation. Elles sont doubles : techniques d'une part, car le catalogage ne peut être fait que dans les dernières phases de la fabrication du livre, mais avant qu'il ne soit tout à fait terminé; psychologiques d'autre part, car elle suppose la collaboration des éditeurs. Or une étude préliminaire faite par M. Andrew D. Osborn de la Bibliothèque de l'Université Harvard, fort sceptique au départ, l'a convaincu que ce procédé était non seulement réalisable mais d'une importance certaine. Malgré les conséquences fâcheuses que le succès de cette opération aurait sur son service de distribution de fiches, la Bibliothèque du Congrès a entrepris, à titre d'expérience, de cataloguer « à la source » environ un millier d'ouvrages dans les six à douze mois à venir. Avant la fin de l'année plus de deux cents éditeurs avaient promis leur collaboration. Prêchant d'exemple, le Rapport présente sur la page 2 de sa couverture la fiche de catalogue qui s'y rapporte. (Total des sommes consacrées à ces études : : $57.800.)

Dans la seconde catégorie de recherches concernant le catalogue, le CLR défriche des terres vierges : téléréférence est le terme forgé par lui pour désigner un système permettant de consulter des fiches de catalogue à distance au moyen de la télévision. On voit tout de suite les applications de ce procédé : dans les universités, plus de catalogue de facultés ou d'instituts, mais un seul catalogue central; dans les bibliothèques municipales pas de catalogue pour les annexes, dans une ville comme New York par exemple tous les catalogues existants « interconsultables »; à un échelon plus large encore, toutes les bibliothèques d'une région pouvant mettre en commun leurs efforts en vue d'un seul catalogue régional. Il est d'ores et déjà établi que la chose est faisable du point de vue technique, mais qu'elle ne l'est pas du point de vue économique. Le rapport de l'Université de Michigan, où les premières expériences ont été faites, conclut, que pour envisager la généralisation de ce procédé il faudra un matériel beaucoup moins coûteux que celui dont on dispose à l'heure actuelle, matériel qui devrait même permettre de réaliser une économie sur les procédures actuelles.

En attendant une autre machine est à l'étude. Il s'agit de la camera ducatalogueur, destinée à accélérer et simplifier certaines opérations de catalogage. La reproduction des fiches par des moyens mécaniques, imprimerie ou autre, est un fait acquis. Mais pour obtenir un jeu complet de fiches relatif à un ouvrage, il faut reprendre une à une les copies de la fiche principale et inscrire au sommet les vedettes matières ou autres figurant en général au bas de cette fiche. Travail artisanal, long et coûteux en main-d'œuvre. La camera du catalogueur permettrait de reproduire rapidement la fiche principale et par un second système d'optique ajouté à celui de la photo pure et simple, transférerait une à une sur sa partie supérieure les vedettes situées dans le bas. La « Radio corporation of America » a déjà établi les plans d'un appareil de petite taille, conçu pour pouvoir être posé sur le bureau du catalogueur et être facilement utilisé par lui. Un appareil type est en construction ($25.000 en tout).

Il faut enfin mentionner - et ici le CLR fait office de catalyseur plutôt que d'initiateur - les subventions apportées au « Southwest Missouri library service Inc. » de Springfield, Mo. Cet organisme créé en 1957 dont l'originalité vient de ce qu'il groupe onze petites et moyennes bibliothèques situées à une distance maxima de 400 kilomètres l'une de l'autre et sans aucun lien organique entre elles, a pour objet d'effectuer les opérations de catalogage et de préparation matérielle des ouvrages dans un seul centre et sur une base coopérative. La première subvention a servi à l'achat de matériel. La seconde donnée à l' « American Library Association » servira à l'étude minutieuse des résultats du point de vue technique comme du point de vue économique ($5.000 pour les deux). Le rapport de l'ALA doit être remis en 1959. Cette expérience pourra servir à d'autres bibliothèques, désireuses de réduire au minimum leurs frais d'établissement des catalogues et de manipulation des livres. Quels services une initiative de ce genre ne pourrait-elle rendre dans de nombreux pays et en France notamment, où nos petites bibliothèques provinciales ont tant de peine, par suite de l'insuffisance de leurs ressources, en particulier en personnel, à dresser leurs catalogues ! Poser la question, c'est s'apercevoir aussitôt qu'on ne peut y répondre que par l'affirmative.

Telles sont les principales études que le CLR a mises en route en matière de catalogue. On voit que nous n'avions pas tort d'en souligner l'ampleur et la diversité.

Bibliographies spécialisées courantes d'articles de périodiques.

Il reste à faire état dans le domaine du repérage bibliographique d'une expérience, actuellement en cours, conduite par la « National library of medicine ».

Il s'agit d'améliorer par une mécanisation poussée la Current list of medical literature. La Current list est la bibliographie spécialisée courante la plus importante du monde entier quel qu'en soit le sujet, si on se place au point de vue du nombre des articles répertoriés. En 1957 elle a mentionné dans ses dix numéros mensuels plus de 100.000 articles médicaux, et les deux index semi-annuels contenaient environ 500.000 notices relatives à ces articles. Malgré ce résultat remarquable elle ne recense encore que la moitié de la littérature médicale publiée dans le monde. De plus, un retard se produit tous les six mois au moment où la préparation des index absorbe une grande partie du personnel.

Avec l'aide du CLR, la « National library of medicine » cherchera à introduire l'emploi de cartes perforées, procédés photographiques, etc. dans le plus grand nombre possible des étapes successives de la préparation de la Current list. Elle s'efforcera d'inclure au cours de ces expériences qui dureront deux ans, toute la littérature médicale du monde et non plus seulement la moitié. Elle tâchera de rendre la Current list plus facile à consulter et plus lisible, d'améliorer les index, et de faire une place plus grande aux spécialités médicales dans la présentation de la bibliographie.

Importante par la somme qui lui a été allouée ($73.800), cette expérience l'est plus encore par l'application qui pourra être faite des résultats obtenus à d'autres bibliographies du même genre. Elle l'est enfin parce que précisément elle a pour objet le perfectionnement d'un type d'instruments de travail dont il est superflu de souligner le rôle capital dans la recherche scientifique.

Accès aux publications.

Huit sujets de recherche totalisant$72.000 ont été consacrés au cours de cette seconde année à quelques-uns des problèmes qui se posent pour faciliter l'acheminement rapide des publications vers le lecteur. Il faut s'attendre à voir se développer l'année prochaine cet aspect de l'activité du CLR. On verra pourquoi un peu plus loin.

Dès à présent le CLR s'est préoccupé d'améliorer la consultation, et des livres eux-mêmes, et des copies obtenues par les nombreux procédés en usage de nos jours.

Accès aux publications elles-mêmes.

Deux études ($36.000 en tout) se sont fixées pour but l'examen du fonctionnement et des résultats atteints par deux organismes, vieux de plus de dix ans, et qui sont bien connus des lecteurs du Bulletin. Il s'agit du « Plan Farmington », plan coopératif d'achats d'ouvrages étrangers, groupant environ soixante bibliothèques américaines, et du « United States book exchange Inc. » - centre national d'échange des doubles - qui a servi 1.323 institutions (dont la moitié hors des États-Unis) et expédié plus de 386.000 publications, pendant la seule année 1956. Les conclusions de ces études sont promises pour 1959. Elles aboutiront sans doute à une réorganisation de ces institutions.

D'autre part le CLR s'est demandé dans quelle mesure on pouvait organiser la mise en commun des ressources des bibliothèques d'une région déterminée. Quelles sont les questions juridiques, administratives, bibliographiques, qui se posent? quel est le matériel de transmission nécessaire, pour effectuer cette coordination ? M. Harry J. Krould, de Silver Spring, Maryland, a été chargé de rechercher la réponse à ces questions ($9.400). Notons que cette initiative transpose sur un autre plan, le but que se propose le « Southwest Missouri library service Inc. » mentionné plus haut.

Accès aux publications par les techniques de la copie.

Copier, rappelle M. Clapp, a été de tout temps une opération inséparable de l'existence des bibliothèques. Et le développement des techniques modernes de la copie n'a fait qu'accroître les besoins. C'est pourquoi de si nombreux procédés et de plus nombreuses machines encombrent les bibliothèques. A l'heure actuelle les procédés photographiques occupent une place de premier plan et c'est vers eux que le CLR a d'abord tourné son attention.

Le microfilm le plus répandu d'entre eux a créé autant de problèmes qu'il en a résolu. Employé pour obvier à la détérioration du papier, on s'aperçoit maintenant qu'il se détériore lui-même; utilisé pour remédier au manque de place, il n'a pas résolu cet éternel problème des bibliothèques; établi pour rendre plus étroite la collaboration internationale, pour faciliter les recherches, il a soulevé de nombreuses difficultés juridiques et on se rend compte finalement qu'il est difficile à lire et peu satisfaisant pour l'étude. Tout ceci sans parler des nombreuses questions relatives au format, à la fabrication, la conservation.

Malgré ces imperfections, les services qu'il a déjà rendus et ses promesses d'avenir sont tels qu'il ne peut être question d'autre chose que de surmonter ces difficultés. Et comme les bibliothèques n'absorbent que 2 % de la production du matériel et des fournitures de microcopie, on ne peut s'attendre à ce que l'industrie s'attache à trouver les solutions aux questions particulières qui les confrontent. Elles doivent le faire elles-mêmes.

Le CLR a donc là un rôle capital à jouer, mais il a pensé sage de s'entourer d'avis compétents. A son invitation, des représentants des usagers et des producteurs de microfilms se sont réunis en mai 1958 et ont émis un assez grand nombre de recommandations. Elles constituent le programme du CLR en la matière. On en verra la mise en œuvre progressive au cours des prochaines années.

Avant même cette réunion, le CLR s'était intéressé à la mise au point d'un microlecteur à main de petites dimensions, d'un maniement facile, possédant des qualités optiques améliorées et enfin d'un prix abordable pour les particuliers. Cet appareil, conçu pour les microcopies opaques devrait cependant pouvoir être utilisé aussi pour les microcopies transparentes. La « Microcard corporation » a été chargée de cette étude et les résultats obtenus au moment où ce Rapport était écrit permettaient d'espérer qu'on était proche du but ($II.750).

Le tourne-page automatique pourra être utilisé pour toutes les techniques de reproduction photographique. Tourner les pages à la main en effet est onéreux. Si le coût peut en être absorbé facilement dans le cas du microfilm, il devient prohibitif pour des techniques d'un prix élevé telles que télévision, téléfacsimilé, etc. La « Radio corporation of America » et la « De Florez Company » ont été chargées d'étudier les plans d'un appareil de ce genre ($10.000 en tout).

Enfin, une machine à copier les fiches utilisant le procédé « electrostatic inkcloud » (nuage d'encre électrostatique) dû à M. W. C. Huebner, est en construction par l'inventeur ($2.000). Ce procédé une fois mis au point pourrait rendre d'immenses services aux bibliothèques.

Le côté administratif.

Dans cet aspect de l'activité du CLR trois subventions seulement sont à signaler. Montant total :$20.000.

La plus importante est celle qui vise à élaborer un programme de normalisation et d'essais d'un grand nombre de fournitures, matériel et dispositifs couramment employés par les bibliothèques. A cause de la faiblesse des bibliothèques en tant que consommateurs sur les marchés de ces produits, elles sont obligées d'accepter ce qui leur est offert par le commerce. Il faut dire aussi que bien des bibliothécaires n'y ont pas prêté une attention suffisante. Les secteurs où cette normalisation a pu être faite, fichiers et fiches, rayonnages, montrent l'intérêt qu'il y aurait à l'étendre à d'autres. A la suite d'un rapport fait par le CLR lui-même, l' « American Library Association » a été chargée de rechercher sur quelles bases elle pourrait organiser un tel service. On sait que les essais de matériaux sont très onéreux. Le rapport fait pour l'ALA par M. J. H. Ottemiller de la Bibliothèque de l'Université de Yale sera terminé à l'automne de 1959 ($15.000).

Enquêtes et planification en vue de la recherche.

Des enquêtes d'un grand intérêt international ont été exécutées. L'une concerne les bibliothèques, l'autre l'édition en U. R. S. S. Elles ont été confiées à MM. Paul L. Horecky et Boris I. Gorokhoff, tous deux membres de la Division slave de la Bibliothèque du Congrès ($10.800) et seront publiées prochainement.

Une troisième est une étude d'ensemble qui n'a jamais été faite et dont les sources sont fort dispersées, sur les services de bibliothèques des États-Unis. M. Ralph M. Dunbar, jusqu'il y a peu de temps chef de la Division des bibliothèques du Bureau (fédéral) de l'Éducation en a été chargé ($12.125).

En matière de planification, le Rapport rappelle l'importante subvention ($87.500) accordée à M. Ralph R. Shaw pour définir avec un groupe d'experts les secteurs à explorer. La fin de ces études est annoncée pour le mois de mars 1959. Leur publication est assurée bien entendu.

Enfin sur le plan international qui, on l'a vu plus haut, est loin d'être étranger aux préoccupations du CLR, une étude a été confiée à M. E. J. Carter, chef de la Division des bibliothèques de l'Unesco pendant plus de dix ans ($500). Elle concerne l'organisation de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires qui n'a pas à l'heure actuelle l'efficacité souhaitable. M. Carter est chargé de proposer un programme minimum qui permette entre autres d'enrôler la participation active des bibliothécaires de tous les pays, même les plus éloignés, y compris ceux des Amériques.

Tel est, à la fin d'à peine deux années d'existence, le bilan impressionnant de l'activité du « Council on library resources ». Disposant, il est vrai, de ressources financières incomparables, s'appuyant aussi sur une profession nombreuse, organisée, animée sans cesse d'un désir vers le mieux, il n'en reste pas moins que pour la première fois dans l'histoire des bibliothèques, une organisation existe, entièrement consacrée à la recherche en matière de bibliothéconomie. De là son importance. De là vient aussi la nécessité pour les bibliothécaires de tous les pays de suivre avec attention le développement et les résultats de cette recherche. Peut-être même à l'avenir de contribuer à l'élaboration de son programme.

Annexe I. - Bibliographie

Grâce à l'obligeance de M. Clapp, nous pouvons donner ci-après une bibliographie relative au C L R et à ceux des travaux entrepris au cours des deux premières années qui ont jusqu'ici fait l'objet d'une publication. Ces références sont extraites d'une bibliographie qui doit paraître en annexe au IIIe Rapport annuel de l'organisation.

I. Acquisitions.

a) Coopération : le plan Farmington.

ARL meeting. (In : College and research libraries. Vol. 20, n° 3, March 1959, pp. 156-157.)

Association of research libraries. Farmington plan survey, directed by Robert Vosper and Robert Talmadge... Final report... - [Lawrence (Kansas), 1958] - pagination diverse.

Talmadge (Robert L.). - The Farmington plan survey, an interim report. (In : College and research libraries. Vol. 19, n° 5, sept. 1958, pp. 375-383.)

b) Échanges. L' « United States book exchange Inc. ».

Williams (Edwin E.). - A Serviceable reservoir. Report of a survey of the United States book exchange. - Washington, The Exchange, 1959. - 61 p.

II. Bibliographies spécialisées courantes d'articles de périodiques.

Taine (Seymour I.). - New program for indexing at the National library of medicine. (In : Bulletin of the Medical association library. 47, Apr. 1959, pp. 117-123.)

U. S. National library of medicine. - Improvement of bibliographic compilation through mechanization as applied to the Current list of medical literature. Interim progress report for period ending Dec. 31, 1958 [May 31, 1959]. - Washington, The library [1959]. - 2 vol. multigr.

III. Catalogage.

a) La caméra du catalogueur.

Radio corporation of America. Development engineering marketing. Defense electronic products. - Final report. Automatic enlarging instant copy camera, April 6, 1959. - Camden, The Corporation, 1959. - 6 p. multigr., 4 pl.

b) Catalogage à la source.

Osborn (Andrew D.). - Cataloging at the source. An opportunity for cooperation between the four major book arts. - Chicago, American library association, 1958. - 18 p. dactyl.

Library of Congress. Processing department. - Cataloging in source. (In : Cataloging service. N° 48, Sept. 1958, PP. I-3; n° 50, Nov. 1958, PP. I-4; n° 53, June 1959, PP. 1-17.)

c) Normalisation des règles de catalogage à l'échelle internationale.

International federation of library associations. International cataloguing conference. Bulletin. 1 (Nov. 1958 →- London IFLA working group on co-ordination of cataloging principles. - Periodicité irrégulière.

Osbom (Andrew D.). - At a German library association conference (In : ALA Bulletin. Vol. 5I, Nov. 1957, pp. 773-775). Compte rendu de la réunion de l'Association des bibliothécaires allemands à Lübeck en juin 1957, à laquelle M. Osborn représentait l' « American library association».

Osbom (Andrew D.). - Zur Revision der Instruktionen für die Katalogisierung an amerikanischen Bibliotheken. Vortrag gehalten aus dem Bibliothekartag in Lübeck am 13 June 1957 (Gekürzt). (In : Zeitschrift für Bibliothekswesen und Bibliographie. Vol, 4, 1957, n° 4, pp. 241-246.)

d) Livres persans.

Sharify (Nasser). - Cataloging of Persian works, including rules for transliteration, entry and description. - Chicago, American library association, 1959. -xiv-16I p.

IV. Catalogage coopératif.

Dennis (Willard K.). - Southwest Missouri library service, inc. (In : Missouri library association quarterly. 18, Dec. 1957, pp. 119-123.)

Kenney (Brigitte L.). - Centralized processing, Missouri Style (In : Library resources and technical services. Vol. 2, Summer 1958, pp. 185-198.)

Kenney (Brigitte L.). - Cooperative centralized processing A report of the etablishment and first year of operation of Southwest Missouri library service, inc. - Chicago, American library association, 1959. - 98 p.

Mahoney (Orcena). - An Experiment in cooperative processing. (In : ALA Bulletin. Vol. 52, n° 2, Febr. 1958, pp. 127-130.)

V. Détérioration du papier. Causes et remèdes.

Barrow (William J.). - Physical strength of non-fiction book papers, 1900-1949. A preliminary report, Dec. I, 1957. - [Richmond, 1957] - [35] p. multigr.

Barrow (William J.). - Stabilization of modern book papers. A progress report, June I, 1958. - [Richmond, 1958]. - 10 p. multigr.

Barrow (William J.), Sproull (Reavis C.). - Permanence in book papers. (In : Science. 129, Apr. 24, 1959, PP. 1075-1084.)

Church (Randolph W.). - Is there a doctor in the house? (In : Publishers' Weekly, 175, Jan. 5, 1959, pp. 76, 78-80.)

Church (Randolph W.). - Perish the paper, perish the book, perish the thought. An inquiry. (In : Publishers' weekly. 172, Sept. 2, 1957, pp. 54, 56-58.)

VI. Bibliothèques.

a) Mise en commun des ressources des bibliothèques d'une région déterminée.

Krould (Harry J.). - An Inquiry in aspects of public library reference service. - [Washington, 1958]. - 2 vol. dactyl.

b) Utilisation et propagande.

Gaver (Mary Virginia). - Every child needs a school library. - [Chicago, American library association, 1958]. - 16 p.

Ludington (Flora B.). - Books and libraries. Tools of the academic world. - [Chicago, American library association, 1958]. - 15 p.

National book committee, inc. - Report on the first observance of National library week. Recognition and response. - [New York, The Committee, 1958]. - 16 p.

Parsons (Arthur H.) Jr. - Fountains, not reservoirs. The public library. - [Chicago, American library association, 1958]. - 16 p.

VII. Téléréférence.

University of Michigan. Engineering research institute. - Final report. Application of a telereference system to divisional library card catalogs. A feasibility analysis. - [Ann Arbor] Council on library resources, 1958. - 9I p.

VIII. Microcopie.

Meeting on the problems of microform in libraries, Cosmos club, Washington D. C., May 23, 1958. Summary of discussions. - Washington, Council on library resources [1958]. - 12 p. multigr.

IX. Tourne-page automatique.

The De Florez company Inc. - Report on design study of a book-cradle/page-turner. - Engleford Cliffs (N. J.), The company, 1959. - 18 p. multigr., 5 pl.

Radio Corporation of America. Development engineering. Defense electronic products. - Design plan for the development of an automatic page tumer by Elbert Marsh, August 1958. - Camden (N. J.), The Corporation, 1958. - 25 p. multigr., 17 pl.

X. Lecteurs et lecture.

Reading for life. Developing the college student's lifetime reading interest. Ed. with a pref. by Jacob M. Price. - Ann Arbor, University of Michigan press [1959]. - XI-27I p. (Compte rendu d'une conférence tenue à Ann Arbor, 21-22 février 1958.)

XI. Normalisation et essais du matériel de biblitohèque.

Harwell (Richard B.). - The Library technology project. (In : ALA Bulletin. Vol. 53, March 1959, pp. 195-196.)

Ottemiller (John H.). - Library technology. A feasibility study. Report of the director. - Chicago, American library association, 1958. - 29 p. multigr.

Ottemiller (John H.). - A Program for upgrading systems and procedures. (In : Library journal. Vol. 84, April I, 1959, pp. 104I-1047.)

XII. Information scientifique.

International conference on scientific information, Washington D. C., Nov. 16-2I, 1958, - Preprints of papers. - Washington, National academy of sciences, National research council, 1958. - XVIII-290-207-109-139-428-123-124 p.

XIII. Enquêtes. Bibliothèques de l L'U.R.S.S.

Horecky (Paul L.). - Libraries and bibliographic centers in the Soviet Union. - [Bloomington, Indiana university publ., 1959]. - XVIII-287 p.

XIV. Organisation internationale.

Carter (Edward). - International organization in librarianhip and documentation. - [Washington, 1958]. - 59 p. multigr.

Annexe II. - Récentes subventions du C L R

Parmi les subventions récemment accordées par le « Council on library resources » et qui ne figurent pas au dernier rapport annuel, on signalera tout particulièrement : une subvention de$200.000 à la Bib!iothèque du Congrès pour l'établissement d'un catalogue des collections de manuscrits ; un don de $244.65I pour la troisième et dernière édition de l'Union list of serials in libraries in the United States and Canada (le « Gregory »); une subvention de$138.395 à l' « American library association » pour la création d'un service de renseignements sur les fournitures et le matériel de bibliothèques, une autre de $15.000 à la « National microfilm association » pour la publication d'un Guide to micro-reproducing equipment, une troisième de$20.000 à M. W. M. Whitehill à l'effet de conduire une étude sur le rôle des sociétés d'histoire locale dans le monde moderne. En outre, le C L R a conclu un contrat de $20I.53I avec la « Cosley division » de l' «Avco manufacturing corporation » pour des recherches relatives à la mise au point d'un matériel électronique expérimental spécialement destiné aux bibliothèques.

Il faut encore noter une subvention de $15.000 à l' « Association of research libraries » pour étendre le Plan Farmington à des pays et des sujets qui en étaient exclus jusqu'ici; une aide au « Joint libraries committee on fair use in photocopying » pour étudier les problèmes juridiques posés par la photocopie; un contrat avec la « Thompson Ramo Wooldridge, Inc. » de Los Angeles pour des recherches concernant l'indexation et le repérage mécanique de l'information; une subvention de$6.000 à la firme Diebold, pour une étude comparative des différents systèmes de prêt, une de $50.000 à l'Université de Yale en vue de rechercher des méthodes susceptibles de résoudre les problèmes de place dans les bibliothèques importantes, une de$72.965 allouée à la « Brookings institution » pour mener une enquête sur les ressources en bibliothèques des divers départements et organismes dépendant du gouvernement fédéral; le Dr Luther Evans, ancien directeur général de l'Unesco, participera à cette enquête en qualité d'expert. L' « American institute of biological sciences » a reçu également une aide pour éditer un journal sous forme de microfiches opaques : Wildlife disease.

  1.  (retour)↑  Voir l'article très documenté de Mme A. Puget : B. Bibl. France. 3e année, n° 1, janv. 1958, pp. 15-23.
  2.  (retour)↑  Le mot publications est pris ici dans le sens le plus large, s'appliquant aussi bien aux imprimés qu'aux photostats, microfilms, etc., tout ce qui constitue en somme le « savoir enregistré ».
  3.  (retour)↑  Voir : B. Bibl. France. 4e année, n° 1, janv. 1959, pp. 1-19.
  4.  (retour)↑  Voir : B. Bibl. France. 4e année, n° 7-8, juillet-août 1959, pp. 367-374.