entête
entête

Nécrologie

Jean Bully

Jean Bully est mort à Rouen le 23 mars 1959. Il était né à Port-de-Bouc(Bouches-du-Rhône) le 6 avril 1881. Ayant obtenu, après des études secondaires au lycée d'Aix-en-Provence, le brevet d'élève diplômé de langue tamoule à l'École des langues orientales, il fut attaché à la Bibliothèque nationale en janvier 19II et nommé sous-bibliothécaire en février 1914, Mobilisé le 3 août, blessé en 1918, il fut décoré de la Croix de guerre. Il devait être nommé chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire en octobre 1926. Des raisons de famille exigeant de lui un long séjour dans le Midi, il donna sa démission en juin 1919. On le réintégra volontiers dans son emploi en janvier 192I et il fut nommé bibliothécaire le 3 décembre de cette année. Conservateur-adjoint le 22 février 194I, il prit sa retraite quelques semaines plus tard, le 6 avril.

Discret, modeste, ce n'est pas le service ingrat des recueils factices qui pouvait mettre en valeur ses autres qualités; car il était ponctuel, très travailleur, spirituel avec cela, parfois mordant. Poète aussi. Qui fait encore des vers latins à la Bibliothèque? Il en faisait aussi de français, à l'occasion d'un incident de service, d'une naissance, d'une promotion, et le collègue à qui ils étaient destinés les trouvait un matin sur sa table, inutilement anonymes, car l'écriture de Bully, dont il a couvert tant de milliers de fiches de recueils factices, était reconnaissable. Il avait entrepris, comme un grand divertissement, de traduire la Pharsale, pendant une vingtaine d'années annoncée sous son nom dans les classiques Garnier et qui n'a jamais vu le jour. C'est qu'il poussait en tout le scrupule à l'excès. Mais ceux qui l'ont connu gardent le souvenir d'un collègue d'une parfaite droiture et d'une courtoisie charmante.