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Les Bibliothèques d'observatoires

Geneviève Feuillebois

L'astronomie est une science peu connue du public : les astronomes apparaissent comme des savants d'un autre âge, penchés sur des problèmes dont l'utilité nous échappe. C'est au contraire une science active, en plein développement, dont l'importance s'est révélée avec le lancement des satellites artificiels.

Sans faire une apologie facile de l'astronomie « science des astres et de l'univers », notre but est d'en exposer les rouages, les méthodes de travail, puis de montrer quel rôle les bibliothèques d'observatoires jouent auprès des astronomes et comment elles sont organisées.

L'astronomie a, contre toutes apparences, un côté utilitaire : les études solaires et radioastronomiques apportent une contribution très efficace à la prévision des transmissions radioélectriques, indispensables à la sécurité des voyages aériens. Le soleil, laboratoire cosmique inépuisable, a rendu possibles les études de physique nucléaire. La répercussion des phénomènes solaires sur le « temps qu'il fait » doit permettre d'établir une météorologie très sûre. Enfin, l'horloge parlante, les services horaires, les « top » ultraprécis sont encore à la charge des observatoires.

Situation de l'astronomie en France.

La tradition astronomique repose en France sur des noms aussi célèbres que ceux de Lalande, Laplace, Le Verrier et Arago.

Aujourd'hui, sa renaissance est due à l'enthousiasme d'une équipe de jeunes chercheurs et à la brillante contribution de savants comme André Danjon, Bernard Lyot, André Lallemand : l'astrolabe impersonnel de M. Danjon permet de déterminer la position d'une étoile avec la précision d'un millième de seconde; Bernard Lyot a mis au point dès 193I le coronographe, sorte d'éclipse artificielle qui permet d'étudier chaque jour la couronne solaire; placé sur le télescope de 5 m de diamètre du Mont Palomar, le télescope électronique de M. Lallemand pourrait multiplier par un facteur de 30 environ le volume de l'univers actuellement accessible. Ces instruments sont utilisés dans les observatoires du monde entier.

Activités des observatoires français.

Peu de gens savent ce qui se fait dans un observatoire et l'activité des astronomes se rattache souvent à quelques termes comme « calcul des éclipses » ou « passage des comètes ».

L'astronomie compte en fait trois branches principales qui nécessitent des instruments de travail très différents : l'astronomie de position, l'astrophysique et la radioastronomie.

L'astronomie classique ou astronomie de position décrit la position des astres dans le ciel. Elle nécessite d'innombrables observations faites chaque nuit dans des conditions très inconfortables ainsi qu'ont pu le constater les bibliothécaires qui ont assisté, cet hiver, à la visite de l'Observatoire de Paris. La « réduction » des observations demande ensuite un gros travail : ainsi naissent les catalogues d'étoiles, la multiplicité des étoiles observées contribuant à améliorer la détermination de leurs positions. Grâce à ces mesures de positions et par des travaux d'analyse mathématique et statistique, on peut faire des recherches sur la structure de notre galaxie. Les « astronomes de position » demandent à la bibliothèque des tables de calcul de toutes sortes 1, des éphémérides, des ouvrages de statistique mathématique, de mécanique générale et de mécanique céleste. Ils ont à leur disposition tous les catalogues d'étoiles déjà établis ou en cours d'établissement, travail qui, à Paris, incombe en grande partie au « Service de la carte du ciel » et, dans tous les observatoires, au « Service du méridien ».

A l'astronomie de position se rattache la détermination astronomique du temps et sa diffusion par « top » radioélectriques dans toutes les stations mondiales. A Paris, les techniciens du Bureau international de l'heure réclament des ouvrages et des revues d'électronique et de radioélectricité. A Besançon, le fonds d'ouvrages de chronométrie est le plus important de France. L'étude de la détermination du temps a permis de mettre en évidence l'irrégularité de la rotation de la terre, due à des causes diverses comme la fonte partielle des calottes glaciaires pendant les étés polaires. Il faut donc avoir à la bibliothèque tous les résultats d'observations météorologiques, des ouvrages se rapportant à l'étude de l'ionosphère et de la haute atmosphère, de nombreux traités de géophysique et de séismologie.

L'astronomie de position incombe surtout aux observatoires des villes. C'est là aussi que les astrophysiciens dépouillent les clichés obtenus aux observatoires de Saint-Michel et du Pic du Midi.

En effet, ce n'est pas seulement l'étude cinématique des astres qui intéresse les théoriciens, mais aussi leur constitution physique : c'est alors le domaine de l'astrophysique. Les observatoires de Meudon pour l'étude du soleil, du Pic, pour celle des planètes, de Saint-Michel pour celle de la matière interstellaire et des galaxies sont de véritables plaques tournantes ouvertes aux astrophysiciens du monde entier : ils y établissent des clichés de spectres solaires et stellaires qu'ils lisent ensuite dans les laboratoires, en particulier dans ceux de l'Institut d'astrophysique. Les ouvrages de spectroscopie, spectrophotométrie leur sont indispensables. L'astrophysique théorique fait aussi appel à la thermodynamique, la physique solaire est étroitement liée à la physique nucléaire et atomique. A Meudon, sont dressées chaque jour des cartes détaillées des taches et éruptions solaires.

La radioastronomie aborde un domaine encore différent. Elle capte non plus les ondes lumineuses, mais les ondes hertziennes et les rayons cosmiques émis par le soleil et par des « radio-sources » d'origine extra-terrestre, ces radio-sources pouvant être des galaxies si lointaines qu'aucun télescope au monde ne pourrait les déceler. (La nébuleuse du Crabe, par exemple, due à la gigantesque explosion d'une étoile géante que les Chinois pouvaient observer en 1054, est une puissante source de rayonnement cosmique.) Le domaine de la radioastronomie est surtout celui de la radioélectricité et ses progrès rapides sont liés à ceux de l'électronique et de la technique du radar. C'est une science à évolution rapide, née il y a une vingtaine d'années; elle exige une bibliothèque très documentée et perpétuellement remise à jour; en radioastronomie, un livre d'il y a dix ans est déjà dépassé.

Enfin, n'oublions pas le domaine de l'optique; la construction des télescopes, le polissage des miroirs exigent des ouvrages d'optique hautement spécialisés. Le rôle des bibliothèques auprès des astronomes est donc évident; aussi, chaque observatoire possède-t-il la sienne.

Structure administrative des observatoires français et de leurs bibliothèques.

La plupart des observatoires dépendent de l'Enseignement supérieur et sont rattachés aux universités. Ils ont un personnel complet d'astronomes et de techniciens divers (opticiens, calculateurs). Il leur est souvent adjoint une chaire d'astronomie à la Faculté des sciences, chaire généralement confiée au directeur de l'Observatoire. Le programme général de ces établissements est organisé par le Conseil des observatoires. La répartition en est la suivante :

1° OBSERVATOIRE NATIONAL

Observatoire de Paris (Sections de Paris, Meudon, Nançay, Mont-Blanc).

2° OBSERVATOIRES DES UNIVERSITÉS

Universités Observatoires
Paris Nice (legs d'un donateur privé)
Lyon Saint-Genis Laval
Aix-Marseille Marseille
Strasbourg Strasbourg
Toulouse Toulouse
Pic du Midi
Alger Alger (Bouzaréah)
Bordeaux Floirac (Gironde)
Besançon Besançon
Lille Laboratoire de l'Institut d'astronomie.

3° OBSERVATOIRES DÉPENDANT DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE (C. N. R. S.)

Institut d'astrophysique de Paris, 98 bis, Boulevard Arago.

Observatoire de Saint-Michel de Haute-Provence.

Situé à 600 m d'altitude, près de Forcalquier, l'observatoire de Haute-Provence est appelé à rivaliser avec les plus grands du monde (il aura bientôt un télescope de I,93 m de diamètre). Il a ses coupoles, ses ateliers, et même son hôtel pour les chercheurs de passage.

De son côté, la radioastronomie, science nouvelle dont les laboratoires sont installés à l'Observatoire de Meudon, possède à Nançay (Cher) une station de recherches administrée simultanément par l'Observatoire de Paris et par l'Ecole normale supérieure.

Enfin, signalons l'activité de sociétés privées comme la Société astronomique de France 28, rue Serpente, Paris 6e, ou l'Observatoire Camille Flammarion à Juvisy.

Chaque observatoire compte, parmi ses services, une bibliothèque qui s'apparente à une bibliothèque d'institut, puisque l'observatoire est généralement rattaché à l'Université. Un astronome en a d'ordinaire la charge, aidé parfois par un bibliothécaire de l'université voisine 2.

A Marseille et à Saint-Michel de Haute-Provence, par exemple, deux astronomes s'occupent de la bibliothèque, avec la collaboration de M. Billioud, bibliothécaire de la Faculté des sciences.

A Strasbourg, M. Fischer, conservateur à la Bibliothèque nationale et universitaire, a organisé la bibliothèque de l'observatoire entre 1935 et 1939, sur la demande de M. Danjon qui en était alors directeur. Un astronome en a maintenant la charge.

Historique et statistique du fonds.

La bibliothèque de l'Observatoire de Paris est de toutes la plus ancienne et la plus riche. Elle fut créée en 1785 par Jean Dominique Cassini, dit Cassini IV, lorsqu'il prit la direction de l'observatoire (Cassini IV était le fils de Cassini de Thury qui entreprit la grande carte de la France).

Elle possède un fonds important de manuscrits et d'ouvrages anciens 3. Les manuscrits (750 liasses) proviennent en partie de la collection particulière des Cassini et des Maraldi; d'autres vinrent s'y ajouter grâce aux acquisitions que fit J. N. Delisle au cours de ses nombreux voyages, tels les manuscrits relatifs à l'astronomie et la chronologie chinoises ou la correspondance autographe d'Hévélius.

Le règlement créant la bibliothèque de l'Observatoire royal le 26 février 1785 prévoyait un fonds annuel de 600 livres pour son entretien. L'érudit astronome Lalande constitua ainsi certaines collections qui sont parmi les plus anciennes du fonds : Mémoires de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, Vienne, Upsala.

La loi d'établissement du Bureau des Longitudes (27 messidor an III - 25 juin 1795) contribua encore à l'enrichir. On y lit : « il sera pris dans les dépôts de livres appartenant à la Nation les livres nécessaires pour compléter la bibliothèque astronomique conservée à l'Observatoire ». Le principal de ces dépôts fut celui de la Marine, ce qui explique la présence des ancres gravées sur nombre de reliures. Le Bureau des Longitudes fut d'ailleurs hébergé près de soixante ans par l'Observatoire et les ouvrages d'astronomie, dont beaucoup portent à la fois le cachet de l'Observatoire et celui du Bureau des Longitudes sont, en grande partie, devenus propriété de l'Observatoire à la suite d'un partage. Le fonds actuel comprend :
- 750 liasses de manuscrits,
- environ 40.000 volumes dont 2.000 antérieurs à 1800 (une quarantaine d'incunables) et 600 recueils factices de brochures.
- 800 titres de périodiques dont 500 en cours (la deuxième édition de l'Inventaire des périodiques étrangers comprendra pour Paris 375 revues étrangères dont une trentaine de revues soviétiques).

La Bibliothèque de Meudon est en pleine évolution. Conçue pour une dizaine d'astronomes, elle comptait environ 6.000 volumes. Plus de 80 chercheurs y travaillent maintenant et près de 200 nouveaux volumes ont été achetés pour eux l'année dernière. Meudon reçoit 265 périodiques étrangers et une cinquantaine de périodiques français.

L'institut d'astrophysique, de création récente (1937) n'a pas de collections anciennes. Sa bibliothèque reçoit actuellement 130 périodiques français et étrangers. L'Observatoire de Saint-Michel « comprend environ 3.000 volumes. Les ouvrages anciens y font pratiquement défaut. Ils ont été offerts parmi les doubles des observatoires français, Paris et Marseille notamment ».

Celui de Marseille, au contraire, « possède des ouvrages très anciens, dont quelques-uns, du XVIe siècle, proviennent du fonds de l'ancienne bibliothèque de la Marine. Le fonds actuel est d'environ 12.000 volumes ».

A Toulouse, la bibliothèque contient « de nombreux ouvrages antérieurs à 1800 ». Elle compte environ 20.000 volumes et reçoit actuellement zzo périodiques. La section médecine-sciences de la Bibliothèque de l'Université de Toulouse a brûlé en 1910. Elle contenait un fonds important de livres d'astronomie qui n'a pas été reconstitué, car la plupart d'entre eux se trouvaient à l'Observatoire.

A Strasbourg, enfin, la bibliothèque compte « environ 25.000 volumes et 700 titres de périodiques et publications d'observatoires (dont environ la moitié en cours), ainsi qu'un fonds très riche d'ouvrages du XVIe et du XVIIe siècle ». Les manuscrits et incunables qu'elle possédait ont été donnés à la Bibliothèque nationale et universitaire par M. Danjon, lorsqu'il était directeur de l'Observatoire.

Accroissement des collections.

Les livres arrivent généralement par achat, mais les revues entrent en majeure partie par échange ou par don, grâce aux publications d'observatoires.

Paris échange le Bulletin astronomique, Meudon, les Cartes synoptiques de la chromosphère solaire, Strasbourg envoie les Annales de l'Observatoire de Strasbourg, Bordeaux les Publications de l'Observatoire de l'Université de Bordeaux, Toulouse les Annales de l'Observatoire astronomique et météorologique de Toulouse, Besançon les Annales de l'Observatoire de Besançon et les Annales françaises de chronométrie, Saint-Michel les Publications de l'Observatoire de Haute-Provence. En revanche, comme le fait remarquer M. Fehrenbach, directeur des Observatoires de Saint-Michel et de Marseille, « le Journal des observateurs est une publication indépendante qui ne sert pas de monnaie d'échange ».

A Paris, 25 revues étrangères et 20 revues françaises arrivent par abonnement, autrement dit les 9/10e des périodiques reçus le sont par échange ou par don. A l'Institut d'astrophysique de Paris, 43 revues arrivent par abonnement et 87 sont envoyées par les observatoires. A Toulouse, une partie importante des périodiques est reçue gratuitement.

Les livres sont achetés le plus souvent sur la demande des astronomes. A Paris et Meudon, les demandes d'acquisitions sont préalablement soumises à l'approbation des chefs de service. Pratiquement, ces deux bibliothèques achètent tout ce qui paraît en astronomie, l'information se faisant en majeure partie grâce aux annonces que les éditeurs font paraître dans les revues spécialisées ou qu'ils envoient directement à la bibliothèque. On guette par exemple la « sortie » de tel ouvrage annoncé dans The Journal of atmospheric and terrestrial physics. Les bibliographies scientifiques sont généralement de peu d'utilité pour les achats, car les ouvrages signalés sont déjà entrés à la bibliothèque depuis plusieurs mois.

Paris accroît surtout le fonds de mathématiques et d'astronomie de position. Meudon s'enrichit surtout en ouvrages de physique. Le prêt entre ces deux établissements est maintenant chose courante. De plus, Paris continue à accroître son fonds ancien, qui est l'un des plus riches de France pour l'histoire des sciences. Pour les mêmes raisons, Besançon continue à enrichir le fonds ancien en ouvrages de gnomonique.

La Bibliothèque de l'Observatoire de Saint-Michel est l'une des mieux documentées ; elle « essaye d'acheter tous les livres d'astronomie et tous les ouvrages fondamentaux sur la physique, les mathématiques et la géophysique ».

Fonctionnement des bibliothèques d'observatoires.

Les bibliothèques d'observatoires ne sont pas ouvertes au public, mais seulement aux astronomes; exceptionnellement sur autorisation écrite du directeur, des chercheurs venant de l'extérieur peuvent y travailler.

Le problème le plus ardu, que l'on rencontre dans toutes les bibliothèques spécialisées, est celui de l'information bibliographique. Comment se tenir au courant de tout ce qui paraît, sans être immédiatement submergé ?

Les astronomes disposent de plusieurs bibliographies courantes :
- Bulletin signalétique de C.N.R.S. Ire partie - Section II A : Astronomie. Section II B : Physique du globe.
- Astronomischer Jahresbericht... hrsg. vom Astronomischen-Rechen-Institut in Heidelberg. - Berlin, W. de Gruyter (Bibliogaphie signalétique très complète mais qui paraît malheureusement avec deux ans de retard).
- Referativnyj Žurnal. Astronomija, Geodezija (Moskva) (en russe).

D'autre part, le dépouillement des périodiques a été entrepris à l'Observatoire de Paris depuis le début de 1956. Il est fait désormais sur stencils et les fiches en bristol 125 X 75, multigraphiées, sont envoyées à la fin de chaque mois aux observatoires qui en font la demande : huit d'entre eux sont actuellement inscrits pour bénéficier de ce dépouillement. Il est prévu un jeu de 5 fiches par article dépouillé, afin d'en permettre la répartition dans les différents fichiers (alphabétique auteurs-anonymes, alphabétique de matières et, éventuellement, systématique).

De plus, la liste actuellement existante des mots-types du catalogue alphabétique de matières de Paris a été multigraphiée et soumise aux chefs de service. Les suggestions de chacun ont été soumises à M. le directeur de l'Observatoire de Paris. Une liste « type », naturellement extensible, a pu ainsi être mise au point; elle sera envoyée aux observatoires qui en feront la demande.

Tous les observatoires possèdent un catalogue auteurs-anonymes. Paris et Meudon ont actuellement un catalogue commun qui a permis d'intensifier le prêt interbibliothèque. L'Institut d'astrophysique a accepté d'y participer.

Certains observatoires ont déjà un catalogue alphabétique de matières, en particulier celui de Strasbourg, où il fut entrepris, il y a déjà vingt ans, par MM. Danjon et Fischer. Celui de l'Observatoire de Paris, commencé en 1955, par Mme Monfraix, est maintenant valable à la fois pour les livres et les articles de revues. Besançon, enfin, vient d'entreprendre le sien. Il est à noter qu'aucun observatoire n'applique la classification décimale universelle.

D'autres projets sont actuellement à l'étude : les ouvrages anciens d'astronomie sont riches en documents iconographiques, et ces illustrations font l'objet de fréquentes demandes. Il serait utile par exemple d'en constituer un fichier photographique classé systématiquement. Le même procédé de classement serait souhaitable aussi pour les multiples cartes (taches solaires, étoiles variables, etc...) disséminées dans les livres et les articles de revues.

Le prêt.

Il est difficile, dans une bibliothèque très spécialisée, de refuser aux lecteurs le prêt des périodiques. Les numéros de l'année en cours sont évidemment consultés sur place, mais les volumes reliés des années antérieures sont souvent prêtés, à condition de demeurer dans les laboratoires où ils peuvent être rapidement récupérés.

A l'Observatoire de Paris, le système suivant a d'ailleurs été adopté depuis de nombreuses années pour la consultation des numéros les plus récents : après avoir été exposés à la bibliothèque pendant une semaine, les périodiques sont réunis dans une « corbeille » hebdomadaire, numérotée et datée, accompagnée d'une liste de son contenu, et circulent de service en service dans un ordre établi. Chaque chef de service a la responsabilité de cette corbeille dont il vérifie le contenu, en signant la liste, avant de la passer au service suivant; ainsi les revues sont-elles consultées par tous. Une telle organisation n'est possible que parce que les services sont peu nombreux.

A l'Observatoire de Meudon, au contraire, ce sont les lecteurs qui viennent à la bibliothèque consulter les revues qui y restent exposées pendant un mois : les services sont trop dispersés et les chercheurs de passage trop nombreux pour permettre d'adopter l'organisation retenue à Paris.

Coopération nationale et internationale.

En province, existe une certaine coopération entre les bibliothèques d'observatoires, tandis que les rapports avec les bibliothèques de l'Université ne semblent pas très développés.

Toutefois, à Toulouse, l'Université envoie à l'Observatoire les publications astronomiques qu'elle reçoit à titre gratuit.

Paris a peu de contacts avec la Bibliothèque de la Sorbonne, mais une certaine coordination existe entre la Bibliothèque de l'Observatoire et certaines bibliothèques d'instituts : Institut Henri Poincaré, Laboratoires de physique de l'Ecole normale supérieure, Institut de physique du Globe, Centre national d'études des télécommunications. De plus, l'Observatoire prête certains ouvrages aux bibliothèques universitaires de province sous couvert du prêt interuniversitaire.

Sur le plan international, la coopération est intense entre astronomes grâce à l'Union astronomique internationale (International astronomical union) qui, actuellement, a pour président M. Danjon et pour secrétaire général M. Oosterhoff (Observatoire de Leyde, Pays-Bas). Des rencontres internationales ont lieu tous les trois ans et donnent lieu, chaque fois, à la publication d'un volume important dans la série « Transactions of the International astronomical union ». Ces « Transactions » sont publiées sous les auspices du Conseil international des unions scientifiques et avec l'aide financière de l'Unesco. La prochaine rencontre des membres de l'IAU aura lieu cet été à Moscou.

L'union astronomique internationale subventionne, de son côté, certaines publications. Citons :
- Observatoire de Paris. Section de Meudon. Cartes synoptiques de la chromosphère solaire et Catalogue des filaments de la couche supérieure.
- International astronomical union. Quarterly Bulletin on solar activity, publ. by the Eidgen. Sternwarte in Zurich.

Les contacts personnels avec les bibliothécaires des observatoires étrangers sont rares, mais se révèlent généralement fructueux. Ainsi a pu être menée à bien la complète remise à jour des publications en provenance de l'Observatoire Lick en Californie et de celui de l'Université d'Harvard.

Ce procédé est encore plus valable pour les publications soviétiques : l'arrivée de certains périodiques soviétiques subit souvent de brusques et inexplicables interruptions; les lettres adressées aux organismes officiels de l'U.R.S.S. restent souvent sans réponse, alors que la correspondance avec tel ou tel bibliothécaire, bénéficiaire du Bulletin astronomique français, permet de combler rapidement les lacunes.

Nous espérons que ces contacts pourront se multiplier, contribuant ainsi à créer un lien supplémentaire entre les observatoires étrangers.

  1.  (retour)↑  Nous ne pouvons entreprendre ici une bibliographie, même sommaire, de l'astronomie. Le tome III des Sources du travail bibliographique de Mlle Malclès apportera bientôt pour cette discipline une bibliographie très détaillée.
  2.  (retour)↑  Nous sommes très reconnaissante aux directeurs des observatoires de Besançon, Toulouse, Marseille et St-Michel qui, en dehors de toute enquête officielle, ont bien voulu répondre à nos questions.
  3.  (retour)↑  Deux catalogues ont été publiés :
    1° Bigourdan (G.). - Inventaire général et sommaire des manuscrits de la Bibliothèque de l'Observatoire de Paris. (In : Annales de l'Observatoire de Paris. Mémoires. Tome XXI, 1895, 156 p.)
    2° Bultingaire (J.). - Catalogue des incunables de la bibliothèque de l'Observatoire de Paris. (In : Revue des bibliothèques. 1913, pp. 263-278.)