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L'UNESCO et les bibliothèques de France

Un anniversaire

Julien Cain

Je ne saurais laisser paraître ce dernier numéro de l'année 1956 sans rappeler dans ce bulletin que l'année qui vient de finir a été celle du dixième anniversaire de l'Unesco.

La présence à Paris du siège de la grande organisation consacrée à l'éducation, à la science et à la culture, a créé des liens de travail, qui sont devenus des liens d'amitié, entre les bibliothécaires français et leurs collègues de la Division des bibliothèques, que dirige depuis sa fondation avec tant de dévouement et de compétence M. Ed. Carter. Les trois directeurs généraux qui se sont succédé à la tête de l'organisation, M. Julian Huxley, M. Torres Bodet, aujourd'hui ambassadeur du Mexique à Paris, M. Luther Evans, dont nous nous rappelons avec fierté qu'il fut jusqu'à sa nomination le directeur de la Bibliothèque du Congrès de Washington, ont manifesté tous trois l'intérêt qu'ils portaient aux bibliothèques et aux questions de bibliographie et de documentation. M. Jean Thomas, qui fut pendant de longues années directeur du Département des activités culturelles avant de devenir directeur général adjoint de l'Unesco, a beaucoup contribué pour sa part à l'établissement et à la réalisation du programme dans ce domaine.

C'est avec le concours de l'Unesco que la Direction des bibliothèques de France a pu faire paraître en 1950 et 1951 les trois volumes du Répertoire des bibliothèques de France. Je tiens à rappeler également qu'en 1952, à l'occasion de la Conférence générale qui s'est tenue à Paris, la Direction des bibliothèques et la Bibliothèque nationale ont organisé une exposition internationale de livres pour enfants, dont le succès fut grand. La France a participé activement aux stages organisés par l'Unesco, que ce soit à Manchester en 1948, à Malmœ en 1950, à Ibadan en 1953.

Mais c'est sans doute dans le domaine de la bibliographie que la collaboration entre l'Unesco et la France s'est manifestée le plus utilement. En qualité de délégué de la France aux conférences générales qui se sont succédé, notamment à la Conférence de Florence, il m'a été permis de souligner l'importance qu'il convenait d'attacher aux bibliographies internationales et le devoir pour l'Unesco de les soutenir financièrement.

C'est ainsi que le Conseil international de la philosophie et des sciences humaines, le Conseil des unions scientifiques et le Conseil des sciences sociales ont pu accorder des crédits de plus en plus importants aux bibliographies spécialisées. En vue d'établir une coordination dans le travail, en vue aussi de formuler certaines règles de méthode, la Conférence générale a créé un Comité consultatif international de bibliographie, et j'ai été appelé à le présider. Je dois ajouter que dans cette tâche j'ai trouvé le concours constant et particulièrement efficace de Mlle Malclès qui, non contente de dresser le tableau des activités bibliographiques françaises a présenté de 1951 à 1953 un tableau de ces activités sur le plan international, et de Mme Ravage, qui fut pendant de longues années chef de la section des bibliothèques d'études et des services bibliographiques.

Les activités de l'Unesco sont, pour une grande part, orientées au bénéfice des pays dits insuffisamment développés, lorsqu'il s'agit des bibliothèques publiques et même lorsqu'il s'agit de documentation. Mais la France, dont certains experts ont présidé à la création de centres bibliographiques et de documentation dans les pays étrangers, n'a pas été sans tirer profit de la campagne permanente pour l'éducation, la science et la culture. On a pu le constater au sein des conférences ou comités où les problèmes internationaux intéressant la profession de bibliothécaire sont discutés, en liaison avec la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et la Fédération internationale de documentation.

Je rappellerai enfin la part que l'Unesco a prise à l'organisation du Congrès international de Bruxelles, où la délégation française très nombreuse a manifesté avec éclat son activité.