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L’impact de la réforme des rythmes scolaires sur les bibliothèques

Bilan et perspectives – Journée d'étude Médiaquitaine / Université de Bordeaux – 28 septembre 2015

Philippe Sanchez

L’objectif de cette journée est d’établir un premier bilan des impacts de la réforme sur le fonctionnement des bibliothèques et d’étudier les incidences sur leur fréquentation, l’organisation interne, les ressources humaines et les moyens à mettre en œuvre.

La question des origines

Les rythmes scolaires constituent une problématique de premier ordre car ils touchent aux relations des bibliothèques avec les jeunes et le milieu scolaire. Cette préoccupation pour la jeunesse relève d’une évolution importante des missions des bibliothèques ; il faut se souvenir que dans les années 80 cette relation au secteur scolaire était peu ou pas structurée : on considérait qu’en deçà de 6 ans un enfant ne savait pas lire. Au fil du temps, le cheminement vers l’accueil de classes en bibliothèques est allé dans le sens d’une relation nécessaire et ludique.

La place de la jeunesse et des publics scolaires est devenue un enjeu fort du projet de service des bibliothèques, de plus en plus revendiqué par les élus locaux comme une mission essentielle des établissements. Ce rôle n’en interroge pas moins la question de l’articulation du temps et des espaces à consacrer aux publics spécifiques et à l’ensemble des publics. Dans ce double mouvement, il convient de rappeler que « la bibliothèque n’est pas l’école » (E. Meller-Liron, DRAC Aquitaine) .

Une cause prioritaire

Récemment, l’’Education Artistique et Culturelle (EAC) est devenue une grande cause nationale (ministère de la Culture, Aurélie Filippetti) rejoignant en cela une préoccupation majeure du gouvernement : celle de la Jeunesse.

On pourrait dresser là un premier constat. Si les bibliothèques mènent depuis longtemps des actions d’éducation artistique et culturelle, elles le font de façon non contractualisée avec les collectivités et l’Education Nationale, et par conséquent ces actions sont peu visibles ou identifiées comme telles, à l’inverse des musées et du spectacle vivant qui ont souvent leurs propres services d’EAC. Quid dés lors de leur identification comme des partenaires des dispositifs d’EAC ? Comment contractualiser et comment définir une vision stratégique avec les collectivités et l’Education Nationale ?

Et pour les rythmes scolaires ?

Pour Elizabeth Meller-Liron, et du point de vue de l’évolution des missions des bibliothèques, les rythmes scolaires constituent de ses propres mots « une bombe ! ». Ils permettent en effet de réinterroger les relations du monde culturel et du monde éducatif. Ils constituent tout à la fois une contrainte - car il faut tout réapprendre, inventer d’autres façons de faire – et une chance : c’est l’occasion d’une reconnaissance par le monde politique.

En tout état de cause, ces mutations sont une occasion rêvée de construire des parcours d’Education Artistique et Culturelle dans le cadre et autour des rythmes scolaires.

Réforme des rythmes scolaires et bibliothèques : opportunités et enjeux (Florence Spinewyn, Responsable Médiathèque de Metz)

Cadre général

Les rythmes scolaires, initiés par le ministre Vincent Peillon, s’inscrivent dans la loi de refondation de l’école. Ils entrent dans les priorités gouvernementales en direction de l’Education et de la Jeunesse. Il s’agit de « poser les fondements d’une école juste et équilibrée pour tous les élèves ».

Les rythmes scolaires se calent sur un temps qui peut s’aménager de façon circonstanciée par rapport aux problématiques de chaque commune qui les organise.

Objectif de la réforme

Il s’agit de :

- réduire les inégalités (1 enfant sur 5 est en difficulté à l’écrit en sixième ; 20% des enfants de 15 ans connaissent de grandes difficultés scolaires)

- de réorganiser les temps d’apprentissage et les temps de détente

Une particularité de cette réforme est dans la liberté laissée aux communes d’aménager à leur guise les temps d’activité périscolaire (TAP), une autre encore dans celle de s’appuyer autant que possible sur les acteurs de proximité, engagés avec la commune dans un Projet Educatif de Territoire (PEDT).

Une place pour les bibliothèques dans les PEDT

Se pose dès lors la question de comment associer les bibliothèques à ce projet. La concertation entre les acteurs pose d’évidentes problématiques : celles du temps nécessaire à la co-construction, la connaissance de la culture des partenaires, du manque d’habitudes de travail à plusieurs. Si les bibliothèques apparaissent « peu visibles » par habitus, les rythmes scolaires constituent une opportunité de re-découverte de la richesse des propositions des bibliothèques dans le cadre de cette réforme.

La mise en œuvre de cette réforme reste problématique. Comment en effet concilier, articuler sur des temps contraints, l’accueil de groupes spécifiques et la continuité des missions des bibliothèques en direction de tous les publics ? Des difficultés financières, problèmes de locaux, d’encadrement de ces activités, et parfois même de simples questions de transport et de déplacement pour ces groupes viennent compliquer les services offerts par les bibliothèques.

Quelles évolutions et quels impacts pour les bibliothèques ?

Il est intéressant de ce point de vue de s’intéresser aux questions que se posent les bibliothécaires dans leur pratique professionnelle :

Dans les relations qui définissent le rapport de l’école à la bibliothèque, on pourrait partir de la définition suivante : la lecture-apprentissage serait dévolue à l’école alors que la lecture-plaisir serait du ressort de la bibliothèque.

Si 3,5 millions d’enfants sont chaque année accueillis sur le temps scolaire en bibliothèque, on a peu de retours sur l’effet que cela induit sur une pratique individuelle et future de l’enfant à la bibliothèque. Il n’y a pour ainsi dire pas de lien entre le nombre de groupes accueillis en temps scolaire et l’usage individuel ou familial sur le temps d’après l’école. Il s’agit d’un accueil différencié et même dans le temps scolaire la relation bibliothécaire/enseignant est interrogée.

Cette volonté de construire avec les enseignants présente des limites : quid de la gestion des accueils de classe, des parcours d’EAC, du tout public de façon concomitante, du lien durable avec les enseignants ? Les bibliothèques n’ont peut-être pas la capacité de tout faire, notamment dans la prise en compte de ce temps d’EAC.

Il apparaît essentiel de positionner les bibliothèques comme partenaires des Temps d’Activités Périscolaires (TAP), et d’associer les parents et de faire découvrir l’ensemble des ressources de la bibliothèque. Il s’agirait ainsi de mieux faire comprendre à ces usagers que la bibliothèque est « un endroit pour eux ». La bibliothèque serait un atout essentiel de la réussite pour l’enfant et de son ouverture à la culture. A ce titre, proposer une activité sur le lieu des TAP (souvent dans les locaux de l’école après la classe) ne recouvre pas le même sens que « d’aller à la bibliothèque ». A cet endroit, la question du temps dédié pour l’accueil en bibliothèque et des modalités de transport de ces groupes, est entière.

Ces Temps d’Activités Périscolaires placent encore les professionnels en première ligne : va reposer sur eux la construction de séquences comme la responsabilité d’organiser et de prendre en charge des groupes d’enfants. De ce point de vue, les bibliothèques sont plus ou moins préparées à cette mission impliquant pour elles de nouvelles nécessités : celles de se former dans ce but et sans doute de l’inscrire dans les fiches de poste. Les savoir-faire spécifiques de la médiation sont donc à prendre en compte autant au sein de la formation continue que de la formation initiale des bibliothécaires. Il en ressortira une culture commune et des méthodes pour la construction des séquences.

Cette réforme conduit donc à inventer. Elle invite les bibliothèques à prendre un rôle, jusque-là peu visible, dans les politiques éducatives de la ville.

Bilan de la réforme des rythmes scolaires : le point de vue de l’Éducation nationale (Robert Sauvaget, Inspecteur de l’Éducation Nationale)

Un premier bilan peut se faire, qui s’appuie sur :

- Le rapport du 22/06/15 « rythmes éducatifs, point d’étape »

- La circulaire nationale du 19/12/14 « généralisation des PEDT »

L’Éducation Nationale vit de grandes réformes tant au sujet de la formation des enseignants que du continuum entre les cycles, et notamment entre le primaire et le collège. Il s’agit d’une réforme fondamentale qui insiste sur la continuité pédagogique de la maternelle jusqu’à la fin du collège.

Cette logique générale d’une refondation de l’Ecole s’inscrit dans un désir de co-construction avec les acteurs des rythmes scolaires. Elle fait le constat suivant : au collège, 15% des élèves sont en difficulté et 25% sont en situation de fragilité, soit presque 40% d’élèves qui se trouvent en situation contradictoire au regard du vœu de réussite pour tous. Même si cette notion d’équité est à mettre en relation avec les évidentes inégalités territoriales et sociales, il s’agit bien de mieux travailler ensemble, avec tous les acteurs, pour être les garants d’une école de la République (cette école souffre que 140 000 jeunes sortent chaque année du dispositif scolaire sans aucune qualification).

Dans les enjeux fondamentaux de cette refondation de l’école, il y a aussi cette idée que la maitrise de la lecture et de l’écriture est essentielle. Sans cela on ne peut accéder à la culture ni aux cultures. Y est revendiquée encore la volonté de travailler en synergie, distinguant clairement ce qui est du ressort du temps scolaire et des TAP, car il ne s’agit pas de substituer mais de proposer un projet complémentaire.

C’est pourquoi le PEDT est piloté par les municipalités afin de formaliser une démarche de parcours éducatifs cohérents. Si 80% des communes se sont engagées dans un PEDT à ce jour, quelle place la ville donne t’elle aux bibliothèques ? Force est de constater que les situations varient et relèvent du choix des collectivités de les investir ou non.

Un premier diagnostic peut se faire concernant la mise en œuvre des TAP :

- une grande stabilité dans les organisations des temps scolaires (OTS)

- le choix du samedi matin comme jour de classe est marginal

- une généralisation des PEDT qui formalisent une démarche de parcours éducatifs cohérents sur un territoire

- des activités périscolaires diversifiées

- un suivi de la réforme coordonné avec une évaluation des effets produits sur les apprentissages

Cette volonté de travailler en synergie rappelle que l’école ne peut réussir seule le pari éducatif. Il faut compter aussi avec les familles et les partenaires locaux.

Au moment où l’on parle, les TAP commencent à prendre leur mesure, mais on se heurte aux possibilités locales et donc bien souvent aux financements des actions et aux transports. La procédure d’évaluation se fera sur trois ans, pour mesurer en particulier les impacts sur l’efficacité du système et les résultats des élèves.

Des perspectives se dessinent déjà :

- renforcement de l’accompagnement des équipes et des cycles

- soutien financier accru aux communes

- amélioration de l’information aux parents

- affirmer le principe de co-éducation avec les acteurs (et pourquoi ne pas aller à terme vers des co-formations ? ou ne pas réinterroger les modèles des Bibliothèques Centres Documentations BCD quand dans le même quartier il existe une bibliothèque municipale ?)

Vademecum / synthèses des échanges liés à l'impact de la réforme sur les bibliothèques (Mina Bouland, de l’ABF)

L’Association des Bibliothècaires de France (ABF) a rassemblé divers éléments sur le sujet, tentant de mieux appréhender la position des bibliothécaires et de l’ABF vis à vis de la réforme des rythmes scolaires, se basant sur des retours d’expériences et explorant quelques pistes.

Un des enjeux semble bien d’être partie prenante de la réforme, conscient que c’est une façon de toucher plus de monde et d’être plus visible dans les politiques éducatives. Ainsi un vademecum a-t-il été dressé grâce à la mutualisation des travaux des adhérents et de leurs expériences. Mieux comprendre les réglementations relatives à l’encadrement des mineurs, répondre aux sollicitations de l’employeur, s’inscrire dans des trajectoires du PEDT et de l’EAC, proposer des séquences pédagogiques et s’inscrire dans les politiques culturelles des collectivités font partie des préoccupations des professionnels.

Les retours d’expériences font apparaître des questions : la gestion des présences des enfants aux séquences, la co-construction parfois difficile avec les animateurs, la confrontation des bibliothécaires avec des groupes « agités », ont conduit à des réajustements. En trame de fond, le constat d’une exigence parfois trop élevée vis à vis de ces publics captifs, d’où la nécessité de revoir l’offre globale avec des propositions moins denses et plus ludiques. Des propositions de terrain sont ainsi rassemblées et portées à la connaissance des professionnels grâce à la mise en ligne d’informations utiles sur les réseaux sociaux (blog « Agrabib » sur les TAP, un facebook « bibliothèques et rythmes scolaires »).

Conformément au PEDT (circulaire n°2014-184 du 19/12/2014), il importe de constituer des dispositifs de TAP à partir de l’offre périscolaire existante et dans les objectifs de développer la curiosité intellectuelle, de lutter contre les inégalités, de créer pour cela des synergies entre les acteurs.

L’idée qui se dégage est que l’animation fait partie du rôle des bibliothèques. Elles ont un rôle culturel (la lecture publique), un rôle social (fidéliser, faire se rencontrer), un rôle politique (devenir « visibles » et participer de la dynamique de territoire). Ces rôles conduisent à reconsidérer le positionnement des établissements pour aider à penser et mettre en œuvre des activités adaptées aux TAP, devenir ainsi des référentiels pour penser les politiques éducatives et les pratiques dans leur secteur. C’est ainsi une opportunité de redéploiement des bibliothèques au sein de cette réforme, en synergie avec les différents acteurs. A ce titre, le Vademecum de l’ABF se veut être une force de proposition, un outil pour contextualiser les approches et être ainsi au cœur de l’action.

Synthèse de l'enquête de l'association «Entre les lignes » sur les différentes modalités de réponses/propositions d'interventions pour les TAP (B. Chastanet présidente, V. de Wilde vice-Présidente)

L’association « Entre les Lignes » a mené une enquête sur la place des bibliothèques de Gironde dans les rythmes scolaires (étude qui concerne 73 communes)

Premier constat général : dans le cadre des PEDT, les bibliothèques n’avaient pas été ou peu consultées.

Dans 92,5% des cas les équipes fonctionnent avec des moyens identiques et souvent « les moyens du bord ».

Pour 50% des bibliothèques interrogées, tous les secteurs des bibliothèques travaillent aux TAP (pas seulement le secteur jeunesse donc). La plupart des TAP sont gratuits pour les usagers (avec 92% de publics élémentaires et 28% de maternelles). La durée des séquences est autour de 45 minutes à une heure.

Dans les TAP en lien avec les bibliothèques, on fait : de la littérature et de la lecture (71%), du numérique (21%), du cinéma (12%), de la musique (4%), du spectacle (8%).

Les familles d’activités sont l’action/création ou la lecture/écoute.

70% des bibliothèques réalisent des bilans pour adapter leurs dispositifs.

Le ressenti des bibliothécaires donnent des éléments d’appréciation utiles. Les professionnels font le constat d’enfants plus ou moins attentifs aux séquences. Les animateurs manquent parfois, souvent de préparation en plus d’être peu stabilisés dans leur poste. Il n’y a pour ces activités peu ou pas de bénévoles et surtout ni parents, ni enseignants. Le travail dans le temps s’avère complexe. Point positif : la coordination entre animateurs et bibliothécaires tend avec le temps à s’améliorer.

Du point de vue global, l’accueil de TAP ne réduit pas l’accueil de classes en temps scolaire. Les horaires sont peu modifiés et le sentiment est parfois mitigé : mélange de frustration devant un travail intéressant mais difficile (le métier de bibliothécaire n’est pas le métier d’animateur).

Dans les retours d’expériences, plusieurs dispositifs donnent néanmoins des résultats positifs. Des communes font ainsi le choix d’axer leurs TAP sur une esthétique particulière (ex : le spectacle vivant). D’autres organisent des parcours thématiques de plusieurs séquences (8 à 10 modules dans le temps séparant deux périodes de vacances scolaires). Les séquences s’assimilent alors à de véritables parcours d’EAC (qui durent alors plutôt 1H15). Le succès est souvent le fruit de parcours très construits avec des groupes d’enfants homogènes. Une limite peut-être : quid de la liberté du temps de l’enfant, de faire ou de ne pas faire.

Table ronde : propositions de mise en place et impact sur l'organisation des biblitohèques

Pour les bibliothèques engagées dans le processus, les PEDT ont eu des conséquences sur les structures et le personnel, les activités (effets induits). En Dordogne (où 20 bibliothèques sur 60 pratiquent les TAP), la bibliothèque départementale de prêt s’est vue assignée une mission de formation et d’accompagnement des bibliothèques (comment programmer une activité TAP, comment évaluer…). Autre exemple dans le Lot-et-Garonne (350 000 habitants, seulement 3 communes de plus de 10 000 habitants), il a fallu inventer des dispositifs pédagogiques, des mallettes à musique, à lecture, de jeux à l’usage des bibliothécaires professionnels ou non (dans ce département, sur 170 bibliothèques, 30 bénéficient d’effectifs salariés). La forte implication des bénévoles et des élus de proximité autour d’une « charte de l’action culturelle » a ainsi porté ses fruits, même si le manque de qualifications et de professionnels sur le terrain pose d’évidentes questions. Autre frein à signaler : quand les regroupements pédagogiques ne se situent pas sur le même territoire que celui des intercommunalités.

Les TAP se déroulent dans les bibliothèques ou sont délocalisés dans les regroupements pédagogiques Intercommunaux (RPI). Les contenus explorent le conte, l’éveil musical, la lecture théâtralisée, le multimédia, la photographie, etc.

Dans ces territoires, les TAP ont généré une dynamique même s’il reste encore prématuré de faire une évaluation. Ils ont surtout amené une nouvelle approche des collections et des modes opérationnels. Apparaissent ainsi souvent les notions d’accompagnement, de mise en réseau, d’échanges, qui confortent souvent le rôle territorial des BDP.

A Lormont, les TAP ont été mise en place dès 2013 avec deux temps : il a fallu passer du « il faut faire quelque chose » à la structuration des activités suite à une première année d’expérimentation au bilan contrasté. Aller dans les écoles ne suffisait pas, ni même le détachement de personnels dans des postes non stabilisés (de type contrats d’avenir). On s’est alors dirigé vers des TAP organisés en parcours (« graines d’artistes », « éveil des sens », « je me détends »…). Les cycles de 7 à 8 séances concernent 8/10 enfants avec l’idée que « ce soit intéressant pour les enfants comme pour les personnels de bibliothèques). Les TAP ont de fait généré des problématiques de planification des agents, mais plus encore de faire entendre les spécificités culturelles nécessaires à une bonne participation des enfants. Au final, l’expérience s’avère encourageante et motivante. La réussite semble passer par une structuration aboutie de TAP en parcours.

Idem à la bibliothèque de Bordeaux où les TAP impliquent une forte mobilisation de l’établissement. Condition préalable : le choix de participer ou non au TAP se fait en début d’année par les familles. Puis les parcours sont organisés sans que les familles choisissent les contenus (image, écriture, son, numérique). L’idée est de proposer une offre globale pour toutes les bibliothèques, avec des mallettes pédagogiques pour faciliter le travail dans les accueils de TAP, et assurant la liaison avec deux ETP de médiation qui se répartissent dans les bibliothèques de Bordeaux.

La mise en place des TAP renouvelle profondément les missions des bibliothécaires, les replace au cœur de dispositifs et de parcours en lien avec les acteurs de proximité. C’est une opportunité de repositionnement des bibliothèques dans les politiques éducatives et de proximité. Il en découlera de nouveaux rôles et de nouvelles responsabilités territoriales.

Les TAP donnent des résultats d’autant plus positifs qu’ils sont structurés et construits, au risque de contraindre le temps de l’enfant. Autre condition essentielle, celle de bénéficier de groupes d’enfants homogènes et de ne pas confier les missions d’animateurs aux bibliothécaires. Le vœu de continuum pédagogique entre l’école et le périscolaire se heurte encore à des réalités de terrain. Le constat est encore fait qu’après « le temps de l’école », il n’y a pas véritablement de pont aménagé avec « ce qui se passe après » (alors même que les enseignants font partie des comités de réflexion). Il faut que cette « juxtaposition » laisse le pas à une liaison enseignants /périscolaire : gageons que cela se construira dans le temps.