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LIBER et le copyright dans les revues électroniques

Cécile Swiatek

Le groupe de travail Digital collections est rattaché au comité Reshaping the Research Library de LIBER, la Ligue des bibliothèques européennes de recherche. Comme son nom l’indique, ses travaux concernent la documentation disponible sous format numérique : tous types de documents électroniques ou numérisés, avec ou sans licence d’abonnement, libres de droits ou non, qui posent des questions d’actualité essentielles pour notre métier, et qui interpellent l’ensemble de la communauté professionnelle.

Nous vous invitons à découvrir ce groupe, son activité, ses réalisations et ses projets, puis à faire connaissance avec le regard que porte sur ces enjeux Andreas Degkwitz, directeur de la bibliothèque de l’université Humboldt à Berlin et président du groupe Digital collections de LIBER1 [1]

Présentation du groupe de travail Digital collections de LIBER, la ligue des bibliothèques européennes de recherche

Le groupe Digital collections de LIBER s’intéresse aux questions contemporaines qui font évoluer les pratiques des bibliothèques telles que les acquisitions de livres et de revues électroniques, la gestion de ressources accessibles par abonnement, ou les évolutions techniques et organisationnelles impliquées par la gestion de grandes collections numériques. Le groupe, composé de membres venant d’Allemagne, Finlande, France, Grande-Bretagne, Norvège, travaille en très étroite collaboration avec DARIAH-EU.

Les questions fondamentales traitées par le groupe figurent sur le site de LIBER  :

  • Comment envisager la collecte et le développement de collections à l'ère numérique ? Quel est le rôle de la bibliothèque de recherche, maintenant et dans l'avenir ?
  • Quels éléments considérer comme relevant d’une collection numérique : livres électroniques, revues électroniques, matériel multimédia, autres éléments d'origine numérique tels que publications ou code libre et ouvert, données de la recherche, documents numérisés ?
  • Quelles sont les missions et les critères qui s’imposent aux bibliothèques pour offrir des accès à leurs collections numériques et les préserver ? Quels partenariats nouer ? Quelle technicité et quelles compétences juger nécessaires ?
  • Quels avantages les chercheurs et les enseignants retirent-ils des collections numériques pour faire avancer la science et l'enseignement ? Comment présenter, le plus efficacement possible, diverses collections numériques à ces différents publics ?

Le groupe de travail vise à recueillir, analyser et communiquer les meilleures pratiques et à rendre visibles les projets de valorisation de collections numériques orientées vers la science ouverte et la production universitaire.

Actions récentes et à venir du groupe de travail : 2015 LIBER, 2016 ELPUB, 2017 IFLA satellite à Berlin

2015 LIBER

Le groupe Digital collections a organisé un atelier « Digitisation of Copyright Protected Newspapers in European Libraries » très salué en 2015 dans le cadre du congrès annuel de LIBER sur la question de la numérisation de périodiques protégés par copyright.

Cet atelier s’est tenu au moment où le projet Europeana de numérisation de périodiques démontrait le forte activité des bibliothèques européennes dans ce domaine. Son périmètre européen était fondé sur une large enquête menée par la bibliothèque nationale de Norvège.

Les résultats de l’enquête, le recueil de bonnes pratiques qui en est issu ainsi que les interventions présentées, dont une pour la France (Bruno Sagna, BnF), ont été publiés. Les problématiques abordées et le texte intégral des présentations sont accessibles depuis la page dédiée à cet atelier.

2016 ELPUB

Le groupe Digital collections a co-organisé un atelier « Opening up the collection:Reuse and publishing » lors de la pré-conférence 2016 d’ELPUB (Conference on Electronic Publishing) avec le DFG-Project “Future Publications in the Humanities” et DARIAH-EU.

Cet atelier était dédié aux questions de réutilisation et de diffusion, à des fins scientifiques, de matériaux électroniques complexes tout au long de leur cycle de vie. Il portait sur les Humanités numériques (Digital Humanities) et les Sciences citoyennes (Citizen Science). Il visait à réunir des scientifiques citoyens, des chercheurs, des acteurs d’initiatives éditoriales et des experts en collections numériques pour leur offrir un espace de discussion pour débattre ensemble des aspects organisationnels, socio-économiques et techniques de la diffusion, de la publication et de la réutilisation de collections numériques complexes[2].

2017 IFLA satellite à Berlin

Dans le cadre de la section IFLA consacré aux bibliothèques universitaires (Academic Libraries), le groupe Digital collections va porter ses actions, résultats et recommandations à la connaissance d’un public international, et manifester l’activité spécifique à LIBER sur ces questions.

En attendant la publication du programme de ce satellite meeting de l’IFLA 2017, qui interviendra début 2017, le fichier préparatoire de l’événement est accessible librement sur Internet.

Interview d’Andreas Degkwitz, directeur de la bibliothèque de l’université Humboldt de Berlin et président du groupe Digital collections de LIBER

Andreas Degkwitz est l’actuel directeur de la bibliothèque de l’université Humboldt à Berlin. Il préside le très actif groupe de travail Digital collections de LIBER, la Ligue des bibliothèques européennes de recherche.

Pour retrouver l’ensemble de ses publications, vous pouvez consulter son profil ORCIID ou son CV institutionnel, ou son profil sur ResearchGate.

Texte alternatif pour l'image
Photo : Andreas Degkwitz by Matthias Heyde

Professeur Degkwitz, vous présidez le groupe de travail LIBER Digital collections, qui est rattaché au Comité (Steering Committee) Reshaping the Research Library. Ce groupe concentre actuellement ses efforts de réflexion, publication et présentations sur les périodiques électroniques. Pourquoi avoir choisi ce type de document ?

Les périodiques sont des ressources essentielles pour les projets de recherche et d’études en Histoire. Le groupe de travail se concentre en particulier sur les périodiques dont le contenu est soumis au droit d’auteur / copyright : ils représenten, de même que l’ensemble des documents académiques protégés par copyright, un défi particulier en termes de développement et de gestion des collections.

 

Quel est l’intérêt de travailler sur ces supports au niveau européen, plutôt qu’à des niveaux nationaux ou au niveau mondial ?

A notre ère numérique, la mission traditionnelle de constitution de collections des bibliothèques se trouve concurrencée par la gestion d’importants volumes d’abonnements à des bases de données, livres et revues électroniques. Ce ne sont plus des biens possédés par les bibliothèques, lesquelles ont désormais pour vocation de fournir uniquement des accès à ces documents sous licence.

Les questions d’héritage culturel se posent aussi bien pour les documents académiques actuels que pour ceux libres de droits des époques précédentes. Il relève de la responsabilité des bibliothèques de recherche d’assurer la préservation de ces ressources sur le long terme et de prévoir également les moyens de leur réutilisation. LIBER regroupe les bibliothèques de recherche européennes, et leur donne la possibilité de relever ces défis de manière coopérative, afin d’établir la jonction entre les niveaux nationaux et internationaux.

 

Pensez-vous que le Brexit aura un impact important en Europe sur les questions de copyright et sur les licences d’abonnement des collections électroniques, en particulier les revues – et pourquoi ?

Non, le Brexit ne devrait avoir pas avoir d’impact particulier sur la situation actuelle. En revanche, nous risquons de perdre un partenaire essentiel dans nos efforts visant à faire évoluer la règlementation en matière de copyright dans le périmètre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

Le groupe de travail Digital collections de LIBER travaille actuellement sur les périodiques : sur quoi vous pencherez-vous par la suite ? Allez-vous « abandonner » la question des périodiques pour vous attacher à un autre sujet ?

Nous n’allons en aucune façon cesser de nous intéresser aux périodiques. Au contraire, nous allons élargir notre champ de travail pour considérer à la fois les périodiques et d’autres types de documents numériques : la documentation sous licence d’abonnement, les éléments numérisés de l’héritage culturel, les publications en Open Access, les données de la recherche, etc. Nous travaillerons aussi bien sur les aspects liés au copyright que sur les questions de propriété, d’accessibilité et de présentation de ces sources, l’interopérabilité des métadonnées, et l’enrichissement par les usagers de ces collections. C’est un spectre d’activité très large. Le groupe de travail se propose de partir de cette base pour, d’une part, véritablement présenter des cas d’école et mettre en avant de bonnes pratiques et, d’autre part, expliquer et débattre de la diversité des approches, méthodes et pratiques normées avec des partenaires comme DARIAH-EU, avec lesquels nous entretenons une collaboration très étroite.

 

Quel est le principal conseil que vous donneriez afin de promouvoir les principes de l’Open Access et de la maîtrise de l’information ?

Les bibliothèques de recherche sont en situation de comprendre qu’à notre époque, leur mission s’étend bien au-delà de la mise à disposition ou de l’échange de sources documentaires académiques. Nous devons développer de toute urgence notre offre de services électroniques à destination du monde de la recherche et de l’enseignement. Ceci implique de fermer nos collections, de créer des accès et d’assurer l’interopérabilité de nos ressources. Nous devons également nous tenir prêts à intégrer les modèles de la science ouverte (open science). Considérons l’importance du rôle joué par les bibliothèques de recherche dans ces domaines : les humanités numériques (Digital Humanities) offrent de parfaites opportunités pour développer leurs collections et réfléchir à leurs missions à venir. En d’autres termes, il faut repenser les bibliothèques de recherche[3] !

 

[1] Voir également sur l’actualité LIBER le compte-rendu http://bbf.enssib.fr/tour-d-horizon/liber-congres-2016_66979

[2] Le programme et les retours sur l’atelier sont accessibles depuis http://libereurope.eu/committees/reshaping/working-group-on-digital-collections/liber-digital-collections/. Un document récapitulatif est également disponible : http://libereurope.eu/wp-content/uploads/2016/07/digcoll-poster_ELPUB2016_DINA3_160630.pdf

[3] Reshaping the Research Library est le nom du Comité LIBER dont fait partie le groupe Digital collections que préside le Pr. Andreas Degkwitz.


 

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