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Le site internet de La_Bibliothèque de Saint-Herblain

Découverte, partage et médiation

Sonia Mourlan

Magalie Badion

Étonnante concordance des temps : le BBF sollicite La_Bibliothèque pour un article autour de son site internet alors même que nous bouclons la rédaction d’un nouveau projet !

Quelle opportunité, alors, que de s’interroger encore plus en profondeur sur ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de notre site actuel et d’affirmer davantage encore nos exigences et nos ambitions.

Car oui, le site de La_Bibliothèque a l’air récent mais il a dix ans ! C’est bien que faire des paris audacieux et des choix innovants garantit une pérennité et une attractivité de plus longue durée. Nous portons le même constat sur la médiathèque Hermeland qui fêtera ses 20 ans l’an prochain et qui, grâce au choix de matériaux nobles et à une qualité architecturale mêlés à du mobilier de création et à une organisation originale de l’espace des collections, garde une incroyable fraîcheur de nouveau-né des bibliothèques.

Aujourd’hui, notre site web reste original et beau mais il n’est plus fonctionnel et il ne répond plus aux pratiques du web et à ses normes d’accessibilité. Il ne nous permet plus non plus de développer une offre de services en relation avec le niveau de l’offre in situ comme il n’autorise plus aucune évolution vers l’intermédiation.

La_Bibliothèque

La_Bibliothèque est le nom générique du réseau de lecture et de culture ludique de la ville de Saint-Herblain située dans l’agglomération nantaise.

Le réseau est composé de sept lieux : trois ludothèques, quatre bibliothèques et médiathèques – dont un lieu hybride ouvert en mars 2013 : une médiathèque associant le jeu à règles et le jeu vidéo, une collection non-encyclopédique de livres et des ressources numériques d’autoformation.

Cette botte couvre les quatre grands quartiers de la ville et compte plus de 30 % d’inscrits parmi une population de 45 000 habitants.

    « Une bibliothèque qui soit un site »

    Nous avons donc un projet de nouveau site qui gardera les mêmes ambitions tout en développant un confort d’usage. Proposer à l’usager une expérience de navigation originale, inédite et immersive à travers des contenus culturels, être un lieu de découvertes et de promenades, être un lieu de collections mais pas seulement : être un lieu de partage et de médiation, être un lieu beau et ouvert.

    En somme, notre volonté reste de faire un site à l’image des propositions de nos équipements en termes de richesse et de qualité et d’ajouter de nouvelles possibilités. Nous voulons un site qui ne soit pas une vitrine de notre bibliothèque mais une bibliothèque à part entière, au sens où le site vient compléter le réseau d’équipements en lui apportant à la fois une continuité, une plus-value et un complément différencié.

    Nous ne voulons donc pas un site « de » bibliothèque ni un site « pour » la bibliothèque. Nous voulons une bibliothèque qui soit un site.

    Créativité bibliothéconomique

    Notre choix n’est pas le plus commun mais c’est bien l’intégrité que nous recherchons plus que l’originalité ou la démarcation. Et cela n’est pas chose simple.

    En effet, si la dépolarisation des collections est acquise chez les bibliothécaires herblinois ainsi que le souhait d’être dans une offre de services qualitative et valorisant les nombreux champs d’activité et d’investigation d’une bibliothèque, reste à se confronter aux interlocuteurs extérieurs : service informatique de la collectivité et fournisseurs de « portails » web pour les bibliothèques. Ces derniers continuent de placer le catalogue ou les transactions de l’usager au cœur du système, plutôt que les services. Ils donnent ainsi l’impression de dupliquer sur tout le territoire les propositions de site, comme si une bibliothèque pouvait a priori être définie hors-sol autour de sa base de données bibliographiques et que le visage de la lecture publique pouvait être cloné d’une ville à l’autre.

    Or nous voulons que notre empreinte sur la toile soit fidèle à notre identité. Nous voulons que notre site dise La_Bibliothèque, et c’est complexe lorsqu’on ne parle pas la langue traditionnelle des bibliothèques mais celle de la culture, au sens où l’on revendique depuis longtemps le « flux » et non le stock. Le croisement des disciplines, la valorisation des contenus, la créativité et le droit de déborder des colonnes graphiques imposées correspondent au choix d’ouvrir un dialogue avec nos usagers autour de propositions, au-delà de l’utile et dans une approche vivante et organique du patrimoine. Nous voulons un site évolutif, un site en mouvement.

    Au terme d’une année de prospection, nous nous orientons donc vers un site composite qui nous ressemblera mais qui nous imposera des détours technologiques importants et qui interrogera la place de l’édition numérique dans les bibliothèques et celle des compétences en développement spécifique pour échapper à une hégémonie que nous jugeons rétrograde.

    On ne peut pas être beau et servir ? Quelle drôle d’idée ! Allier l’utile à l’agréable est pour nous le concept même de La_Bibliothèque.

    Est-ce autre chose que ce que l’on dit quand on ouvre une médiathèque avec du mobilier de création, des couleurs, un agencement favorisant les découvertes et que l’on croise dans le même lieu une multitude de documents et de propositions ?

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    Logo de La_Bibliothèque. © Aurel Opris

    Nous manifestons pour une créativité bibliothéconomique, ça existe. Nous voulons un site créatif.

    Pour cela, il va nous falloir trouver une assistance à maîtrise d’ouvrage, des partenaires d’aventure extérieurs : webdesigner, développeur… Il va nous falloir impliquer le personnel dans ce parcours et permettre que la question de la communication numérique prenne une place quotidienne, qu’un réflexe s’installe. Il faudra inscrire tôt ou tard, dans l’organigramme, des compétences nouvelles autour du numérique et de l’informatique.

    L’introduction de personnel qui ne soit pas des bibliothécaires sera peut-être aussi souhaitable pour affirmer la place de compétences particulières et pour que la technique ne soit plus un frein à la créativité et à la médiation vers nos publics, et que la réactivité ne dépende pas exclusivement de prestataires externes.

    La-bibliotheque.com

    Tout à la fois nom propre, URL et avatar, la-bibliotheque.com, autrement appelée « bibliothèque immatérielle », a été pensée comme un espace s’affranchissant (presque) des lieux tangibles composant le réseau de lecture publique de la ville de Saint-Herblain ou, en tous les cas, venant les compléter et les renforcer.

    Construction numérique originale, les productions éditoriales que ce site a proposées à partir de 2004 dessinent aujourd’hui le profil d’une toile qui a précédé l’avènement du web 2.0 et ses pratiques induites de coproduction, de partage et, plus largement, de manipulation des données.

    Le web était encore cette terra incognita ouverte à la cyberflânerie, au « surf », comme nous l’entendions alors, et c’est précisément dans ce contexte propice à ce que nous appellerions désormais la sérendipité que le site web de La_Bibliothèque s’est développé.

    Comme autant de partis pris poétiques distançant le seul critère de l’utilité, la-bibliotheque.com s’est ramifiée sous la forme de cinq sites web.

    Ces sites, que nous retrouvons dans un premier temps sous l’appellation Dossiers d’artistes, se sont imposés très rapidement après la mise en ligne du site officiel. Il s’agissait là de proposer des scénarisations virtuelles d’expositions « réelles » qui s’étaient tenues dans les murs de la médiathèque Hermeland. Ces deux productions, physique et numérique, constituant néanmoins deux manifestations autonomes et complémentaires. La forme numérique n’étant ni l’image d’un lieu, ni la mémoire d’un évènement daté et situé, mais davantage une proposition singulière de navigation à l’intérieur d’une œuvre. À cet égard, s’il appartenait aux auteurs de fournir les images numériques, La_Bibliothèque a toujours affirmé la distinction entre le Dossier d’artiste et le site d’auteur en refusant toute co-production avec ce dernier. Un accord de confiance était scellé a priori sur la base du respect de l’auteur et de son œuvre.

    Ainsi, si ces Dossiers d’artistes épousent l’identité visuelle du site « mère » qui les héberge, La_Bibliothèque a malgré tout fait le choix de ne jamais répéter, d’un site à l’autre, les formes, les couleurs et la disposition des éléments qui les composent. Cela lui a permis de souligner la singularité des univers représentés, d’en rappeler la richesse et la diversité, tout en se faisant l’écho du travail scénographique qui accompagne traditionnellement chacune des quatre expositions annuelles d’arts graphiques de la médiathèque Hermeland.

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    Le « dossier d’artiste » de Daniel Maja

    Dans un second temps et conjointement aux Dossiers d’artistes, La_Bibliothèque s’engageait en 2008 dans une nouvelle aventure éditoriale en publiant le site dansdelalecture, anthologie de textes de poésie moderne et contemporaine. Brèche esthétique et intellectuelle dans une tradition plus bibliographique et icônique, le site dansdelalecture s’affiche d’emblée dans la marge en revendiquant une approche expérimentale de la lecture à l’écran. S’agissant ici d’une mise à l’épreuve de l’acte même de lire, le site joue des effets d’apparition et de disparition appliqués essentiellement à une typographie en mouvement, pour provoquer « une autre immersion dans la matière textuelle ».

    Véritable work in progress, ce site compte actuellement une cinquantaine de poèmes affichés de manière aléatoire à chaque nouvelle connexion. Si des mots-liens promènent d’un texte à l’autre, en revanche, aucun menu, aucun indice quelconque de navigation ne permet d’orienter le visiteur qui doit consentir à s’en remettre à des successions hypertextuelles fortuites.

    Le site la-bibliotheque.com a été un vrai défi pour ses concepteurs et une occasion d’emprunter les chemins de traverse, ce qui est devenu depuis une habitude de travail qui a aiguisé l’exigence.

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    Le site « dansdelalecture »

    Un droit d’invention… et d’intégrité

    Le préalable n’était pas tant d’opposer une contestation de principe aux pratiques plus habituelles de la profession que de réaffirmer un droit d’invention.

    Le choix du format Flash, de tout temps contesté par les tenants du libre, a encouragé toutes les audaces, forcé l’innovation et il nous est apparu très rapidement que cette technologie pouvait se plier à la fois aux exigences de notre métier mais également aux projets du moment. la-bibliotheque. com s’est dessinée sur un écran vierge. Rien n’était acquis, les tergiversations étaient nombreuses et nous observions un web en perpétuelle réinvention. Il fallait bien se lancer et le mieux a été de faire avec ce que nous sommes : une bibliothèque qui depuis toujours s’affirme comme un véritable lieu de culture vivante, une bibliothèque qui fait la part belle au spectacle vivant, aux auteurs, aux artistes, à l’art contemporain, et qui produit des contenus éditoriaux. Nous avons donc convoqué images, sons, textes, vidéos et graphisme dynamique.

    Le site propose des entrées multiples, toutes situées au même étage où l’usager peut ouvrir une porte ou l’autre. Comme lorsqu’il entre sur le plateau de la médiathèque Hermeland, l’usager peut entrer dans Le Club pour écouter un auteur de théâtre, découvrir une exposition d’arts graphiques dans la salle d’exposition, regarder un spectacle de danse dans l’espace dédié, choisir un livre dans la salle des collections… Sur le site, différents chemins sont également possibles et les détours, multiples.

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    Écran de garde avec une illustration d’Ilya Green

    En réalité, le concept de La_Bibliothèque se décline de manière assez homogène sur le site internet et dans les espaces physiques : on peut y voir une grande cohérence. On pourrait même presque inverser les choses, si le site est une bibliothèque (immatérielle) alors la médiathèque Hermeland a aussi déjà été pensée comme un site internet : il y a déjà de l’hypertextualité dans les espaces de la médiathèque Hermeland. Les auteurs dialoguent, les niveaux se croisent, on peut y venir pour un livre et repartir en ayant vu une exposition, on peut venir pour une exposition et repartir en ayant vu une conférence sur la danse, on peut venir pour une conférence sur la danse et repartir avec un livre ou un jeu. La bibliothèque est un lieu de surprises pour esprits curieux ! Le site aussi.

    L’approche que nous avons des usagers et les envies de dialogue que nous avons avec eux ne sont pas seulement axées autour de leur utilisation des collections de La_Bibliothèque. Ainsi, le site n’a pas vocation qu’à être utilisé pour faire une recherche, une réservation ou un emprunt mais, agissant pour le coup en véritable bibliothèque, il est « susciteur » de curiosité, lieu animé, lieu où l’on peut séjourner, faire des rencontres improbables, s’ouvrir à des découvertes, faire des expériences, où l’on peut prendre du temps sans en perdre.

    Quand on vient sur le site web de La_Bibliothèque, on accepte de s’y enfoncer, de ne pas seulement « consommer » du service mais de se retrouver dans une offre plus large qui nous fait voyager dans des propositions. Le site est un lieu de propositions ouvert. De là, il est déjà une bibliothèque à part entière.

    Le projet n’a donc jamais été de faire un « site de bibliothèque » mais « Le site de La_Bibliothèque », et c’est là sans doute que se niche à la fois l’originalité du site, son irréductibilité à un portail clé en main… et notre réticence aujourd’hui pour les offres hégémoniques, qui disent, de toutes les bibliothèques, les mêmes choses. Or nous n’avons pas une approche de la bibliothèque qui soit commune et nous ne nous y retrouvons pas. La transversalité est partout à La_Bibliothèque : dans l’organisation spatiale des collections, dans la gestion dynamique des collections sur le réseau, dans la polyvalence et la circulation des agents sur le réseau, dans le travail avec les autres Directions de la Ville… Le site doit donc aussi permettre cette transversalité dans la navigation.

    « En attendant Godot »

    Aujourd’hui, nous nous rendons à l’évidence que les évolutions du web contestent, ou du moins réinterrogent, certains de nos choix passés. Nous évoquions précédemment cette terra incognita que fut le web et qui devint en quelque sorte la matrice, l’hypothèse et/ou le présupposé implicite de notre projet dans l’instant où nous le construisions.

    Aujourd’hui, sous l’effet conjugué des applications mobiles et des réseaux sociaux, ce web s’est transformé, emportant avec lui ce principe déambulatoire qui légitimait et encourageait nos propositions. Le succès du web 2.0 et les prémices du web sémantique avec son corollaire, la libération des données publiques, interrogent nos positionnements et renouvellent la question de la médiation en la portant dans le champ du numérique.

    C’est l’ensemble des bases de données qui constituent le site qu’il convient de faire converger et de fédérer pour que l’usager puisse à la fois moissonner un maximum d’informations dans un court temps mais encore découvrir et traverser les propositions, en les croisant à l’envi : ainsi, lorsqu’il recherchera En attendant Godot, il pourra trouver un livre, un film de la pièce, un article de wiki, mais aussi découvrir une vidéo produite par La_Bibliothèque lors d’une lecture théâtrale.

    Car La_Bibliothèque produit de plus en plus de contenus qu’il s’agit aussi de valoriser et qui pourront être consultés de partout, miracle du web : vidéos de concerts, d’expositions, de rencontres, articles, blog… et elle est aussi détentrice d’un patrimoine propre : livres d’artistes, estampes. Nous pensons que cette plus-value inédite renforce l’intérêt d’un site identitaire.

    Convergence et partage, fédération et dispersion. C’est sur ce schéma en apparence antithétique que se construisent les usages nouveaux du web. Et c’est sur la base de cet équilibre paradoxal que nous en venons à contester le terme même de « portail » qui ne porte pas dans sa définition toute la dimension dynamique liée aux échanges, à l’interopérabilité, au flux. Si nous devions métaphoriser la mécanique du site que nous voulons, nous convoquerions l’image du hub  1  : convergence des données et redistribution. Voilà le mouvement à l’intérieur duquel devra s’inscrire la-bibliotheque.com.

    Pour aller encore plus loin dans l’expression de nos ambitions, nous souhaitons un site décloisonné qui transporte les connaissances, les relie et les assemble dans une logique combinatoire que nous voyons naître en ce moment même avec le web sémantique. Le web introduit une rupture dans les logiques de recherche documentaire et les catalogues des bibliothèques sont au cœur de cette mutation qu’il convient d’accompagner, au risque de disparaître dans le web profond que nous habitons déjà. Demain, nous ouvrirons nos entrepôts de données pour que celles-ci soient reconfigurées dans des applications innovantes et citoyennes par quiconque en aura le goût et les compétences. Imaginons une alchimie sensible et poétique des formats de données des bibliothèques et du web, qui donne naissance à des interfaces numériques de découvertes complètement renouvelées, qui ne fassent pas appel aux codes d’usage de la profession pour être interrogées. L’expérience du site CultureWok 2 est une parfaite illustration de cette heureuse combinaison entre nos métiers, la culture du web, les mathématiques, le graphisme… Scénarisons nos catalogues à l’image du site Les Surgissantes 3 qui propose régulièrement des constellations de liens autour d’un sujet ou d’un artiste. Des liens éditorialisés qui explorent et relèvent les traces laissées sur le web. Voici énoncées quelques pistes qui nous donnent encore envie d’y être, dix ans plus tard.

    L’enjeu pour nous aujourd’hui, pour le site, comme pour le reste de notre offre, est de garder une proposition de qualité, de « garder notre âme », et de poursuivre ce pari fou qu’un site de bibliothèque peut être esthétique et utile. Nous ne voulons pas créer de rupture entre nos ambitions passées qui nous ont portés dix ans et le site que nous ferons naître en septembre 2014 et qui devra s’installer dans la course du web, sans perdre les pédales au fil du temps.

    En guise de manifeste pour nos développements futurs, cessons d’opposer originalité et simplicité en pensant à tort que l’originalité c’est ce qui complique. Il s’agit là d’une erreur de jugement qui profite avant tout aux prestataires de portail web qui peuvent faire l’économie de l’inventivité. Quand on ne questionne plus, on n’obtient que des solutions, en l’occurrence des « solutions informatiques ».

    À la place, réaffirmons les devoirs d’exigence et d’audace qui nous ont fait habiter la-bibliothèque.com et n’oublions jamais de questionner les usages, certes, mais aussi et avant tout, ce et ceux qui les produisent. •

    Avril 2013

    1.  (retour)↑  La notion de community hub est de plus en plus répandue dans la sphère des bibliothèques anglo-saxonnes. Ainsi à Lees, en Grande-Bretagne, dans le comté d’Oldham, une bibliothèque de quartier s’appelle Library Community Hub ; également dans le sud-est de l’Écosse, on trouve la Drumbrae Library and Community Hub. Maureen Sullivan, présidente de l’American Library Association, écrivait en juillet 2012 : « More than ever, libraries are community hubs, and it is the librarian who works to maintain a safe harbor for teens, a point of contact for the elderly, and a place to nurture lifelong learning for all. » Parions que cette expression fera florès.
    2.  (retour)↑  http://www.culturewok.com
    3.  (retour)↑  http://www.surgissantes.com