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Lecteurs du Bulletin des bibliothèques de France

Yves Desrichard

Christophe Evans

Sans qu’il soit possible d’en faire une règle générale, il faut bien constater que les retours consécutifs à la parution d’un numéro du Bulletin des bibliothèques de France (BBF) sont plutôt rares. Hormis quelques témoignages informels, glanés au fil des rencontres et conversations professionnelles, les seules occasions réelles sont, soit des courriels ou courriers de mécontentement suite à la publication d’une critique d’ouvrage mal perçue par son auteur, ce qui se conçoit, ou tel reproche adressé pour la non prise en compte d’une manifestation, ou l’absence d’un thème jugé, par l’auteur du courrier ou du courriel, fondamental, et pourtant non retenu comme tel par la rédaction de la revue. Enfin, la rubrique « En débat » accueille des réponses plus circonstanciées à telle ou telle contribution parue dans un numéro antérieur, mais cette rubrique se fait rare dans les colonnes du BBF (pas d’occurrence en 2010, une seule occurrence en 2009).

Aussi quand, après moins d’une semaine de mise à disposition, le questionnaire destiné au lectorat du BBF comportait déjà plus d’une centaine de réponses, cela fut perçu, par l’équipe du BBF, comme une « divine surprise », que conforta plus tard le total final, plus qu’estimable, de 407 questionnaires complétés, partagés entre 84 % de réponses en ligne et 16 % de réponses au questionnaire papier. Comme le dit le sage (chinois sans doute), cela vient signifier que, « au bout de la ligne, il y a vraiment des poissons ».

Si on le rapporte au nombre d’abonnés, soit 1 075 pour l’année 2010, ce taux, qui équivaut à près de 38 % du total, paraît même tout à fait significatif. Mais il faut tenir compte, afin d’interpréter de manière plus tempérée les chiffres, de deux données importantes : d’une part l’existence, pour les abonnements à la revue papier, d’un « coefficient multiplicateur », dont l’ampleur est difficile à estimer (de 2 à 5 ?), mais qui correspond au fait que, reçu à titre généralement institutionnel en établissement (le BBF comporte très peu d’abonnés à titre individuel), la revue « circule » dans les équipes et les institutions, de manière plus ou moins probante, plus ou moins rapide, mais en assurant en tout cas à chaque exemplaire papier un nombre de lecteurs bien supérieur au nombre d’abonnés « réels ». D’autre part et surtout, on le verra, le fait que la consultation en ligne de la revue est très importante, et difficilement estimable, puisqu’on ne disposait pas, jusqu’à une date récente, d’un module de statistiques de consultation exploitables  1.

Déroulement de l’enquête

Le questionnaire d’enquête de lectorat (voir le formulaire ci-dessous) a été diffusé dans l’ensemble des exemplaires routés du n° 5, 2010 du BBF (dont le thème était les « Pratiques socioculturelles »), qui a été diffusé aux abonnés dans la première quinzaine du mois d’octobre 2010. Dans ce même numéro, les abonnés étaient invités à répondre, s’ils le souhaitaient et s’ils le pouvaient, en ligne audit questionnaire, disponible sur le site du BBF entre le début du mois d’octobre et la fin du mois de décembre 2010. Comme on l’a déjà indiqué, 84 % des réponses ont été faites en ligne (soit 341 réponses), et 16 % sous forme papier (soit 66 réponses).

Le site a ensuite été déconnecté au début du mois de janvier 2011, et l’ensemble des réponses recueillies sous forme papier ont été intégrées par saisie manuelle dans la base de données créée pour l’occasion.

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Formulaire d'enquête de lectorat du BBF

Méthodologie de l’enquête

Le questionnaire avait été volontairement limité à un nombre restreint de questions, permettant une saisie « en moins de cinq minutes », en réalité beaucoup moins pour ceux et celles qui ne souhaitaient pas répondre aux questions « en texte libre » proposées. Il était, volontairement aussi, limité au lectorat effectif du BBF, et ne s’adressait pas aux « non-lecteurs », qu’on aurait pu choisir d’interroger sur leur « non-pratique » de la revue. En ce sens, il s’agissait avant tout d’appréhender la pertinence de la structuration thématique de la revue, sa compréhension et son utilisation par les lecteurs, d’évaluer leurs niveaux de satisfaction spécifiques, d’interroger les pratiques de la revue d’une manière plus générale, et, bien sûr (anonymement), de recueillir des données sociodémographiques sur la répartition du lectorat, plus explicites que celles proposées par la répartition des ventes par abonnement  2.

Plutôt que de proposer une analyse détaillée de l’ensemble des résultats obtenus, et des croisements proposés, et afin tout à la fois de s’en tenir à des données réellement exploitables et de simplifier la lecture des résultats de cette enquête, on préférera s’en tenir à quelques « leçons » apportées par celle-ci : le but principal, en effet, n’est pas tant de recueillir les données, ni même de les exploiter, mais d’en faire les axes d’un nouveau développement de la revue, de la mise en place de son évolution, en s’assurant que les développements proposés puissent correspondre tout à la fois aux pratiques effectives des lecteurs et à leurs souhaits. En quelque sorte, on cherche plutôt la vérité des tendances que la précision des chiffres.

Une leçon plutôt surprenante

Première leçon anecdotique, plutôt surprenante (voire contradictoire avec d’autres données), l’importance du nombre de réponses parvenues sous forme papier alors que, d’évidence, l’utilisation de ce mode de transmission suppose un « investissement » logistique et surtout temporel plus important, à une époque où « plus personne n’a le temps », et surtout pas celui d’écrire sur du papier. Si l’enquête en ligne tend logiquement à sursélectionner ceux qui se servent régulièrement d’internet et sont à l’aise avec ce médium, on signalera toutefois que « seuls » 40 % environ des « répondants papier » ont déclaré lire le BBF uniquement en version imprimée, contre 15 % des répondants en ligne, ce qui est tout de même éloquent.

Sur la question des limites de ce genre d’enquête de lectorat, il faut ajouter encore qu’un questionnaire auto-administré tel que le nôtre est tendanciellement plus facilement rempli par des lecteurs réguliers, sinon anciens, et qui ont de surcroît suffisamment d’aplomb et de légitimité pour s’exprimer via ce type de formulaire : difficile en l’état d’épiloguer longuement sur le fait qu’on ne compte que 6 % de répondants qui déclarent ne lire le BBF que depuis un an ; difficile également d’interpréter plus avant le fait que 80 % des réponses exploitables concernant la question du métier couvrent les catégories « bibliothécaires », « conservateurs(trices) » ou « directeurs(trices) ».

Quelle version du BBF lisez-vous ?

Le résultat sinon le plus surprenant en tout cas le plus attendu de l’enquête est tout de même celui de la prédominance forte de la consultation en ligne de la revue. C’est une confortation : cette prévalence signifie que le choix de mettre en ligne l’intégralité des contenus de la revue, y compris pour le numéro courant, en accès entièrement libre, s’il constitue un coût non négligeable (tout à la fois en perte éventuelle de recettes d’abonnement et en investissement informatique), rencontre un très large succès. C’est aussi une inquiétude : même si les enquêtes précédentes, qui ne comportaient pas d’interrogation sur ce type de consultation, ne permettent pas d’étayer l’information, on peut supposer que la consultation en ligne tend à s’articuler de plus en plus et sans doute à supplanter progressivement bon nombre de consultations sous forme papier, ce que « traduit » la baisse régulière du nombre d’abonnés, sans qu’on puisse déterminer si, globalement, cette évolution implique une baisse ou une augmentation du total des « consultations  3 » – ou même une simple stagnation.

Cette tendance à la consultation en ligne, la baisse sensible, régulière et indéniable du nombre d’abonnements à la revue papier la conforte aussi. Elle oblige lors à poser la question : jusqu’à quand le BBF est-il viable sous forme de revue papier, sachant – ce n’est pas faire injure à ses concepteurs que de l’écrire – que la revue disponible en ligne est, fondamentalement, un décalque, un fac-similé de la revue papier, et non une application spécifiquement conçue pour l’environnement numérique  4 ? C’est, donc et enfin, une angoisse : si la revue n’est plus, à terme, significativement viable sous forme papier, peut-elle le demeurer en ligne avec des formes et structurations proches, ou faut-il réfléchir à un concept entièrement nouveau ? Se dissoudre dans le web ? Rassurons-nous, et pensons (nous ne serons pas les premiers, c’est vrai) à René Char : « Qu’est-ce que vivre si l’on sait de quoi demain sera fait ? »

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Quelle version du BBF lisez-vous ?

Connaissance des différentes rubriques du BBF

Les lecteurs semblent avoir une bonne connaissance de la structuration de la revue en cinq rubriques, donc trois régulièrement présentes, le dossier, les « Tour d’horizon », comptes rendus de journées d’études, conférences, colloques, etc., et les « Critiques » d’ouvrages, et deux irrégulières, la rubrique « À propos » dans laquelle on trouve essentiellement des propositions spontanées d’articles qui n’ont pas trouvé place dans les thématiques du dossier, et la rubrique « En débat », qui accueille des réactions circonstanciées à des contributions déjà publiées et, éventuellement, la réponse des auteurs de ces contributions. En effet, on comptabilise en moyenne 4 % seulement de personnes qui déclarent ne pas connaître l’une ou l’autre de ces rubriques.

Données sociodémographiques

Il n’est guère surprenant que les femmes représentent plus de 70 % du lectorat du BBF : cette donnée n’est que le reflet de la répartition très inégalitaire des sexes dans les professions des bibliothèques et de la documentation, et on pourrait même considérer que la proportion d’hommes est « anormalement » élevée : faut-il y voir une incidence du fait que, dans la pyramide de répartition selon le niveau hiérarchique, les hommes sont proportionnellement surreprésentés aux postes de direction ? Et que le BBF serait (à son corps défendant) l’apanage d’un lectorat placé en position d’encadrement plutôt que de subordination ? On peut risquer les deux hypothèses.

Par ailleurs et à vrai dire, on ne constate aucun écart statistique significatif en ce qui concerne les réponses des hommes et des femmes aux différentes questions, qui ne peuvent pas être perçues comme « sexuellement discriminante ». À cette règle il n’y a qu’une seule exception : les hommes déclarent plus que les femmes consulter rapidement le BBF (32 % contre 18 %).

Pour ce qui concerne la pyramide des âges, elle montre une répartition plus harmonieuse que celle qu’on pouvait craindre, et plus rassurante dans cette répartition que le pourcentage signalé plus haut de seulement 6 % de « nouveaux » lecteurs pour la revue. En effet, si on ne peut pas vraiment s’étonner qu’il n’y ait pas de répondants de moins de 20 ans, il faut souligner au contraire que 32 % de répondants tout de même sont dans la tranche d’âge de 20 à 29 ans, c’est-à-dire autant que de 30 – 39 ans et deux fois plus que de 40 – 49 ans et 50 – 59 ans : une assurance de renouvellement du lectorat ? En tout cas le signe que, même dans des déclinaisons numériques limitées, le BBF peut, aussi, séduire les « digital natives » professionnels.

Enfin, la répartition géographique du lectorat permet de constater une prédominance, d’une part de Paris et surtout de la région parisienne, d’autre part de la région Rhône-Alpes, prédominance qui n’a là encore rien de surprenant dans la mesure où ces deux régions, et tout particulièrement la première citée, concentrent une grande part des établissements et bibliothèques en France. Pour le reste, la répartition semble plutôt large, le lectorat du BBF semblant refléter la dispersion géographique assez caractéristique des bibliothèques françaises.

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Depuis combien de temps lisez-vous le BBF ?

Données socioprofessionnelles

Dans l’élaboration du questionnaire, le choix avait été fait de ne pas proposer de liste fermée, d’une part pour la détermination de la catégorie professionnelle des répondants, d’autre part (quand il y avait lieu) de leur établissement d’appartenance au moment où ils répondaient à l’enquête.

Il n’est pas sûr, à la réflexion, que ces deux choix se soient révélés judicieux, même si le premier permet de mieux prendre en compte la diversité des emplois et des fonctions occupés par les lecteurs du BBF. Comme souvent, la polysémie de certains termes pose problème, quand ces termes (« bibliothécaire ») désignent à la fois un statut, ou un cadre d’emploi, et un emploi, voire une compétence.

De même, la question sur l’origine professionnelle des répondants montre que, même si les personnels travaillant dans les bibliothèques de l’enseignement supérieur représentent une part très importante du lectorat (un tiers des répondants de l’enquête, pour un peu plus de 21 % en bibliothèque municipale et 10 % dans les bibliothèques des grands établissements et les bibliothèques spécialisées), on peut néanmoins constater un « éparpillement » positif dans les différents types de bibliothèque, de tous types – sans préjuger bien évidemment de leur importance quantitative.

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Diriez-vous que vous lisez le BBF…

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À quelle fréquence lisez-vous le BBF ?

Pourquoi lisez-vous le BBF ?

À la question « Pourquoi lisez-vous le BBF ? », l’un des répondants a ontologiquement indiqué : « Je suis bibliothécaire », comme d’une évidence. De fait, les « verbatims  5 » de la question n’apportent pas de réponse surprenante, sinon par leur nombre, puisque plus de la moitié des personnes ont souhaité répondre à cette question. Si, à la lecture du BBF, on trouve un peu de plaisir, on y trouve surtout beaucoup de devoir… ce qui, après tout, peut constituer une bonne ambition pour une revue professionnelle « de référence » (« Lorsque je fais une recherche précise, je considère le BBF comme une source de référence »). La revue est évidemment beaucoup utilisée (c’est une de ses « marques ») pour préparer les concours d’entrée dans la profession, mais aussi, dans une curieuse tautologie, par les responsables de formation et par les formateurs eux-mêmes.

L’usage en est aussi bien courant que rétrospectif : la revue sert à « se tenir au courant » (le terme revient très souvent) des débats, des innovations, de l’avancée de la réflexion qui occupent la profession (« J’épluche rapidement chaque BBF pour me maintenir à jour, dans le cadre de mon travail de veille »), pour avoir l’actualité des problématiques dans le monde des bibliothèques.

Sur ce point, même si le BBF est disponible en ligne, ses lecteurs ont bien conscience qu’il ne s’agit pas d’un « produit du web », comme les blogs, et qu’il est, de ces outils, un complément plus qu’un concurrent – à moins, bien sûr, que cela ne soit l’inverse… : « [Je suis] à la recherche d’idées innovantes ou d’approches nouvelles pour mon blog :-). » Mais le BBF sert aussi, notamment par le biais de ses « archives » en ligne, à proposer des synthèses thématiques sur des sujets qui supposent une prise en compte diachronique d’un domaine. De ce fait, l’usage de la revue est tout à la fois un usage d’« actualité » (même si celle-ci est parfois toute relative) et « de fond », le terme étant, là encore, très souvent utilisé.

Enfin, et au-delà des chiffres, quelques verbatims (trop peu, hélas) esquissent les logiques d’usage de la revue, d’une manière particulièrement éclairante : « Je sélectionne les articles en ligne quand il me faut une information (le BBF n’est pas sur place) mais je préfère nettement le lire sur papier (présentation plus aérée et plus agréable) » ; « Parce que, contrairement aux autres revues professionnelles, il est accessible partout tout le temps, propose l’alternative résumés synthétiques ou dossier thématique développé en fonction du temps dont on dispose et parce que les modalités de recherche plein texte de la version en ligne sont pratiques. En terme de contenu, je le lis pour faire un peu de “veille” professionnelle, pour avoir un regard sur l’actualité bibliothéconomique étrangère (peu visible ailleurs en dehors du web) et lire des résumés en langue étrangère (exercice comme un autre pour s’entraîner un peu et ne pas tout oublier). »

Quel BBF voudriez-vous lire ?

C’est un peu la loi du genre, et même si l’enquête du BBF n’était pas a priori une enquête de satisfaction, très peu de répondants ont exprimé des opinions absolument négatives à la question : « Quel BBF voudriez-vous lire ? », impliquant que, dans sa forme actuelle, le BBF ne correspondait pas, voire pas du tout, à leurs besoins.

Cependant, au-delà des compliments d’usage, quelques critiques et quelques suggestions d’évolution récurrentes peuvent être soulignées, qui portent sur les contenus comme sur le contenant.

Pour ce qui est du contenant, signe des temps, la revue papier appelle très peu de remarques, ce qu’on prendra au choix comme un signe de parfaite satisfaction ou comme l’indice que la version papier est de moins en moins en usage.

La version en ligne, par contre, suscite de nombreux commentaires, notamment sur le fait qu’elle ne profite pas pleinement des potentialités du web collaboratif : « Ce que je trouve incroyable, c’est qu’il soit impossible de commenter les articles. En 2010, dans le secteur des bibliothèques, c’est proprement rédhibitoire. À vous de trouver les procédures pour modérer tout cela, mais voyez ce que fait par exemple Livres Hebdo sur les blogs. Là, il y a échange et vie. Si vous ne le faites pas, je pense que vous toucherez de moins en moins de lecteurs/trices. Y compris et surtout dans le milieu. » Comme le note justement un autre répondant : « On en apprend beaucoup dans les commentaires, ne serait-ce que sur la réception du propos. »

Dans le même ordre d’idée, de nombreuses suggestions d’évolution sont apportées : « Une version en mode feuilletage serait bienvenue pour visualiser le numéro dans le cas où l’on ne peut disposer du numéro papier  6. Par ailleurs, je trouve que la version en ligne gagnerait en rebonds et dynamisme si elle intégrait plus d’illustrations ou/et d’animations visuelles et sonores, comme des podcasts et des reportages sur les auteurs ou les sujets abordés, qui viendraient relayer et vivifier la ligne éditoriale. »

Quant aux contenus, ils suscitent bien évidemment des désirs d’évolution contradictoires. Certains voudraient des « articles plus courts », d’autres « plus fouillés » (donc, on se permet de le supposer, plus longs) ; certains voudraient « moins de retours d’expérience », d’autres « plus de retours d’expérience concrets et détaillés » ; d’aucuns « moins de grandes réflexions », d’autres « moins de retours d’expérience plats [sic] ». En bref, on retrouve dans ces demandes qui ne sont contradictoires qu’en apparence (puisqu’elles proviennent en fait de lecteurs différents) l’illustration de la « tension » qui occupe la revue depuis longtemps, entre l’ambition d’en faire une revue de recherche, « scientifique », conforme à son classement, et le souci de préserver des apports factuels, proches (mais pas trop proches) du quotidien des lecteurs, lors même qu’on reproche souvent à la revue d’en être trop éloignée. Écartèlement que résume bien le commentaire suivant : « Les sujets abordés m’intéressent en général mais j’aimerais, même si je souhaite que le BBF conserve son aspect “revue de réflexion”, que les articles soient plus courts et + synthétiques. »

Un grand nombre de commentateurs appellent de leurs vœux plus d’articles sur les bibliothèques à l’étranger, mais aussi plus de contributions de collègues étrangers. Enfin, figure là encore classique, beaucoup de répondants déplorent que la revue ne « s’ouvre » pas davantage aussi bien à d’autres sujets, pour ce qui est des contenus, qu’à d’autres métiers, pour ce qui est des contributeurs : « Un BBF conçu dans la pluridisciplinarité, par des bibliothécaires (pourquoi pas laisser la parole à des magasiniers), sociologues, psychologues, philosophes, etc. » ; « Un BBF moins dans l’entre soi. »

Conclusion

La formule est connue, et même convenue : de nombreux enseignements peuvent être tirés de l’exploitation des résultats de cette pourtant courte enquête. Indiquer qu’ils sont « révolutionnaires » serait certes exagéré, ce qui semblera, au choix, rassurant ou déprimant. Le fait même qu’ils existent constitue en soi, on l’a écrit, une donnée des plus stimulantes, même si elle rend plus effrayant encore le silence général signalé en ouverture. Peut-être faut-il envisager, en complément de cette enquête déclarative, la mise en place de structures de recueils d’opinions de type « focus groups », déjà largement répandues dans les pratiques des bibliothèques.

Le croisement de ces données essentiellement déclaratives avec les données quantitatives résultant de l’exploitation des statistiques de consultation en ligne permettra de préparer les évolutions malgré tout nécessaires car, comme il est justement rappelé dans Through the Looking-Glass, and What Alice Found There, rester sur place condamnerait à terme le BBF à repartir en arrière. Il n’est pas difficile de prévoir que ces évolutions seront, avant tout, numériques. •

Juin 2011

  1.  (retour)↑   Celui-ci, très efficace et très complet, est désormais implémenté depuis le mois de février 2011. Il permettra, à terme, d’utiles approches qualitatives et quantitatives quant à la consultation de la revue. Pour autant et hélas, il ne pouvait être d’aucune utilité dans l’exploitation des données de l’enquête de lectorat, recueillies antérieurement.
  2.  (retour)↑   Et en attendant l’exploitation des données de consultation en ligne, notamment par le biais des données liées aux connexions IP, essentiellement pour ce qui est de l’origine géographique des consultants.
  3.  (retour)↑   La notion de « consultation » est, on le sait, elle-même fortement biaisée. D’une part d’avoir une signification différente s’agissant de consultation papier ou en ligne ; d’autre part d’avoir, dans ces deux acceptions, des amplitudes extrêmement différentes, disons de la lecture exhaustive, voire annotée, d’un article, jusqu’au simple coup d’œil sur un titre, un tableau, une illustration, etc.
  4.  (retour)↑   On ne parle pas des rubriques en ligne du BBF, et notamment le « e-dossier » thématique qui accompagne la publication de chaque numéro, qui n’a pas fait l’objet de question spécifique dans le questionnaire.
  5.  (retour)↑   La formulation d’origine des verbatims a été préservée dans leur restitution.
  6.  (retour)↑   Cette option est implémentée, depuis le n° 6, 2010 de la revue, sur le site du BBF (via le site http://www.issuu.com).