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Défiances et production

Les bibliothèques françaises et Wikipédia

Rémi Mathis

Qu’on me permette de commencer par quelques anecdotes. Il y a quelques mois, la directrice de la bibliothèque d’un grand établissement me signala qu’une erreur s’était glissée dans l’article qui lui était consacré – le nom de son premier mari avait été pris pour son nom de jeune fille. Alors qu’elle pouvait elle-même corriger l’erreur en une seconde, elle passa par moi, ce qui eu pour conséquence de laisser l’erreur en ligne plusieurs semaines. Peu après, au Salon du livre 2010, Jacqueline Sanson, directrice générale de la BnF, devait participer à une table ronde. Finalement indisponible, elle fut remplacée par Isabelle Le Masne de Chermont – le photographe accrédité de Wikimédia France n’a pas été informé de ce changement et a chargé la photo comme étant celle de J. Sanson. Alors que plusieurs personnes de la BnF ont vite réalisé la méprise, aucune d’entre elles n’a pris l’initiative de corriger. Des informations erronées sont ainsi fournies au public par méconnaissance du fonctionnement du projet, refus de participer ou manque d’implication des professionnels, qui semblent parfois penser que certaines personnes sont plus responsables que d’autres de la qualité de Wikipédia  1 ou que la légitimité à intervenir repose sur autre chose que sur la capacité à proposer des informations justes et fiables.

Une personne adepte des formules toutes faites qualifierait certainement la rencontre des bibliothèques et de Wikipédia de « rendez-vous manqué ». Alors que l’encyclopédie en ligne vient de fêter son millionième article en français, l’implication des bibliothèques demeure faible. Pourtant, plusieurs frémissements laissent penser que le positionnement général est en évolution et pourrait rapidement évoluer pour tendre vers un plus grand investissement. Cela ne serait guère surprenant dans la mesure où les missions de Wikipédia et des bibliothèques sont assez proches : la diffusion et la vulgarisation de la culture, la mise à disposition de la connaissance sur tous les sujets, du plus universitaire au moins « légitime », à l’écart des modes et des pressions économiques, à la seule fin de l’utilité des lecteurs. Le fait que Wikipédia se trouve en ligne ne doit pas changer grand-chose : les bibliothécaires sont habitués à traiter de multiples supports et, en tant que professionnels de l’information, sont censés maîtriser les bouleversements conceptuels qu’implique leur transhumance. Dans ses fondements, l’humanisme numérique n’est pas éloigné de l’humanisme traditionnel. Sans doute nous trouvons-nous donc à un carrefour, dont la prochaine étape sera l’implication directe et plus générale des bibliothèques dans la production de contenu pour Wikipédia.

Encore faut-il savoir en quoi consiste cette implication et en quoi les bibliothèques peuvent trouver en Wikipédia un terrain d’action qui contente les deux partis. C’est-à-dire qu’elles modifient leurs habitudes de travail mais qu’elles gagnent aussi la confiance des wikipédiens – la méfiance pouvant exister dans les deux sens. Contribuer à un site tel que Wikipédia doit donc commencer par un double questionnement : qu’ai-je à dire ? Pourquoi le dire ?

Il est donc nécessaire qu’une production prenne place dans le cadre d’une stratégie plus large qui comprenne les actions entreprises dans la bibliothèque à la fois « en dur » et en ligne. Au sein même de la production en ligne, il convient de connaître le but de son travail : s’agit-il de gagner en visibilité ? Se placer comme établissement de référence sur un thème ? Mieux contrôler son identité numérique ? Diffuser par altruisme pur un travail que l’on sait potentiellement utile à d’autres ?

L’identité du discours à produire et diffuser n’est pas toujours évidente à définir, comme nous le verrons. En dehors de la numérisation de textes préalablement publiés qui se trouvent dans ses fonds, il est finalement assez rare que des bibliothèques produisent des documents de référence pouvant servir de base pour un article de Wikipédia. En revanche, contribuer à partir de sources tierces peut parfaitement entrer dans les compétences d’un bibliothécaire – à charge pour lui de faire reconnaître à ses tutelles que l’exercice relève effectivement de ses missions. Mais encore faut-il qu’il en soit lui-même persuadé.

Le recul du mépris ; une meilleure compréhension des enjeux

Depuis quelques années, il n’est pas contestable que l’état d’esprit général des bibliothécaires à l’égard de Wikipédia change. Plus accoutumés au mode de fonctionnement de l’internet actuel, les bibliothécaires regardent moins en coin le projet d’encyclopédie collaborative.

Le fait que Wikimédia France soit désormais reconnu comme un interlocuteur valable par les grandes institutions culturelles et les ministères a certainement participé à son effet d’entraînement. L’amélioration progressive de Wikipédia a aussi certainement contribué à convaincre, ou du moins à faire taire, les plus réticents, qu’ils soient bibliothécaires ou leaders d’opinion (Pierre Assouline par exemple). Enfin, les outils étant souvent plus familiers aux professionnels en début de carrière, il est logique que le taux d’utilisation augmente avec le renouvellement des générations.

Il n’est donc pas surprenant que le nombre de bibliothécaires contribuant à Wikipédia tende à progresser. Il serait sans doute fastidieux de faire la liste de ceux qui le font en leur nom propre, d’autant plus que nombreux sont ceux qui le font sans être inscrits ou sous un pseudonyme. S’ajoute le fait qu’à être bibliothécaire on n’en est pas moins homme : les comptes créés ne sont jamais uniquement destinés à contribuer sur des sujets bibliothéconomiques. On voit donc certains écrire sur les outils ou concepts des bibliothèques, mais nombreux sont ceux qui préfèrent contribuer à Bibliopédia  2. Bien que ce site soit utile et souvent d’une grande qualité, nous nous permettrons de regretter cet état de fait car il revient finalement à rester dans l’entre-soi de ses collègues au lieu de s’ouvrir sur le public plus général d’internet. On a également vu certains collègues rédiger l’article qui leur est consacré, parfois de manière ouverte, parfois en usant d’un, voire de plusieurs pseudonymes. Cette pratique n’est pas interdite dans Wikipédia puisque l’essentiel est d’apporter des sources fiables pour chacune des assertions – mais elle est néanmoins rarement assumée car (trop) rapidement considérée comme du narcissisme ou de la vanité.

En dehors de ce qu’elles apportent à des articles qui n’ont parfois qu’un très lointain rapport avec les bibliothèques, soulignons les conséquences bénéfiques que l’implication de bibliothécaires dans la communauté des wikipédiens peut avoir. Un exemple de cette catalyse peut être trouvé à Toulouse. C’est dans cette ville qu’habitent deux membres du conseil d’administration de Wikimédia France, dont la présidente. Un autre wikipédien préside l’Institut Picot de Lapeyrouse, lié au Muséum national d’histoire naturelle : le webmestre dudit Muséum, Samuel Bausson, entre rapidement dans la danse. Finalement, entre rencontres réelles et messages virtuels, idées, envies, travail sont partagés : cela donne naissance à un partenariat entre Wikimédia France et la ville de Toulouse – signé en présence du maire – incluant pour l’instant le Muséum et les archives municipales. Très vite, les liens professionnels, d’amitiés dans la vie réelle et de fréquentation sur les réseaux virtuels (Twitter, etc.) se confondent. Finalement, plusieurs bibliothécaires toulousains (dont Michel Fauchié, président de l’ADDNB  3), les membres du partenariat ci-dessus, des wikipédiens, etc., contribuent ensemble à la création de l’Esplanade  4, qui se veut un « rézo-labo d’acteurs du numérique qui veulent se retrouver, échanger, et porter ensemble des projets autour de la création numérique et un service d’accompagnement des projets dans le domaine ». L’intérêt pour un projet virtuel possède des retombées locales bien réelles, permettant d’insérer les institutions culturelles dans un réseau qui sorte du petit monde des bibliothécaires et d’avoir une véritable influence sur la vie numérique, citoyenne et intellectuelle locale.

Vers une production institutionnelle

Bien que l’implication de quelques personnes puisse finalement avoir des retombées sur la politique d’une bibliothèque, les véritables productions institutionnelles sont encore assez limitées.

Certaines bibliothèques y voient à juste titre une vitrine de présentation, tout en permettant à tout curieux de mieux connaître des institutions à l’histoire souvent riche. Il est vrai qu’il serait dommage de ne pas profiter de l’espace qui est proposé sur le sixième site mondial en termes de fréquentation. La Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNU) a ainsi très sérieusement amélioré son article en ouvrant un compte institutionnel et un autre au nom du conservateur chargé de la communication externe : son histoire fait l’objet de longs développements très bien illustrés grâce à des photographies du domaine public ; la présentation de l’organisation actuelle de la bibliothèque permet aux lecteurs de comprendre qui fait quoi dans cet établissement qui ne possède pas d’équivalent en France ; enfin, le lecteur est prévenu du gigantesque chantier de rénovation qui vient de commencer, ses raisons, ses buts, ses moyens. Au final, l’article permet de fournir une information fiable et complète à toute personne intéressée – voire de se faire connaître de personnes ignorant la BNU –, c’est-à-dire de remplir sa mission de service public en étant présent là où se trouvent les internautes.

La production de contenu n’est cependant pas toujours aisée, car cela demande une connaissance certaine de l’outil, sous peine d’être mal reçu ou de subir des déconvenues. La bibliothèque royale de Suède a ainsi tenté de supprimer purement et simplement l’article qui existait afin de le remplacer par un autre, correspondant davantage à ses attentes. Il ne faut certainement pas y voir malice : ils avaient préparé une notice et, ne sachant comment procéder en se trouvant face à un article existant, ils ont créé un doublon. Les deux articles ont été fusionnés par la communauté afin de garder le meilleur­ de chacun d’eux, mais ce genre de coup de force imposé au mépris du travail d’autrui est très mal considéré. Il démontre surtout qu’il est très important d’être au fait du fonctionnement de l’outil qu’est Wikipédia avant de participer de manière institutionnelle, et qu’une véritable implication dans la vie du projet demeure le meilleur moyen de ne pas être accusé de parasitisme par des contributeurs pouvant parfois se montrer rudes face à ce qui leur semble être un pur effet de communication.

La participation des bibliothèques à Wikipédia n’est pas seulement spontanée. L’association Wikimédia France a, à plusieurs reprises, contacté des établissements afin de leur proposer diverses actions. C’est à cette aune que l’on peut remarquer combien la méfiance vis-à-vis de Wikipédia disparaît, car l’association a toujours été extrêmement bien reçue. Elle est actuellement en train de mener une action de longue haleine afin que soient disponibles en ligne des images libres des bibliothèques françaises et de contribuer ainsi à les aider à améliorer leur identité numérique. La bibliothèque Mazarine, la bibliothèque Sainte-Barbe et l’École nationale des chartes ont ainsi largement ouvert leurs portes au photographe de Wikimédia France, qui a pu accéder aux espaces privés, en dehors des heures d’ouverture au public, et mettre en ligne des dizaines de photos. La bibliothèque Mazarine en a profité pour compléter le lot de photographies anciennes des espaces et de bibliothécaires illustres.

Même si cela est plus rare, la recherche d’un partenariat peut venir des bibliothèques elles-mêmes. Fidèle à sa tradition d’excellence et d’innovation, la BnF est ainsi la bibliothèque française la plus en pointe en ce qui concerne l’intégration du participatif à son offre de service. Le projet principal concerne à la fois Wikipédia et Wikisource et prend pleinement place dans sa stratégie numérique. D’une part, l’idée est de faire établir des liens entre les articles de Wikipédia et les notices d’autorité du catalogue de la BnF. D’autre part, de tester la correction collaborative des textes anciens en l’absence d’OCR (optical character recognition – reconnaissance optique de caractères) de bonne qualité sur les typographies anciennes. Un contrat a été signé avec Wikimédia France afin de formaliser les obligations réciproques des deux parties et l’expérimentation se poursuit ainsi depuis plusieurs mois.

Cet exemple reste cependant isolé en France. On peut se demander si le signe de la collaboration ne va pas venir d’en-haut, car les institutions sont souvent extrêmement frileuses en ce qui concerne la libération de leurs données. Cela vaut tout particulièrement dans le cas des documents issus de la numérisation, ce qui se comprend fort bien quand on considère que cette dernière engloutit des fonds publics importants. Mais cela se comprend beaucoup moins si l’on sait que moins de la moitié des documents numérisés est actuellement en ligne. Or, ces documents ne sont pas protégés par le droit d’auteur, qui ne considère pas que la reproduction neutre d’une œuvre en deux dimensions doive être protégée. En revanche, la loi du 17 juillet 1978 les protège en temps que données culturelles publiques, pour surprenant que cela puisse paraître – chaque institution doit donc définir une politique de diffusion de ces données, ce que peu d’entre elles font. Le plus facile est alors que l’impulsion vienne d’en haut : si les bibliothèques sont nombreuses à répondre à Wikimédia France que tout cela est intéressant mais qu’elles n’ont pas le temps de faire le nécessaire, le ministère de la Culture est, lui, très inquiet que les bibliothèques américaines aient le champ libre sur internet grâce à la mise systématique dans le domaine public de tout document produit par un fonctionnaire fédéral. Il était tout de même dommage que les ministres français apparaissent systématiquement sur Wikipédia sur fond de drapeau américain et que les portraits de De Gaulle soient issus des collections de la Library of Congress !

Peut-être va-t-on vers une approche plus globale du problème qui permette de donner enfin aux bibliothèques françaises la place qui devrait être la leur sur internet – l’idéal étant bien sûr que les citoyens aient un libre accès aux fonds du domaine public conservés en leur nom et pour lesquels ils paient des impôts. Rien dans le dispositif légal actuel ne l’empêche, puisque la loi de 1978 permet aux institutions de définir les conditions de remploi – qui peuvent donc être entièrement libres. Le ministère de la Culture et de la Communication a en tout cas clairement signifié qu’il désirait la diffusion la plus large possible de ces données et espérait qu’elles constitueraient un terreau qui puisse favoriser l’apparition de services numériques innovants. Il est par conséquent grand temps que les bibliothèques prennent ce problème en compte : l’embargo sur des données publiques et l’interdiction de les utiliser que la plupart d’entre elles opposent aux citoyens sont très inquiétants – non seulement du point de vue professionnel mais aussi du point de vue citoyen.

Production de savoir, diffusion de l’information ou constitution d’une identité numérique ?

Les divers exemples mentionnés montrent que la gamme des possibilités d’intervention est très large. La question est finalement : « Pourquoi contribuer à Wikipédia ? » Les bibliothèques peuvent y trouver plusieurs intérêts selon leur profil et leur politique en matière de présence sur les réseaux : production de savoir, diffusion de l’information ou constitution d’une identité numérique.

La diffusion de ressources existantes afin de mettre en valeur son établissement est sans doute la plus aisée des actions à mettre en place. Pour la plupart des grandes bibliothèques, il existe des données fiables – articles historiques plus ou moins anciens ; chiffres validés et diffusés pour l’action actuelle – qui permettent de créer un article comportant les sources obligatoires. Il s’agit là essentiellement de dissémination de données qui préexistent plutôt que de production proprement dite.

Mais ceci est primordial dans le cadre de la gestion de l’identité numérique de son établissement. Que l’on me permette une dernière anecdote : quelques semaines avant que je ne devienne rédacteur en chef des Nouvelles de l’estampe, revue publiée par le Comité national de la gravure française (CNGF), la rédaction a reçu une lettre adressée à… Jean Vallery-Radot ! Ce dernier, directeur du cabinet des Estampes de la BN et président du CNGF, a pris sa retraite en 1961 et est mort en 1971. Pourquoi lui a-t-on écrit, alors ? Tout simplement car l’identité numérique du CNGF est à peu près nulle et non maîtrisée. Dès lors, des renseignements peu fiables – en l’occurrence, la base de données incomplète du CTHS ne citant que Vallery-Radot comme président, sans citer de date – viennent brouiller la réalité. Proposer des renseignements fiables, facilement accessibles, sur soi-même doit éviter ce type de méprise.

Pour aller au-delà, la difficulté vient essentiellement du fait que les bibliothèques produisent finalement peu de contenu validé dont la qualité permette qu’il soit réutilisé dans Wikipédia. Il convient de bien se mettre d’accord sur la définition de la production de savoir. Nous parlons ici de savoir secondaire, c’est-à-dire du fait de partir des sources primaires ou d’autres sources secondaires afin de produire un discours scientifiquement construit et intellectuellement validé par des tiers – l’enjeu est donc la scientificité du travail de bibliothécaire. Une mésaventure est ainsi arrivée à Lionel Dujol, directeur de la médiathèque de Romans-sur-Isère  5, qui avait tenté d’insérer des liens vers des dossiers de sa bibliothèque dans les articles sur les écrivains Douglas Kennedy et Joyce Carol Oates. Liens rapidement supprimés, ce qui provoqua l’ire du bibliothécaire et un billet sur son blog… dans les commentaires duquel il fut désavoué et grâce auquel il a vite reconnu que l’affaire était plus complexe que ce qu’il avait imaginé. D’abord parce que la politique de Wikipédia en ce qui concerne les liens externes est précise. Comme le lui signala alors Bertrand Calenge : « Wikipedia n’est pas un support publicitaire (quelle que soit la qualité des références qu’on cherche à y introduire), et il ne suffit pas d’insérer un lien, il faut apporter de la valeur ajoutée, bref contribuer effectivement (notes complémentaires, précisions…)  6. » Mais la validité même du travail fut mise en cause, notamment par David Monniaux, chercheur au CNRS et ancien administrateur de Wikimédia France, qui rappelle les « recommandations de choisir des sources “sérieuses” – ouvrages rédigés par des spécialistes, articles de publications internationales à comité de lecture – et non de sources sujettes à caution, comme des pages personnelles de spécialistes autoproclamés », et se pose la question : « Sur cette gradation, il ne m’est pas évident de savoir placer les bibliothèques […]. Leur gestionnaire est-il un spécialiste international de Douglas Kennedy ou de Joyce Carol Oates 7 ? » En clair, les bibliothèques (la plupart du temps) et Wikipédia se trouvent sur un créneau semblable : diffuser une connaissance déjà validée par ailleurs. Dès lors, la production des bibliothèques peut rarement être utilisée comme source.

Il existe cependant plusieurs cas pour lesquels la production des bibliothèques peut directement servir de source à Wikipédia. D’abord, celui d’une production scientifique propre – ce qui n’est pas l’apanage des départements spécialisés de la BnF : un certain nombre de bibliothèques municipales ou universitaires organisent des expositions de très bon niveau avec un véritable catalogue. Dans ce cas, limiter la diffusion de cette recherche (payée par des fonds publics) aux acheteurs des mille exemplaires du catalogue au lieu de l’élargir aux millions d’internautes constitue presque une faute professionnelle.

Ensuite, celui de la numérisation. Ajouter un lien vers l’ouvrage en ligne dans la bibliographie d’un auteur ne prend que très peu de temps mais est utile au lecteur, tout en donnant un point d’accès de premier ordre à la bibliothèque numérique d’un établissement. Certains – comme l’université Rennes 2, qui le fait presque systématiquement – l’ont très bien compris.

Poursuivre et approfondir l’effort engagé

De grands progrès ont été faits en quelques années afin de s’approprier un outil qui est déjà la principale source d’information – à tort ou à raison – d’une majeure partie de la population. De plus en plus de bibliothécaires s’impliquent de manière personnelle, comprennent les enjeux et prennent plaisir à collaborer. Il y a certes encore peu d’actions institutionnelles réelles mais le changement d’état d’esprit est en cours – des envies naissent et Wikipédia est de plus en plus considéré comme une opportunité à ne pas négliger.

Reste à faire en sorte que modifier Wikipédia entre pleinement dans les mœurs et devienne une habitude pour les bibliothécaires – rejoignant ainsi les 940 000 francophones qui possèdent un compte – sans forcément tout attendre de la communauté existante.

Novembre 2010