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Journées du réseau des métiers de l’édition scientifique publique (Médici)

Poupak Rafii Nejad

Le réseau Médici

Médici  1 est un réseau interdisciplinaire et interorganismes, qui a pour vocation de réunir la communauté française des professionnels de l’édition scientifique publique. Il a pour mission d’engager une action transversale qui vise à rassembler les connaissances et les techniques spécifiques à l’édition scientifique pour les faire partager par tous et générer des actions de formation.

Le cadre de l’édition scientifique publique

Lors de ces premières journées du réseau, l’accent était mis essentiellement sur l’importance de la mission publique, notamment pour les publications de haut niveau, issues des recherches ponctuelles au sein des laboratoires, et qui verraient difficilement le jour avec des éditeurs privés. Sur le même plan était soulevée la question du contrôle de la diffusion, mais aussi le coût réel de ces publications.

Le débat de la première journée a été également l’occasion d’entamer une discussion entre les intervenants et le public, autour de plusieurs points liés aux modèles économiques des publications scientifiques (publiques ou privées). Un premier échange a eu lieu sur l’enquête réalisée en 2009 par le Groupement français de l’industrie de l’information (GFII), à la demande du TGE Adonis  2, sur l’édition scientifique française en sciences humaines et sociales  3.

D’autres points évoqués concernaient la pérennisation des accès (qu’ils soient libres ou payants) aux sources et aux résultats de la recherche. Ainsi, l’accessibilité dans le temps et auprès du public pourrait être désignée comme une mission du service public. Ce qui a pu justifier, par exemple, les modèles économiques d’un grand nombre de revues scientifiques bénéficiant de subventions et de ressources (humaines et financières) publiques.

Toutefois, les prix élevés de vente ou d’accès en ligne des éditeurs privés ne paraissent pas injustifiés. Les avis étaient convergents sur le coût très élevé de la publication scientifique de qualité, ce coût étant en grande partie invisible et mal évalué dans le cadre public. En effet, la différence entre le public et le privé ne se fait ni sur la qualité scientifique, ni sur le coût des publications, mais sur les objectifs et les motivations des uns et des autres. La rentabilité et l’intérêt financier pour les éditeurs privés priment sur l’accessibilité et la diffusion des résultats de recherches libres et pointues. Ce type de recherche scientifique n’est pas toujours sur le même plan que les intérêts économiques (ou autres) de notre époque. Ces données et résultats ne sont parfois ni bien visibles ni immédiats, mais utiles et importants sur le plan scientifique.

Les enjeux de l’édition scientifique publique

Les interventions diverses et les échanges ont permis de dégager quelques pistes sur les enjeux de l’édition scientifique publique qui peut jouer un rôle important et actif dans les rapports de force au niveau international et auprès des éditeurs privés.

Ces rapports ont été déjà « secoués » par l’arrivée du support électronique en ligne. Des initiatives comme les archives ouvertes et l’édition électronique en accès libre ont soulevé, dans un premier temps, les questions de la démocratisation de l’accès au savoir. Mais, dans la pratique quotidienne, d’autres points ont surgi très vite, tels l’interopérabilité, la pérennité, la mutualisation des moyens et des savoir-faire. Ainsi s’est fait sentir la nécessité de la mise en place de structures publiques solides, afin d’assurer et de soutenir l’évolution technologique et de faire le poids face à la concurrence privée.

Les métiers de l’édition au cœur des mutations

Le problème de la professionnalisation des acteurs de l’édition publique est désormais posé. Il est temps aussi de diriger les réflexions vers des actions de formation et de professionnalisation dans une perspective de performance.

En vue d’une sensibilisation aux droits, aux standards, aux techniques, aux outils, aux pratiques et aux usages des métiers de l’édition, cinq ateliers de formation en parallèle ont été proposés aux participants :

  • Gestion du flux éditorial
  • Diffusion et référencement
  • Sensibilisation à la technologie wiki pour l’édition. En quoi l’outil wiki est-il un atout dans le processus éditorial ?
  • Ajouter du sens au graphisme éditorial prépresse
  • Le droit d’auteur.

Nouvelles compétences pour nouveaux métiers

L’intervention intéressante d’Éric Lichtfouse  4, lors de la deuxième journée, intitulée « L’article du futur », soulevait la question de l’écriture scientifique. Chercheur, éditeur et formateur, il a exposé, à partir d’une expérience réussie, la nécessité de prendre en compte l’impact du numérique sur la lecture, mais surtout sur l’écriture de l’article scientifique. Les nouvelles compétences concernent également les auteurs des textes scientifiques. L’accent était mis ainsi sur la nécessité de faire évoluer l’écriture scientifique tout en adaptant le travail éditorial aux supports et aux modes de lectures divers, notamment ceux proposés par les nouvelles technologies, ce qui permettrait d’assurer une meilleure diffusion des résultats de la recherche et d’assurer surtout un facteur d’impact important de ces écrits.