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Naissance de la fondation Empreinte

Mireille Pastoureau

Le 12 mars 2008 fut annoncée la naissance de la fondation Empreinte, créée par la société bordelaise i2S au sein de l’Institut de France, « pour préserver le patrimoine culturel écrit et pictural, volonté exprimée dans le double respect de la tradition et de la modernité ». Le groupe i2S est spécialisé dans les systèmes de vision numérique et le traitement professionnel de l’image à haute valeur ajoutée. L’un de ses trois départements, i2S DigiBook, produit des scanners permettant de numériser le patrimoine culturel écrit et utilisés à ce jour dans de nombreuses bibliothèques et des centres d’archives européens et américains.

La création de la fondation Empreinte s’inscrit dans la continuité d’actions déjà entreprises par i2S avec notamment la numérisation du manuscrit de l’Esprit des lois de Montesquieu, en partenariat avec la bibliothèque municipale de Bordeaux et la librairie Mollat, et de la Bible « à 42 lignes » de Gutenberg, avec la Bibliothèque nationale de Vienne (Autriche) et l’association Gutenberg XXIe siècle.

La fondation Empreinte affiche deux ambitions : d’une part préserver et valoriser, par une numérisation de très haute qualité, le patrimoine culturel écrit et pictural existant et, d’autre part, promouvoir la création culturelle contemporaine. Elle réalisera ainsi chaque année, totalement ou en partie, une ou plusieurs actions de numérisation de fonds de bibliothèques, de fonds photographiques, de manuscrits ou d’images. Par ailleurs, le prix Empreinte qui sera fondé en octobre 2008, prendra la forme d’une bourse qui récompensera un jeune chercheur pour ses travaux réalisés dans le domaine de la vision numérique et dont les applications servent l’intérêt général.

La première action de préservation de la fondation consistera à numériser des manuscrits d’Honoré de Balzac conservés dans la collection Lovenjoul, aujourd’hui abritée à la bibliothèque de l’Institut. Riche de 1 500 manuscrits et de 40 000 volumes, pour la plupart en éditions originales, cette collection fut donnée à l’Institut de France en 1907 par le vicomte Charles de Spoelberch de Lovenjoul, pionnier des archives littéraires. Passionné par la recherche des sources originelles des œuvres des écrivains français de son temps, ce grand bibliophile belge avait constitué une exceptionnelle collection littéraire dans laquelle se trouvent 90 % des manuscrits autographes de Balzac ainsi que d’abondantes épreuves corrigées, car le romancier complétait ses romans grâce à de nombreux jeux d’épreuves qu’il surchargeait de corrections, de paperolles et de becquets. Le roman Illusions perdues a été retenu tant pour la qualité de l’œuvre que pour la présence dans la collection des étapes successives de sa rédaction : manuscrit, épreuves corrigées et enfin édition imprimée annotée de la main de Balzac, dite « édition Furne corrigée ».

Un autre document sera également numérisé à cette occasion. Il s’agit des mémoires manuscrits illustrés du sous-officier de la garde impériale Jean-Michel Chevalier (1780-1865), conservés à la bibliothèque Thiers, bibliothèque appartenant à l’Institut de France et rattachée à la bibliothèque de l’Institut. Ce manuscrit fait partie de la collection réunie par Frédéric Masson, membre de l’Académie française et historien du Premier Empire.

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Manuscrit d’Illusions perdues de Balzac – © Bibliothèque de l’Institut de France – Fonds Lovenjoul.