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DigItalia

Rivista del digitale nei beni culturali, no 0, 2005

Roma : ICCU, 2005. 139 p. ; 24 cm.

par Philippe Marcerou

Le numéro 0 de la revue Dig-Italia : rivista del digitale nei beni culturali  1 est paru en novembre 2005. Cette revue est publiée par l’Istituto centrale per il catalogo unico (ICCU). Elle est soutenue par le ministère italien du Patrimoine et des Affaires culturelles. Elle devrait connaître une périodicité semestrielle sous sa forme papier doublée d’une publication électronique 2. Son comité scientifique comprend des responsables administratifs et culturels italiens et des chercheurs en sciences de l’information et de la communication. Les équipes de l’ICCU sont impliquées dans sa rédaction : l’ICCU en est d’ailleurs le seul éditeur et diffuseur.

Objectifs, structuration

Les textes introductifs du numéro 0 de DigItalia, respectivement signés par le chef du Département du patrimoine écrit et archivistique, par le directeur général du livre et des institutions culturelles du ministère des Affaires culturelles et par le directeur de l’ICCU, prouvent à la fois l’implication des pouvoirs publics italiens dans cette revue et l’attachement de l’ICCU à la voir naître après les disparitions successives de SBN notizie et d’Il corsivo, ses anciennes revues.

De manière assez convenue, les introductions des responsables ministériels chargent DigItalia d’interroger le mythe repris par Borges d’une bibliothèque universelle totalement accessible. En fait, DigItalia se présente comme l’organe officiel de l’ICCU. C’est aussi une revue de recherche et de vulgarisation professionnelle des résultats de la recherche. Elle se compose de quatre sections : études, projets, documents et événements. Marco Paoli, directeur de l’ICCU, indique dans son introduction que « l’objet premier de la revue est l’étude et le débat critique sur le thème de l’application des technologies numériques aux différents types de documents du patrimoine culturel » : DigItalia s’adresse donc en priorité aux bibliothécaires, mais aussi aux archivistes et aux directeurs de musées italiens et étrangers. Elle vise à la fois à décrire les techniques attachées au numérique et les projets réalisés dans ce domaine.

Le numéro 0

Le numéro 0 de DigItalia, fortement structuré, se compose de quatre sections distinctes, respectivement formées de quatre articles de fond, de six descriptions de projets, d’une publication commentée de documents et de deux annonces de colloques.

Les articles de fond sont intitulés : « Qu’est-ce qu’une bibliothèque numérique ? » (Anna Maria Tammaro), « La norme nationale des métadonnées de gestion administrative » (Cristina Magliano), « Droit d’auteur et nouveaux services au public » (Anna Maria Mandillo), « Des identifiants persistants pour les objets numériques » (Mario Sebastiani). Malgré les déclarations initiales des commanditaires de la revue, il semble que les bibliothèques gardent encore une place prépondérante. En tout cas, ces études, générales et complètes, ont l’ambition de traiter à la fois de questions informatiques, bibliothéconomiques, juridiques et économiques.

La section consacrée aux projets est une série de rapports d’expérience. L’étude de Marco Paoli, « Les projets de numérisation de la bibliothèque numérique italienne », contient de nombreuses données factuelles et quantitatives. Il en est de même pour l’étude de Daniela Grana : « Les activités et les projets de numérisation aux archives ». Viennent ensuite des articles plus ponctuels : Elena Berardi et Clemente Marsicola évoquent « L’utilisation de la numérisation à l’ICCD » (Istituto centrale per il catalogo e la documentazione), Gigliola Barbero la description des manuscrits allemands, Maria Guercio « l’Université d’été de Delos » à Nice sur la conservation numérique et Lorena Del Poz, « Les projets de numérisation en Vénétie ».

Antonia Ida Fontana et Clara Ronga ont traduit La déclaration sur le développement des procédures de dépôt volontaire des publications électroniques [Statement on the Development and Establishment of Voluntary Deposit Schemes for Electronic Publications]. Elles en font un commentaire critique et montrent en quoi cette déclaration pourrait s’appliquer au contexte juridique et scientifique italien.

Dans la dernière section, Vittoria Tola rapporte les conclusions du congrès sur « Les supports actuels de conservation optiques et magnétiques pour les documents numériques » (Rome, novembre 2005) et Eva Gilmore annonce un colloque à Budapest en avril 2006 intitulé « Nouveaux outils et nouvelles pratiques en bibliothèque ». Enfin, Alessandra Ruggiero signale l’existence d’une norme ISO pour les fichiers PDF.

Depuis la publication du numéro 0 de DigItalia en novembre 2005, le numéro 1 de la revue est paru sous forme papier, en juin 2006. Toutefois, les pages associées à la revue sur le site Internet de l’ICCU se limitent encore à quelques publications officielles : il est incontestable que ce site est expérimental. Il est à craindre, cependant, que la définition de la revue ne soit quelque peu étroite. Tiraillée entre plusieurs objectifs (bulletin signalétique, revue de recherche appliquée, revue de vulgarisation de haut niveau), DigItalia prend le parti de faire un point semestriel sur la question du numérique appliqué au patrimoine : l’avenir nous dira si ce positionnement difficile est tenable à long terme ou si, comme c’est probable, rédacteurs et commanditaires de la revue devront élargir le propos de celle-ci pour en assurer la pérennité.

  1.  (retour)↑  Revue du numérique appliquée au patrimoine. La notion de « beni culturali » n’est pas directement transposable en français.
  2.  (retour)↑  http://digitalia.sbn.it