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Bollettino AIB

Rivista italiana di biblioteconomia e scienze dell'informazione, nos 4 -2004 à 3 -2005

Roma : Associazione Italiana Biblio-teche.
ISSN 1121-1490.
Abonnement annuel (4 numéros) : 105 € – Le numéro : 15 €.

par Danielle Dubroca

Consultable sur le site : http://aib.it/aib/boll/

L’ensemble de ces numéros présente un approfondissement progressif des recherches en cours, dans une coopération internationale accrue, sous les auspices, entre autres, de l’Ifla (International federation of library associations and institutions). Ainsi s’achemine-t-on vers une synergie, qui permet de travailler sur les particularismes défectueux d’un système bibliothécaire national. Cela concerne les questions des catalogues nationaux et internationaux, et l’avancement des travaux est analysé dans chaque numéro.

Sur un plan plus général, deux études intéressantes : l’une sur « Les bibliothèques dans la République tchèque au début du XXIe siècle », de Jarmila Burgetova, traduit du tchèque par M.T. Natale (2004, no 4), et l’autre sur « Le concept de documentation et son effet sur la formation des professionnels et des chercheurs en Espagne », de José Lopez Yepes, traduit par A. Capaccioni et G.R. Rella (2005, no 3), marquent la continuelle ouverture des bibliothécaires italiens sur les travaux des autres pays.

Pour l’analyse de la situation italienne, signalons un bref article, sur un problème important, « La force de travail des bibliothécaires atypiques », de Guglielmo D’Angelo (2004, no 4). Ces bibliothécaires précaires, qui, ayant reçu une bonne formation, ont participé en nombre à la création du système bibliothécaire national et l’ont alimenté pour qu’il devienne fonctionnel, n’ont pu être intégrés à plein titre, par suite du manque de postes dans l’administration publique. Les admissions, par concours, « avec des critères démentiels qui mériteraient une étude de psychopathologie », se comptent sur les doigts de la main. Leur salaire de précaires est, en moyenne, la moitié du salaire d’un titulaire pour le même travail. Longtemps, ils ont dû faire face à une certaine méconnaissance de leurs collègues titulaires. Pour améliorer la situation, il conviendrait qu’il n’y ait pas plus de 30 % de ce genre de personnel. Il faudrait que ces travailleurs soient inscrits à l’AIB, l’association des bibliothécaires italiens, que le syndicat de la fonction publique (non celui des précaires) et le ministère « per i Beni e le attività culturali », dont dépendent les bibliothèques, tiennent compte de leur existence… Enfin, il est suggéré que les directeurs des grandes bibliothèques produisent un document commun sur cette question. Les politiques vont malheureusement en sens contraire, vers une plus grande précarisation. L’auteur suggère d’interpeller les candidats et les partis au moment des élections.

Un autre problème intéressant est abordé dans l’article : « Existe-t-il un “droit des bibliothèques” dans la législation italienne ? », de Paolo Traniello. Au-delà du droit administratif et du droit civil, il existe dans chaque bibliothèque un ordre réglementaire qui lui est propre, surtout en Italie, où la régionalisation est un état de fait. Par ailleurs, le droit d’auteur, le dépôt légal, la tutelle des biens culturels forment un autre ensemble, qui dépend des ministères. Une multitude de questions se posent, par exemple sur le paiement du droit de prêt ou les biens patrimoniaux. Selon Norberto Bobbio, spécialiste de philosophie du droit, le problème est celui de l’unité du système juridique, dans une situation d’extrême complexité. Sont mis en question le système d’autorégulation interne et les normes « régionales », qui peuvent se trouver incompatibles entre elles, et qu’il faut donc réguler par un système général. En Italie, la bibliothèque publique n’est pas reconnue dans son fonctionnement au niveau de l’État mais à celui de la région. Il faudrait que, peu à peu, les bibliothèques d’intérêt régional rejoignent un statut commun de bibliothèque publique, comme le prévoit la Constitution italienne. Il convient de distinguer, pour une plus grande clarté, normes, principes, et normes programmatiques. Malheureusement, la loi sur les biens culturels est inadéquate pour définir l’ordre juridique des bibliothèques. Sans parler de l’inadéquation des moyens financiers régionaux. L’auteur fait appel à un travail de coordination effectif entre les diverses institutions régionales et leurs règles diverses, afin de définir des principes généraux du droit des bibliothèques qui aient un réel contenu.

Dans le no 4 de 2004, Diego Maltese évoque, dans « Les années de Florence de Marion Schild », la figure de Marion Schild (1907-2003), née à Fiume, dont la famille, à travers de multiples exils, fut soumise aux terribles péripéties de l’histoire du XXe siècle. Elle fut une figure importante des bibliothèques italiennes, en assurant, entre autres, la collaboration de la Bibliographie nationale italienne au catalogue de la Library of Congress.

Signalons, dans chaque numéro, une cinquantaine de pages de recensions et de bibliographie professionnelle, qui, par leur ouverture et leur exhaustivité, constituent une source d’information de grande valeur.