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Éditorial

Annie Le Saux

Formation des usagers, formation à la documentation, à la maîtrise de l’information, à la recherche documentaire, à la méthodologie documentaire, à l’infocompétence, littérisme informationnel…, les expressions ne manquent pas. Cette difficulté à fixer une expression consensuelle – les Anglo-Saxons parlent d’Information Literacy –, et les débats qu’un tel choix suscite, ne reflètent-ils pas une plus large problématique * ?

On peut favorablement noter que la formation des usagers a acquis un statut de plus en plus reconnu dans les universités, aidée en cela par la bienvenue réforme du LMD, et que les bibliothèques universitaires s’y impliquent de plus en plus. Et aussi que les nouvelles compétences acquises par les étudiants grâce à cette formation devraient les conduire à une plus grande réussite dans leurs études et, selon les plus inconditionnels, dans leur vie individuelle et professionnelle. Et, enfin et surtout, que l’idée d’un nécessaire apprentissage de l’évaluation de l’information trouvée s’impose, pour remplacer avantageusement le seul critère de satisfaction qu’est la rapidité d’obtention de l’information.

Mais rares sont encore les exemples de bibliothèques publiques qui se sont lancées dans l’aventure. Mais l’inscription de la formation à la méthodologie documentaire dans les cursus des étudiants n’est toujours pas généralisée. Mais, surtout, la collaboration des bibliothécaires et des enseignants des différentes disciplines, si elle est reconnue en théorie comme indispensable, s’avère, dans les faits, difficile à mettre en œuvre. Au nom d’une immuable légitimité à… ou non-légitimité à…, il semble plus facile de se cantonner dans un rôle bien défini et de freiner toute porosité dérangeante. Missions et objectifs en commun ne sont-ils pas un argument suffisamment convaincant pour réussir à mutualiser les compétences des uns et des autres ? Et l’acquisition de nouvelles compétences n’est-elle l’apanage que des seuls usagers ?

  1.  (retour)↑  Depuis le dernier (et premier) dossier que le BBF a consacré à la formation des usagers (no 1-1999), ce domaine semble avoir le vent en poupe, si l’on en croit les écrits et les recherches qui se multiplient sur tous les continents. Il nous a donc paru intéressant de voir si et comment les choses ont évoluées.