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Dictionnaire de l'information

dir. du comité de réd., Serge Cacaly ; comité de réd., Yves F. Le Coadic, Paul-Dominique Pomart, Éric Sutter.
Paris : Armand Colin, 2004. – X-274 p. ; 25 cm. – (Dictionnaire).
ISBN 2-2002-6682-0 : 27 €

par Yves Desrichard

Les dictionnaires spécialisés, surtout quand ils traitent d’un domaine aussi mouvant que celui de l’« information », butent toujours sur deux écueils : d’une part, l’inévitable éclatement des connaissances qui résulte de la présentation alphabétique des notions, forcément réductrices et non reliées entre elles, ni sous forme d’analogies ni sous forme structurée et hiérarchisée ; d’autre part, l’obsolescence rapide d’une partie de son contenu, très vite rattrapé par une entropie des connaissances qui va croissant – mais c’est la définition même de la notion d’entropie.

Le Dictionnaire de l’information, publié sous la direction de Serge Cacaly, d’Yves F. Le Coadic, de Paul-Dominique Pomart et d’Éric Sutter, n’échappe pas à la règle, mais sa présentation claire et aérée, un nombre de termes assez restreint bénéficiant, pour certains, d’assez longues présentations, permet d’offrir un certain nombre de « points de vue » enrichissants sur différents aspects des sciences de l’information, de la communication, de la cognition.

Curieusement, la partie la plus intéressante de l’ouvrage est celle consacrée aux hommes qui ont « fait » les sciences de l’information et de la communication, mais aussi l’informatique, au XIXe et au XXe siècles : Paul Otlet, Norbert Wiener, Claude Elwood Shannon, Melvil Dewey, mais aussi Léopold Delisle, Derek John De Solla Price ou… Georges Perec bénéficient de courtes mais précieuses biographies, qui rappellent que le progrès scientifique est avant tout l’affaire d’hommes et… de femmes, même si une seule d’entre elles (Suzanne Briet) bénéficie d’une notice. Le lecteur pressé n’a pas toujours le temps, quand même elles existent, de lire les biographies des « grands hommes », on en trouve là un utile et précieux condensé.

Pour le reste, chacun relèvera les absences ou les lacunes (Bibliothèque départementale de prêt mais pas Bibliothèque municipale, Publication en série mais pas Livre) qui sont le lot de ce genre d’ouvrage, en tout cas quand il s’efforce à une présentation synthétique dans un volume facilement manipulable, ce qui est le cas. En fait, le Dictionnaire de l’information peut, aussi, se lire comme un livre, certaines définitions étant de véritables petits articles sur les sujets traités, ainsi de ceux consacrés au « Droit de l’information », à l’« Image » ou à la « Muséologie ».

Ce simple énoncé suffit à montrer que ce dictionnaire embrasse un ensemble assez large de notions et de domaines, signe des temps du rapprochement en cours entre les institutions culturelles ayant à voir avec la conservation et la gestion de supports de l’information : centres de documentation, bibliothèques, archives, musées. À cette aune, les professions gardant pour autant chacune leurs pratiques, leurs approches, leur vocabulaire, de telles synthèses sont utiles à qui, là encore, n’a pas le temps de se plonger dans des manuels plus précis sans doute, mais aussi plus complexes à lire.

On regrettera d’autant plus que certaines notules comportent de grossières erreurs, ainsi de celle consacrée à OCLC (Online Computer Library Center) et qui mentionne l’existence du réseau des bibliothèques universitaires françaises Auroc, disparu depuis belle lurette après son intégration dans le Système universitaire de documentation. On regrettera, aussi, l’absence totale d’informations bibliographiques qui aurait pu permettre d’une part de préciser les sources utilisées par les différents rédacteurs, de l’autre de réorienter le lecteur vers d’éventuels approfondissements des sujets évoqués.