entête
entête

Techniques documentaires

guide pratique pour la gestion et la recherche d'information

(P. Barbrat, D. Briot, C. Chaumel… [et al.]). Paris : Éd. Weka, 2002. – 1 cédérom PC/Mac. ISBN 2-7337-0144-4. Ouvrage de base : 134 € – L’abonnement annuel (environ 26 € par mois) comprend les mises à jour, le cédérom et 5 numéros de la Lettre des professionnels de l’information.

par Yves Desrichard

Depuis quelques années, les éditions Weka publient, sous forme de classeur à feuillets mobiles, Techniques documentaires 1, dont le contenu est décliné sur un cédérom, version « livre électronique », ainsi que l’indique un peu présomptueusement l’écran d’accueil.

À la consultation, Techniques documentaires se révèle un outil agréable et facile à manipuler. La recherche peut se faire via un index, via la table des matières ou même en texte libre. Quel que soit le mode d’accès, elle est des plus puissantes, et la consultation laisse une grande impression de confort. Le logiciel applicatif, souple et simple d’usage, ne multiplie pas les fenêtres, et l’ensemble donne une impression roborative de sobriété.

Bien évidemment, ce qui intéresse le plus, c’est le contenu. « Guide pratique pour la gestion et la recherche d’information », le livre électronique, à l’image de la version papier, présente une structure en neuf parties, de la « place de la fonction documentation dans la société de l’information » jusqu’à la « promotion et la certification des produits et des services ». On le devine à ces énoncés, l’optique est plus celle de la gestion d’un centre de documentation que d’une bibliothèque proprement dite.

La partie intitulée « La veille en entreprise » relève d’une démarche strictement de documentation, même si, après tout, les stratégies de veille valent tout aussi bien dans d’autres types d’établissements, par exemple les sections spécialisées des bibliothèques universitaires. De même, la partie 8, sur la « gestion des ressources matérielles, humaines et financières du centre de documentation », met explicitement de côté les bibliothèques.

Mais, à y regarder de plus près, on se rend compte que, derrière les énoncés, les réalités sont souvent les mêmes : on parle de « tableau de bord », et les explications sur le nouveau code des marchés publics concernent à l’évidence tout le monde. En fait, Techniques documentaires est une nouvelle fois l’occasion de constater que, derrière le vocabulaire, les disciplines et les méthodes tendent, sinon à se confondre, du moins à s’entrecroiser fortement.

Toutes les parties consacrées à la recherche documentaire proprement dite viennent souligner le fait. Qu’il s’agisse d’interroger les bases de données ou d’apprendre à manipuler les différents outils utilisés dans le cadre d’Internet, il n’y a plus de différence palpable entre les bibliothèques et les centres de documentation, si ce n’est dans le type d’utilisateur, ou dans la façon de le satisfaire – c’est-à-dire, ce qui n’est pas toujours acquis, de le mettre au cœur du processus documentaire.

Les parties consacrées à la mise en place d’un service documentaire, et à son informatisation, ne font que conforter cette idée, avec cependant, et de manière paradoxale, un petit regret dans le cas du choix d’un logiciel pour l’informatisation de son équipement. On peut en effet penser que les auteurs auraient gagné à mieux différencier les logiciels documentaires et les systèmes de gestion informatisée de bibliothèque (SIGB) qui relèvent de logiques souvent différentes, le clivage se situant en gros entre « MARC et non MARC ». D’autre part, pourquoi citer certains logiciels et pas d’autres, au risque d’étonnantes partialités ?

Mais ce ne sont là que péchés véniels face aux solides contenus que, par ailleurs, offre Techniques documentaires. On appréciera tout particulièrement l’abondante place faite aux problèmes du droit de l’information et de la documentation, qui sont présentés presque dans chaque chapitre. Bien évidemment, la nature même du support, et la facilité de sa mise à jour (notamment par l’intermédiaire du site web des éditions Weka) font que les informations données sont parfaitement actualisées. Le mérite en revient bien sûr aux contributeurs, dont la présentation témoigne qu’ils ont été choisis dans des univers professionnels suffisamment différents pour assurer à l’ensemble sa pertinence et son acuité.

L’ensemble sera donc particulièrement utile aux professionnels, aussi bien pour une actualisation des connaissances que pour une première approche des métiers de la documentation et des bibliothèques – qu’on pourra facilement prolonger grâce aux abondantes bibliographies présentes dans chaque chapitre.

  1.  (retour)↑  Jean-Philippe Accart a rendu compte de l’ouvrage de base dans le n° 2 du BBF, t. 45, 2000, p. 139-141.