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Editorial

Anne-Marie Bertrand

Encore la formation professionnelle…

Oui, encore, car c’est un sujet toujours d’actualité, sensible, voire douloureux. Sujet d’actualité, la préparation de la mise en œuvre de la réforme 3-5-8. D’actualité, les dysfonctionnements du concours territorial d’assistant qualifié. D’actualité, les réflexions sur les référentiels de compétences et de formation. D’actualité, le projet d’un observatoire des métiers à l’Enssib. D’actualité encore, les critiques sur la formation aux spécialisations (jeunesse, conservation, musique…). D’actualité toujours, l’évolution de l’offre de formation grâce aux nouvelles technologies (les NTE – nouvelles technologies éducatives, le e-learning, les campus numériques).

Sujet sensible, voire douloureux ? Au choix, la reconnaissance de l’expérience acquise par les emplois-jeunes, l’offensive des nouvelles technologies de l’information sur la légitimité professionnelle, l’étrange dialectique des postes vacants (qu’on n’arrive pas à pourvoir) et des contractuels échouant aux concours, la formation (l’absence de formation) des catégories C, les interrogations, toujours vives, sur l’identité professionnelle.

Qu’est-ce qu’un bibliothécaire, demande ici, à nouveau, Anne Kupiec ? Qu’est-ce qu’un conservateur, s’interrogeaient récemment les Entretiens territoriaux de Strasbourg : un manager, un ingénieur, un chercheur ? Quelles fonctions ? Quelles missions ? Quelles compétences ? Quelle formation, donc ? Quelles sont les lignes de force qui traversent les différents métiers ? Quelles sont les attentes des employeurs – même si, pour reprendre la formule éclairante de Raymond Bérard, « il s’agit de former, non de formater »? Quelle est, question récurrente, la place de la technique et de la médiation – Dominique Lahary, après d’autres, affirmant que la profession « a besoin que l'arbre technologique ne cache pas la forêt des missions et des contenus et l'océan du public » ? Quelle est, autre question récurrente, la place des personnels de documentation dans l’université ? Qu’est-ce que c’est que cette identité professionnelle toujours en débat, toujours à redéfinir ?

Il y a un siècle, rappelle Jean-Pierre Rioux, le bibliothécaire était décrit négativement, en creux, par opposition : « le bibliothécaire n’est ni un érudit qui décourage le lecteur moyen, ni un militant qui infantilise et catéchise ses frères, ni un conservateur farouche perdu dans ses propres travaux, ni un pédagogue honteux ou au rabais : il est, il n’est qu’un technicien des lectures au service du citoyen, qu’un professionnel de la lecture d’autrui ». Ici, remplaçons « lecture » par « documentation » ou « culture » et concluons : le bibliothécaire qui assure une médiation entre des documents (des collections, des contenus, des informations, des savoirs) et un usager est-il, peut-il, doit-il être un spécialiste de l’usager, un spécialiste du document ou un spécialiste de la médiation ?

Formation professionnelle, suite…