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Intelligent Library Buildings

Proceedings of the Tenth Seminar of the IFLA Section on Library Buildings and Equipment, The Hague, 24-29 Aug. 1997 ; ed. By Marie-Françoise Bisbrouck and Marc Chauveinc. München : K. G. Saur, Munich, 1999. – VIII-294 p.;21 cm.- (IFLA Publications ; 88). ISBN 3-698-21810-9 : M 98/50,11 euros. ISSN 0344-6891.

par Philippe Charrier

Qu'est-ce qu'un bâtiment intelligent de bibliothèque ? Qu'est-ce qu'un bâtiment de bibliothèque intelligent ? Deux questions en français pour un seul titre anglais : Intelligent Library Buildings. La notion de bâtiment intelligent évoque l'utilisation massive de l'électronique pour le contrôle des nombreux dispositifs techniques qui concourent au fonctionnement d'un bâtiment moderne vu comme un ensemble dynamique de flux contrôlés, à quoi les bibliothèques ne font pas exception.

Kenneth E. Dowlin, à propos de la San Francisco Public Library, donne sa définition : « Un bâtiment intelligent de bibliothèque est un bâtiment dont le système d'aide à la décision, de commande et de contrôle, détecte et prédit la nécessité de modifier un aspect du fonctionnement du bâtiment ». La haute technicité du titre a dû effrayer les intervenants et l'on trouve surtout une douzaine d'interventions qui présentent des réalisations récentes des pays développés.

La Bibliothèque nationale de France

À tout seigneur, tout honneur, M. Faulkner-Brown, architecte, nous assène d'emblée, avec un fort goût de déjà vu, ses dix commandements pour construire une boîte à chauss…, pardon, une bibliothèque. La Bibliothèque nationale de France est présentée au travers de son système informatique, dont on comprend mal le rapport avec le bâtiment. Il est dommage que Jean-Marc Czaplinski n'ait pas développé sa remarque selon laquelle ce bâtiment ne peut pas fonctionner sans tous ses dispositifs automatisés. Par exemple, en tant que bibliothèque, sans le système de transport automatique des documents : 150 stations, 8 kilomètres de rail si mes souvenirs sont bons, 350 chariots pilotés par une informatique propre, combien d'aiguillages ? Combien de centaines de portes coupe-feu contrôlées par la GTC (gestion technique centralisée) ? Ce robot tentaculaire innerve un bâtiment de 250 000 m2. Comment Dominique Perrault, l'architecte, a-t-il raisonné pour concevoir son bâtiment ? Comment les bureaux d'étude et quelques bibliothécaires ont-ils travaillé pour placer les stations, pour tenter de prévoir les flux de documents ?

Consultant pour la bibliothèque municipale de La Haye (15 000 m2), Jacques Mol illustre de manière plus précise l'objectif de l'ingénieur : optimiser l'efficacité des occupants au meilleur coût sur la durée de vie du bâtiment. Ingo Kosala, coordinateur de la construction de la Deutsche Bibliothek de Francfort (19 000 m2), donne une bonne description de la démarche de conception et recommande la prudence quant à l'automatisation totale. Hans Geleijnse, de l'université de Tilburg, nous livre également un article intéressant sur la stratégie de développement d'une bibliothèque numérique, sans se préoccuper du bâtiment.

Flexibilité

Comme à San Francisco, la bibliothèque du Centre pédagogique Adsetts, à Sheffield, en Angleterre, est conçue comme un centre de communication et intègre collections, réseaux informatiques et unités de production photo, vidéo et multimédia. William D. Walker, directeur de la Science, Industry and Business Library de New York, dans un article clair sur la réalisation de sa bibliothèque, illustre son souci de flexibilité en mentionnant l'existence, sur les places de lecteurs, d'un dispositif qui permet de déplacer les panneaux de séparation en fonction de l'encombrement des équipements.

« Flexibilité », c'est le maître-mot de l'ouvrage, c'est-à-dire la capacité d'un bâtiment à s'adapter à l'évolution de ses usages. La notion n'est pas si « moderne », la Bibliothèque publique d'information en est une illustration. On a déjà vu qu'elle encourageait une certaine indécision des bibliothécaires devant des choix.

C'est peut-être la raison pour laquelle la plupart de ces articles, trop généraux, manquent leur cible et que certains peuvent se permettre de se répéter d'année en année. On gagnerait à recentrer l'analyse sur certains détails, quitte à expliquer pourquoi ils sont idiots. Les architectes et ingénieurs pourraient expliquer comment la structuration d'un bâtiment autour de ses flux ouvre l'espace.