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Les bibliothèques à Paris

Une nouvelle approche des statistiques

Aline Girard-Billon

Depuis sa création en avril 1995, l'Observatoire permanent de la lecture publique à Paris (OPLPP, cf encadré)

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L'observatoire permanent de la lecture publique à Paris (OPLPP)

agit à plusieurs niveaux, tout d'abord celui d'une coopération concrète 1, puis celui d'une analyse commune de l'évolution de la lecture publique à Paris. Il a également pour objectif de réunir toutes les informations nécessaires à la réflexion des institutions membres sur leurs missions particulières dans un contexte commun.

L'existence d'un groupe de travail sur les statistiques contribue à la réalisation de cet objectif et permet de répondre à la demande souvent exprimée par les responsables des institutions de l'OPLPP de pouvoir disposer d'un instrument d'appréciation globale de l'offre parisienne de bibliothèques.

Par le biais de cette structure permanente, l'OPLPP effectue un travail de recensement statistique. Il s'agit là du premier recueil d'informations synthétiques sur l'offre inter-institutionnelle de lecture publique à Paris. Le dernier rapport statistique publié présente les données 1996 et 1997 des bibliothèques parisiennes membres de l'Observatoire : horaires, effectifs, budget, locaux, places assises, collections, acquisitions, offre électronique, fréquentation, prêts, communications sur place. Les statistiques 1997 intègrent pour la première fois les données fournies par la Bibliothèque nationale de France (BnF) pour son niveau haut-de-jardin, ouvert au grand public en décembre 1996.

Les statistiques produites distinguent d'une part les données des bibliothèques considérées comme de véritables bibliothèques publiques, quels que soient leur statut et leur autorité de tutelle (bibliothèques municipales-BM, haut-de-jardin de la BnF, Bibliothèque publique d'information- BPI, médiathèque de la Cité des sciences et de l'industrie de la Villette, bibliothèque Sainte-Geneviève), d’autre part celles des bibliothèques universitaires et inter-universitaires intra muros et des bibliothèques des grands établissements (bibliothèque du Muséum national d'histoire naturelle, bibliothèques Mazarine et du musée de l'Homme). Cependant, seules les données des bibliothèques « publiques » sont analysées dans le présent article, sauf mention explicite, et ce pour deux raisons. Tout d'abord, parce que les chiffres fournis par la Sous-direction des bibliothèques et de la documentation du ministère de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie ne permettent pas d'alimenter toutes les rubriques, du fait de lacunes liées à la structure même du formulaire statistique annuel des bibliothèques universitaires ; ensuite, parce qu'il paraît peu pertinent d'élaborer systématiquement un commentaire globalisant pour des institutions aux missions aussi différentes que les bibliothèques « publiques » et les bibliothèques universitaires.

Les bibliothèques à Paris : quelle réalité?

Au 31 décembre 1997, après l'ouverture du niveau haut-de-jardin de la BnF, ce sont 147500 m2 de bibliothèques de lecture publique qui sont à la disposition des Parisiens sur 72 sites. Les espaces publics totalisent plus de 91 000 m2 – de la plus grande, la BnF (26 300 m2 au niveau haut-de-jardin) à la plus petite, une BM de quartier du 16e arrondissement (100 m2 ) – et offrent près de 8 700 places de lecture (cf. Tableau 1)

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Tableau 1. OPLPP : l'offre de lecture publique à Paris (extraits des données statistiques 1997)

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Les moyens

Les dépenses de fonctionnement des bibliothèques membres de l'OPLPP 2 s'élèvent à environ 650 millions de francs, dont 455 pour le personnel. Les dépenses d'acquisitions de documents atteignent près de 65 millions de francs, celles de reliure et d'équipement des documents 15,7 millions. La maintenance des systèmes informatiques de bibliothèques coûte 20,9 millions de francs, les animations et expositions 27,6 millions de francs. Les dépenses d'investissement sont de 60 millions de francs en 1997 3.

Les recettes propres aux bibliothèques s'élèvent à 37 millions de francs, dont 17 de droits d'inscription. Les bibliothèques publiques fonctionnent avec un effectif de près de 1900 emplois budgétaires permanents et 260 emplois non permanents (vacataires, contrats emploi solidarité-CES, etc.) 4. Les effectifs 5 se répartissent en personnels spécifiques (74,1 %), personnels administratifs (9,6 %), personnels techniques (4,5 %) et emplois non permanents (11,8 %).

L'offre documentaire

L'offre documentaire des bibliothèques parisiennes de lecture publique est évaluée à près de 6200000 imprimés, dont 3 400000 en libre accès ; environ 530 000 documents sonores 6, dont 488000 phonogrammes musicaux, 33000 livres-cassettes et 5 800 méthodes de langue ; 36 700 cassettes vidéos et CDV 7 ; 918 cédéroms 8 et 1 300 logiciels 9 ; plus de 41 000 partitions 10 ; 34000 cartes et plans 11 ; 4437000 photographies, diapositives, cartes postales, affiches et autres documents iconographiques.

Les acquisitions globales de 1997 sont également connues : 301 000 imprimés ; 55 700 documents sonores 12 ; plus de 3 700 cassettes vidéos et CDV; 590 cédéroms et 180 logiciels ; 2 300 partitions ; 74 000 photographies, diapositives, cartes postales, affiches et autres documents iconographiques. Le nombre total d'abonnements souscrits s'élève à 21 320 pour 15 920 titres.

L'activité

Les bibliothèques publiques parisiennes sont très largement utilisées par le public. On peut estimer le nombre d'entrées annuelles à 11 millions. L'amplitude d'ouverture est très variable selon les établissements. La bibliothèque la plus ouverte est la bibliothèque Sainte-Geneviève (72 heures par semaine sur six jours), les moins ouvertes sont les bibliothèques municipales (entre 26 et 44 heures par semaine sur cinq jours). Trois bibliothèques sont ouvertes le dimanche : la BnF, la BPI et la médiathèque de la Villette.

Tous les établissements accueillent le public sans restriction, à l'exception de la Bibliothèque nationale de France et de la bibliothèque Sainte-Geneviève, dont l'accès est soumis à des conditions d'âge 13.En 1997, les bibliothèques qui assurent un service de prêt (les bibliothèques municipales et la médiathèque de la Villette) ont prêté plus de 10 650000 documents à 380000 emprunteurs inscrits.

La consultation sur place n'est pas comptabilisée, sauf à la bibliothèque Sainte-Geneviève et dans les bibliothèques spécialisées de la ville de Paris.

On est impressionné par l'ampleur des ressources. Cependant, ce tableau ne saurait s'apprécier réellement sans quelques commentaires et surtout sans une mise en perspective immédiate.

La nécessité d'une mise en perspective nationale et internationale

Quel est, à la fin de l'année 1997, le niveau de l'offre parisienne par rapport à la population à desservir 14, en termes de collections et d'acquisitions, mais aussi de locaux, de places assises, d'effectifs et de budgets ? Quel est-il par rapport à celui de l'offre des autres grandes villes françaises ?

Les autres grandes villes françaises

Dans le tableau 2

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Tableau 2 - Comparaison statistique nationale Paris et les réseaux de lecture publique des villes françaises de plus de 300 000 habitants (données 1997)

, ont été mises en parallèle les données les plus significatives concernant les villes de Paris, Marseille, Lyon, Toulouse et Nice, toutes villes dont la population est supérieure à 300000 habitants 15. Pour Paris, deux colonnes ont été réalisées : Paris/bibliothèques municipales et Paris/bibliothèques OPLPP. Ont ensuite été listés les indicateurs d'activité les plus courants.

Il apparaît alors clairement que l'offre parisienne de lecture publique s'accroît de manière considérable si l'on prend en compte l'apport des bibliothèques extra-municipales (BnF, BPI, médiathèque de la Villette et bibliothèque Sainte-Geneviève). On passe ainsi de 2,77 m2 à 6,78 m2 pour 100 habitants, d'une offre de 1,84 imprimé à une offre de 2,84 imprimés par habitant, de 3,8 abonnements à 9,8 abonnements pour 1000 habitants. Les imprimés acquis passent de 9,35 à 13,85 pour 100 habitants. Le nombre d'habitants pour un emploi permanent varie lui aussi et passe de 2 141 à 1 168. Quant aux crédits d'acquisition de documents 16, ils évoluent très positivement : de 10 francs à 30 francs par habitant.

L'augmentation est, en revanche, presque insignifiante dans les domaines où la performance est réalisée par un seul établissement ou un seul type d'établissement. C'est le cas de l'offre en documents sonores, proposée presque exclusivement par les bibliothèques municipales; c'est le cas aussi du nombre de prêts par habitant (les prêts sont le fait des seules bibliothèques municipales et de la médiathèque de la Villette).

L'offre de l'ensemble des bibliothèques de l'OPLPP, niveau haut-de-jardin de la BnF inclus, amène Paris à un niveau documentaire beaucoup plus satisfaisant qu'il ne l'est avec le seul service municipal. On est obligé néanmoins de constater que la comparaison avec la ville de Lyon reste défavorable. Pour de nombreux indicateurs, l'offre du réseau de lecture publique lyonnais rapportée à la population est en effet supérieure à celle de Paris, bibliothèques de l'OPLPP comprises : mètres carrés, collections d'imprimés et de documents audiovisuels, abonnements, prêts.

On note également que, malgré un regroupement fictif des ressources dans l'entité OPLPP, Paris n'atteint qu'avec difficulté certains des seuils témoins d'un niveau minimum de moyens de fonctionnement. C'est ainsi que, avec ses 301000 imprimés acquis en 1997, Paris/OPLPP affiche un taux de renouvellement des collections d'imprimés en libre accès de 4,87 % seulement.

Toujours malgré le regroupement des ressources, on constate que Paris/OPLPP, avec ses 8 700 places de lecture 17, propose une offre insuffisante par rapport aux besoins de la population et également par rapport à la demande du public étudiant de la capitale. Par ailleurs, avec seulement trois bibliothèques ouvertes le dimanche et des bibliothèques municipales aux horaires d'ouverture réduits, les bibliothèques parisiennes ne semblent pas à même de répondre à la demande du public réel et potentiel.

Une comparaison internationale

Les statistiques publiées chaque année par l'INTAMEL (International Association of Metropolitan City Libraries) 18 permettent d'établir une comparaison entre l'offre de lecture publique parisienne et celle des plus grandes villes du monde (cf Tableau 3)

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Tableau 3 - Comparaison statistique internationale Paris et quelques grands réseaux étrangers de lecture publique (données 1996/1997)

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Dans ce tableau sont mises en parallèle les données chiffrées de trois villes européennes (Paris, Madrid et Hambourg) et de quatre villes américaines (New York 19, Chicago, Brooklyn et Queens). Pour Paris, comme dans le cas de la comparaison statistique nationale, on a pris soin de distinguer Paris/bibliothèques municipales et Paris/bibliothèques OPLPP.

Le choix s'est porté sur des villes qui sont des métropoles urbaines de culture occidentale, d'un niveau de vie à peu près équivalent et d'une population d'un volume qui reste comparable en dépit de variations non négligeables 20.

Si l'on prend en compte les seules BM, la première constatation est celle d'une grande différence de niveau entre les bibliothèques publiques nord-américaines et européennes – ce n'est pas un constat nouveau – notamment en matière d'horaires d'ouverture au public : 7 jours sur 7 avec une ouverture moyenne de 49 heures par semaine pour les quatre villes des États-Unis retenues.

L'offre documentaire y est plus importante. Les bibliothèques du Queens proposent 3,80 livres par habitant contre seulement 1,84 livre pour les bibliothèques municipales parisiennes, 0,31 livre par habitant pour Hambourg et Madrid. Les autres supports sont également mieux représentés : jusqu'à 310 disques compacts pour 1000 habitants à New York et 69 vidéos pour 1000 habitants dans le Queens, contre respectivement 138 CD et près de 13 vidéos pour 1000 habitants offerts par les bibliothèques municipales de Paris, la plus performante des villes européennes retenues. Les acquisitions annuelles atteignent 47 documents par habitant dans le Queens, contre 13,5 à Paris, avec une dépense par habitant bien supérieure dans l'ensemble aux États-Unis.

On constate le succès des bibliothèques publiques américaines auprès du public, puisque le taux de fréquentation peut être très élevé, jusqu'à 73,2 % à Brooklyn, contre seulement 14 % dans les BM parisiennes. Le nombre annuel d'entrées atteint 11,6 millions dans les bibliothèques du Queens, près du double de la fréquentation des BM de Paris.

La proportion du personnel spécifique au sein des réseaux de bibliothèques semble être représentée de manière égale entre les villes européennes et américaines. Toutefois, le rapport nombre d'agents/population à desservir est à l'avantage des bibliothèques américaines. Les bibliothèques publiques d'Amérique du Nord sont donc sans conteste plus performantes.

L'apport des bibliothèques membres de l'OPLPP change favorablement la situation de la capitale française. Grâce à la BnF, à la BPI, à la médiathèque de La Villette et à la bibliothèque Sainte-Geneviève, un service de bibliothèques est assuré 7 jours sur 7, avec une moyenne d'ouverture hebdomadaire de 58 heures. Les entrées annuelles approchent les 11 millions, un chiffre équivalent à celui des bibliothèques du Queens. Dans le domaine documentaire, l'offre parisienne atteint 2,84 livres par habitant (un taux qui se rapproche des taux américains) et 143 CD pour 1000 habitants, mais les dépenses d'acquisitions de documents par habitant des villes européennes (Madrid, Hambourg et Paris/BM) sont inférieures aux moyennes américaines. Le rapport nombre d'agents/population à desservir est maintenant à l'avantage des bibliothèques de l'OPLPP.

Force est donc de constater que les bibliothèques de la capitale ne peuvent se comparer avec les bibliothèques publiques nord-américaines que si l'on réunit l'ensemble des moyens disponibles et de l'offre documentaire proposée, ce qui ne manque pas d'ouvrir des axes de réflexion. La comparaison, très favorable à Paris, entre la capitale française et les deux autres villes européennes représentées, Madrid et Hambourg, ne dispense pas d'envisager la situation avec réalisme.

Perspectives d'avenir de la lecture publique à Paris

Le parallèle entre Paris et les autres grandes villes françaises est aujourd'hui beaucoup plus favorable pour la capitale qu'il ne l'a été. Mais cette embellie risque d'être de courte durée. Les villes de Marseille, Toulouse et Nice ont en effet chacune un projet d'ouverture de bibliothèque municipale à vocation régionale (BMVR). Elles vont donc prochainement construire de nouveaux équipements : Toulouse (9 300 m2 utiles en 2001), Nice (8 600 m2 utiles en 2001) et Marseille (18 000 m2 utiles en 2002). La comparaison que l'on fera demain avec l'offre des quatre villes françaises de plus de 300 000 habitants risque fort d'être de nouveau négative pour Paris.

Quant à l'analyse internationale, elle a permis de mettre en évidence des tendances qui ne risquent pas de s'inverser dans les années à venir.

Dans les prochaines années, le paysage documentaire de la capitale n'évoluera que peu. À plus ou moins long terme, il faut pourtant que l'offre parisienne de lecture publique s'accroisse : trop de déficiences sont constatées.

Ceci signifie que de gros efforts d'investissement sont à faire, en particulier dans le domaine de la lecture publique municipale, mais aussi dans le secteur universitaire, dont la situation n'a guère été analysée ici, mais dont l'insuffisance de l'offre parisienne est connue. Davantage de m2 de bibliothèques municipales, de m2 de bibliothèques universitaires sont donc nécessaires pour répondre à la demande des publics. De plus, une coopération active entre les membres de l'OPLPP s'impose pour une meilleure utilisation des ressources (politique de titres et d'exemplaires, accès partagé aux catalogues), une complémentarité des horaires d'ouverture et des services. Les responsables des bibliothèques de la capitale ne peuvent ignorer que c'est ensemble – et seulement ensemble – qu'ils arriveront à satisfaire la demande de leurs publics.

  1.  (retour)↑  Voir la publication du plan-guide Paris en bibliothèques : des bibliothèques municipales à la Bibliothèque nationale de France en passant par…, en octobre 1995 et sa réédition en décembre 1998, les échanges de stagiaires entre les différentes institutions.
  2.  (retour)↑  Hors la médiathèque de la Villette, dont les frais de gestion et d'entretien sont assurés par la Cité des sciences et de l'industrie.
  3.  (retour)↑  Construction et équipement, hors achats de documents.
  4.  (retour)↑  Équivalents temps plein.
  5.  (retour)↑  De 4 établissements sur 5 (BPI, La Villette, bibliothèques de la ville de Paris, Sainte-Geneviève), soit 1505 agents permanents et non permanents.
  6.  (retour)↑  Dont plus de 496500 dans les seules bibliothèques municipales.
  7.  (retour)↑  Hors La Villette qui propose 3500 titres de vidéos sur un support unique.
  8.  (retour)↑  Au 31 décembre 1997, les bibliothèques municipales ne proposent aucun cédérom en accès public. Les cédéroms sont en prêt à la médiathèque de la Villette.
  9.  (retour)↑  Dont 1200 logiciels à la médiathèque de la Villette.
  10.  (retour)↑  Dont 37800 partitions dans les bibliothèques municipales.
  11.  (retour)↑  Dont plus de 20000 dans les bibliothèques municipales.
  12.  (retour)↑  Dont 47500 phonogrammes acquis par les seules bibliothèques municipales.
  13.  (retour)↑  Aux lecteurs de plus de 16 ans pour la BnF et aux lecteurs de plus de 18 ans ou titulaires du baccalauréat pour la bibliothèque Sainte-Geneviève, qui néanmoins ouvre à tout public – enfants compris – le département de la bibliothèque nordique.
  14.  (retour)↑  La mise en rapport de l'offre des bibliothèques regroupées dans l'OPLPP et de la population parisienne pourra être contestée. Il n'en reste pas moins que, si les bibliothèques de l'OPLPP ne sont pas réservées aux seuls Parisiens et sont donc fréquentées par un public très large (parisien, francilien, provincial, étranger), elles sont cependant à l'entière disposition des Parisiens.
  15.  (retour)↑  Comparaison statistique rendue possible grâce aux données fournies par la DLL.
  16.  (retour)↑  Tous supports, tous publics.
  17.  (retour)↑  Soit 4 places assises pour 1000 habitants (1,76 place assise pour les seules bibliothèques municipales).
  18.  (retour)↑  Association regroupant les réseaux de bibliothèques publiques des villes de plus de 400000 habitants.
  19.  (retour)↑  Soit Manhattan, Bronx et Staten Island.
  20.  (retour)↑  Les statistiques de l'INTAMEL présentent les données des seules villes adhérant à l'association.