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La Bibliothèque publique d'information

Une bibliothèque revisitée

Martine Blanc-Montmayeur

Imaginons une grande bibliothèque, avec un public fidèle, des prestations remarquées, une amplitude horaire exceptionnelle, dans un cadre prestigieux, avec un personnel motivé et compétent, bref, l'équipement qui marche, depuis vingt ans, pour la plus grande satisfaction du plus grand nombre.

Imaginons ensuite que cet équipement ferme pour deux ans de travaux concernant l'ensemble prestigieux.

L'annonce des travaux du Centre national d’art et culture Georges Pompidou (CNAC-GP), quoique attendus et nécessaires, a quand même été un choc pour la Bibliothèque publique d'information. Il fallait définir rapidement, dans un contexte budgétaire tendu, et dans des négociations permanentes tant internes qu'externes, quels seraient les nouveaux espaces, la nouvelle organisation, que changer de l'ancienne configuration et pourquoi…

Ces décisions, de surcroît, ne pouvaient pas se prendre uniquement par rapport à la bibliothèque. Elles dépendaient, pour une très large part, de la réorganisation globale des 60 000 m2 du CNAC-GP, des nouvelles circulations projetées pour le public, de la décision prise par le Président du Centre G. Pompidou de transférer à l'extérieur du bâtiment la quasi-totalité des bureaux occupés par le personnel dans son ensemble, des changements continuels de programme (quasiment jusqu'à ce jour !), des contextes budgétaires, de l'évolution des normes de sécurité…

Ces quelques mots d'introduction sont nécessaires pour dire que, au-delà des démarches théoriques de programmation, de définition d'objectifs, que nous avons bien évidemment menées en équipe, l'empirisme pour le meilleur et pour le pire l'a souvent emporté. Au fond, nous avons essayé de ne pas perdre de vue, quels que soient les changements qui interviendraient, quelques axes vitaux :

– l’évaluation et la remise à jour complète des collections ;

– un nouveau découpage de l'offre documentaire ;

– un service public de masse et à la carte ;

– une insertion de l'ensemble dans une réinformatisation globale, structurée en fonction des espaces et des disciplines.

Évaluation et remise à jour complète des collections

L’évaluation et la remise à jour complète des collections furent sans doute le seul point d'accord unanime en interne. Il fallait utiliser cette période de fermeture partielle de l'établissement pour mener à bien une remise à niveau complète des collections, tant physique qu'intellectuelle.

Seuls des professionnels peuvent réaliser le travail et la motivation nécessaires à une telle opération : prendre un à un les 350 000 documents disponibles, juger de leur état physique, de leur obsolescence, de leur pertinence, non seulement en tant qu'unité documentaire, mais bien entendu dans un fonds général soumis également aux évolutions de l'information.

Ce grand œuvre en voie d'être réalisé n'a pu être mené à bien que parce qu'il s'appuyait sur une politique d'acquisition revue ces dernières années, sur une évaluation déjà entamée des périodiques, sur une coordination des équipes d'acquéreurs.

L'opération a été divisée en trois phases.

Le désherbage

La phase du désherbage dura toute l'année 1998. Désherbage matériel, d’abord : il s'agissait d'enlever les documents en mauvais état, y compris ceux ayant des pages arrachées ou décousues, ce qui supposait de les ouvrir et de les feuilleter, de réparer et de faire relier à nouveau tout ce qui pouvait l'être.

Désherbage intellectuel, ensuite : cela consista à analyser la pertinence intellectuelle des ouvrages, leur caractère d'actualité, à répertorier les doublons entre les différentes disciplines et à les supprimer d'une manière générale, à regrouper les œuvres d'auteurs dispersés dans plusieurs disciplines dès que c'était possible. Au total, environ 23 000 ouvrages ont été éliminés.

Pour la petite histoire, ces ouvrages, ainsi que de nombreuses collections rétrospectives de périodiques, ont été proposés de manière organisée en prêt permanent à des bibliothèques généralistes ou spécialisées. Il reste à faire, et cela est indispensable, un bilan écrit de la remise à niveau effective, discipline par discipline. Ce travail, avec les modalités propres à chacun des secteurs, a été réalisé également pour les documents audiovisuels, ainsi que pour l'ensemble des méthodes de langues.

Les codes-barres

La collection ainsi réamarrée, il s'agissait alors de l’équiper de codes-barres, afin de permettre un récolement général, le second depuis l'ouverture de la bibliothèque (le premier avait été rendu possible « grâce » à une grève de l'entreprise de nettoyage entraînant une fermeture du Centre pendant 15 jours !).

La pose des codes-barres concerne 250 000 documents (les acquisitions des cinq dernières années étant déjà équipées), ce n'est pas une mince affaire, puisqu'il s'agit à la fois d'équipement matériel et de mise à jour du catalogue. C'est alors qu'on découvre – qui s'en étonnera parmi les collègues ? – un nombre trop important d'ouvrages non catalogués.

Cette opération n'est toujours pas terminée à ce jour. Elle a été faite par l'ensemble du personnel, par roulements, et a été lourdement tributaire des opérations propres au chantier : indisponibilité des locaux provisoires, déménagements successifs, fortes odeurs de peintures, pannes d'informatique ou d'électricité…

Les rachats

Enfin, le dernier volet de cette vaste évaluation qui continuera après la réouverture est une ambitieuse politique de rachats.

Un nouveau découpage de l'offre documentaire

Là encore, indépendamment des espaces précis, il fut décidé dès le début de mettre en valeur un nouveau découpage de l'offre documentaire pour plusieurs raisons.

Les enquêtes successives sur le public de la BPI faisaient nettement apparaître un public de plus en plus étudiant, au détriment des autres catégories sociales, une documentation utilisée de plus en plus centrée sur les imprimés et les ressources documentaires en ligne, et, en corollaire, une désaffection progressive et continue de toutes les autres sources – images fixes, images animées, documents sonores parlés… –, des groupes de publics plus hétérogènes en salle d'actualité, autour de la presse, en laboratoire de langues, en musique.

À la lumière de ces constatations était-il pensable d'imaginer non pas une bibliothèque moins étudiante, compte tenu des besoins de cette population spécifique, mais une bibliothèque suffisamment attractive pour les autres usagers pour qu'ils supportent les contraintes liées aux files d'attente et, bien plus encore, qu'ils s'identifient eux aussi à cette bibliothèque ?

Il y a en effet une image tellement forte de l'utilisation étudiante de la BPI qu'il n'est pas rare, dans les interviews avec d'autres utilisateurs, de voir certains d'entre eux mettre en doute la légitimité même de leur présence dans la bibliothèque.

Cela dit, c'est une question qui n'entraîne pas une réponse facile. En effet, l'offre documentaire de la BPI telle qu'elle se présentait à la fermeture était une offre encyclopédique, multimédia, par grandes disciplines. Elle reflétait l'organisation par grands départements qui fait actuellement la une de toutes les restructurations bibliothéconomiques. On peut imaginer les débats riches et contradictoires quand j'ai proposé d'opérer des regroupements, de mettre en avant tel ou tel secteur, voire tel type de supports.

Il s'agit donc bien d'une présentation en profonde transformation à l'aube de l'an 2000. L'idée étant qu'un paysage documentaire encyclopédique est intellectuellement très satisfaisant, mais qu'il présente les graves inconvénients d'être sans relief apparent, sans phares aveuglants, sans balises de secours. En conséquence, il favorise un public averti, à l'aise avec les disciplines traditionnelles. Face à cette uniformité, les bibliothécaires ont le droit de privilégier tel ou tel secteur, de mettre en avant tel ou tel service, afin de mieux répondre à la segmentation des publics et à leurs besoins particuliers

Dans son parcours, le futur visiteur-usager-lecteur rencontrera donc une nouvelle organisation.

Le service de références

Au niveau de l'entrée, se trouve un service de références divisé lui-même en six points (emploi ; vie pratique à Paris ; annuaires et adresses ; encyclopédies et dictionnaires ; bibliographies nationales et internationales ; bio-bibliographies). Une première version de la bibliothèque, tournée vers l'information pratique, immédiate, usuelle et vers la recherche bibliographique. Un lieu donc, avant de monter dans les étages, doté de 80 places de travail, qui peut se suffire à lui-même dans le cas de recherche ponctuelle d'informations, mais qui ne permet pas d'étude sur place. Longtemps appelé dans nos débats internes le lieu des « références rapides », cette mezzanine n'a plus de nom aujourd'hui, mais sa mise en œuvre a en-traîné une véritable réflexion sur le transfert à ce niveau d'un certain nombre d'usuels, sur une nouvelle cotation, sur la recherche de documentation non commerciale, sur des partenariats réguliers avec des associations et d'autres institutions, telles que la Mairie de Paris. C'est aussi à ce niveau que se situera l'accueil général, ainsi que l'accueil des malvoyants.

La salle de presse et l’espace d’autoformation

La bibliothèque se déploie ensuite sur deux niveaux : l'ensemble du plateau du premier étage et plus de la moitié du deuxième, accès desservi par un très grand escalator intérieur. Il n'est peut-être pas inutile de souligner que cet escalator, encastré dans une « boîte coupe-feu » a quelque majesté et se transformera peut-être au niveau des passerelles de circulation en lieu de déambulation et de rêverie fugitive.

La sortie au niveau du premier étage est en tout cas saisissante, puisque la grande allée centrale traverse le mur coupe-feu largement ouvert (13 mètres) et conduit jusqu'à la façade sud dominant la fontaine Stravinsky. Là encore l'usager se trouvera dépaysé, puisqu'il rencontrera d'abord deux grandes zones nouvelles de part et d'autre de l'allée centrale : une salle de presse et un espace d'autoformation.

On a réuni dans la salle de presse 400 titres de quotidiens et de magazines régionaux, nationaux et internationaux, conservés au minimum trois mois, mais dont certains titres sont accessibles sur microfilms également. Loin de n'être qu'une collection de titres imprimés, cette salle mêlera intimement les abonnements sur Internet, sur cédéroms, l'accès aux dossiers de presse numérisés, le rétrospectif et le journalier. Deux cents places de lecture – des chaises et des tables, mais aussi des chauffeuses et des canapés – devraient faire de ce lieu particulier un rendez-vous quotidien pour tous ceux qui « lisent le journal ». Et l'on sait bien que la lecture de la presse fait se côtoyer les publics les plus divers.

De l'autre côté de l'allée, 120 places d'autoformation dans un espace vitré et cloisonné, permettent, après avoir pris rendez-vous, à la fois l'apprentissage des langues, l'entraînement à la bureautique, la remise à niveau dans les disciplines fondamentales, la préparation de concours ou d'examens, sans oublier le code de la route !

Nous y attendons un public varié, moins étudiant que le reste de la BPI, souvent en demande d'intégration (le français langue étrangère est, depuis l'origine, un « must » du laboratoire de langue), comme de formation dans le cadre de recherche d'emploi. En tout état de cause, l'expérience qui consista à rassembler dans la BPI provisoire rue Brantôme des cabines de langues et des logiciels d'apprentissage à proximité les uns des autres a été concluante. Le taux d'occupation était souvent maximal et le bureau de renseignements mixte a très bien fonctionné.

Les collections

Derrière le mur coupe-feu s'offrent les collections classées par disciplines, mais, là encore, une nouveauté de taille intervient : les périodiques des différentes sections sont clairement identifiés, puisqu'ils sont rangés d'un côté de l'allée, monographies et usuels occupant l'autre côté.

Enfin, au dernier étage, plus contraint, le visiteur trouvera les trois disciplines les plus fournies en documents : arts, littérature et histoire-géographie.

Il découvrira aussi un autre espace cloisonné et vitré : celui du son-vidéo, regroupant pour la première fois dans l'histoire de la bibliothèque l'ensemble des documents sonores et des films documentaires. Ce regroupement est sans aucun doute le pari le plus risqué, car le public venant écouter de la musique, comme celui qui visionnait les films était aussi, pour une part non négligeable, composé d'usagers « à problèmes ». Les rassembler en plus grand nombre (100 places en tout) dans un espace clos présente un risque réel d'accumulation des dérives possibles. Mais, en revanche, cette réunion de documents auparavant dispersés et pour une grande partie d'entre eux sous-utilisés, documents sonores parlés, enregistrements des débats, films documentaires hors best-sellers, donne la possibilité de mettre en valeur l'importance de la collection possédée par la BPI, à laquelle on adjoindra également les sites Internet spécialisés. La prise de rendez-vous informatisée, l'importance du bureau d'accueil, tous ces éléments devraient concourir à élargir le public ancien pour lui donner une plus grande hétérogénéité.

Des espaces d'usages différents avec libre circulation de l'un à l'autre se succèdent donc sur les trois niveaux de la BPI. Quelles seront les réactions des publics à ces offres de sensibilités différentes ? Comment vont-ils se les approprier ? Y aura-t-il, comme le craignent certains, une « ghettoïsation » des lieux les plus spécifiques ? Ou au contraire y aura-t-il une répartition plus diversifiée des publics sur l'ensemble de la bibliothèque, permettant à chacun de trouver sa place en toute légitimité ?

D'ores et déjà des études de publics sont prévues en l'an 2000, outre une étude générale et une étude spécifique du public de la salle de presse.

Un service public de masse et à la carte

Pour donner une idée de l'ampleur de la transformation de l'offre documentaire, on se contentera d'indiquer que, sur les seize groupes de service public existants, douze voient leurs attributions et la zone de leurs compétences redéfinies.

Depuis deux ans, plus de 2 500 heures de formation ont été dispensées en interne au personnel de la BPI faisant du service public, par petits groupes de 6 à 10 personnes. Intitulée « Les essentiels », cette formation a consisté à présenter discipline par discipline tous les outils de recherche (quels que soient leurs supports) nécessaires pour mener à bien une information documentaire et bibliographique.

À cette remise à niveau encyclopédique, succédera, les deux derniers mois de l'année 1999, une formation spécialisée bureau d'information par bureau d'information.

Le nombre des jours de formation est passé de 3,1 % du temps travaillé en 1998 à 9,93 % prévisible en 1999.

La visibilité des bureaux d'information est aussi radicalement transformée. Les banques d'accueil relativement imposantes se succèdent le long des allées de circulation.

Extrêmement présentes par leur mobilier, elles proclament leur utilité et leur rôle de recours naturel. Il s'agit là encore de marquer symboliquement que demander des informations aux bibliothécaires n'est pas l'apanage de ceux qui ne maîtriseraient pas parfaitement l'usage de la bibliothèque, mais, bien au contraire, une démarche qui doit devenir de plus en plus fréquente pour faire face à l'afflux des nouvelles donnes de l'information.

C'est pourquoi, à côté de ce rôle traditionnel de réponse à la demande, on envisage de développer des services plus personnalisés, aides à proximité immédiate des rayons ou des postes informatiques, fréquence largement accrue de l’initiation par petits groupes aux nouveaux outils… sans compter la multiplication de fiches pédagogiques, de modes d'emploi, d'aide à la recherche intégrée au sein même des différents menus sur les écrans.

Il faut que l'ensemble de l'offre pédagogique personnalisée soit extrêmement visible à la réou- verture.

Une réinformatisation globale

Du fait de ses missions d'origine, la BPI a toujours joué un rôle important dans le développement des outils technologiques de l'information et dans leur mise à disposition du public. Cela avait abouti à offrir en parallèle plusieurs applications spécifiques, bien contrôlées, qui ne communiquaient pas entre elles. Les principes généraux de réinformatisation sont, on le sait, tout autres : il s'agit de mise en réseaux, de disponibilités simultanées, de circulation et de repérage d'informations tant internes qu'externes, bref, de faire vivre une bibliothèque virtuelle, parfaitement cohérente avec l'offre plus traditionnelle.

La décision et le financement de la réinformatisation ont été finalisés en mars 1998. Le cahier des charges a été rédigé avec l'aide d'un consultant entre avril et les tout premiers jours de juillet. Il s'agissait d'un appel d'offres sur performances. Les réponses devaient privilégier des progiciels standards, mettre en réseau l'ensemble des applications existantes, irriguer de manière égale les trois niveaux de la bibliothèque, régler les problèmes de réservation de places pour les espaces d'autoformation et du son-vidéo, permettre, à partir d'un même poste, la consultation des cédéroms, d'Internet et des divers catalogues, développer la bureautique et le groupwar e. En décembre 1998, la société EI-audiovisuel a été retenue, en association avec Best Seller, pour l'ensemble des applications. Le marché a été signé en mars 1999. Il restait neuf mois pour concrétiser cette énorme opé-ration.

Il est apparu très tôt que ce délai était trop court, et un certain nombre d'opérations a été repoussé à une seconde tranche.

Si tout va bien, si le dieu de l'informatique ou le panthéon nécessaire à de telles opérations se montre favorable, l'ensemble sera achevé en mars 2000. Je laisse imaginer le travail mené par l'équipe de projet de la bibliothèque, ainsi que les formations obligatoires, à réaliser là encore en novembre-décembre, pour former l'ensemble du personnel à ce nouvel outil.

Dès la réouverture, ce sont plus de 300 postes en réseau qui seront consultables dans l'ensemble des espaces, regroupés le long des allées et à proximité des bureaux d'information, afin de favoriser le recours aux bibliothécaires.

Afin de mettre en évidence la cohérence intellectuelle entre les ressources électroniques et les ressources imprimées, chaque poste est paramétré en fonction de sa discipline d'implantation : c'est ainsi qu'en sciences et techniques, un poste dit « multimédia » permettra la consultation, à partir d'un menu unique, du catalogue de la bibliothèque, des catalogues de bibliothèques spécialisées (Paris VI, Bib-O-Pac 1…), de cédéroms de la discipline (Pascal, Medline, La Recherche, AFP-sciences), comme de sites Internet concernés (Centre national d'études spatiales, Office national des forêts, New Scientist…). C'est aussi dans ce cadre que s'inscrit la recherche des sites iconographiques, afin que la place de l'image comme ressource documentaire ne soit pas oubliée, comme la visite virtuelle des expositions de la Cité des sciences et de l'industrie.

Cela suppose un paramétrage poste par poste, la sélection et la vérification intellectuelle continue des sources proposées, l'établissement de modes d'emplois. Cela suppose également une liaison étroite avec les acquéreurs des domaines concernés pour doubler ou, au contraire, privilégier la ressource électronique par rapport à la source imprimée. Plus de dix personnes travaillent d'ores et déjà depuis plusieurs mois à ces sélections.

Pour faciliter les liens entre toutes ces ressources, il a été décidé que le maximum d’entre elles serait catalogué au sein même de la base bibliographique de la BPI. De même, les notices de périodiques sont enrichies par l'indication des cédéroms bibliographiques de dépouillement ou des sites Web correspondants. L'enrichissement du catalogue par la scannérisation des sommaires de revues ou l'ajout d'extraits sonores ou d'images animées interviendra ultérieurement.

S'il est relativement facile techniquement de sélectionner des sites en accès libre (mais moins évident d'en assurer la mise à jour), l'accès via Internet à des ressources payantes est plus complexe à gérer, car il suppose l'identification du demandeur. Dans une bibliothèque en total libre accès, il nous faut donc négocier des abonnements à la source, payés par la bibliothèque, de préférence sur la base d'un forfait, et régler le problème de l'identification 2.

Hormis ces problèmes d'accès technique, l'examen des modes de consultation doit être encore plus fin dans le cas des ressources payantes que dans celui des ressources gratuites, puisqu'il engage le budget de la BPI.

Quelles seront les réactions du public devant ce flot d'informations ? La bibliothèque va considérablement accentuer son rôle de référence, mais, dans l'état actuel des ressources électroniques, on va assister à une augmentation considérable des ressources secondaires par rapport aux ressources primaires. Jusqu'où faut-il aller ?

Une inlassable activité

Je laisse aux visiteurs de l'an 2000 le soin de découvrir sur place tout le reste, la couleur de la moquette et du mobilier, les éclairages, la signalétique, l'ensemble du Centre Georges Pompidou. Je profite de cet article pour remercier l'ensemble du personnel qui a subi les déménagements, qui, pour une grande part, travaille au sein des chantiers dans des odeurs de peinture et dans des trépidations de machines. J'espère, à travers ces quelques lignes, avoir fait comprendre le travail colossal et approfondi qui est accompli quotidiennement. N'oublions pas que nous avons maintenu jusqu'au 30 août 1999 une bibliothèque provisoire et accru nos animations hors les murs, avant de les réintroduire là encore de manière plus importante dans le centre rénové.

À quelques semaines de la réouverture, dans les aléas peu rassurants des travaux restants, l'activité est à son comble, mais n'oublions pas de croiser les doigts, de collectionner les trèfles à quatre feuilles et les fers à cheval, de se détourner des chats noirs, de regarder le vol des oiseaux le matin, bref, de croire à la chance.

Septembre 1999

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La BPI de l'an 2000 en bref

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