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Bibliothèques d'art et Internet

Michèle Stiévenard

Cent trente personnes étaient réunies au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg, les 18 et 19 juin derniers, à l’occasion de la 6e réunion de la sous-section des bibliothèques d’art de l’Association des bibliothécaires français. Treize intervenants y ont fait part de leur expérience d’utilisateurs d’Internet, des projets européens sur le réseau mondial, des réalisations et des travaux en cours de numérisation d’images.

Les collections strasbourgeoises

Les collections photographiques et iconographiques strasbourgeoises étaient à l’honneur. Sylvain Morand a présenté la collection photographique du Musée d’art moderne et contemporain. Née au XIXe siècle, cette collection, composée de clichés d’artistes amateurs et professionnels sur toutes sortes de sujets, suit l’évolution des techniques. Christophe Didier et Marie-Laure Ingelaere, de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, ont pris le relais en présentant les collections d’art de leur service et en rappelant la double appartenance allemande et française du début des collections. L’effort est porté sur le fonds régional : les fonds alsatiques, encyclopédiques sont entièrement traités (1985-1991) et présentés sur vidéodisque (34 000 vues). Ils font l’objet d’une banque de données réalisée en partenariat avec les bibliothèques municipales de Mulhouse, Colmar et avec le Cabinet des estampes de Strasbourg. L’accroissement des collections se poursuit et un projet de numérisation est à l’étude.

Internet et les bibliothèques d’art

Sonia Zillhardt, de la Bibliothèque nationale de France, a proposé une synthèse des différents projets européens sur Internet, traités par les bibliothèques nationales et financées par la Commission européenne. Si certains de ces projets sont achevés, comme le plan 1994-1998 intitulé Participer à l’Europe des bibliothèques, d’autres, concernant les projets d’échanges de données bibliographiques, de gestion de documents électroniques, d’accès, de constitution de collections numérisées, sont en cours :

– AUTHOR, projet de fichier européen « auteurs » accessible en réseau, de cinq bibliothèques nationales ;

– BIBLINK, projet d’alliance entre éditeurs électroniques et bibliothèques nationales, qui devrait voir le jour à partir de septembre 1999 ;

– NEDLIB, visant à permettre l’accès et la conservation à long terme des documents électroniques (1998-2000) ;

– HARMONICA, concernant les bibliothèques musicales ;

– AQUARELLE, concernant l’information du public ;

– COBRA, se rapportant à la production d’un support.

Le 5e plan de la Commission européenne (1999-2002), qui a pour objectif de fédérer la culture et non de créer des structures indépendantes les unes des autres, prévoit un programme social de l’information et une coopération des archives, des bibliothèques et des musées.

Plusieurs sites ont été décrits, dont celui du Grove Dictionary of Art, par les éditions MacMillan (http://www.groveart.com) et celui de l’Institut national d’histoire de l’art à Paris (http://www.numinha.edu), créé en 1998 pour répondre aux demandes des chercheurs et du grand public. Ce site propose des informations pertinentes et mises à jour, classées sous huit rubriques : enseignement, recherche, bibliographie, iconologie, guide, réseau, dossiers thématiques d’images numérisées, actualités.

C’est ensuite un exemple de pratique d’Internet comme outil de recherche documentaire qui fut donné par Monique Nicol, du Nouveau musée de Villeurbanne. Après avoir signalé un accroissement des bases de données et des sites, ainsi que leur grande variété (présentation d’expositions, diffusion d’images de revues et de catalogues en ligne…), Monique Nicol a souligné les difficultés causées par l’accès aux informations, souvent surabondantes, ainsi que par leur archivage.

La numérisation d’archives photographiques et de collections de musées

Comment conserver images et photographies ? L’idée actuelle est de numériser (directement avec un appareil numérique ou à partir d’un ektachrome), puis d’informatiser les images scannées en leur attribuant une indexation matières, et enfin de créer un site Internet (par exemple, le site musenor.org, base de l’Association des conservateurs de musées du Nord-Pas-de-Calais). Le Service des archives photographiques de Saint-Quentin-en-Yvelines envisage d’ajouter une précaution supplémentaire en réalisant un contre-type en argentique pour la conservation.

Un logiciel consacré à tous les arts du XXe siècle et aux artistes nés après 1840, actuellement intitulé Vidéo-museum, sera accessible gratuitement sur Internet, sous l’appellation Navig’art.

Lors des tables rondes, le point fut fait sur les dossiers en cours : la situation des bibliothèques d’art (celle des arts décoratifs n’ouvrira pas avant l’an 2000, l’installation de la Bibliothèque d’art et d’archéologie dans la salle ovale de la BnF, rue de Richelieu…) ; l’état de l’indexation matières Rameau (66 vedettes sont en cours de création dans BN-Opale) ; l’avancée des travaux du groupe de travail sur l’architecture… Il fut aussi question des documents difficilement accessibles, tels que les dossiers d’artistes. L’IFLA, qui se penche également sur ce problème, a suggéré de créer un répertoire des structures possédant des dossiers d’artistes nés après 1945.

Enfin, le problème que les droits d’auteur soulèvent pour la diffusion des images fut maintes fois évoqué lors de ces journées.