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S'approprier l'information électronique

Les processus de division sociale induits par les capacités économiques et/ou culturelles.

Marie-France Blanquet

De nombreuses études montrent clairement comment les progrès techniques influent sur l'évolution sociale et comment ils sont à l'origine d'un ensemble de transformations. Or, le monde actuel ne permet plus d'ignorer les aspects de changements accélérés et bouleversants. La multiplication des progrès est spectaculaire dans tous les domaines, notamment celui de l'information, où l'informatisation, l’extension de l'usage des technologies et des réseaux d'information, du réseau Internet et de sa spectaculaire explosion en particulier, imposent de penser et de repenser l'évolution de nos sociétés ; ce que traduit le concept de « société de l'information ».

Cercles d'études, séminaires, colloques, revues techniques et culturelles posent de plus en plus fréquemment les questions relatives à la genèse de cette nouvelle société dont les esquisses sont bien différentes et critiquées. Nombreux sont ceux qui déclarent que la technologie de l'information peut et doit être mise au service de la société. Mais, dans le même temps, beaucoup expriment une forte inquiétude en soulignant que ces technologies peuvent être utilisées contre elle, du moins contre certaines de ses parties. Ils insistent, en particulier, sur les risques accrus d'exclusion de groupes sociaux par la création d'une société à deux vitesses, où un nombre multiple de nouveaux exclus de l'information électronique viendra s'ajouter au nombre des « déjà exclus » : pauvres, déshérités, illettrés, immigrés... « La mutation vers la société de l'information », écrit Jacques Delors en 1994, « exige des capacités d'adaptation très développées. Les risques d'exclusion, pour des raisons culturelles ou par manque de qualification et, d'une manière générale, le risque de voir apparaître une société à deux vitesses, ne doivent pas être sous-estimés » 1.

Depuis, de nombreux rapports ou études disent la même crainte de voir, à l'heure où se construisent les autoroutes de l'information, les divisions sociales s'aggraver. Sur les bas-côtés de ces inforoutes, les info-exclus sont oubliés.

Comment, dès lors, comprendre et concilier ces graves inquiétudes avec les affirmations, diamétralement opposées, d'autres penseurs qui présentent les technologies de l'information comme une occasion, une solution pour lutter contre les inégalités sociales – voire pour les faire disparaître – en mettant l'information à la portée de tous, en ouvrant sur des espoirs démocratiques multiples, en promettant à chacun de vivre enfin dans un village devenu mondial ! Albert Gore n'avait-il pas annoncé à l'occasion de la Conférence mondiale sur le développement des télécommunications 2, que, au sein de ce réseau d'information planétaire permettant de relier les villes les plus développées aux villages les plus reculés, personne ne sera exclu du développement économique. Ce réseau permettra de partager l'information, d'améliorer l'environnement et la médecine et de supprimer les barrières entre les riches et les pauvres.

Sur quels arguments, sur quelles analyses ces énoncés contradictoires sont-ils fondés ? Sont-ils des manifestations de l'imaginaire, d'un affectif social exprimant un grand espoir ou une grande peur face aux technologies de l'an 2000 ? Reposent-ils, au contraire, sur des bases objectivement observables, sur des études prospectives ? Y a-t-il réellement des dangers d'exclusion liés à l'introduction, dans nos sociétés, de nouvelles technologies de l'information ? Est-il possible de démontrer, en les démontant, les nouveaux processus de divisions sociales induits par la capacité à manipuler et à s'approprier l'information électronique, dont il faut ici comprendre et décrire la spécificité ? Est-il possible de les prévenir et comment ?

Les conséquences ou les effets de la numérisation de l'information, l'informatisation de ses modes de production et d'échanges peuvent, dans cette perspective, être étudiés sous deux angles principaux et complémentaires : l'équipement nécessaire à la manipulation de l'information électronique d'une part, et les contenus informatifs en eux-mêmes, d'autre part.

L'équipement ou l'information électroniques

Dans notre interrogation, l'équipement joue les premiers rôles, l'accès à toute information électronique impliquant un minimum de matériel. C'est l'argument à rappeler à ceux qui parlent de l'immatérialisation de l'information ou d'une information rendue immatérielle par les technologies.

La seule et vraie immatérialisation de l'information ne concerne que l'information orale qui ne nécessite, pour son traitement, sa communication ou sa conservation, aucun support physique ou matériel. C'est ce que vivent tous ceux qui, aujourd'hui privés d'équipements, ne peuvent manipuler les informations auxquelles ces équipements permettent d'avoir accès. La lecture sans le livre, l'écriture sans le crayon, ni le papier, ne sont pas possibles ; la visualisation d'un site Web sans l'écran ne l'est pas davantage...

L'équipement lié à l'information électronique ouvre sur trois principales sources de réflexion : la première concerne la cassure sociale due à l'absence de cet équipement ; la deuxième concerne la rupture de communication que cet équipement peut engendrer entre les groupes sociaux ; la troisième, enfin, concerne les divisions sociales liées aux modes d'apprentissage de cet équipement.

Nantis et démunis : la cassure du monde

De nombreuses études montrent les énormes disparités qui séparent pays riches et pays pauvres. Quelques chiffres suffisent – si cela était nécessaire ! – à en prendre conscience, à réaliser que les défenseurs du « village planétaire » sont à l'origine de la réalisation d'un bien étrange planisphère où des continents entiers disparaissent !

Il suffit de se rappeler qu'il y a plus de lignes téléphoniques dans la seule ville de New York que dans toute l'Afrique pour comprendre qu'une grande partie du monde est déjà à l'écart des autoroutes de l'information et qu'il est donc impropre de parler de mondialisation. Or, c'est cette même partie du monde qui est déjà exclue dans de nombreux domaines et, en particulier, dans celui de l'information, lorsque celle-ci est proposée sur support papier.

Certains prétendent que les effets amplificateurs de transmission de l'information peuvent aider à sortir très vite de ce type d'exclusion... Pourtant, aujourd'hui, dans les civilisations industrialisées, papier, livres, stylographes..., tous les équipements nécessaires à l'alphabétisation abondent. Une abondance qui reste pourtant très mal partagée, et qui est même à l'origine d'un risque aggravé de la division planétaire. Car l'un de ces dangers réside dans l'apprentissage du gaspillage et la perte de valeur accordée aux biens devenus non rares, banals. Il faut avoir voyagé dans des pays en voie de dévelop-pement pour comprendre que des équipements informationnels qui ne valent rien dans les pays riches, se révèlent être rares et pleins de valeur aux yeux de ceux qui en sont dépourvus ! En sera-t-il de même pour des équipements permettant l'accès à l'information électronique et en voie de démocratisation dans nos civilisations ?

Si la cassure est nette entre les pays du monde, elle l'est tout autant à l'intérieur des pays industrialisés qui, même s'ils sont tous en voie d'équipements, présentent entre eux et à l'intérieur de leur frontière des disparités importantes. Réunis à l'occasion du colloque de la Fédération des associations des documentalistes et des bibliothécaires de l'Éducation nationale (FADBEN), de nombreux professeurs-documentalistes ont fait part de leur inquiétude face à l'inégalité scolaire née de l'inégalité dans l'équipement des familles. Tous plaident pour qu'il y ait pour tous un apprentissage de ces technologies de l'information parce qu'elles font désormais partie de l'environnement quotidien. Tous les métiers, ou presque, de nombreuses activités humaines nécessitent de savoir utiliser l'outil informatique. Cette nécessité va en se renforçant.

Aux États-Unis déjà, non seulement les personnes sachant se servir d'un ordinateur risquent moins de connaître le chômage, mais elles bénéficient aussi, en moyenne, de salaires plus élevés que les « analphabètes du numérique » 3. L'apprentissage des machines permettant l'accès à l'information électronique est, en effet, de plus en plus présenté comme une nouvelle forme d'alphabétisation. Il s'agit d'apprendre à lire et à écrire en mode numérique. Dans les universités, les écoles, les formations de base à l'informatique deviennent progressivement obligatoires pour tous, étudiants en art, comme en droit ou en sciences... Ces mêmes nouvelles technologies se retrouvent également à l'honneur dans de nombreux concours.

La communication rompue

Pourtant certains refusent cet équipement en ne le voyant pas, quand d'autres, au contraire, le subliment en ne voyant que lui. Ces regards divergents peuvent être à l'origine de graves ruptures sociales :

le refus : « Il est de bon ton », rappelle Dominique Nora, « parmi les intellectuels français, de mépriser les technologies numériques ; au mieux gadget inutile, au pire instrument de lobotomisation de masse » 4. Ceux-ci dénoncent les mirages de la technologie, l'utopie de la communication. L'ordinateur, dès lors, devient objet parmi les objets, dont l'apprentissage est inutile à ceux qui pensent, réservé, donc, à ceux qui ne pensent pas, les non-intellectuels.

On peut, en effet, se demander si le mépris dénoncé par Dominique Nora n'est pas l'expression d'un certain élitisme qui, comme le souhaite Platon dans La République, sépare les sciences nobles, conceptuelles et abstraites des sciences appliquées qui se trouvent non seulement à un rang inférieur, mais encore méprisées. Cet élitisme se trouve résumé dans la réponse célèbre de Taylor à cet ouvrier suggérant la solution au problème technique d'une machine en panne : « Ici, il y a des gens qui pensent... ». Car le propre de l'élite, c'est de ne jamais vouloir être rejointe par la non-élite. Il faut donc pour cela élever des barrières. Le mépris des techniques peut en constituer une qui ravale celui qui connaît leur fonctionnement au rang de l'ouvrier, du technicien, c'est-à-dire au second plan.

Mais le refus des techniques peut aussi s'expliquer par la peur qu'elles inspirent. Les mutations techniques sont relativement faciles à carac- tériser. On peut les décrire comme une substitution de chose à chose. Le traitement de texte, par exemple, remplace la machine à écrire classique. La soudaineté de ces substitutions est frappante, mais elles ne s'opèrent jamais sans intégrer souterrainement des apports et des acquis des travailleurs, qui ne vivent pas au même rythme et ne sont pas des choses ou des machines. Les mutations techniques sont toujours mises en œuvre par des hommes qui souhaitent remplacer d'autres hommes par une machine pour un meilleur rendement, une meilleure productivité. Dans la combinaison des hommes et des moyens, l'expérience et l'histoire montrent que c'est toujours en priorité des moyens que l'on a tenu compte.

Aujourd'hui, de nombreuses professions s'inquiètent de l'impact des nouvelles technologies sur leur devenir. Beaucoup d’entre elles se sentent menacées dans leur existence même et s'interrogent sur leur sort quand la machine les aura remplacées, les rendant inutiles. Ainsi, les NTI (nouvelles technologies de l'information) obligent à une réflexion sur l'emploi et sur le chômage. Car, si elles sont créatrices de nouveaux emplois, elles sont également à l'origine de la disparition d'autres. Les laissés-pour- compte d'une avancée technologique rejoignent le camp des chômeurs pour vivre le drame de cette situation.

l'overdose : à l'opposé, les équipements peuvent faire l'objet d'attitudes complètement opposées, mais à l'origine, également, de ruptures dans la communication sociale. La première rupture est opérée par le Technicien devenu, par la force de la Technique, le magicien ou le sorcier des temps modernes. Intermédiaire obligé pour que les équipements fonctionnent, il traduit cette médiation en terme de dépendance, devenant le « tout-puissant » qui sait, face à l'ignorant devenu humble. Certains reconnaîtront ce portrait, que n'aurait pas renié La Bruyère, où l'informaticien domine, gonflé de toute sa technicité !

Au contraire, la technique trop maîtrisée peut être source d'isolement volontaire. De nombreux psychologues ou éducateurs le dénoncent : l'utilisation immodérée des équipements informatiques peut devenir une cause de « trous » dans le tissu social des proches par l'isolement excessif de l'individu – souvent un jeune garçon – qui ne communique qu'avec des lointains, accessibles de façon virtuelle, et est devenu incapable de quitter sa console pour aller vers les autres. L'extrêmement lointain devenu familier fait oublier l'extrêmement prochain devenu étranger. Jean-Jacques Rousseau parlait de « ce vice impuni, la lecture », car celle-ci peut avoir pour effet de détourner des autres. On a dit la même chose de la télévision. Les NTI ont, quand elles sont exagérément utilisées, les mêmes conséquences d'asocialisation. C'est pourquoi, à ceux-là qui n'ont pas besoin d'un apprentissage pour faire « tourner » leur équipement, il devient urgent de donner l'éducation leur permettant de se l'approprier, c'est-à-dire de savoir l'utiliser d'une façon équilibrée et consciente.

L’apprentissage en questions

Pourtant, si de moins en moins d'éducateurs, de penseurs ou de décideurs contestent la nécessité d'un apprentissage de base, s'il est évident qu'il ne suffit pas de fournir l'outil qu'il faut, dans le même temps, mettre en œuvre les moyens d'appropriation de cet outil tant du point de vue fonctionnel que dans la maîtrise de ce qu'il permet d'atteindre, la conception et la définition données à cet apprentissage peuvent être à l'origine de profonde division sociale.

Qui apprend ? ou le divorce des sexes

Une enquête de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) sur le degré d'alphabétisation de la population adulte des pays développés révèle que des milliers d'adultes naviguent à la frontière de l'illettrisme. « Les femmes et les immigrés sont partout les premiers à être concernés par le phénomène » 5. Les sociologues et les psychologues étudient depuis longtemps déjà les fondements des relations hommes-femmes, où la domination culturelle de l'homme sur la femme imposée par la société patriarcale conduit, par exemple, les hommes à s'orienter massivement dans des carrières scientifiques et techniques lorsque les filles s'orientent plutôt vers des carrières libérales, littéraires… La res technique, dans nos sociétés, reste encore l'apanage de l'homme. À travers la maîtrise de la machine, il peut montrer sa supériorité, donc sa virilité.

L'informatique, les technologies de l'information, non seulement du côté de la conception technique mais aussi de l'utilisation, n'échappent pas à cette donnée sociale. Les départements Informatique des instituts universitaires de technologie, par exemple, enregistrent 80 % d'étudiants contre 20 % d'étudiantes, quand les cybercafés se remplissent essentiellement de jeunes hommes. Au contraire, dans d'autres formations, telles que les relations publiques, par exemple, la gent masculine se fait rare. Il n'est pas de notre propos ici de donner ou d'étudier les interprétations à avoir, à travers les techniques, sur le divorce des sexes. Son constat nous entraîne seulement à une prise de conscience d'un écart aggravé pour les femmes des voies d'accès à l'information électronique.

Apprendre quoi ?

Malgré une évolution certaine, les techniques de l'écriture et de la lecture sont restées les mêmes dans le temps. Un Français du début du siècle et un Français d'aujourd'hui, par exemple, pourraient se lire et s'écrire, ayant fait un apprentissage de base aux effets identiques : savoir lire, savoir écrire. Il n'en est pas du tout de même pour les équipements qui autorisent aujourd'hui l'accès à l'information électronique. Un homme de soixante ans en 1999 a dû faire en une vie plusieurs apprentissages pour accéder aux données fournies par un ordinateur. Il a appris à utiliser des fiches perforées, à mémoriser des procédures de connexion, à comprendre le principe de fonctionnement de langage de programmation... En une décade – les internautes le savent bien – le langage HTML (HyperText Markup Language) a connu de nombreuses simplifications mais, entre-temps, d'autres langages sont apparus... Et selon toutes les études prévisionnelles, le renouvellement technologique devrait rester rapide.

« Dans dix ans », rappelle Le Livre vert de l'Union européenne 6, « 80 % des technologies actuellement utilisées seront obsolètes et auront fait place à des technologies nouvelles et plus avancées. Quatre-vingts pour cent de la population active travailleront sur la base d'un enseignement datant de plus de 10 ans ».

Apprendre quoi, quand l'outil évolue trop vite, peut avoir pour réponse de n'apprendre au présent que l'outil du présent, à charge pour l'apprenant de s'adapter, par la formation continue, par exemple, ou de disparaître quand il ne sera plus opérationnel, point qui sera abordé ultérieurement.

Apprendre quand ?...

La rapide évolution des machines dans notre environnement entraîne à comprendre l'impérative nécessité d'une formation, d'une information permanente où, aux apprentissages de base de l'école maternelle, s'ajoute la nécessité d'un apprentissage « tout au long de sa vie ». On voit d'ailleurs se multiplier dans nos sociétés les offres de stages de formation, de colloques, de journées d'études... portant sur les technologies de l'information et notamment sur Internet. Pourtant, si l'offre existe, si elle est institutionnellement organisée, elle est, en même temps, à l'origine de nouvelles divisions sociales que l'on peut résumer en trois temps :

– une formation tout long de la vie nécessite des moyens financiers qui séparent ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas payer l'accès à la formation. Il suffit de voir le prix de certains stages proposés par des instituts de formation pour comprendre cette division. Aux uns, l'argent permet d'avoir un accès direct aux innovations. L'absence d'argent oblige les autres à devenir des bricoleurs avec une importante dépense d'énergie, les condamne à dépendre de ceux qui savent ou à ignorer les nouveautés ;

– la formation tout au long de la vie nécessite également des moyens intellectuels qui séparent ceux qui les ont de ceux qui ne les ont pas. Par ces moyens, nous n'entendons pas seulement l'intelligence, c'est-à-dire la faculté de comprendre, de s'adapter. Il s'agit principalement de la possibilité d'exercer cette faculté. Or, de nombreux adultes ne sont pas dans un environnement favorable à cet exercice : la vie familiale, la vie professionnelle, les problèmes et les soucis du quotidien ne sont pas toujours des conditions propices à l'épanouissement intellectuel... ;

– enfin, la formation tout au long de la vie nécessite des moyens physiques séparant les hommes sains des hommes fatigués, las ou malades.

... et pourquoi ?

Dans un ouvrage intitulé L'homme numérique 7, Nicholas Negroponte explique que les « sans-abris du numérique, les nécessiteux sont les adultes et qu'une grande partie des enseignants chargés de former l'adulte de demain en fait partie ». Allant dans le même sens, Dominique Nora 8 s'interroge sur la recrudescence de l'analphabétisme produit dans le système éducatif américain. « Mais peut-être », écrit-il, « faut-il renverser la perspective : l'analphabétisme galopant serait le signe paradoxal d'une familiarisation des jeunes générations avec une nouvelle culture qui nous exclut, et dont les critères de validité ne sauraient relever de nos canons. Les derniers de notre culture classique crépusculaire seront-ils les premiers du cybermonde ? Certains experts américains l'affirment : le fossé technologique entre catégories sociales pourrait ainsi se combler en une ou deux générations puisque les enfants sont devenus presque “génétiquement numériques” ».

« Place aux jeunes » devient dès lors le slogan (pas si nouveau que cela) de l'alphabétisation numérique. Sans suivre complètement ces auteurs, il est néanmoins important ici de rappeler que la plupart des éducateurs observent que les jeunes sont souvent beaucoup plus à l'aise que les personnes âgées dans un environnement de plus en plus technique. D'une façon un peu empirique et intuitive, il semble que la cassure des âges soit réelle, renforcée par les mutations technologiques. Certains départs prématurés à la retraite ne sont-ils pas l'indice d'une lassitude d'apprendre des savoirs constamment changeants, la crainte de ne plus avoir les disponibilités pour le faire ?

Car l'outil informatique ne souffre pas de délais. Il faut être opérationnel tout de suite pour ne pas être décalé par rapport aux autres... Cette opérationnalité immédiate entraîne à poser la question du comment apprendre, synthèse de toutes les considérations ouvertes dans ce chapitre portant sur les apprentissages en questions.

Apprendre comment ?

Cette interrogation invite à se rappeler que, si l'homme pense parce qu'il a une main (Anaxagore 9), il est également vrai que l'esprit fait la main. Apprendre l'équipement exige un apprentissage manuel, des travaux pratiques. Cependant, cet apprentissage doit impérativement être complété par une réflexion méthodo- logique qui autorise une appropriation par l'individu de l'équipement, dans sa globalité, de ses limites, de ses possibilités et, principalement de son évolution future. Beaucoup trop d'enseignements se limitent à l'apprentissage de l'outil immédiatement utile et utilisable, c'est-à-dire à un savoir-faire où, lorsque l'outil change, le savoir-faire disparaît. L'apprentissage devient appropriation lorsqu'il fait l'objet d'une compréhension (au sens étymologique du mot). Il s'agit d'acquérir une culture technique.

Mais celle-ci ne peut exister que si elle s'intègre dans une culture générale, un ensemble d'autres savoirs et savoir-faire fondamentaux. Or, parmi ces savoirs et savoir-faire fondamentaux, savoir lire et savoir écrire sont en première ligne. Ceux qui parlent d'une « nouvelle alphabétisation », de « l'alphabétisation numérique » doivent se rappeler que la lecture d'un écran, la communication avec la machine (malgré la souris ou autres périphériques) nécessitent impérativement le savoir lire et écrire « traditionnel ». Or, ces apprentissages essentiels sont fortement compromis par l'usage des technologies de l'information.

A quoi servent, en effet, les apprentissages du calcul et de l'orthographe lorsque les machines savent beaucoup mieux calculer et orthographier que la plupart des hommes ? Cependant, ces deux apprentissages délaissés restent – et resteront proba- blement encore longtemps – fondamentaux. C'est ce que reconnaît d'ailleurs Le Livre vert de l'Europe 10. « Le véritable défi réside dans la réadaptation de la population active. Or une grande partie des intéressés a des compétences limitées de lecture, d'écriture et de calcul. C'est pourquoi ces savoirs de base doivent trouver une nouvelle affirmation passant par la qualité et l'organisation de l'enseignement scolaire... ». De plus, ces savoirs de base exigent une réappropriation constante. C'est parce qu'ils n'écrivent pas, qu'ils ne lisent plus, que les illettrés deviennent des illettrés. Ces savoir-faire exigent une pratique, un exercice permanent.

De la même façon, l'équipement indispensable pour avoir accès à l'information électronique demande un entraînement constant pour savoir le faire fonctionner, s'adapter aux changements, mais aussi et surtout, pour avoir accès à ce qu'il permet de faire. La maîtrise d'un équipement est une condition nécessaire pour accéder à l'information électronique, mais ce n'est pas une condition suffisante. Elle doit être doublée par une autre maîtrise : celle de l'information, c'est-à-dire des contenus offerts par la machine.

L'information électronique

En dehors de l'équipement qu'elle nécessite et qui en fait une de ses principales spécificités, l'information électronique, dans le sujet qui nous préoccupe, peut être étudiée à partir de trois axes principaux. Ils portent sur le changement d'échelle des processus de création et de communication, sur la nature des informations accessibles, mais principalement sur les modes spécifiques d'organisation de l'information électronique. Tous sont, ou peuvent être, à l'origine de division sociale et ont un point commun : l'égarement.

Un changement d'échelle sociale

Le développement des réseaux de télécommunications offre deux opportunités originales en matière de communication de l'information : il change le schéma de communication « classique », il l'ouvre à l'échelle mondiale. En effet, le développement des réseaux, au contraire des mass media qui permettent à un seul émetteur d'atteindre une masse réceptive, est à l'origine d'un nouveau schéma de communication multipliant émetteurs et récepteurs. N'importe qui aujourd'hui, s'il dispose de l'équipement ad hoc peut produire de l'information sur le réseau et la rendre accessible auprès de tous et ce, à l'échelle planétaire. Hegel parle pour chaque individu « du besoin pressant de dire et d'avoir dit son opinion ». Les technologies de l'information répondent à ce besoin. C'est pourquoi certains associent réseau et liberté, réseau et démocratie... Cependant, cette liberté de produire et d'accéder sans contrainte à l'information contient en elle des germes de pollution, porteuses de pathologies informationnelles susceptibles de rendre mal portants les plus fragiles et de créer une nouvelle catégorie sociale composée des sur- ou des sous-informés.

L'information en quantité

On peut se réjouir de l'abondance et de la diversité des informations diffusées aujourd'hui, bénéficiant de l'effet amplificateur des nouvelles technologies. Les cédéroms, le réseau Internet rendent en effet possible à chacun d'entre nous de découvrir des auteurs, de lire des articles, de visiter des lieux inaccessibles sans ces moyens de diffusion. Cependant, cette surabondance a deux principaux revers : celui d'égarer, celui de consommer de la quantité.

S'égarer sur des réseaux d'information, dans des cédéroms, est rendu très facile par la quantité d'informations accessibles sans effort. La moindre recherche sur Internet, par exemple, permet de découvrir un nombre impressionnant de sites. Certes, cela est déjà vrai lorsque dans une librairie ou une bibliothèque, on suit sur un rayonnage, une ligne continue de livres portant sur le même sujet. Mais cela n'est plus vrai lorsque le choix d'un livre est fait. Un livre est une entité, il ne permet pas, comme sur Internet, d'avoir une lecture vagabonde, de surfer de l'un à l'autre. Au contraire, dans cette quantité rendue possible par l'hypertexte, il y a pour celui qui cherche la possibilité de périr par sur-information, celle de périr par sous-information, facettes identiques d'un même dysfonctionnement.

Dans un article intitulé « Passions sur Internet » 11, Joël de Rosnay dénonce cette nouvelle forme de pollution des cerveaux qu'il qualifie « d'infopollution ». Trop d'information tue l'information en créant une saturation, et l'on ne parvient plus à extraire le signal du bruit, ou, selon l'expression de Victor Montviloff, à voir « l'arbre dans la forêt » 12. De plus, la facilité de la navigation entraîne certains dans une sorte d'ivresse où, de « clic » en « clic », passant d'un site à l'autre, ils finissent par oublier la recherche originale et par se perdre – en en ayant ou non conscience.

Prendre conscience de son égarement dans la forêt de l'information peut être à l'origine d'un profond découragement, voire d'une sorte de démission intellectuelle silencieuse, mais mentalement profondément perturbante. Car brasser de l'information n'est pas acquérir des savoirs. En brasser trop peut conduire à développer une intelligence confuse. Ceci est grave quand beaucoup s'accordent pour prédire que l'avenir appartient à ceux qui maîtrisent le savoir et que l'information est une condition de l'épanouissement des entreprises, des personnes, des nations. C'est pourquoi nombreux sont ceux qui réclament, pour chaque individu invité à vivre dans cette société d'abondance informationnelle, une formation à la recherche documentaire qui lui permette de construire les filtres nécessaires au tri des informations trouvées. Cette formation donne une boussole pour se repérer, et ne plus s'égarer dans cette forêt dense, c'est-à-dire qu'elle permet de s'enrichir au lieu de s'appauvrir dans cette quantité.

Par ailleurs, la quantité peut devenir une valeur en soi et empêcher la prise de conscience de l'égarement. Nos sociétés sont devenues depuis longtemps déjà, des sociétés de consommation. L'information, marchandise comme les autres, devient aussi à ce titre, objet d'une consommation. Or ce qui caractérise la philosophie d'une société de consommation, c'est d'être une philosophie de l'Avoir – au détriment de l'Être –, où l'individu est constamment invité à montrer des signes extérieurs de richesse. Et ici, les signes extérieurs de cette richesse sont fondés sur la quantité. C'est sur cette logique que reposent de nombreuses publicités, où l'argument quantitatif de vente mis en avant fait croire au consommateur qu'il s'enrichit culturellement puisqu'il possède désormais un cédérom aux x photos, aux x pages, aux x cartes... L'objet est riche, donc l'acheteur est riche. Ici, la disponibilité du savoir se substitue au désir de savoir et de son appropriation.

L'information en qualité

À l'aspect quantitatif de l'information vient s'ajouter le problème premier lié à toute information : celui de sa « vérité », du moins celui de sa fiabilité. À ce sujet, Internet a fait déjà beaucoup couler d'encre. Car, du côté de l'émetteur, la qualité de l'information repose sur son honnêteté intellectuelle, et du côté du récepteur, sur la possibilité qui lui est offerte de vérifier l'information trouvée, afin de l'authentifier.

Or celle-ci peut faire l'objet de deux principales sortes de distorsions. Il s'agit d'abord de l'erreur involontaire que des outils de vérification permettent d'enrayer. Mais il s'agit surtout d'erreurs volontaires, aux visages multiples, causes d'une profonde inquiétude pour tous les penseurs contemporains. Car cette pensée « déformée », aux objectifs d'asservissement clairs pour l'émetteur et aux apparences vraies et innocentes pour le récepteur, s'incarne dans la désinformation, la prolifération d'information bafouant les valeurs humaines fondamentales, la multiplication des publicités, par nature mensongères, et devenues pourtant indispensables pour financer la mise en ligne de nombreux services d'information.

Tous ces dangers séparent – et sépareront de façon de plus en plus définitive – ceux qui sont armés d'un solide sens critique, des « naïfs » malgré eux, qui délèguent leur confiance à un informateur qui n'en est pas digne : sectes, partis politiques, révisionnistes...

Dans la diversité se cache l'uniformité

Par ailleurs, la prolifération des sites, des cédéroms ne doit pas faire oublier que la qualité passe aussi par la diversité des points de vue, des cultures, des langues.

Or Internet ne fait pas de place – si ce n’est une toute petite – aux milliers de langues parlées sur la planète. Quelques langues dominent, principalement l'américain. L'abondance informationnelle est une abondance euro-américaine. Nous l'avons noté précédemment, les réseaux de télécommunications élargissent la classe des émetteurs. Toutefois, ces derniers sont encore principalement des Européens ou des Américains. Ceci a deux conséquences : l'une concerne l'offre, l'autre les conditions psycholinguistiques exigées pour y accéder.

Les philosophes se sont toujours interrogés sur les liens unissant la pensée et le langage. S'ils ne sont pas toujours d'accord sur la nature de ces liens, aucun ne met en doute leur existence. Tous sont d'accord aussi pour dire qu'une langue n'est pas une simple nomenclature, mais le témoignage d'une collectivité, de ses valeurs, de ses préoccupations, de son histoire et de son projet. Le langage devient le médium. Mais si, comme l'exprime Herbert Marshall McLuhan, « le message, c'est le médium », on mesure toutes les conséquences de cette affirmation. Accéder à l'information quand elle n'est pas donnée dans sa langue maternelle exige d'abord et avant tout l'apprentissage d'une langue dominante et, peu à peu, l'oubli de sa propre langue, donc de sa propre culture et de ses valeurs. C'est ainsi, par exemple, que, pour les enfants d'aujourd'hui, Notre-Dame-de-Paris ou La Petite sirène ont Walt Disney pour auteur ! La mondialisation se fait ainsi, par le biais des langues, à sens unique, en reléguant dans l'oubli les langues non dominantes, mais surtout avec elles, les autres lectures possibles du monde.

C'est la raison pour laquelle de nombreux penseurs dénoncent l'instauration dans notre monde actuel d'une pensée unique, rendue possible par la démocratisation des réseaux de télécommunications. Une pensée unique, énoncée dans une langue dominante, et qui en exprime également l'idéologie qu'elle traduit dans les impératifs de la recherche du profit financier maximum, des contenus qui permettent d'y parvenir – jeux, informations culturelles, professionnelles ou scientifiques et de leur mode d'organisation : l'hypertexte. Ainsi, la multiplication des émetteurs ne doit pas nous faire oublier une situation de monopole de fait. Celle-ci se traduit par l'existence de grands groupes de communication ou de grands organismes de collecte et de traitement de l'information scientifique. A ce sujet, l'Atlas mondial de l'Internet 13 (550 pages et 250 tableaux), est éloquent. Il permet de découvrir les « mastodontes » capables d'investir et de contrôler à la fois l'infrastructure, l'accès et les contenus, et d'offrir au monde entier, dans le même instant, la même information, la même donnée, la même image. Le marché de l'information scientifique et technique laisse apparaître également avec les sciences dominantes (médecine, agriculture, électronique...) leur appropriation par de grands corps chargés de leur analyse en vue de la restitution de leur contenu lors des recherches documentaires. L'American Chemical Society propose ainsi la banque de données de l'information chimique. La National Library of Medicine informe le monde entier grâce à Medline ; la National Agricultural Library, avec Agricola...

Dès lors, on est réellement en droit de se demander si les autoroutes de l'information ne conduisent pas à la globalisation et non à la mondialisation ; si elles n'instaurent pas un « prêt-à-porter » idéologique qui renie le singulier, les pluralités culturelles, et mettent les hommes dans le même uniforme où cyberdominés se retrouvent placés sous la dépendance de cyberdominants.

Les modes d'organisation de l'information électronique

La navigation hypertextuelle est saluée pour sa convivialité. Pourtant, ce mode d'organisation et de présentation de l'information, en favorisant la pensée ludique, en nivelant toutes les informations peut se révéler une arme redoutable dans le processus de colonisation des esprits qui accentue la paupérisation mentale et culturelle de tout un ensemble de la population.

Le principe même de l'hypertexte est, aujourd'hui, connu de tous. Il repose entièrement sur la thèse émise par les associationnistes, selon laquelle les principes directeurs de la connaissance sont formés au cours de l'expérience par des associations d'idées. Pour eux, toutes les activités de l'esprit peuvent être interprétées comme un processus mécanique. Plus tard, Vannevar Bush constate, à son tour, que l'esprit humain fonctionne essentiellement par association en sautant d'une représentation à l'autre, le long d'un réseau enchevêtré. Il propose de reproduire le processus réticulaire qui sous-tend l'exercice de l'intelligence en créant des outils méthodologiques qui permettent aux lecteurs de naviguer dans un texte au rythme de ces besoins : ce sera l'hypertexte.

Cependant, la pensée associative soulève plusieurs interrogations qui ont en commun une aggravation de la passivité intellectuelle. La pensée associative, phénomène par lequel une idée nous fait penser à une autre idée sans qu'il y ait nécessairement entre l'une et l'autre un rapport logique, peut être défendue comme une forme d'intelligence (au sens étymologique du terme), puisque l'esprit est actif, interactif en établissant un lien entre deux éléments. Mais que devient cette activité, cette interactivité lorsque ce lien est proposé par d'autres et lui est imposé ? Que devient l'intelligence lorsque le rapport est établi par un émetteur actif enregistré passivement par un récepteur ? Si le principe de causalité – tout fait a une cause – est réellement créé par le fait d'« associations inséparables » 14, il suffit qu'un émetteur associe un effet choisi par lui à une cause pour que le récepteur en fasse autant.

La communication publicitaire, la propagande reposent sur ce principe de conditionnement, si bien décrit par Pavlov. Par ailleurs, la passivité de l'esprit est renforcée par les « conditionnements » de l'information proposée sous forme de jeu, et s'illustre d'images... placées là pour distraire. Il faut aujourd'hui qu'un site Web soit beau, plaise à ceux qui le consultent. L'information qu'il contient compte moins que le cadre ou le fond jugé attrayant ou non par le « spectateur ». L'information se met en scène sur Internet. Et les nouveaux metteurs en scène de ces informations ou webmasters poursuivent le but d'attirer des clients ou consommateurs pour, éventuellement, les informer.

De plus, toutes les informations se retrouvent sur un même niveau. Le nivellement des données affecte la nature même des connaissances qui se retrouvent sur un même plan, sans distinction de statut entre les unes et les autres. Ce qui crée un flou conceptuel qui rend difficile la construction d'un cadre mental pour le consommateur d'information.

Tout acte d'intelligence se caractérise par une compréhension de la relation unissant des éléments, une prise de conscience explicite. L'associationnisme confond deux plans de conscience qui ne sont pas du tout du même niveau : l'habitude mentale et la conscience. La pensée associative n'est qu'une forme élémentaire de l'intelligence. Celle-ci implique l'aptitude à inventer et la compréhension active des rapports. Pourtant, cette conception passiviste et atomiste de l'esprit humain triomphe dans nos sociétés ; et, dans cette conception, réside probablement un des points de rupture parmi les plus graves entre les groupes sociaux qui séparent, d'une façon que beaucoup penseront trop machiniste, les manipulateurs des manipulés.

« Nous ferons voir », écrit au XVIIIe siècle le philosophe Condorcet, « que par un choix heureux, et des connaissances elles-mêmes, et des méthodes de les enseigner, on peut instruire la masse entière d'un peuple de tout ce que chaque homme a besoin de savoir pour l'économie domestique, pour l'administration de ses affaires, pour le libre développement de son industrie et de ses facultés ; pour connaître ses droits, les défendre et les exercer ; pour être instruit de ses devoirs, pour pouvoir les bien remplir ; pour juger ses actions et celles des autres, d'après ses propres lumières et n'être étranger à aucun des sentiments élevés ou délicats qui honorent la nature humaine, pour ne point dépendre aveuglément de ceux à qui il est obligé de confier le soin de ses affaires ou l'exercice de ses droits, pour être en état de les choisir et de les surveiller, pour n'être plus dupe de ces erreurs populaires qui tourmentent la vie de craintes superstitieuses et d'espérances chimériques ; pour se défendre contre les préjugés avec les seules forces de la raison ; enfin pour échapper aux prestiges du charlatanisme, qui tendraient des pièges à sa fortune, à sa santé, à la liberté de ses opinions et de sa conscience, sous prétexte de l'enrichir, de le guérir et de le sauver » 15.

Ces lignes résument, au XXe et pour le XXIe siècle, la problématique essentielle de l'information qui transite sur les réseaux et qui porte sur le degré de confiance sociale que, dans un monde tourmenté, chacun peut accorder à l'information à laquelle il a accès, grâce à ses réseaux.

Juin 1999

  1.  (retour)↑  Union européenne, Croissance, compétitivité, emploi : les défis et les pistes pour entrer dans le XXIe siècle, 1994.
  2.  (retour)↑  Union internationale des télécommunications, Conférence mondiale sur le développement des télécommunications, 1994.
  3.  (retour)↑  Dominique Nora, Les Conquérants du cybermonde, Paris, Gallimard, 1997 (Folio ; 52 : Actuel).
  4.  (retour)↑  Dominique Nora, op. cit.
  5.  (retour)↑  OCDE, Enquête sur la litératie, 1997.
  6.  (retour)↑  Union européenne, Le Livre vert, Vivre et travailler ensemble dans la société de l'information : priorité à la dimension humaine, 1998.
  7.  (retour)↑  Nicholas Negroponte, L'Homme numérique, Paris, Pocket, 1997 (Pocket ; 10095).
  8.  (retour)↑  Dominique Nora, op. cit.
  9.  (retour)↑  Anaxagore, philosophe grec matérialiste mécaniste (500 av. J.-C.-428).
  10.  (retour)↑  Union européenne, op. cit..
  11.  (retour)↑  Joël de Rosnay, « Passions sur Internet », Transversale Science Culture, juillet-août 1996, n° 40.
  12.  (retour)↑  Victor Montviloff, cité par Éric Sutter, « Pour une écologie de l'information », Documentaliste-Sciences de l'information, vol. 35, 1998, n° 4.
  13.  (retour)↑  Atlas mondial de l'Internet, Paris, Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe, novembre 1998.
  14.  (retour)↑  Selon John Stuart Mill, philosophe et économiste anglais (1806-1873), l'association des idées serait le fait auquel tout se ramène, le mode d'explication le plus général.
  15.  (retour)↑  Condorcet, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain.