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Editorial

Annie Le Saux

Si l'on énumérait les concepts actuellement mis en valeur lorsque l'on parle de bibliothèques, l'on trouverait certains de ceux, dont il sera question tout au long de ce numéro : technologie, usagers, formation, personnel et collections.

L'ère des réseaux permet la multiplication des relations entre différents acteurs, entre des acteurs aussi différents qu'une bibliothèque publique et la Bibliothèque nationale de France. Utiliser les ressources de l'un pour simplifier les tâches de l'autre est un choix qui se répercute sur les diverses fonctions de la bibliothèque, qu'il s'agisse de recherche documentaire, d'acquisition, de gestion, ou d'accueil Il en résulte des gains de temps et de coût, ainsi qu'une qualité accrue, dont bénéficient les usagers de la bibliothèque. Des usagers par qui et pour qui vivent les bibliothèques, qu'elles soient universitaires ou publiques. Des usagers, dont le dialogue avec les bibliothécaires et les décideurs passe désormais par la mise en place d'indicateurs réunis dans la toute nouvelle norme d'évaluation des performances des bibliothèques. Des usagers, à qui les bibliothèques s'adressent, au travers de guides plus ou moins bien ciblés. Des usagers, dont la satisfaction, de plus en plus recherchée par les bibliothécaires, pourrait être accrue, si la formation professionnelle, en France, contrairement à ses voisins européens, ne faisait pas l'impasse sur l'entretien de référence, sur la dimension relationnelle entre usagers et bibliothécaires.

Dans son dernier rapport, le Conseil supérieur des bibliothèques note, à juste titre, que les universités françaises sont encore loin de disposer de ressources documentaires comparables à celles des principales universités européennes. Qu'en est-il alors de l'écart qui les séparent des universités américaines ? Il émane, cependant, de l'étude de la situation outre-Atlantique, une conviction commune que l'univers électronique ne prendra pas la place de l'écrit, mais s'associera à lui pour faire de la bibliothèque un lieu de rapprochement de l'université et de son public.

Le tableau ne serait pas complet si l'on n'évoquait pas cette part des trésors nationaux qu'est le patrimoine écrit et graphique, que les techniques modernes, tel le cédérom, dotent d'une nouvelle vie. Dans ce paysage mouvant, dans lequel nous vivons actuellement, où la mondialisation et l'internationalisation stimulent les échanges, où les barrières douanières disparaissent progressivement, il apparaît de plus en plus nécessaire d'en ériger d'autres, sous forme de législations nationales et internationales, afin de conserver et de protéger ce patrimoine, public ou privé, et d'en freiner les sorties plus ou moins licites du territoire.