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Des réseaux, des bibliothèques et des fournisseurs

Les projets européens de la DG III et de la DG XIII

Gaëlle Béquet

La table ronde organisée par le Comité français de pilotage du plan d’action pour les bibliothèques de l’Union européenne (CFPPA), le lundi 23 mars sur le stand de France-Édition, au Salon du livre, a été l’occasion d’évoquer trois projets européens impliquant des bibliothèques et leurs fournisseurs, qu’ils soient diffuseurs ou éditeurs.

Il faut rappeler que c’est la Commission européenne qui gère le budget annuel de l’Union. Outre ses trois fonctions principales – proposer les lois, veiller au respect des traités et mener la politique de l’Union –, elle coordonne les programmes de recherche et développement. La Commission est constituée de vingt-six directions générales et de quinze services spécialisés. Deux directions générales sont notamment impliquées dans le suivi de programmes dans les domaines des nouvelles technologies de l’information et de la communication : ce sont la DG III (Industrie) et la DG XIII (Télécommunications, marché de l’information et valorisation de la recherche).

Tous les programmes actuellement en cours relèvent du 4e programme cadre de recherche et développement (PCRD), approuvé par le Parlement européen et le Conseil des ministres de la recherche. Ce 4e PCRD est fondé sur l’article 130 du traité sur la Communauté européenne qui vise à renforcer les bases scientifiques et technologiques de l’industrie communautaire et à favoriser sa compétitivité. Son budget s’élevait à onze milliards d’écus pour la période 1994-1998.

Le 5e PCRD est en cours de discussion. Son budget devrait s’élever à quatorze milliards d’écus pour 1998-2002. On s’oriente vers la disparition d’un programme spécifique pour les bibliothèques. Celles-ci y seront toutefois présentes dans l’action pour le développement d’une société de l’information conviviale. Il est ainsi prévu d’apporter un soutien à l’édition électronique et à l’accès aux contenus scientifiques, culturels et autres, au travers de la mise en réseau des bibliothèques, archives et musées 1.

Copysmart

Copysmart, projet soutenu par la DG III dans le cadre du programme Esprit, et présenté par Jean-François Boisson, de la société Euritis, a développé, de décembre 1995 à février 1998, une solution technique pour la gestion des droits associés à une œuvre, selon le modèle développé par le projet CITED (Copyright in Transmitted Electronic Documents).

L’expansion rapide des réseaux d’information, comme Internet, et le développement de la diffusion numérique des contenus ont soulevé le problème de la gestion des droits liés aux œuvres et à la rémunération de ceux-ci. Une fois l’œuvre publiée, il devient difficile de contrôler son utilisation et sa distribution et de garantir le paiement des droits. Le produit développé répond à ces exigences et autorise la création de services sur le réseau, la diffusion et la protection du patrimoine culturel européen. Euritis a travaillé en partenariat avec la société Gemplus, la British Library, le Bureau Van Dijk, l’Open University of the Netherlands et la société Phoenix.

Il s’agit d’une plate-forme électronique d’intermédiation qui permet une recherche et un accès sécurisés à l’information, avec une négociation et une gestion en ligne des droits de propriété intellectuelle grâce à des contrats-cadres passés avec les éditeurs. Cette plate-forme peut s’adapter aux réseaux locaux, à Internet, aux réseaux Intranet, et à des réseaux de cédéroms.

Dans les salles de lecture des bibliothèques, Copysmart peut être utilisé pour gérer les droits des utilisateurs, pour contrôler l’accès aux ressources et produire des statistiques sur l’utilisation du fonds documentaire. Entre bibliothèques sur Internet, Copysmart permet de contrôler les accès distants, d’authentifier les informations, d’émettre des messages au format EDI (échanges de documents informatisés) et de produire des statistiques. La British Library et le musée des Archives de Venise l’ont utilisé pour leurs salles de lecture, l’université ouverte de Hollande pour l’accès sécurisé à son serveur Web.

Edilibe

Edilibe, financé par l’unité Bibliothèques et édition électronique de la DG XIII, était représenté par Phil Coles qui travaille pour l’éditeur Blackwell. Ce projet, terminé en 1997, a mis en place un système automatique de commande de documents entre une bibliothèque, la bibliothèque municipale et universitaire de Francfort, et des fournisseurs (Blackwell, Casalini, Otto Harassowitz).

Les procédures d’information sur les titres disponibles (quotes) sont automatisées et transmises par Internet à la bibliothèque ; celle-ci envoie ses commandes de la même manière et reçoit les réponses de son fournisseur. Les factures pourraient être traitées de cette façon, mais l’administration de la bibliothèque n’accepte pas encore ce type de document. Le projet est fondé sur l’échange de données informatisées (EDI) et sur la normalisation des messages entre fournisseurs et bibliothèques.

Edilibe est aujourd’hui terminé, mais la promotion de l’EDI continue grâce au projet IMPRESS, financé par la Commission européenne. IMPRESS (http://www.editeur.org) associe des éditeurs et diffuseurs comme Aux amateurs de livres, Blackwell, Harcourt Brace, Oxford University Press, des fournisseurs de système de gestion de bibliothèques comme Geac, Electronic Data Systems, Dynix, et des bibliothèques, comme la Bibliothèque nationale du Canada, Einkaufszentral für Öffentliche Bibliothek et la bibliothèque municipale et universitaire de Francfort.

En France, le plan pour l’entrée de la France dans la société de l’information mentionne le développement de l’EDI comme l’une des priorités. Une association, EDIFRANCE (http://www.edifrance.asso.fr/cadre main.htm), créée en 1990, est chargée de sa promotion.

Libération

Libération (http://www.lib-online.com), financé lui aussi par la DG XIII, et coordonné par l’université de Graz en Autriche, représentée à cette occasion par Robert Stubenrauch, a débuté en mai 1996, et vise à mettre à la disposition des bibliothèques universitaires et de leurs utilisateurs un ensemble de documents (revues, manuels, dictionnaires, cours) sous des formes variées (cédérom et réseau), en étudiant les usages qui en sont faits et en organisant la gestion des droits attachés à la diffusion de ces documents. Le serveur est basé sur le système de gestion de l’information Hyperwave. A la fin du projet, il est prévu de donner accès à environ cinquante publications.

Participent à ce projet les bibliothèques de l’université de Nottingham, de Fribourg et les éditeurs Addison-Wesley Allemagne, Springer Verlag et le Bibliographisches Institut & F. A. Brockhaus.

Pour obtenir des informations sur les projets européens en cours dans lesquels sont impliquées des bibliothèques, il est possible de consulter le serveur de la DG XIII (http://www.echo.lu). On peut aussi se référer utilement au serveur de la DG III (http://www.cordis.lu/esprit/home.html).

  1.  (retour)↑  Pour suivre les évolutions du 5e programme cadre, on peut consulter le serveur Cordis http://www.cordis.lu/fifth/home.html