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Un espace pour la bibliothéconomie dans les sciences de la documentation

État des lieux en Espagne

José Antonio Gómez Hernández

La bibliothéconomie en tant que discipline se trouve aujourd’hui à un tournant crucial. Il est temps de se poser les questions les plus radicales et fondamentales : que doivent faire les bibliothécaires ? Quelles sont les perspectives ? Comment travailler et faire des recherches dans les bibliothèques ? Quels en sont les objectifs ?

Nous délimiterons ici un terrain d’étude et de recherche propres à la bibliothéconomie, c’est-à-dire l’organisation des bibliothèques, l’établissement, l’application et l’évaluation de modèles qui leur permettent d’accomplir au mieux leurs missions. Après avoir déterminé qui sont les chercheurs en bibliothéconomie, j’insisterai sur le fait que les professeurs d’université qui enseignent dans le domaine de l’information et de la documentation et les bibliothécaires doivent travailler en commun. Enfin, je m’efforcerai de décrire les difficultés qu’éprouve actuellement la recherche en bibliothéconomie en Espagne, et les objectifs qui doivent orienter son évolution dans le contexte actuel.

La bibliothéconomie dans les sciences de la documentation

Quand l’accès à l’information et sa récupération sont devenus des priorités, les bibliothèques et la bibliothéconomie se sont rapprochées du champ de la documentation. Dans le même temps, les sciences de la documentation, qui se sont développées parallèlement, se sont peu à peu approprié des pans de la bibliothéconomie. Elles se sont spécialisées, obligeant ainsi la bibliothéconomie à chercher un espace dans lequel s’établir pour obtenir un véritable statut scientifique.

La bibliothéconomie a progressivement cessé d’être une science généraliste, pour se spécialiser, d’une façon plus concrète, dans l’activité professionnelle et dans la recherche, c’est-à-dire dans la conception, l’application et l’évaluation de méthodes et de modèles d’organisation des processus utilisés dans les bibliothèques. La validation de ces modèles permettra le développement de normes, leur généralisation et la proposition de solutions aux problèmes qui se posent dans ces établissements.

En effet, la bibliothéconomie n’est pas une science qui étudie la bibliothèque et son fonctionnement en général. Le développement et la recherche de nombreux processus techniques mis en place dans les bibliothèques ont été assurés par des disciplines telles que la recherche documentaire, et grâce à des technologies qui permettent l’établissement de normes, de modèles et de systèmes de transmission et d’analyse de la connaissance. Des définitions aussi universalistes que celles données par Alberto Serrai ou Jesse Shera, qui faisaient presque de la bibliothéconomie une philosophie de la connaissance, ne sont plus considérées comme valables, car elles expriment plus un désir, un idéal, qu’une réalité 1.

Bien sûr, un bibliothécaire doit être un expert en recherche documentaire. Mais la bibliothéconomie ne peut contribuer au développement des sciences qui traitent la recherche documentaire de façon analytique. Il reste donc aux bibliothécaires à s’intéresser à la gestion des institutions qui produisent ce processus de recherche documentaire, c’est-à-dire à la bibliothéconomie. Chercher à améliorer les prestations de services proposées par les bibliothèques, ainsi que la gestion des ressources, savoir résoudre les problèmes et enfin, établir, appliquer et évaluer des programmes, destinés à différents types de bibliothèques, différents types d’usagers, différents services : telle est la mission de la bibliothéconomie en tant que science. Elle aide ainsi à créer des modèles d’organisation, à comparer des méthodes, et à mieux atteindre ses objectifs (3).

En Espagne, c’est le développement de l’enseignement des sciences de la documentation dans les universités qui a orienté la bibliothéconomie vers la gestion. Pour les bibliothécaires et les documentalistes, c’est au début des années 80 qu’un premier niveau universitaire d’enseignement a été mis en place, suivi, en 1991, de la création d’une licence de documentation. Ces deux titres officiels sont délivrés dans de nombreuses universités ; de plus, cinq d’entre elles proposent des préparations au doctorat en bibliothéconomie et documentation.

L’enseignement de la bibliothéconomie à l’université est divisé en différents domaines : analyse documentaire, langages documentaires, bibliographie et sources d’information, systèmes de stockage et de récupération, télématique, etc. Parallèlement, les matières générales qui traitaient de la bibliothéconomie, de l’archivistique et de la muséologie ont été regroupées, d’une part, dans l’étude des missions des institutions qu’elles représentent, et, d’autre part, dans la gestion de ces unités d’information documentaire.

En Espagne, l’intitulé même des matières liées à la bibliothéconomie est marqué par cet aspect gestionnaire : ainsi, dans les programmes des facultés et écoles de bibliothéconomie et documentation, ces disciplines figurent sous des libellés tels que « gestion des unités d’information », « administration de bibliothèques », « gestion des ressources dans les bibliothèques », « direction, administration et marketing des institutions documentaires », « planification et évaluation des services » ou « étude des usagers et des besoins d’information ».

De plus, la présence de matières optionnelles qui traitent des problèmes de gestion spécifiques à différents types de bibliothèques confirme la place du management dans la bibliothéconomie (4). La division de l’enseignement dans les universités conditionne l’évolution des disciplines, qui génèrent des spécialités et des champs propres à la recherche.

La recherche en bibliothéconomie

Qui doit pratiquer la recherche, de quelle manière, avec quels moyens et dans quels objectifs ? Telles sont les questions essentielles qui se posent pour la bibliothéconomie en tant que discipline scientifique. La réponse immédiate à ces questions est la nécessaire coopération entre bibliothécaires et enseignants en bibliothéconomie et documentation.

Qui doit chercher ?

Le premier intéressé par la recherche en bibliothéconomie, et donc par son évolution, est le professionnel lui-même, le bibliothécaire, qui a là l’occasion de relever un défi destiné à améliorer les services rendus. En elle-même, la profession de bibliothécaire implique une activité de recherche de réponses que l’on peut appeler investigation dès lors que cette recherche est réalisée avec la méthodologie et la systématisation nécessaires.

Être bibliothécaire, c’est avoir une activité professionnelle complexe dont le but, au sens large, est de savoir comprendre et résoudre les demandes d’information des usagers. Assurer la qualité oblige à une sorte d’investigation-action, à une réflexion permanente sur la pratique professionnelle, avec, pour objectif, une amélioration continue. Cette même philosophie doit être en filigrane derrière les modèles de fonctionnement fondés sur le management global de la qualité.

Résoudre des problèmes demande donc de savoir appliquer la méthode scientifique qui a pour objet d’identifier, de décrire, d’analyser et de trouver des solutions à des situations complexes. Parmi ses compétences professionnelles, le bibliothécaire doit maîtriser les techniques d’analyse aussi bien quantitatives que qualitatives, et être capable d’établir et de programmer des projets, puis de les exécuter et de les valider. Ces projets pourront apporter une réponse aux problèmes professionnels posés.

Tout cela implique que le bibliothécaire doit utiliser des connaissances et des méthodes issues d’autres sciences et les intégrer à son savoir 2. Ces méthodes, parfois étrangères à la formation traditionnelle, peuvent être ressenties comme obscures ou éloignées du monde des bibliothèques, mais elles sont nécessaires. L’analyse et la recherche appliquée à l’amélioration de la gestion des services sont indispensables, car elles impliquent que le bibliothécaire n’est pas seulement un intermédiaire, quelqu’un grâce à qui il est facile d’accéder à l’information, mais aussi un professionnel proche des lecteurs, capable de maîtriser des situations, et de proposer de nouveaux accès aux ressources documentaires.

Si le bibliothécaire n’acquiert pas ces capacités, l’avenir de son métier devient incertain, car les documents électroniques sont de plus en plus conçus pour des consommateurs/ usagers directs et finals, sans intermédiaires.

En revanche, grâce à la recherche, le bibliothécaire évolue, s’enrichit, évite la routine. Elle est un défi passionnant que tout professionnel devrait essayer de relever, car il permet de développer une capacité d’analyse et de compréhension, et de progresser dans sa profession.

Mais le manque de temps, le manque de moyens financiers, ou la méconnaissance des méthodes nécessaires font que beaucoup de bibliothécaires considèrent la recherche comme difficile à appliquer. Avec l’aide d’experts et l’acquisition d’une formation adéquate, des résultats satisfaisants pourraient cependant être obtenus.

La collaboration des professeurs d’université qui travaillent dans le domaine de la bibliothéconomie, ou même dans des domaines avoisinants, est donc un élément fondamental. Thèses de doctorat et participation à des projets leur ont permis d’acquérir des méthodes de recherche.

Cependant, étant donné le caractère pratique de la discipline, ils ont parfois besoin de se rapprocher de la réalité des bibliothèques, des usagers. Ils ont, pour cela, besoin de la coopération des professionnels. La recherche en bibliothéconomie ne peut pas se faire dans un laboratoire. On doit pouvoir concrétiser les projets et programmes de gestion des services, les appliquer et les évaluer. Les modèles doivent être validés avant d’envisager de les généraliser. Cela n’est possible que si la recherche est fondée sur une réalité concrète, si elle est menée en coopération avec ceux qui la vivent, les bibliothécaires. Le contact entre bibliothécaires professionnels et chercheurs paraît inéluctable, car ils ont besoin les uns des autres.

Comment chercher ?

Si nous avons jusque-là dépeint un idéal, une rapide description de la production de la recherche en Espagne 3 à travers son reflet le plus courant, les travaux publiés, va prouver qu’il n’en est pas toujours ainsi. La recherche est peu pratiquée, phénomène dû à l’absence de l’enseignement de la bibliothéconomie dans l’université jusque dans les années 80, au manque de sources statistiques communes, et au faible développement des bibliothèques dans leur ensemble. De plus, les bibliothécaires se sont surtout intéressés aux aspects bibliographiques, historiques, aux fonds anciens, aux éditions de catalogues de collections historiques – leur formation est presque toujours humaniste – ou aux travaux purement descriptifs des bibliothèques.

Jusqu’à la fin des années 80, les conditions nécessaires à l’accroissement du nombre des publications en bibliothéconomie n’étaient pas réunies, malgré une amélioration du système des bibliothèques, l’évolution de la législation vers une autonomie des établissements, malgré aussi l’informatisation, l’émergence de programmes de soutien à la recherche, nationaux ou européens, l’extension de l’enseignement et de la recherche universitaire en bibliothéconomie dans les universités, et, enfin, malgré les débuts de la coopération entre professionnels.

Depuis le début des années 90, les publications concernent surtout des expériences de bibliothèques (2). Cependant ont été également publiés quelques articles et communications sur des thèmes divers, tels que la coopération, les réseaux, la conversion rétrospective de catalogues, l’automatisation, la gestion de collections.

Depuis peu, les thèmes se sont élargis à l’accessibilité, aux usagers, à l’éducation, à l’évaluation et à la qualité. Ces sujets, qui se retrouvent dans le contenu des cours organisés par les associations professionnelles, dans les thèmes des congrès ou dans ceux étudiés par des groupes de travail, dénotent un désir d’améliorer la gestion mise en pratique par les nouvelles générations de bibliothécaires.

Les auteurs des travaux publiés dans le domaine de la bibliothéconomie étaient au départ des bibliothécaires – qui publiaient dans le Boletín de Anabad –, ou des membres des organismes de documentation du CSIC (Consejo superior de investigaciones científicas). Peu à peu, les enseignants universitaires se sont mis aussi à publier dans ce domaine et ce sont eux qui sont, aujourd’hui, les plus prolifiques. Les travaux collectifs sont relativement rares : la moyenne du nombre d’auteurs par ouvrage est de 1,3. Cela dénote une recherche de type traditionnel et monopersonnel (5).

Si l’indice de collaboration est plus important, cela signifie souvent qu’un appui économique et institutionnel est accordé à la recherche en équipes. De plus, jusqu’à une date récente, on ne recensait que peu d’auteurs très prolifiques (plus de 70 % des auteurs n’écrivent, selon Jiménez et Moya, qu’un seul ouvrage), ce qui souligne encore plus l’absence d’équipes permanentes de recherche. Il s’est produit, à notre avis, une dissociation entre les publications hétérogènes des professionnels, sporadiques, peu systématiques et scientifiques, mais de caractère pratique, et l’orientation très théorique des chercheurs (6).

Données statistiques et analyse

Une fois reconnue la nécessité de développer la recherche dans le domaine des bibliothèques, apparaissent les besoins en moyens financiers, en personnel et en formation.

Il est important aussi de disposer de données statistiques normalisées, qui permettent d’identifier et d’analyser les indicateurs des services, et d’établir des comparaisons. Il s’agit de définir des modèles de référence ou des questionnaires adaptés à chaque recherche, ou d’utiliser l’entretien comme méthode qualitative d’obtention de données. L’organisation des bibliothèques a besoin de modèles généraux et normalisés.

Si on s’appuie sur les bibliothèques publiques espagnoles, décrites dans le Rapport sur la mesure des activités et Gestion de qualité (9), le problème primordial vient de ce que les Communautés autonomes ont chacune leur propre modèle de collecte des données, différent des autres et de celui de l’Institut national des statistiques, l’INE (Instituto nacional de estadísticas). II n’y a donc pas, à l’échelle régionale, de normalisation concernant la mesure des activités des bibliothèques. Les formulaires statistiques à remplir sont souvent différents, et les comparer demande beaucoup de travail. De plus, les systèmes de gestion automatisée fournissent des données statistiques différentes de celles des formulaires statistiques de recueil de données.

En second lieu, le traitement des données recueillies est très limité. Dans la majorité des cas, aucune conclusion n’est tirée ultérieurement. Ou bien, elles sont tirées selon les critères personnels des bibliothécaires, et non selon des normes ou des critères définis. Enfin, la diffusion de ces données, nécessaire aux études comparatives, n’est pas non plus suffisante. Elle se fait parfois auprès des seuls responsables techniques et politiques, sans atteindre les milieux universitaires.

Les bibliothèques publiques ont beaucoup de mal à mesurer la qualité, et à analyser leurs activités, surtout en raison de l’absence de normalisation, de l’insuffisance de moyens humains et du manque de formation.

La coopération

La nécessité de coopérer, évidente dans le domaine de la gestion comme dans celui de la recherche, a été ressentie en Espagne de façon récurrente, mais elle n’a pas débouché sur des actions continues.

La coopération dans le domaine de la recherche en bibliothéconomie est fondamentale, du fait même de sa complexité, de la nécessité de valider les résultats, de l’interdisciplinarité qu’implique l’organisation de la connaissance et des divers services publics, mais aussi afin de faciliter la diffusion des résultats ou des produits obtenus dans les différents milieux qui y participent 4.

Récemment, la Direction générale du livre, des archives et des bibliothèques (Dirección general del libro, archivos y bibliotecarias) et la Bibliothèque nationale ont mis en place quelques groupes de travail. Une rencontre a eu lieu entre des représentants des organisations régionales des bibliothèques, afin de développer la coopération à l’échelon national, la normalisation des processus et des services, le prêt entre bibliothèques, les échanges de bibliothécaires, le dépôt légal, le patrimoine bibliographique, et l’amélioration de l’établissement des statistiques des bibliothèques publiques. Tous se sont mis d’accord pour élaborer un modèle homogène de définition des données de base (10).

Les possibilités de coopération sur ces thèmes sont évidentes. Cependant, actuellement, les enseignants et les professionnels en bibliothéconomie et documentation ne coopèrent pas encore. La séparation déjà mentionnée entre ces deux mondes persiste. Or une science mûre est un produit collectif : définir des objectifs, recueillir des données, générer des résultats et les appliquer, tout cela ne peut se faire de manière individuelle.

Quel objectif pour la recherche en bibliothéconomie ?

Les thèmes de recherche dépendent de l’idée que nous nous faisons de la bibliothèque et de ses missions dans le monde actuel.

Certaines recherches intéressantes, concernant par exemple l’amélioration des politiques d’acquisition, l’adaptation des services rendus à des groupes d’usagers particuliers, requièrent des données et des analyses plus complexes que celles qu’offrent habituellement les bibliothèques. Cela explique la quantité de travaux de recherche simplement descriptifs ou introductifs, dénués de tout caractère scientifique. Au-delà des limites existantes, les objectifs des bibliothèques doivent servir de guide principal à la recherche. C’est pourquoi les bibliothèques dont les fonctions sont variées 5 et qui offrent un accès à l’information sous toutes ses formes et dans tous ses contenus, remplissent une mission spécifique de service social qui les rapproche singulièrement de l’éducation (éducation aussi bien formelle qu’informelle, directe ou à distance, auto-apprentissage, formation continue 6). Elles ont aussi à jouer un rôle de cohésion et d’intégration sociale.

La bibliothèque est donc ressentie comme un lieu public de rencontre et d’échange d’idées, de stimulation de la convivialité et d’insertion sociale, qui rend possible à la fois le métissage et l’intégration, présents dans la société européenne. Elle doit permettre l’accès à la culture pour tous, et en particulier pour les personnes économiquement ou socialement défavorisées (11).

Même si la future bibliothèque est virtuelle, l’espace physique, réel et ouvert à tous représente et concrétise l’idée européenne de démocratie, en facilitant l’accès sans condition à toute publication, pour toutes les personnes, gratuitement, afin d’atténuer les inégalités d’accès à la connaissance et à ses technologies. Elle est donc importante 7, surtout dans les domaines éducatifs, sociaux et économiques, pour stabiliser une société multiculturelle, au sein de laquelle messages et idées sont fragmentés et dispersés.

L’occasion est ainsi offerte d’impulser des compromis politiques pour soutenir et financer les bibliothèques, et plus particulièrement, pour mettre en place des expériences, réaliser des projets et appliquer des modèles qui aident à améliorer les accès aux services, à augmenter le nombre d’usagers, à répondre aux besoins d’information qui ne sont pas actuellement satisfaits, à appliquer les technologies à des améliorations directes des services, à parvenir, en somme, à ce que les bibliothèques se développent en même temps que la science sur laquelle elles doivent s’appuyer, la bibliothéconomie. Pour cela, il est très important de promouvoir des recherches auxquelles participent pleinement des équipes de recherche, des professionnels des bibliothèques et des experts des différents domaines impliqués.

Décembre 1997

  1.  (retour)↑  Traduit de l’espagnol par Françoise Giacopelli-Bonis.
  2.  (retour)↑  Traduit de l’espagnol par Françoise Giacopelli-Bonis.
  3.  (retour)↑  Pour ces auteurs, la bibliothéconomie poursuit aujourd’hui les objectifs des sciences de l’information documentaire en général. Ainsi, pour Jesse Shera, la bibliothèque serait le principal vecteur de toute pensée dans une communauté et pour tous ses membres. Elle aurait donc pour mission de faire en sorte qu’une bonne part de la population puisse bénéficier au maximum de la production écrite. De son côté, Alberto Serrai, en 1973, a défini la bibliothéconomie comme « la science qui a pour objet d’étude la structure et le fonctionnement du système chargé de recueillir et de mettre en relation la production intellectuelle des uns avec le besoin en information des autres ». Le système dont semble parler Alberto Serrai dépasse les capacités des bibliothèques et de la science qui les étudie.
  4.  (retour)↑  Parmi ces sciences, on trouve des méthodologies empruntées à diverses sciences sociales, au marketing, à la sociologie, la statistique, la gestion des organisations, l’économie, les procédures d’évaluation institutionnelle, la gestion du personnel, la méthodologie d’analyse des aspects éthiques, juridiques et politiques de l’information, la linguistique et la philosophie de la connaissance, et, bien sûr, à la mise en pratique des technologies de l’information. Même les méthodes quantitatives et qualitatives appliquées aux sciences sociales, comme l’observation et l’entretien individuel, la méthode comparative et la méthode réflexive critique sont utiles pour mettre en relation les résultats obtenus. Le lien des connaissances requises a été étudié en Espagne pour la certification de professionnels (8).
  5.  (retour)↑  En Espagne, José Gómez Hernández ((3), S. Celestino Angulo (1), M. R. Moralejo Alvarez (13), J.R. Pérez Alvarez-Ossorio (7), F. Corrionero et H. Hernández (2), et surtout les travaux de E. Jiménez Contreras et F. Moya Anegón (5), ont analysé les publications des auteurs qui ont publié dans ce domaine, ainsi que dans celui de la recherche en bibliothéconomie et documentation.
  6.  (retour)↑  La politique européenne paraît exemplaire, car elle valorise la formation de consortiums qui répondent aux propositions des projets européens. Sont ainsi récompensés le travail en commun d’associés de plusieurs pays, les organismes publics de gestion et de recherche, et les entreprises, qui facilitent l’exploitation des résultats et leur application. La réalisation de ces projets a donc une valeur ajoutée, car ils permettent de relier les différents éléments impliqués dans le secteur des bibliothèques.
  7.  (retour)↑  Parmi les fonctions que l’on peut énumérer, en se référant aux bibliothèques publiques, citons celles de centre d’étude, de lecture, de prêt, de centre littéraire et esthétique, de mémoire historique, de dépôt d’information, de guide dans la jungle des moyens de communication, de complément aux offres culturelles d’une localité, de point de rencontre et de communication, de lieu d’accès aux réseaux de bibliothèques et d’information, de centre social ouvert et public offrant l’égalité des chances, etc. (12).
  8.  (retour)↑  La participation de la bibliothèque à la formation permanente des adultes entre autres est très importante. Elle a été étudiée dans le cadre de projets au niveau européen, tels plail et prolib-odl (odin). Dans ceux qui ont été menés à terme, on a conclu que les bibliothèques peuvent jouer un plus grand rôle, en coopération avec d’autres institutions, pour permettre l’accès à l’éducation permanente des Européens.
  9.  (retour)↑  Cette idée est présente dans le rapport déjà cité (12), et dans le projet du Livre vert sur le rôle des bibliothèques dans la société de l’information, accessible sur http://www2.echo.lu/librairies/green.html Ce dernier est tiré du Rapport sur la société de l’information, la culture et l’éducation de la Commission de la culture, de la jeunesse, de l’éducation et des médias du Parlement européen, accessible sur http://www.europarl. eu.int/dg1/a4/es/a4-96.a4-0325.htm